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30 juin 2022 4 30 /06 /juin /2022 12:25

Isaïe 66, 10-14 ; Ps 65 ; Galates 6, 14-18 ; Luc 10, 1-12.17-20

 

Il peut nous arriver d’être découragés dans notre mission ou devant le peu de succès que rencontrent les propositions pastorales que nous faisons, les invitations que nous lançons en paroisse… Quelles initiatives prendre pour toucher nos contemporains ? Et cependant, « la moisson est abondante » (Evangile), l’évangélisation, nécessaire. La parole de Dieu nous console : Dieu n’abandonne jamais les siens (1ère lecture), et « rien ne pourra vous faire du mal », nous assure Jésus (Evangile). Comme saint Paul, puisons nos forces dans la croix du Christ, Source du salut des hommes : annonçons-là, avec foi.

Etonnante, mais ô combien réconfortante cette image de Dieu présentée dans la première lecture par le prophète Isaïe. Ce n'est plus le Dieu effrayant de certaines pages de l'Ancien Testament. C'est le Dieu père et mère qui prend ses fils, les hommes, sur ses genoux et leur caresse le visage... Un Dieu qui console ses enfants venus de la grande épreuve... Un Dieu de paix, de joie, de tendresse, tel qu'on ne l'aurait jamais imaginé.

Vis-à-vis d'un Dieu de paix et de miséricorde, ce ne sont pas les rites qui comptent, affirme saint Paul dans sa lettre aux Galates. Il ne suffit pas d'être circoncis ou baptisé. Il faut d'abord et avant tout suivre le Christ dans sa passion et sa souffrance, être crucifié avec Lui.

Après avoir commencé lui-même à prêcher, Jésus a formé des disciples et les a envoyés à leur tour proclamer la Bonne Nouvelle du règne de Dieu. Voici les consignes qu’il donne pour cette mission aux 72 disciples envoyés manifester aux hommes la miséricorde infinie de Dieu. Avant leur envoi en mission, le Seigneur leur recommande de prier le Maitre de la moisson d’envoyer les ouvriers en sa moisson car la moisson est abondante mais les ouvriers sont peu nombreux. Il faut sans doute plus de prêtres, mais aussi plus de laïcs engagés, des parents qui portent vraiment le souci de l’éducation chrétienne de leurs enfants, des catéchistes, des animateurs de paroisses, des chrétiens qui ont vraiment le souci de témoigner de leur foi là où ils vivent. Ils reçoivent la mission d’aller vers les hommes leur apporter la paix. Cette paix qui manque tant à notre monde. La paix véritable venant de Dieu.

Envoyés deux par deux, les disciples sont institués missionnaires par Jésus. Les suiveurs du Christ deviennent des annonceurs de l’Évangile. Ils parlent du royaume de Dieu tous azimuts, puis, revenus auprès du Seigneur, ils relisent leur expérience : « Seigneur même les esprits mauvais nous sont soumis en ton nom. » Jésus ne nie pas ce qu’ils affirment : « Je voyais Satan tomber du ciel comme l’éclair », mais il poursuit : « Ne vous réjouissez pas parce que les esprits vous sont soumis. » Il peut y avoir un danger dans la relecture des expériences réussies. Si grande puisse être l’influence des disciples, ils ne doivent pas s’enorgueillir. Le Seigneur leur fait confiance en les instituant annonceurs, mais le message n’est pas leur histoire, leur philosophie ou un point de vue parmi d’autres. Leur message c’est l’Évangile. C’est cela qui doit les ravir et leur donner du souffle : connaître le Christ et vivre la mission.

Cet engagement est onéreux, car proclamer que Dieu vient à la rencontre de chaque être humain, ne laisse aucun repos à celui qui en fait l’expérience : toute la vie du messager s’organise en fonction du message qu’il proclame : « Le royaume de Dieu s’est approché de vous. » Cependant, cet engagement est aussi un rendez-vous avec la joie. Des disciples sont nécessaires pour proclamer la proximité de Dieu, car la connaissance est un don d’abord proclamé et accueilli ensuite. Il faut des passionnés du Christ, des « obsédés » du Royaume, au point que dans leur vie tout lui soit référé, pour que le monde sache et vive dans la joie.

Cette page d’évangile nous rappelle une fois de plus l’urgence de la mission ; nous les baptisés, nous sommes tous envoyés pour annoncer la bonne nouvelle de l’Évangile.  C’est une mission qui nous incombe à tous, là où nous sommes. Personne n’en est dispensé. Nous sommes donc envoyés par Jésus lui-même. Il n’est pas question de faire des grands discours mais tout simplement d’apporter la paix de Dieu, d’être en contact avec les gens, de vivre en communion avec eux, de partager avec eux. A travers toutes ces relations humaines, il s’agit de sauver, de témoigner de ce Dieu amour qui nous fait vivre.

 

Seigneur notre Dieu, Maître de la moisson, tu nous confies ta Parole pour la semer sur notre terre et toi seul peux la faire grandir jusqu'à la moisson. Donne-nous assez de confiance et d'espérance pour découvrir les signes du Royaume qui germent déjà. Fais de nous des annonceurs de ce Royaume où tu nous attends avec ton Fils Jésus, dans la joie de l'Esprit Saint, dès aujourd'hui et jusqu'aux siècles des siècles.

 

Père Bernard Dourwe, Rcj.

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25 juin 2022 6 25 /06 /juin /2022 08:25

TREIZIEME DIMANCHE DU TEMPS ORDINAIRE C.

1Rois 19, 16.19-21 ; Psaume 15; Galates 5, 1.13-18 ; Luc 9, 51-62

Tournant décisif, aujourd’hui, dans l’itinéraire de Jésus : il « prend avec courage la route de Jérusalem », lieu où s’accomplira sa passion (Evangile). Il est libre de vivre, libre d’aimer jusqu’au bout, et il n’en attend pas moins de ses disciples… Pas question de tergiverser, de calculer, ou d’hésiter. Quand le Seigneur appelle, il veut des personnes libres, et radicales dans leur choix, comme Elisée (1ère lecture). L’Esprit de nos baptêmes nous a rendus libres (2ème lecture), et c’est bien pour que nous suivions le Christ sur son chemin de bonheur et de vie : son royaume n’est pas fait pour les tièdes.

Brûler tout ce qu'on a pu, saluer la compagnie et partir... Certaines destinées exceptionnelles commencent ainsi. Ce fut le cas d'Elisée, le laboureur devenu prophète. En jetant son manteau à Elisée, Elie lui transmet le relais de prophète, relais à prendre tout de suite, sans perdre de temps. Sa réponse est immédiate et radicale. Il abandonne tout  pour s’engager au service de Dieu.

Tout le monde parle de liberté. Mais quelle liberté? Etre libre pour quoi faire? Ecoutons Saint Paul: Le Christ nous libère, dit-il, pour que nous vivions sous la conduite de l'Esprit. Par lui, nous triompherons de l'égoïsme en aimant nos frères comme nous-mêmes. C’est donc, vivre son temps, assumer les valeurs de notre époque, progresser avec la société jour après jour et se battre pour un monde meilleur.

Quand il appelle à le suivre, Jésus est radical. Mais c’est tout au long de la marche avec lui qu’il purifie ses disciples et façonne leurs mentalités, pourqu’elles s’accordent à la sienne. Pour lui et pour le salut des hommes, il faut tout quitter sans regarder en arrière et sans aucune condition si ce n’est la recherche de la vie éternelle comme récompense.  Suivre le Christ, c'est marcher sur le chemin exigeant du calvaire parce qu'il conduit à la joie de Pâques. Ce n'est pas avancer en traînant les pieds, c'est aller d'un pas décidé sur la route où l'homme est appelé à se grandir, à se dépasser. Sans regarder derrière soi vers les facilités abandonnées. Il n’y a pas de temps à perdre. La vie est trop courte pour s’attacher à des regrets, pour revenir en arrière. Il est urgent d’aller de l’avant : quelque soit l’échec, qu’il soit scolaire, qu’il soit professionnel, même l’échec du couple, de la famille, l’échec devant la mort ou la maladie… il faut continuer la route, il faut croire en l’avenir.  Devant l’obstacle, quel qu’il soit, nous devons avoir cette liberté suffisante pour redémarrer avec le Christ qui nous invite à renoncer à nous-mêmes en toute liberté.

Etre disciple de Jésus, c'est être appelé à faire des choix. Des choix qui ne sont pas toujours évidents, quand il s'agit de renoncer à des préoccupations qui nous paraissent légitimes. La Parole de Dieu, ce dimanche, est exigeante. Elle nous rappelle que nous avons à mettre notre façon de vivre en conformité avec notre foi. Aujourd'hui, Jésus nous rappelle l'essentiel: aller au large pour annoncer le Royaume, à mains nues, avec un cœur libéré. Qu'il nous aide à regarder vers demain et à avancer vers l'avenir, libres de toute attache

 

Dieu notre Père, tu es le Dieu qui nous devance et tu appelles des hommes et des femmes à tout quitter pour se mettre à ton service. Lorsque nous avons du mal à entendre cet appel et à regarder vers l'avenir, rappelle-nous l'urgence qu'il y a à aimer nos frères: ils sont pour nous le visage de ton Christ, lui qui est vivant avec toi et le Saint-Esprit maintenant et pour les siècles des siècles.

Père Bernard Dourwe, Rcj.

 

 

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25 juin 2022 6 25 /06 /juin /2022 08:25

SOLENNITE DES MARTYRS DE L’OUGANDA

1ere lecture 2 Mac 7, 1-2.9-14 ; Ps 124 ; 2eme lecture : Rm 8, 31-39 ; Evangile Jn 12, 24-26

L’Eglise particulière du Rwanda célèbre la Solennité des Martyrs de l’Ouganda en ce dimanche ; Célébration prévue le 3 juin dans l’Église catholique. Ce sont les Martyrs de la persécution du roi Mwanga de 1885 à 1887 durant laquelle périrent une centaine de jeunes chrétiens, catholiques et anglicans. Pendant leur supplice, ils demeurèrent inébranlables dans leur foi et s’encouragèrent mutuellement, spécialement les jeunes comme Kizito, qui n’avait que 14 ans. Ils moururent dans la sérénité et la prière. Ces martyrs ont été canonisés par Paul VI au cours du Concile Vatican II, le 18 octobre 1964. Leur exemple a inspiré et continue d’inspirer beaucoup de chrétiens, spécialement dans les moments désespérés.

Dans la première lecture extraite du deuxième livre des Maccabées, sept frères d’une même famille acceptent de sacrifier leur vie plutôt que de briser les interdits religieux. Avec courage, ils affrontent la mort car ils sont rassurés et confiants en la résurrection. Ils savent que le Dieu qu’ils servent et en qui ils ont mis leur espérance les ressuscitera au dernier jour. Notre vie à la suite du Christ nous appelle aussi à affirmer avec radicalité notre foi en Dieu qui nous ressuscitera et nous délivrera de toutes épreuves. La foi  à la vie éternelle doit être une invitation à prendre conscience que les souffrances, les atrocités de ce monde ne sont que vanités devant l’amour et la miséricorde infini de Dieu.

Saint Paul dans sa lettre aux Romains, après avoir lui-même vécu dans sa chair les souffrances à cause de Jésus-Christ affirme avec véhémence que rien ne saurait nous séparer de l’amour de Dieu. Le Christ Fils du Dieu vivant est passé par les souffrances et les atrocités immenses pour nous donner le salut. En lui et par lui nous sommes donc vainqueurs de la mort, de l’angoisse, des persécutions, de la faim, de la nudité, des tribulations, des périls et du glaive. En effet, le Christ notre défenseur grâce à son Esprit Saint nous fortifie dans toutes les épreuves. Dieu qui est amour agrée donc notre sacrifice comme témoignage d’amour pour lui par Jésus-Christ qui siège à sa droite et intercède pour nous.

Cette vie donnée est une exigence de la Sequela Christi. Saint Jean en effet, dans son Evangile pose la configuration au Christ comme condition du salut. Les disciples sont appelés à suivre la logique du qui perd sa vie la gagne et qui veut gagner sa vie la perd. Comme le grain de blé qui doit mourir pour donner la vie, il en est de même pour tous ceux qui entreprennent le chemin de la vie sous les pas de Jésus. C’est en faisant comme lui, qui a accepté de mourir pour que nous ayons la vie en abondance que le disciple sera à mesure d’être au sein de ce monde un signe vivant et un témoin du salut offert à tous les hommes. Pour y arriver, il a donc besoin de se libérer de toutes les peurs. Car il ne faut pas avoir peur de ceux qui tuent le corps mais il faut plutôt craindre celui qui peut tuer le corps et l’âme

Saint Charles Lwanga et ses 22 compagnons dont nous célébrons la solennité nous sont donc offerts comme des modèles de foi au sein de ce monde. Proche de notre temps, ils ont dit avec fermeté non aux pratiques qui n’honorent pas la dignité des enfants de Dieu. Ils l’ont fait au prix de leur sang. Leur témoignage montre que les plaisirs mondains et le pouvoir terrestre ne donnent pas une joie et une paix durables. C’est plutôt la fidélité à Dieu, l’honnêteté et l’intégrité de la vie et l’authentique préoccupation pour le bien des autres qui nous apportent cette paix que le monde ne peut offrir.

Depuis l’âge apostolique jusqu’à nos jours, un grand nombre de témoins est sorti pour proclamer Jésus et manifester la puissance de l’Esprit Saint. Aujourd’hui, nous rappelons avec gratitude le sacrifice des martyrs ougandais, dont le témoignage d’amour pour le Christ et son Église a justement rejoint “les extrémités de la terre”. Nous rappelons aussi les martyrs anglicans, dont la mort pour le Christ rend témoignage à l’œcuménisme du sang. Tous ces témoins ont cultivé le don de l’Esprit Saint dans leur vie et ont librement donné le témoignage de leur foi en Jésus Christ, même au prix de leur vie, et beaucoup dans un si jeune âge.

Comme eux, nous devons suivre jusqu’au bout le Christ dans les joies et les peines en demeurant fidèle à nos engagements chrétiens qui nous appellent à être dans ce monde sans être du monde et à vivre comme des fils de lumière dans un monde enténébré car par vocation, nous sommes le sel de la terre et la lumière du monde.

 

Dieu éternel et tout puissant, tu as donné à tes saints Charles Lwanga et ses compagnons la force de souffrir à cause du Christ ; viens encore au secours de notre faiblesse, afin qu’en imitant ces martyrs de l’Ouganda qui n’ont pas hésité à mourir pour toi, nous ayons le courage de te glorifier par notre vie. Par Jésus le Christ.

 

Dourwe Bernard, Rcj.

 

 

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18 juin 2022 6 18 /06 /juin /2022 07:05

 

Genèse 14, 18-20 ; Psaume 109 ; 1 Corinthiens 11, 23-26 ; Luc 9, 11-17 

Nous célébrons la Solennité du Saint-Sacrement. Le Saint Sacrement est la célébration du don de Jésus-Christ aux hommes en son corps et en son sang comme nourriture et breuvage afin que ceux-ci aient la vie en abondance. Jésus, sous le signe du pain et du vin eucharistiés, donne sa vie aux hommes pour qu’ils reçoivent de sa Pâque toute grâce et tout bien.

Pourquoi célébrer le Corps et le Sang du Christ ? La parole de Dieu nous le dit : Cette solennité a d’abord pour but de « bénir Dieu » comme le prêtre Melkisédek (1ère lecture). Nous sommes rassemblés pour rendre grâce et bénir Dieu, rassemblés pour le culte. Cette solennité répond aussi à l’ordre du Seigneur : « Faites cela en mémoire de moi » (2ème lecture). Il a institué l’Eucharistie en mémorial de sa Passion-Résurrection qui nous sauve. Nous sommes rassemblés pour célébrer notre salut. Enfin, nous fêtons celui qui est pain de vie pour tous les hommes et qui nous appelle à les servir (Evangile). Notre célébration ouvre à la charité.

En signe d'alliance, Melkisédek offre à Abraham victorieux le pain et le vin, puis le bénit au nom de Dieu. Dans ce geste mystérieux, la tradition chrétienne a vu un symbole de l'eucharistie.

Sous la plume de Saint Paul à travers sa première lettre aux Corinthiens, vers l'année 55, voici le plus ancien récit que nous ayons de la Cène du jeudi-saint. Jésus-Christ, au soir de sa passion après avoir béni et rendit grâce à Dieu pour le pain venant de lui, le rompt et le donne à ses disciples comme son corps. Il en fait de même pour le vin qui devient son sang, le sang de l’alliance nouvelle versé pour la multitude. Manger ce pain c’est manger son corps et boire de ce vin c’est boire de son sang. Ce pain et ce vin il les offre comme nourriture et boisson de la vie éternelle. L'Eucharistie est mémoire de la mort et de la résurrection de Jésus jusqu'à son retour. Aujourd’hui dans nos eucharisties comme hier au cénacle, le Christ réalise ce qu’il dit : nous sommes sauvés en communiant à sa Pâque jusqu’à ce qu’il vienne. En attendant son retour glorieux, il continue de se rendre présent à ses disciples sous les espèces du pain et du vin consacrés.

L’évangile nous montre comment Jésus amena ses disciples à la compréhension du “repas du Seigneur” (les premiers chrétiens disaient aussi : “la fraction du pain”). Ce jour-là, Jésus avait enseigné les foules, avait guéri les malades. Il allait entraîner ses disciples à faire un pas de plus dans l’amour, l’amour “à la Dieu”. La nuit approchant, les disciples voulaient renvoyer la foule. Mais Jésus va leur demander de donner tout ce qu’ils ont : cinq pains et deux poissons. Il bénit son Père du ciel et comme autrefois par Moïse dans le désert, la foule devient un peuple et par le pain donné et multiplié tous pourront manger. Notons que Jésus donne le pain à ses disciples pour qu’eux-mêmes le distribuent à tous les présents. À la dernière cène, les apôtres comprendront qu’après le départ du maître, leurs mains deviendront ses mains pour continuer la fraction du pain. Ce pain qui fait vivre les disciples et qui est pour la vie du monde : le pain et le vin pour la vie humaine, le corps et le sang du Christ pour la vie éternelle.

En multipliant les pains et les poissons pour la foule venue écouter son enseignement, Jésus répondait, certes, à un besoin physique immédiat. Mais il révélait déjà tout son amour pour les hommes et son désir de les combler de la vraie nourriture : sa vie même, son corps livré comme Pain de vie, son sang versé comme sang de l’Alliance. Ainsi, communier c’est être nourri de la vie de Jésus, enrichi de ses propres forces, rendu capable de son amour.

Comme notre corps a besoin de la nourriture et de la boisson pour vivre, il en est de même pour notre vie spirituelle. Le don du corps et du sang du Christ est donc en vue de vivifier, de fortifier et de nourrir notre vie spirituelle. Quiconque se nourrit de ce corps et de ce sang fait croitre en lui les grâces de la vie éternelle. Nous sommes donc appelés à accueillir dans la foi et la dévotion le pain de vie que Dieu nous donne en son Fils Jésus-Christ qui s’offre en nous pour que nous n’ayons plus jamais faim ni soif.

De même que nous mangeons pour vivre, nous communions à l’Eucharistie pour vivre en disciples de Jésus… Que faisons-nous de nos communions ? Quelle vie font-elles grandir en nous ? Est-ce que nous préparons pour recevoir le Corps et le Sang du Christ ? Devenons-nous ce que nous recevons ? Pour méditer ces interrogations, demandons-nous vraiment ce qui nous manquerait si nous n’avions pas l’Eucharistie… Nous est-elle vraiment « vitale » ? Si non, une période de « jeûne eucharistique », un temps de retraite spirituelle pour en retrouver le sens, peuvent aider à retrouver la grandeur de ce sacrement. Si oui, pensons à prier pour ceux qui en sont privés et en souffrent, et demandons au Seigneur de leur donner autrement la grâce de son amour.

Seigneur Jésus-Christ, dans cet admirable sacrement, tu nous as laissé le mémorial de ta passion, donne-nous de vénérer d’un si grand amour le mystère de ton corps et de ton sang, que nous puissions recueillir sans cesse le fruit de ta Rédemption. Toi qui règnes.

Père Bernard Dourwe, Rcj.

 

 

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10 juin 2022 5 10 /06 /juin /2022 21:05

SOLENNITE DE LA SAINTE TRINITE C

Proverbes 8, 22-31 ; Psaume 8 ; Romains 5, 1-5 ; Jean 16, 12-15

Nous célébrons la solennité de la Sainte Trinité. De toutes les religions révélées, le christianisme grâce à l’incarnation de Jésus-Christ affirme la foi en l’Existence d’un seul Dieu unique en Trois personnes : le Père, le Fils et l’Esprit Saint. Dès la création Dieu le Père se manifeste comme Créateur, Dieu le Fils se manifeste comme le rédempteur et Dieu l’Esprit Saint est sanctificateur. Ils ne sont pas trois Dieux mais un Seul Dieu qui agit en trois personnes. La Sainte Trinité est le mystère d’amour et de communion entre le Père, le Fils et l’Esprit Saint. Ils font l’unité dans la nature Divine et la diversité dans les personnes. De telle sorte que le Père, le Fils et l’Esprit Saint bien que différents sont totalement unis. Personne n’agit jamais seul.

Comment « dire » Dieu ? De tout temps, les croyants ont cherché à exprimer leur foi en leur Seigneur, mystère d’amour insondable et cependant si proche de son peuple…Les sages de la Bible ont contemplé l’harmonie et l’intelligence de la Création, ils y ont discerné la figure de la Sagesse, qui évoque l’intelligence créatrice de Dieu (1ère lecture). Le psalmiste chante son Dieu pour la dignité qu’il donne à l’homme. Et saint Paul évoque avec force l’œuvre du salut en nos vies, par l’Esprit Saint (2ème lecture). Jésus nous a obtenu ce salut, et nous assure en permanence de l’assistance de son Esprit, qui nous guide vers la vie. (Evangile).

L'Ancien Testament a découvert la figure de la sagesse de Dieu, maître d'œuvre de la création et amie de l'humanité. Dans cette figure, les croyants reconnaissent le Verbe du Très-Haut ou son Esprit. Et ils se réjouissent qu’avant les siècles, lorsque le Créateur affermissait les cieux », la Sagesse « jouait devant Dieu à tout instant », et « trouvait ses délices avec les fils des hommes ». Un Dieu qui joue avec les hommes et qui trouve en cela son plaisir ! Difficile à imaginer. Mais jouer, n’est-ce pas le propre de l’enfance ? N’est-ce pas vivre simplement, au jour le jour, joyeux de découvrir tout ce qui est beau dans notre entourage ? Jouer c’est éviter de se prendre au sérieux ! Le jeu des hommes est la joie de Dieu…

Le mystère de la Trinité n'est pas une spéculation intellectuelle. C'est une réalité qui nous habite profondément. Saint Paul dans sa lettre aux Romains nous le rappelle. Le Christ nous a montré le chemin qui mène au Père et l'Esprit nous donne la force. L’Apôtre nous rend attentifs au don de Dieu, à l’Esprit qui ouvre notre intelligence au mystère trinitaire. De fait, ce mystère n’est pas opaque, l’Esprit nous donne de le sonder. Ce mystère est vie, l’Esprit nous offre d’y goûter. Il gémit au fond de notre cœur et nous révèle le Père (Ga 4, 6). Il affermit notre foi et nous découvre Jésus Christ, le Seigneur (1 Co 12, 3).

Dans ses derniers entretiens avec ses disciples, Jésus a dévoilé et récapitulé l’œuvre de Dieu dans son ensemble, il en a montré l’unité, depuis le temps des prophètes jusqu’au temps de l’Eglise. Il nous offre de découvrir le rôle de l’Esprit Saint dans le mystère de la Sainte Trinité. Esprit de sainteté et de vérité, l’Esprit Saint est la troisième personne de la sainte Trinité. Il est le lien d’amour et de communion entre le Père et le Fils. Promis par Jésus pendant les jours de la sa vie mortelle, l’Esprit Saint nous est donné pour nous aider à comprendre ses enseignements, à être témoins de sa résurrection et de la Bonne Nouvelle en nous conduisant vers la Vérité toute entière. Il continue encore aujourd’hui à œuvrer dans l’Eglise et dans l’Histoire des hommes. C’est lui qui nous met en communion avec le Père et le Fils.

Célébrer la Sainte Trinité, c’est célébrer la relation d’amour qui existe entre le Père, le Fils et l’Esprit Saint. Le Père est l’Aimant, le Fils est l’Aimé et l’Esprit Saint est l’Amour. Ils vivent en Communion parfaite de telle sorte que le Fils fait ce que veut le Père et l’Esprit Saint réalise ce qui vient du Père et du Fils. Tous sont associés à l’œuvre de la Création, de la Rédemption et de la Sanctification des hommes. Comme Communion d’amour, ils sont un modèle d’Amour et d’Unité dans la diversité qui s’offre à nos familles et à nos relations interpersonnelles. En effet, à l’image de la Sainte Trinité, nos familles qui sont en principe unies de par leur nature  sont appelées à demeurer unies dans la diversité de ses personnes. Le père est diffèrent de la mère et des fils et filles mais ils se reconnaissent comme faisant partir d’une seule et même famille. Ils doivent donc tous contribuer à œuvrer ensemble dans le respect des diversités, des dons, des charismes personnels qui ne sont pas là pour nous diviser mais plutôt nous enrichir mutuellement.

Dieu notre Père, tu as envoyé dans le monde ta Parole de vérité et ton Esprit de Sainteté pour révéler aux hommes ton admirable mystère ; donne-nous de professer la vrai foi en reconnaissant la gloire de l’Eternelle Trinité, en adorant son Unité toute-puissante. Par Jésus.

 

Père Bernard Dourwe, Rcj.

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2 juin 2022 4 02 /06 /juin /2022 10:04

PENTECOTE C

1ere lecture : Ac 2, 1-11 ; Ps 103 ; 2eme lecture : Rm 8, 8-17, Evangile : Jn 14, 15-26

La Pentecôte clôture la cinquantaine au cours de laquelle l’Eglise chaque année, célèbre la Pâques du Christ. Cinquante jours après sa résurrection, et dix jours après son ascension, le Seigneur fait don de l’Esprit Saint à ses apôtres. La Pentecôte marque ainsi l’achèvement de Pâques. Aujourd’hui la promesse de Jésus s’accomplit : les disciples sont tous remplis de l’Esprit Saint, ils  se mettent à parler en d’autres langues !

La parole de Dieu est  vraiment saisissante aujourd’hui : vent violent et feu soudain de la Pentecôte qui saisit et transforme les amis de Jésus, abattus par sa mort, en apôtres enthousiastes de la résurrection (1ère lecture) : souffle qui saisit la poussière pour lui rendre la vie (psaume) ; emprise de l’Esprit Saint qui nous as saisis au baptême pour faire de nous les « enfants de Dieu » (2ème lecture) et qui ne cesse de nous travailler au cœur pour nous faire vivre de la Parole (Evangile). « Viens, Esprit Saint » (séquence), viens nous saisir encore, viens nous surprendre encore et faire de nous les audacieux témoins de l’amour qui se donne.

Annoncé par les Ecritures anciennes, promis par le Seigneur à plusieurs reprises  surtout au moment où il devait passer de ce monde à son Père, l’envoie de l’Esprit Saint inaugure le temps nouveau : celui de la mission de l’Eglise au sein de ce monde par l’entremise des disciples. Le Christ par son Esprit reste présent au sein de ce monde. Sa présence est matérialisée par la suite de la mission réalisée par les apôtres qui proclament les merveilles de Dieu en de diverses langues grâce aux dons de l’Esprit Saint.

L’Esprit Saint est désormais le protagoniste de la mission. Promis comme le Défenseur, le Paraclet, l’Esprit de Vérité, est chargé de nous conduire vers la vérité toute entière et à mieux nous faire comprendre les enseignements du Maitre. Au jour de la pentecôte, il libère les apôtres de leur peur et leur offrent de se faire entendre par la multitude de juifs rassemblés à Jérusalem venant de toutes les contrées du monde. Tous sont émerveillés des œuvres du Seigneur qui permet aux simples hommes de Galilée de réaliser des prodigues. Grâce à l’Esprit, l’unité que Babel avait brisée suite aux désirs des hommes de surpasser Dieu, causant ainsi l’impossibilité de se faire entendre est restaurée. Le langage nouveau de l’Esprit qui est un langage d’amour, de paix, de joie, de justice, de réconciliation, de bonté, de service, de patience, de miséricorde, de bienveillance, d’humilité, de maitrise de soi, de pardon, d’unité permet aux hommes de prendre conscience que notre vocation est d’être tous fils et filles d’un seul et même Père qui nous appelle à vivre dans la paix et l’harmonie des enfants de Dieu.

En notre monde déchiré, divisé, coupé de frontières et hérissé de barbelés, Dieu fait surgir un monde nouveau. En notre monde en convulsion, si tourmenté et parfois découragé,  Dieu déclare aujourd’hui la Fête de l’Esprit qui fait sauter les frontières, brise les barrières, rapproche les races et les nations, pour faire vivre les hommes en frères, les libérant du péché par le pardon et leur communiquant la force de l’amour.

Cet Esprit déposé sur les apôtres sous forme de feu ouvre l’Eglise à des horizons nouveaux : annoncer et témoigner sans aucune crainte aux hommes que Dieu par son fils Jésus-Christ a sauvé l’humanité par sa mort et sa résurrection, accorder le pardon aux hommes, les conduire à la sainteté en les transmettant le salut. Cette annonce de la Bonne Nouvelle ne peut plus être retenue par les seuls témoins du Christ ressuscité. Elle doit être connue dans tous les confins de la terre. Les apôtres par le courage extraordinaire qu’ils reçoivent de l’Esprit Saint peuvent désormais briser les barrières linguistiques, raciales, ethniques et socio-culturelles pour faire connaitre ce prodige inédit.

Nous devons pour rendre concret le don de l’Esprit Saint dans nos vies lutter contre les tendances de la chair, en nous laissant conduire par l’Esprit du Christ qui habite en nous. C’est cet Esprit qui nous permet d’appeler Dieu « Abba » et nous unit aux souffrances et à la gloire du Christ qui a fait de nous les héritiers Royaume. Notre existence devient donc grâce à l’Esprit un combat permanent contre les tendances de la chair qui tendent à nous détourner des tendances de l’Esprit.

Nous devons manifester la présence de l’Esprit Saint au sein de notre monde par le témoignage qu’il nous inspire car ce qui vient de lui est conforme au Père et au Fils. En effet, ils ne font qu’une seule et même communauté d’Amour. « Avec le Père et le Fils ils reçoivent même adoration et même gloire ». Sa présence est également la Présence du Père et du Fils qui accomplissent la même mission au sein de l’Eglise. Il  vivifie et sanctifie toute l’Eglise au nom du Père et du Fils.

 

Aujourd’hui, Seigneur, par le mystère de la pentecôte, tu sanctifies ton Eglise chez tous les peuples et dans toutes les nations ; répands les dons du Saint Esprit sur l’immensité du monde, et continue dans le cœur des croyants l’œuvre d’amour que tu as entreprise au début de la prédication évangélique. Par Jésus.

Père Bernard Dourwe, Rcj.

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28 mai 2022 6 28 /05 /mai /2022 08:22

L’ASCENSION DU SEIGNEUR

1ere lecture : Ac 1,1-11,  Psaume 46; Hébreux 9, 24-10,23, Evangile : Luc 24, 46-53

Nous célébrons l’Ascension du Seigneur. Trois jours après sa passion et sa mort, Jésus-Christ est ressuscité des morts en sortant vivant et victorieux du tombeau, quarante jours durant, il va se manifester à ses apôtres en de diverses circonstances afin de les réconforter, de les aider à comprendre le sens des Ecritures à propos de lui et par la suite les envoyer en mission. Après ce temps d’intense catéchèse, il s’en va vers son Père siéger à sa droite et nous préparer une place auprès de lui.

Dans la première lecture extraite du livre des Actes des Apôtres, saint Luc commence son œuvre en décrivant à la suite de la finale de son évangile l’évènement de l’Ascension du Seigneur. Quarante jours après sa résurrection, accompagnée de nombreuses apparitions et des enseignements sur le Royaume des Cieux, Jésus retourne vers son Père. Les témoins du ressuscité grâce au don de l’Esprit Saint sont désormais appelés à cesser de regarder vers le ciel mais plutôt à aller dans le monde entier témoigner de tout ce qu’ils ont vu et entendu. Le départ du Christ, loin de mettre fin à sa mission est l’ouverture et le commencement d’une ère nouvelle. L’ascension fait ainsi charnière entre le ministère de Jésus et le temps de la mission de l’Eglise, lui-même orienté vers le retour du Seigneur.

Le Christ qui siège à la droite du Père est également présent au milieu des siens sous une autre forme. Sa présence invisible s’intensifie. Elle acquiert une profondeur et une extension que ne lui permettait pas son corps terrestre. Grace à l’Esprit, elle se fixera à jamais là où Jésus avait appris à ses Apôtres à le reconnaitre : la parole, les sacrements, le prochain et surtout la mission. Il ne s’agit pas, dès lors de contempler le ciel, mais d’être les témoins du ressuscité sur la terre des hommes, de coopérer avec lui à l’extension de son Règne.

La fête de l’Ascension célèbre le devenir de l’humanité en Jésus Christ. L’absence du Bien-Aimé se transforme en joie parce qu’elle atteste que tout homme a sa place auprès de Dieu. Cette joie devient plus grande encore quand on considère les promesses qui accompagnent le retour de Jésus auprès de son Père. Elles sont au nombre de trois. La première réconforte les Apôtres. Le Maître parti, ils ne seront pas abandonnés face à l’immense tâche qui les attend mais « revêtus d’une force venue d’en haut », l’Esprit Saint. Tel sera l’habit de service, la tenue de combat, qui fera d’eux des « témoins » du Christ depuis Jérusalem « jusqu’aux extrémités de la terre ». Voici donc l’objet de la deuxième annonce : dans l’Esprit Saint, chaque Apôtre sera effectivement un témoin de l’Évangile. La dernière promesse trace une ligne d’horizon à l’Église tout entière : « Jésus reviendra de la même manière que vous l’avez vu s’en aller vers le ciel ». Elle est bonne nouvelle. L’Église retrouvera son Seigneur, l’Époux son Épouse. Ainsi le départ du Christ "emporté au ciel", n'est pas une fin, mais un commencement. Après le temps de la présence familière du Maître, de l'Ami, va venir pour les apôtres le temps de la mission en son nom.

L’Ascension du Seigneur réjouit le cœur des disciples, parce qu’elle célèbre l’exaltation du Christ ressuscité à la droite du Père. Mais elle est aussi un avantage pour les croyants, ainsi que Jésus l’a dit lui-même à ses Apôtres, au soir de la dernière Cène (Jn16, 7). Elle inaugure une ère nouvelle de l’histoire du salut : celle du don de l’Esprit répandu à profusion sur les croyants, et celle de la prédication dans le monde entier, de la Bonne Nouvelle du salut acquis par la mort et la résurrection du Fils de Dieu fait chair.  Cette prédication engage chacun de nous à être au sein de ce monde les témoins de la présence de Dieu qui aime tous les hommes et ne veut en perdre aucun.

La célébration de l’Ascension tourne donc notre regard vers le monde où nous vivons. Là se construit patiemment et humblement, dans l’amour le Corps dont le Christ est la Tête. Car le Seigneur n’a pas abandonné les siens. Il est au contraire d’autant plus présent au milieu d’eux qu’il ne se trouve plus soumis aux contraintes de la condition humaine qui limitait son action dans le temps et dans l’espace.

Célébrer, aujourd’hui, le mystère de l’Ascension, c’est proclamer que « le ciel » est la destinée de tout homme : chacun vivra éternellement auprès  de Dieu, puisque le chemin est ouvert par le Christ. C’est aussi nous engager à annoncer à tout homme cette merveilleuse nouvelle du salut : chacun est aimé, pour lui-même ; chacun est attendu dans le cœur de Dieu, dans sa gloire : le Christ, « une fois pour toutes », nous a obtenu cette promesse d’éternité bienheureuse. Si nous y croyons vraiment, si nous avons cette « certitude que donne la foi », alors oui, vraiment, nous ne pouvons rester là à regarder le ciel. Une bonne nouvelle, ça se partage, ça s’annonce, au plus vite. En contemplant et en célébrant aujourd'hui le Christ retourné vers son Père et maintenant assis à sa droite, nous devons donc célébrer aussi l'espérance d'être un jour auprès de lui, car c'est pour nous qu'il a tout vécu: sa naissance, sa vie publique, sa passion, sa mort, sa résurrection et son ascension.

Dieu qui élèves le Christ au-dessus de tout, ouvre-nous à la joie et à l’action de grâce, car l’Ascension de ton Fils est déjà notre victoire : nous sommes les membres de son corps, il nous a précédé dans la gloire auprès de toi, et c’est là que nous vivons en espérance. Par Jésus.

Père Bernard Dourwe, Rcj.

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28 mai 2022 6 28 /05 /mai /2022 08:22

 

Actes 7, 55-60 ; Psaume  96 ; Apocalypse 22, 12-20 ; Jean 17, 20-26

Entre l’Ascension et la Pentecôte, ce dimanche est un dimanche de la prière : Prière d’Etienne, prière  de l’Esprit et de l’épouse, Prière de Jésus à son Père. Au moment où Jésus vient de quitter le monde (Ascension), l’évangile le présente en prière pour le monde : le Ressuscité n’a pas délaissé les hommes. L’accomplissement de sa mission par sa Passion-Résurrection mène à sa glorification et nous ouvre le même horizon. Ainsi, Etienne supporte son martyre et contemple le ciel qui nous appelle (1ère lecture). Ainsi, Jean voit et chante la fête du salut éternel. (2ème lecture)  Mais avant la réalisation plénière du Royaume, le Christ nous confie de poursuivre sa mission : que soit parfaite notre unité, pour que le monde croie. Dire notre foi nous engage à témoigner de l’amour qui nous unit.

Etienne vient de défendre les mêmes idées que Jésus, devant le même tribunal. Il se sait condamné ; mais il est déjà ailleurs. Au moment de mourir, il contemple la gloire du Christ et prie pour ses bourreaux. Le premier martyr chrétien, Etienne, est animé d’une certitude : il va à la rencontre de son Seigneur. Il ne regarde pas ses accusateurs, il « regardait vers le ciel ».  Et celui qu’il voyait est « Le Fils de l’Homme », celui qui motivait sa fougue évangélisatrice. Quand la mort approche, sous les coups des pierres lancées contre lui, Etienne confiait son esprit à Jésus, son maître, et c’est à lui qu’il demandait de pardonner aux bourreaux. Le Christ, est central dans notre foi, il est « le commencement et la fin » dans notre vie spirituelle. Qu’il soit, comme pour Etienne, « l’Etoile resplendissante du matin ». L’exemple d’Etienne nous dit la force que peut avoir la foi dans une vie, jusqu’au témoignage suprême du martyre… C’est l’occasion de nous demander quelle est notre foi, et jusqu’où nous sommes capables d’aller, dans nos choix, pour le Seigneur.

La finale de l’Apocalypse est précisément un appel au Christ : « Viens, Seigneur Jésus ! » Ce retour, ou plutôt cette venue nouvelle de Jésus, les premiers chrétiens l’attendaient, et même la jugeaient imminente. En toute période de crise (et notre histoire est faite de crises successives), nous nous tournons vers le Seigneur pour appeler sa présence vivifiante. « Marana tha » : ces derniers mots de la Bible nous indiquent ce qui devrait être notre ultime prière : « Viens, Seigneur Jésus ! » Ouvrir les bras et dire simplement: "Viens"... Derrière ce geste, il y a souvent toute une histoire d'amour. C'est aussi l'histoire de l'Eglise, tendue vers la venue de celui qu'elle aime.

 

Avec la plus grande attention, nous accueillons les paroles que Jésus adresse au Père pour nous, ses disciples, car il nous entraîne à sa suite et dans sa grande prière pour son Eglise et pour le monde. Les mots de Jésus, dans cette longue prière que nous offre l’évangile de ce jour, ont la force d’une parole, d’un plaidoyer que personne ne voudrait laisser perdre. La prière de Jésus n’est cependant pas le mot de la fin, un peu comme le seraient les dernières paroles d’un mourant. Rien n’est figé. Rien n’est arrêté. De testament stérilisant l’avenir, il n’est point question dans ces lignes.

Jésus s’éloigne. Il est déjà plus loin, ailleurs, sur le chemin qui passe par le Golgotha. Sa prière dit la proximité de l’ultime moment. Elle est semence d’avenir jetée à la face du monde. Jésus ne dit rien aux disciples pour l’avenir de l’Église. Mais il prie pour l’unité ! Autant dire qu’il prie pour l’ouverture des disciples au monde. L’unité est tout sauf la fusion. Elle appelle à la découverte, à l’acceptation et au respect de l’altérité de son prochain. Elle est appelée à être semblable à celle qui unit le Christ à son Père. « Qu’ils soient un comme nous sommes un. »

Faire l’unité, marcher vers l’unité : et si c’était cela la meilleure préparation à la venue de l’Esprit en nous ? Oui, il nous faut rechercher toujours davantage l’unité dans nos relations humaines, familiales, conjugales, professionnelles, ecclésiales. Faire en sorte que nos vies ne soient pas un perpétuel contre-témoignage à la foi que nous professons. Et pour cela, peut-être nous faut-il commencer par faire l’unité en nous car, souvent, nous sommes des êtres « divisés », tiraillés, écartelés entre notre désir d’être chrétiens, de vivre réellement de la foi au Christ et toutes les pesanteurs, les lourdeurs de nos existences.

Les « grands témoins » que nous admirons tant sont des hommes et des femmes qui, avec une infinie patience, luttant souvent contre leur caractère de feu, ont su trouver la voie de l’unité intérieure. Comme si toute leur vie était centrée, aimantée par l’amour de Dieu. « Comment vous assurez que Dieu vous a donné son Esprit ? Interrogez vos entrailles, conseillait saint Augustin. Si elles sont pleines de charité, vous avez l’Esprit de Dieu ! »

Notre Dieu et Seigneur, ta bonté est pour tout ce qui vit et respire, et tu nous donnes de la reconnaître dans nos vies. Toi qui nous appelles à bâtir l’unité et la paix, accorde-nous de croire qu’en Toi tout est possible. Ouvre nos cœurs à l’action de ton Esprit. Et fais-nous travailler à l’œuvre que tu as entreprise et qui s’achèvera un jour en Toi, pour les siècles des siècles. Amen.

Père Bernard Dourwe, Rcj.

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20 mai 2022 5 20 /05 /mai /2022 21:26

 

Actes 15, 1-29 ; Psaume 66 ; Apocalypse 21, 10-23 ; Jean 14, 23-29

Le Ressuscité donne sa paix, à chacun de nous, à son Eglise, et au monde. « C’est la paix que je vous donne… » (Evangile). Y pensons-nous suffisamment ? Savons-nous accueillir cette paix ? En Eglise, par exemple, lorsqu’il s’agit d’arbitrer des conflits ou de réfléchir à des questions de fond…  Dès l’origine, l’Eglise a eu à se réunir en « concile » pour résoudre telle ou telle question pastorale (1ère lecture). La paix, savons-nous la demander ensemble, prier ? (psaume).  A l’approche de la Pentecôte, demandons l’Esprit de paix et de joie promis par Jésus

Dans ce passage des actes des apôtres, nous assistons au premier Concile de l'Eglise. Il marque un tournant dans l'histoire de l'Eglise naissante: c'est l'ouverture aux païens; désormais, le salut est proposé à tous sans distinction. Dans ce récit des Actes des Apôtres, saint Luc nous fait comprendre que l'Eglise n'est pas envoyée pour annoncer une loi ou une morale ni pour imposer des coutumes. Bien sûr, la loi et la morale seront toujours nécessaires. Mais elles ne peuvent suffire à nous sauver. C'est par la foi au Christ et dans une relation confiante avec lui que nous obtiendrons notre Salut. Lui seul est notre chemin, notre Vérité et notre vie. C'est donc lui que nous devons suivre et écouter.

Nous n'avons pas à imposer aux autres d'être comme nous. Nous devons les respecter dans leur cheminement, leurs différences. L'essentiel n'est pas de revenir à une tradition qui était bonne autrefois : nous avons bien mieux à faire ; un chrétien c'est quelqu'un qui a mis sa foi et sa confiance en Jésus et qui s'est engagé à continuer son travail dans le monde. Nous pouvons être des signes de l'amour de Dieu par toute notre vie, nos paroles, nos actes, tout ce que nous faisons pour les autres, en particulier pour les plus pauvres. C'est en nous efforçant d'aimer comme Jésus et avec lui que nous révèlerons quelque chose du vrai visage de Dieu.

Bien des architectes ont dessiné la ville idéale. Saint Jean décrit la cité que Dieu nous prépare: elle n'a ni Eglise, ni cathédrale, mais elle représente ce Royaume où nous serons tous, autour du Christ, illuminés de la gloire de Dieu. Là, plus de Temple : le Temple c’est le Seigneur, c’est l’Agneau ! Tout s’accomplit dans l’indéfectible lien entre Dieu et l’Agneau !

Au cours du dernier repas pris avec ses disciples, le soir du jeudi-saint, Jésus annonçait tout ce qu’il nous offre, pour la suite des siècles, en chaque célébration : sa présence, qui est son Esprit. Au cours de cette nuit qui précède son arrestation, Jésus s’entretient longuement avec ses disciples. Le temps est au testament. Les mots sont denses et ont plus de poids que jamais. « Celui qui m’aime restera fidèle à ma parole. » Fidélité et amour sont intimement liés, comme si l’amour était le lieu même de la naissance de la fidélité. De fait, la fidélité n’a jamais fini de s’inventer. Celles et ceux qui s’engagent aujourd’hui le savent bien. Elle est à naître chaque jour. Le temps est aux adieux. Jésus va partir. Il s’enfonce dans la mort tout en ouvrant grand la brèche à l’avenir. « L’Esprit vous enseignera tout et il vous fera souvenir de tout ce que je vous ai dit. » Ni la vie ni les paroles de Jésus ne sont vaines ou perdues.

Celui qui a avant tout été le témoin et l’envoyé du Père ne cesse de redire que sa parole vient du Père. Le temps est aux adieux, mais la tristesse n’est pas de mise pour celles et ceux qui ont compris et accueilli cette brèche ouverte à l’avenir. « Ne soyez pas bouleversés et effrayés ! » Jésus s’efface comme pour devenir ce qu’il a toujours dit être : le chemin ! L’aimer et être fidèle à sa parole, c’est pour chacun et chacune de nous choisir, avec l’étonnante liberté qui est la nôtre, de lui emboîter le pas. Jésus part en nous laissant cette puissante invitation à prendre la route qu’il a passé sa vie entière à indiquer : un chemin vers le Père. Le temps est aux adieux, mais le chemin de l’avenir est tracé et grand ouvert. Un chemin qui passe par la nécessaire écoute de la Parole et la fidélité créatrice à son message. Ce n’est qu’à ce prix-là que la Parole devient pour chacun source d’eau vive, et Bonne Nouvelle.

 

Dieu notre Père, au moment de son départ vers toi, ton Fils Jésus a rappelé à ses disciples le commandement de l'amour. Puisque nous sommes réunis en ton Nom, nous te prions encore; viens établir chez nous ta demeure, donne-nous l'Esprit qui nous fera nous souvenir de toutes les paroles de ton Fils, lui qui est vivant avec toi et le Saint-Esprit maintenant et pour les siècles des siècles. Amen.

Père Bernard Dourwe, Rcj.

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14 mai 2022 6 14 /05 /mai /2022 07:27

Actes 14, 21-27 ; Psaume 144; Apocalypse 21, 1-5 ; Jean 13, 31-35

La parole de Dieu, ce dimanche, nous dit comment la mission se poursuit : impossible de stopper Paul et Barnabé dans leur élan missionnaire (1ère lecture). Oui, il faut le dire et le chanter, « la bonté du Seigneur est pour tous » (psaume), il faut faire connaître le salut qu’il apporte en Jésus. Par la Résurrection, le Seigneur fait « toutes choses nouvelles » (2ème lecture), et ce monde nouveau advient déjà chaque fois que ses disciples savent aimer leurs frères comme lui-même nous a aimés (Evangile). Pour l’annonce de l’Evangile, pour la croissance du Royaume chez les hommes : aimer, il suffit d’aimer.

Fonder une communauté, ce n'est pas tout. Il faut qu'elle tienne, qu'elle s'organise pour durer. Cela, les tout premiers missionnaires ont dû l'apprendre, "sur le tas". Paul et Barnabé désignent des "Anciens", afin de soutenir les nouvelles Eglises créées. Ceux-ci sont appelés à  passer par bien d’épreuves pour étendre le Royaume de Dieu parmi les hommes en demeurant toujours unis les uns les autres et en ayant toujours en cœur que toutes les initiatives missionnaires viennent de Dieu.  Car c’est lui qui a ouvert à tous « la porte de la foi » qui donne accès au Royaume.

Nous rêvons de nouveaux horizons, d'un monde nouveau. Mais pour qui? Habité par qui? Ecoutons Saint Jean nous donner la clef de nos rêves; pour lui, l'Eglise est l'humanité nouvelle que Dieu va épouser. Il ne s’agit là de vaines espérances, mais de promesses dont Saint Jean un jour dans une vision, a eu le privilège de contempler l’accomplissement. Alors disparaitra tout ce qui est aujourd’hui le champ clos où  s’affrontent le bien et le mal, la lumière et les ténèbres. Il n’y aura plus  de pleurs, de cris, ni de tristesse; car la première création aura disparu.

L'évangile de ce dimanche nous rappelle le grand commandement de l'amour de Dieu et de l'amour du prochain. Jésus, le bon pasteur, guide et modèle pour son peuple et qui sait ce dont le monde a besoin, nous livre son commandement, celui de l’amour mutuel, établi comme la marque caractéristique des chrétiens. Ceux-ci sont appelés à s’identifier en ce monde, non pas par des discours mais plutôt par l’amour qu’ils ont les uns pour les autres en prenant son amour pour modèle. C’est en effet par amour pour nous qu’il choisit librement d’offrir sa vie afin que nous ayons la vie éternelle. Sa vie terrestre n’a été que service et don aux plus fragiles ainsi qu’aux moins aimables de la société de son temps. Le Christ a relevé les hommes et les femmes les plus divers, ceux-là même qui croulaient sous l’emprise des souffrances et qui n’avaient de prix pour personne. Finalement toute sa vie n’a été qu’amour !

Aimer comme Jésus, c'est aimer ses ennemis, avoir une attention pour les plus petits, respecter à l'infini la liberté de l'autre. C'est se faire "serviteur" car Jésus a voulu prendre la dernière place, payant de sa personne. Alors qu'au cœur de tout être humain il y a un désir terrible de dominer, une capacité d'invention pour arriver à ses fins, Jésus, lui qui est Dieu, a aimé en se laissant dépouiller de tout pouvoir, acceptant même la déchéance sociale en mourant crucifié, à la face du monde.

Aimer comme Jésus, c'est tout faire pour mettre l'homme debout, capable de marcher, mais aussi d'aimer et d'aimer la vie. Observons les rencontres de Jésus : que produisent les guérisons ? Que deviennent Zachée ou Marie Madeleine après avoir rencontré le Christ ?... Aimer à la façon de Jésus, c'est aider les autres à s'engager dans une vie d'amour : les sagesses humaines invitent l'être humain à aimer ; Jésus appelle à entraîner les hommes dans un dynamisme d'amour, de charité mutuelle. "Aimez-vous les uns les autres" : tout n'est pas fait lorsque j'aime ; tout est fait lorsque les hommes s'aiment entre eux.

Aimer, une exigence permanente mais toujours nouvelle. Et, avant d’être « quelque chose à faire », elle est une attitude, une manière d’être : il s’agit d’éprouver la manière du Christ lui-même, de nous laisser transformer par lui pour, peu à peu, aimer comme lui ; il s’agit de regarder les autres avec son regard bienveillant, de leur dire ses mots de paix, de leur partager ses gestes de tendresse, de leur faire découvrir son Evangile de les inviter à sa Table. Il est demandé de donner l’exemple de cet amour, et donc de vivre entre nous un amour fraternel qui parle de lui et donne envie de le rencontrer

Dieu de l'Alliance fidèle, depuis toujours, tu manifestes ta tendresse à tous les hommes, et tu nous as donné ton Fils Jésus comme preuve suprême de ton amour pour nous. Nous t'en prions: fais-nous comprendre que c'est en nous aimant les uns les autres que nous manifesterons à tous que nous sommes les disciples du Christ, lui qui est vivant avec toi et le Saint-Esprit aujourd'hui et pour les siècles des siècles. Amen.

 

Père Bernard Dourwe, Rcj.

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