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28 mai 2022 6 28 /05 /mai /2022 08:22

L’ASCENSION DU SEIGNEUR

1ere lecture : Ac 1,1-11,  Psaume 46; Hébreux 9, 24-10,23, Evangile : Luc 24, 46-53

Nous célébrons l’Ascension du Seigneur. Trois jours après sa passion et sa mort, Jésus-Christ est ressuscité des morts en sortant vivant et victorieux du tombeau, quarante jours durant, il va se manifester à ses apôtres en de diverses circonstances afin de les réconforter, de les aider à comprendre le sens des Ecritures à propos de lui et par la suite les envoyer en mission. Après ce temps d’intense catéchèse, il s’en va vers son Père siéger à sa droite et nous préparer une place auprès de lui.

Dans la première lecture extraite du livre des Actes des Apôtres, saint Luc commence son œuvre en décrivant à la suite de la finale de son évangile l’évènement de l’Ascension du Seigneur. Quarante jours après sa résurrection, accompagnée de nombreuses apparitions et des enseignements sur le Royaume des Cieux, Jésus retourne vers son Père. Les témoins du ressuscité grâce au don de l’Esprit Saint sont désormais appelés à cesser de regarder vers le ciel mais plutôt à aller dans le monde entier témoigner de tout ce qu’ils ont vu et entendu. Le départ du Christ, loin de mettre fin à sa mission est l’ouverture et le commencement d’une ère nouvelle. L’ascension fait ainsi charnière entre le ministère de Jésus et le temps de la mission de l’Eglise, lui-même orienté vers le retour du Seigneur.

Le Christ qui siège à la droite du Père est également présent au milieu des siens sous une autre forme. Sa présence invisible s’intensifie. Elle acquiert une profondeur et une extension que ne lui permettait pas son corps terrestre. Grace à l’Esprit, elle se fixera à jamais là où Jésus avait appris à ses Apôtres à le reconnaitre : la parole, les sacrements, le prochain et surtout la mission. Il ne s’agit pas, dès lors de contempler le ciel, mais d’être les témoins du ressuscité sur la terre des hommes, de coopérer avec lui à l’extension de son Règne.

La fête de l’Ascension célèbre le devenir de l’humanité en Jésus Christ. L’absence du Bien-Aimé se transforme en joie parce qu’elle atteste que tout homme a sa place auprès de Dieu. Cette joie devient plus grande encore quand on considère les promesses qui accompagnent le retour de Jésus auprès de son Père. Elles sont au nombre de trois. La première réconforte les Apôtres. Le Maître parti, ils ne seront pas abandonnés face à l’immense tâche qui les attend mais « revêtus d’une force venue d’en haut », l’Esprit Saint. Tel sera l’habit de service, la tenue de combat, qui fera d’eux des « témoins » du Christ depuis Jérusalem « jusqu’aux extrémités de la terre ». Voici donc l’objet de la deuxième annonce : dans l’Esprit Saint, chaque Apôtre sera effectivement un témoin de l’Évangile. La dernière promesse trace une ligne d’horizon à l’Église tout entière : « Jésus reviendra de la même manière que vous l’avez vu s’en aller vers le ciel ». Elle est bonne nouvelle. L’Église retrouvera son Seigneur, l’Époux son Épouse. Ainsi le départ du Christ "emporté au ciel", n'est pas une fin, mais un commencement. Après le temps de la présence familière du Maître, de l'Ami, va venir pour les apôtres le temps de la mission en son nom.

L’Ascension du Seigneur réjouit le cœur des disciples, parce qu’elle célèbre l’exaltation du Christ ressuscité à la droite du Père. Mais elle est aussi un avantage pour les croyants, ainsi que Jésus l’a dit lui-même à ses Apôtres, au soir de la dernière Cène (Jn16, 7). Elle inaugure une ère nouvelle de l’histoire du salut : celle du don de l’Esprit répandu à profusion sur les croyants, et celle de la prédication dans le monde entier, de la Bonne Nouvelle du salut acquis par la mort et la résurrection du Fils de Dieu fait chair.  Cette prédication engage chacun de nous à être au sein de ce monde les témoins de la présence de Dieu qui aime tous les hommes et ne veut en perdre aucun.

La célébration de l’Ascension tourne donc notre regard vers le monde où nous vivons. Là se construit patiemment et humblement, dans l’amour le Corps dont le Christ est la Tête. Car le Seigneur n’a pas abandonné les siens. Il est au contraire d’autant plus présent au milieu d’eux qu’il ne se trouve plus soumis aux contraintes de la condition humaine qui limitait son action dans le temps et dans l’espace.

Célébrer, aujourd’hui, le mystère de l’Ascension, c’est proclamer que « le ciel » est la destinée de tout homme : chacun vivra éternellement auprès  de Dieu, puisque le chemin est ouvert par le Christ. C’est aussi nous engager à annoncer à tout homme cette merveilleuse nouvelle du salut : chacun est aimé, pour lui-même ; chacun est attendu dans le cœur de Dieu, dans sa gloire : le Christ, « une fois pour toutes », nous a obtenu cette promesse d’éternité bienheureuse. Si nous y croyons vraiment, si nous avons cette « certitude que donne la foi », alors oui, vraiment, nous ne pouvons rester là à regarder le ciel. Une bonne nouvelle, ça se partage, ça s’annonce, au plus vite. En contemplant et en célébrant aujourd'hui le Christ retourné vers son Père et maintenant assis à sa droite, nous devons donc célébrer aussi l'espérance d'être un jour auprès de lui, car c'est pour nous qu'il a tout vécu: sa naissance, sa vie publique, sa passion, sa mort, sa résurrection et son ascension.

Dieu qui élèves le Christ au-dessus de tout, ouvre-nous à la joie et à l’action de grâce, car l’Ascension de ton Fils est déjà notre victoire : nous sommes les membres de son corps, il nous a précédé dans la gloire auprès de toi, et c’est là que nous vivons en espérance. Par Jésus.

Père Bernard Dourwe, Rcj.

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