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28 mai 2022 6 28 /05 /mai /2022 08:22

 

Actes 7, 55-60 ; Psaume  96 ; Apocalypse 22, 12-20 ; Jean 17, 20-26

Entre l’Ascension et la Pentecôte, ce dimanche est un dimanche de la prière : Prière d’Etienne, prière  de l’Esprit et de l’épouse, Prière de Jésus à son Père. Au moment où Jésus vient de quitter le monde (Ascension), l’évangile le présente en prière pour le monde : le Ressuscité n’a pas délaissé les hommes. L’accomplissement de sa mission par sa Passion-Résurrection mène à sa glorification et nous ouvre le même horizon. Ainsi, Etienne supporte son martyre et contemple le ciel qui nous appelle (1ère lecture). Ainsi, Jean voit et chante la fête du salut éternel. (2ème lecture)  Mais avant la réalisation plénière du Royaume, le Christ nous confie de poursuivre sa mission : que soit parfaite notre unité, pour que le monde croie. Dire notre foi nous engage à témoigner de l’amour qui nous unit.

Etienne vient de défendre les mêmes idées que Jésus, devant le même tribunal. Il se sait condamné ; mais il est déjà ailleurs. Au moment de mourir, il contemple la gloire du Christ et prie pour ses bourreaux. Le premier martyr chrétien, Etienne, est animé d’une certitude : il va à la rencontre de son Seigneur. Il ne regarde pas ses accusateurs, il « regardait vers le ciel ».  Et celui qu’il voyait est « Le Fils de l’Homme », celui qui motivait sa fougue évangélisatrice. Quand la mort approche, sous les coups des pierres lancées contre lui, Etienne confiait son esprit à Jésus, son maître, et c’est à lui qu’il demandait de pardonner aux bourreaux. Le Christ, est central dans notre foi, il est « le commencement et la fin » dans notre vie spirituelle. Qu’il soit, comme pour Etienne, « l’Etoile resplendissante du matin ». L’exemple d’Etienne nous dit la force que peut avoir la foi dans une vie, jusqu’au témoignage suprême du martyre… C’est l’occasion de nous demander quelle est notre foi, et jusqu’où nous sommes capables d’aller, dans nos choix, pour le Seigneur.

La finale de l’Apocalypse est précisément un appel au Christ : « Viens, Seigneur Jésus ! » Ce retour, ou plutôt cette venue nouvelle de Jésus, les premiers chrétiens l’attendaient, et même la jugeaient imminente. En toute période de crise (et notre histoire est faite de crises successives), nous nous tournons vers le Seigneur pour appeler sa présence vivifiante. « Marana tha » : ces derniers mots de la Bible nous indiquent ce qui devrait être notre ultime prière : « Viens, Seigneur Jésus ! » Ouvrir les bras et dire simplement: "Viens"... Derrière ce geste, il y a souvent toute une histoire d'amour. C'est aussi l'histoire de l'Eglise, tendue vers la venue de celui qu'elle aime.

 

Avec la plus grande attention, nous accueillons les paroles que Jésus adresse au Père pour nous, ses disciples, car il nous entraîne à sa suite et dans sa grande prière pour son Eglise et pour le monde. Les mots de Jésus, dans cette longue prière que nous offre l’évangile de ce jour, ont la force d’une parole, d’un plaidoyer que personne ne voudrait laisser perdre. La prière de Jésus n’est cependant pas le mot de la fin, un peu comme le seraient les dernières paroles d’un mourant. Rien n’est figé. Rien n’est arrêté. De testament stérilisant l’avenir, il n’est point question dans ces lignes.

Jésus s’éloigne. Il est déjà plus loin, ailleurs, sur le chemin qui passe par le Golgotha. Sa prière dit la proximité de l’ultime moment. Elle est semence d’avenir jetée à la face du monde. Jésus ne dit rien aux disciples pour l’avenir de l’Église. Mais il prie pour l’unité ! Autant dire qu’il prie pour l’ouverture des disciples au monde. L’unité est tout sauf la fusion. Elle appelle à la découverte, à l’acceptation et au respect de l’altérité de son prochain. Elle est appelée à être semblable à celle qui unit le Christ à son Père. « Qu’ils soient un comme nous sommes un. »

Faire l’unité, marcher vers l’unité : et si c’était cela la meilleure préparation à la venue de l’Esprit en nous ? Oui, il nous faut rechercher toujours davantage l’unité dans nos relations humaines, familiales, conjugales, professionnelles, ecclésiales. Faire en sorte que nos vies ne soient pas un perpétuel contre-témoignage à la foi que nous professons. Et pour cela, peut-être nous faut-il commencer par faire l’unité en nous car, souvent, nous sommes des êtres « divisés », tiraillés, écartelés entre notre désir d’être chrétiens, de vivre réellement de la foi au Christ et toutes les pesanteurs, les lourdeurs de nos existences.

Les « grands témoins » que nous admirons tant sont des hommes et des femmes qui, avec une infinie patience, luttant souvent contre leur caractère de feu, ont su trouver la voie de l’unité intérieure. Comme si toute leur vie était centrée, aimantée par l’amour de Dieu. « Comment vous assurez que Dieu vous a donné son Esprit ? Interrogez vos entrailles, conseillait saint Augustin. Si elles sont pleines de charité, vous avez l’Esprit de Dieu ! »

Notre Dieu et Seigneur, ta bonté est pour tout ce qui vit et respire, et tu nous donnes de la reconnaître dans nos vies. Toi qui nous appelles à bâtir l’unité et la paix, accorde-nous de croire qu’en Toi tout est possible. Ouvre nos cœurs à l’action de ton Esprit. Et fais-nous travailler à l’œuvre que tu as entreprise et qui s’achèvera un jour en Toi, pour les siècles des siècles. Amen.

Père Bernard Dourwe, Rcj.

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