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18 juin 2022 6 18 /06 /juin /2022 07:05

 

Genèse 14, 18-20 ; Psaume 109 ; 1 Corinthiens 11, 23-26 ; Luc 9, 11-17 

Nous célébrons la Solennité du Saint-Sacrement. Le Saint Sacrement est la célébration du don de Jésus-Christ aux hommes en son corps et en son sang comme nourriture et breuvage afin que ceux-ci aient la vie en abondance. Jésus, sous le signe du pain et du vin eucharistiés, donne sa vie aux hommes pour qu’ils reçoivent de sa Pâque toute grâce et tout bien.

Pourquoi célébrer le Corps et le Sang du Christ ? La parole de Dieu nous le dit : Cette solennité a d’abord pour but de « bénir Dieu » comme le prêtre Melkisédek (1ère lecture). Nous sommes rassemblés pour rendre grâce et bénir Dieu, rassemblés pour le culte. Cette solennité répond aussi à l’ordre du Seigneur : « Faites cela en mémoire de moi » (2ème lecture). Il a institué l’Eucharistie en mémorial de sa Passion-Résurrection qui nous sauve. Nous sommes rassemblés pour célébrer notre salut. Enfin, nous fêtons celui qui est pain de vie pour tous les hommes et qui nous appelle à les servir (Evangile). Notre célébration ouvre à la charité.

En signe d'alliance, Melkisédek offre à Abraham victorieux le pain et le vin, puis le bénit au nom de Dieu. Dans ce geste mystérieux, la tradition chrétienne a vu un symbole de l'eucharistie.

Sous la plume de Saint Paul à travers sa première lettre aux Corinthiens, vers l'année 55, voici le plus ancien récit que nous ayons de la Cène du jeudi-saint. Jésus-Christ, au soir de sa passion après avoir béni et rendit grâce à Dieu pour le pain venant de lui, le rompt et le donne à ses disciples comme son corps. Il en fait de même pour le vin qui devient son sang, le sang de l’alliance nouvelle versé pour la multitude. Manger ce pain c’est manger son corps et boire de ce vin c’est boire de son sang. Ce pain et ce vin il les offre comme nourriture et boisson de la vie éternelle. L'Eucharistie est mémoire de la mort et de la résurrection de Jésus jusqu'à son retour. Aujourd’hui dans nos eucharisties comme hier au cénacle, le Christ réalise ce qu’il dit : nous sommes sauvés en communiant à sa Pâque jusqu’à ce qu’il vienne. En attendant son retour glorieux, il continue de se rendre présent à ses disciples sous les espèces du pain et du vin consacrés.

L’évangile nous montre comment Jésus amena ses disciples à la compréhension du “repas du Seigneur” (les premiers chrétiens disaient aussi : “la fraction du pain”). Ce jour-là, Jésus avait enseigné les foules, avait guéri les malades. Il allait entraîner ses disciples à faire un pas de plus dans l’amour, l’amour “à la Dieu”. La nuit approchant, les disciples voulaient renvoyer la foule. Mais Jésus va leur demander de donner tout ce qu’ils ont : cinq pains et deux poissons. Il bénit son Père du ciel et comme autrefois par Moïse dans le désert, la foule devient un peuple et par le pain donné et multiplié tous pourront manger. Notons que Jésus donne le pain à ses disciples pour qu’eux-mêmes le distribuent à tous les présents. À la dernière cène, les apôtres comprendront qu’après le départ du maître, leurs mains deviendront ses mains pour continuer la fraction du pain. Ce pain qui fait vivre les disciples et qui est pour la vie du monde : le pain et le vin pour la vie humaine, le corps et le sang du Christ pour la vie éternelle.

En multipliant les pains et les poissons pour la foule venue écouter son enseignement, Jésus répondait, certes, à un besoin physique immédiat. Mais il révélait déjà tout son amour pour les hommes et son désir de les combler de la vraie nourriture : sa vie même, son corps livré comme Pain de vie, son sang versé comme sang de l’Alliance. Ainsi, communier c’est être nourri de la vie de Jésus, enrichi de ses propres forces, rendu capable de son amour.

Comme notre corps a besoin de la nourriture et de la boisson pour vivre, il en est de même pour notre vie spirituelle. Le don du corps et du sang du Christ est donc en vue de vivifier, de fortifier et de nourrir notre vie spirituelle. Quiconque se nourrit de ce corps et de ce sang fait croitre en lui les grâces de la vie éternelle. Nous sommes donc appelés à accueillir dans la foi et la dévotion le pain de vie que Dieu nous donne en son Fils Jésus-Christ qui s’offre en nous pour que nous n’ayons plus jamais faim ni soif.

De même que nous mangeons pour vivre, nous communions à l’Eucharistie pour vivre en disciples de Jésus… Que faisons-nous de nos communions ? Quelle vie font-elles grandir en nous ? Est-ce que nous préparons pour recevoir le Corps et le Sang du Christ ? Devenons-nous ce que nous recevons ? Pour méditer ces interrogations, demandons-nous vraiment ce qui nous manquerait si nous n’avions pas l’Eucharistie… Nous est-elle vraiment « vitale » ? Si non, une période de « jeûne eucharistique », un temps de retraite spirituelle pour en retrouver le sens, peuvent aider à retrouver la grandeur de ce sacrement. Si oui, pensons à prier pour ceux qui en sont privés et en souffrent, et demandons au Seigneur de leur donner autrement la grâce de son amour.

Seigneur Jésus-Christ, dans cet admirable sacrement, tu nous as laissé le mémorial de ta passion, donne-nous de vénérer d’un si grand amour le mystère de ton corps et de ton sang, que nous puissions recueillir sans cesse le fruit de ta Rédemption. Toi qui règnes.

Père Bernard Dourwe, Rcj.

 

 

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