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30 juillet 2020 4 30 /07 /juillet /2020 22:18

DIX-HUITIEME DIMANCHE DU TEMPS ORDINAIRE A

1ere lecture : Is 55, 1-3 ; Psaume 144 ; 2eme lecture : Rm 8,35.37-39 ; Evangile : Mt 14, 13-21

Dieu se fait proche et se laisse trouver. Isaïe, prophète d’un Dieu de majesté, est aussi le témoin d’un Dieu proche, accessible et prodigue en bienfaits de tout genre. Le psalmiste célèbre, à son tour, les largesses d’un Dieu dont « la bonté » est pour tous. Et Jésus se fait, lui aussi, proche des foules et les rassasie.

Dans la première lecture, Dieu promet par le prophète Isaïe, qu’un jour viendra où il organisera un banquet pour tous les peuples. Son amour envers nous nous lie pour une alliance éternelle bien au-delà de nos mérites. Il veut sans cesse se faire proche de nous en nous nourrissant et abreuvant gratuitement et abondamment. Pour nous, il va se faire pain et boisson en son Fils Jésus-Christ afin que nous n’ayons plus jamais faim ni soif.

Dans la deuxième lecture, saint Paul rassure les romains et nous avec, que rien ne saurait empêcher le plan salvifique de Dieu envers les hommes de se réaliser. Son amour est tellement immense qu’aucune souffrance, ni difficulté, ni obstacles ne sauront détourner son regard bienveillant envers ceux qu’il aime et qu’il a sauvé par Jésus-Christ notre Seigneur.

L’évangile, relate Matthieu, réalise la promesse de Dieu faite au prophète Isaïe à travers la multiplication des pains. Jésus rassasie plus de 5000 hommes sans compter les femmes et les enfants à partir du peu de pain disponible. Par ce geste d’amour et de compassion, il nous présente le visage humain de Dieu qui se penche sur nous, qui n’ignore pas notre nature et nos besoins.

Jésus en son geste nous donne à voir l’importance de notre part, de nos partages. Il ne fait pas tout pour nous. Il compte absolument sur notre générosité. Il prie pour que notre part soit féconde. Même si elle est humble et pauvre, elle aura à la fin des proportions surprenantes. Le signe des pains témoigne qu’il ne faut pas attendre d’en avoir plus pour agir. Que le peu que nous avons est déjà beaucoup quand il est mis à contribution sans réserve. La puissance du Christ fait alors le nécessaire, et le geste des pauvres rejoint effectivement beaucoup de monde.

Le miracle de la multiplication des pains est donc une parabole du mystère de l’Eglise, de l’Eglise de tous les temps, de l’Eglise de notre temps. Une Eglise désertée, mise à l’écart, une Eglise sans grands moyens et dont la tâche semble toujours plus démesurée,  au-delà des limites de l’impossible.

Dieu n’a pas besoin de notre force, mais de notre faiblesse et de notre patience! Il a besoin d’humbles vases d’argile, pour porter son trésor, comme le dira Saint Paul. Il a besoin d’un peu de levain pour faire lever toute la pâte et de quelques pincées de sel pour lui donner du goût. Il a besoin d’une graine de sénevé, insignifiante et minuscule, pour abriter les oiseaux du ciel. Il a besoin de nous, tels que nous sommes.

Qu’importe que nous ne soyons pas à la hauteur de la tâche qui nous est confiée. Qu’importe que nous soyons dépassés par les événements. Comme ce petit bout de pain qui sera consacré et qui deviendra alors le Corps du Seigneur, nous sommes appelés, nous aussi, à porter Dieu dans notre fragilité.

Si nous étions forts, si nous étions riches, si nous étions les meilleurs, ceux qui viennent à nous pourraient encore penser que cela vient de nous. Ils pourraient s’imaginer que ce qu’ils reçoivent dépend de nos dons et de nos capacités. Mais il suffit de nous voir pour en douter. Notre fragilité, loin d’être un obstacle, est une grâce pour tous ceux qui nous rencontrent. Car en nous, ils peuvent voir Dieu travailler à découvert. Ils peuvent saisir que Dieu peut tout, parce que nous sommes réduits à rien.

Cette logique du Royaume, cette logique de l’Evangile, nous avons du mal à l’accepter. Elle correspond si peu aux critères d’efficacité et d’utilité qui sont ceux de notre société. Elle nous met un peu à l’écart, aux marges d’un monde qui semble courir plus vite que son ombre! Et bien tant pis, ou plutôt tant mieux. Laissons Dieu transfigurer notre faiblesse. Laissons-Lui le choix des moyens car Lui seul sait comment toucher le cœur des hommes.

Dieu éternel et Tout-Puissant, toi qui n’es jamais loin de nos souffrances et de nos misères, regarde encore aujourd’hui, avec bonté, ton peuple assoiffé et affamé de ta Parole. Viens à son secours et donne-lui de rechercher sans fin dans ce monde, les signes de ta présence en se nourrissant de l’Eucharistie. Par le Christ notre Seigneur et Dieu qui vit et règne avec toi et le Saint Esprit pour les siècles des siècles. Amen.

 

Père Bernard Dourwe, Rcj.

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23 juillet 2020 4 23 /07 /juillet /2020 22:02

1ère lecture : 1 R. 3, 5.7-12 ; Psaume 118 ; 2ème lecture : Rm. 8, 28-30 ; Evangile: Mt. 13, 44-52

L’Evangile nous fait entendre la fin des « paraboles du Royaume » regroupées en Mt 13 et que le Lectionnaire a réparties sur trois dimanches. Aujourd’hui, le « trésor » et la « perle », puis le filet ramenant toutes sortes de poissons : autant d’images disant la nécessité de désirer le Royaume et de faire, pour lui, aux choix radical. Pour mener à bien notre mission de fils du Royaume (dimanche dernier), demandons comme le roi Salomon l’intelligence et la sagesse (1ère lecture), l’amour et la tendresse du Seigneur (psaume) qui nous fait vivre et qui, déjà, en Jésus Christ, nous promet de partager sa gloire (2ème lecture).

Frères et sœurs, les lectures d'aujourd'hui nous placent devant des choix: choisir la Sagesse, choisir de tout donner pour acquérir un trésor... Et déjà, en nous invitant à célébrer l'eucharistie, Dieu nous a invités à le choisir... Quand la messe s'achèvera, quand nous repartirons, il nous invitera encore à le choisir, et ainsi d'étape en étape tout au long de notre vie.

Salomon vient de succéder à son père, le Roi David. Conscient de sa jeunesse et de son inexpérience, il demande à Dieu de lui donner en toute priorité la sagesse pour gouverner son peuple. Que pouvons-nous, en effet, demander de plus important à Dieu que le sens de l’écoute. L’écoute est le fondement de toute vie spirituelle. Les juifs pieux récitent chaque jour le « Shema Israël » : « Écoute, Israël, le Seigneur ton Dieu… »

Pour soutenir l’espérance des hommes et orienter leur recherche, Dieu, explique Saint Paul dans cet extrait de la lettre aux Romains, a conçu pour eux un plan d’amour qu’il réalise étape par étape.

En ce dimanche, nous poursuivons la série des paraboles sur le Royaume, cette fois-ci avec l’image de la perle. Il y a aussi cet avertissement sévère : « des anges viendront séparer les méchants des justes et les jetteront dans la fournaise »… Mais l’important est bien la perle, et ce que nous en faisons. Dans les deux exemples, nous voyons un homme vendre tout ce qu’il possède pour avoir cette perle, en clair… pour accéder au Royaume de Dieu. Attention cependant, le Royaume ne s’achète pas. Nous faisons un pas en sa direction justement en nous détachant de tout ce qui est matériel. Le Royaume est donc semblable à une perle, il est une richesse incomparable… mais pour la « posséder » rien ne sert de donner ses propres biens si ce n’est fait avec amour et charité. La disposition du cœur, l’élan d’amour, la passion pour Dieu et les autres sont autant de clés pour le Royaume.

«Que devons-nous faire ? » Combien de fois les disciples ont-ils posé cette question à Jésus ? Leur interrogation nous est familière tant nous voudrions bien faire, nous aussi. L’épisode de la prière de Salomon est éclairant. Alors qu’il peut demander au Seigneur tout ce qu’il veut avec l’assurance qu’il sera exaucé, le jeune roi demande le discernement, ce qui plaît au Seigneur. Dans la relation que nous entretenons avec Dieu par la prière, il y a des choix à faire, des tris à opérer. Oser lui demander quelque faveur, oser admettre que nous avons un manque, c’est déjà un premier pas. Faire le tri et savoir que demander est tout l’enjeu ! Le Royaume des cieux est aussi une affaire de discernement. Les paraboles que nous lisons ce dimanche mettent en évidence un choix décisif : on donne tout pour ne garder que le meilleur, le trésor, ce qui a de la valeur. L’homme qui achète le champ a su estimer le prix de sa chance. Le négociant de perles fines connaît son métier, ainsi que le pêcheur qui trie son filet rempli de poissons. Accueillir le Royaume, ce serait donc faire le bon choix. Mais comment le discerner ? Le discernement est une affaire de cœur, c’est pourquoi le Seigneur donne à Salomon un cœur attentif. Pour identifier le Royaume, il faut s’y connaître : seul un cœur qui aime peut faire le bon choix, le choix de la vie, le choix de Dieu. Que ce dimanche nous aide à compter sur Dieu puisque, sans lui, rien n’est fort, rien n’est saint. Demandons-lui de nous apprendre à faire le bon choix. Et rappelons-nous que « là où est notre trésor, là aussi sera notre cœur. »

Seigneur Dieu, nous voici rassemblés autour de ta parole. Béni sois-tu de révéler aux plus petits et aux plus humbles les trésors de ton royaume. Donne-nous un cœur attentif et sage pour comprendre la richesse de ton enseignement d’amour. Nous te le demandons par Jésus, ton Fils bien-aimé, vivant pour les siècles des siècles.

 

Père Bernard Dourwe, Rcj.

 

 

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17 juillet 2020 5 17 /07 /juillet /2020 07:26

1ere Lecture : Sg 12, 13.16-19 ; Psaume 85 ; 2e lecture : Rm 8, 26-27 ; Evangile : Mt 13, 24-43

La division entre le bien et le mal, les amis et les ennemis rythme instinctivement notre vécu au quotidien. La conséquence de cette distinction est l’intolérance et le désir de résoudre immédiatement toute tension résultante de ces oppositions. Certains demandent à Dieu d’intervenir pour juger et punir ceux qui sont la cause de notre mal. Les lectures d’aujourd’hui nous disent que Dieu n’agit pas de la sorte. La première lecture nous enseigne que Dieu n’use pas sa puissance pour nous punir mais plutôt pour nous sauver. Il attend que nous fassions pareil. L’Evangile nous recommande d’accepter avec la paix de l’esprit la présence du mal dans le monde et de reconnaitre que l’ivraie est dans nos cœurs. Il nous assure qu’un jour l’amour de Dieu détruira cette ivraie. La seconde lecture nous parle de l’Esprit de Dieu qui prie pour nous, implorant le Père de détruire tout mal.

Le livre de la Sagesse invite les hommes à s’inspirer de la manière dont Dieu agit envers les injustes. Il ne se sert pas de sa force pour punir les méchants. Il invite plutôt le pécheur à la conversion. La force qu’il nous donne n’est pas pour opprimer ceux qui nous font du mal. Nous devons plutôt prendre soin de ceux qui sont faibles et petits. A ceux qui nous font du mal, nous devons répondre par le bien.

Saint Paul dans sa Lettre aux Romains, nous enseigne que l’Esprit Saint vient au secours de nos faiblesses parce que nous ne savons pas prier comme il faut. C’est l’Esprit en nous qui nous fait crier vers Dieu « Abba, Père ». Notre prière à Dieu n’est pas le fruit de nos efforts personnels. Elle est un don de Dieu qui nous relève de notre condition de pécheurs pour nous unir à lui. C’est donc en toute humilité, dans la reconnaissance et l’action de grâce que nous devons sans cesse nous mettre en présence du Seigneur qui vient à notre secours.

Après la parabole du semeur de dimanche dernier, Saint Matthieu nous livre la suite des paraboles prononcées par Jésus à propos du Royaume des cieux. Le Royaume des cieux est comparable à un homme qui a semé du bon grain dans son champ mais l’ennemi est venu semer l’ivraie. Le royaume des cieux est comparable à une graine de moutarde semée et qui devient un arbre. Le royaume de Dieu est comparable au levain qu’une femme enfouit dans la farine et qui fait levé la pâte.

Par ces paraboles le Seigneur nous introduit dans la mystique de Dieu. Comme le semeur qui ne détruit pas l’ivraie de peur de perdre la bonne graine, Dieu riche d’amour et de miséricorde ne désire pas la mort du pécheur mais sa conversion. Il prend pitié et patiente jusqu’au jour de la récolte. En ce jour-là, il n’y aura plus confusion entre la bonne graine et l’ivraie. Alors les moissonneurs pourront distinguer et séparer le bon du mauvais. Devant le mal qui se vit dans notre société, il ne nous revient pas de condamner ou de juger quiconque. Notre vocation est celle d’être au sein de ce monde le sel et la lumière qui donne la saveur à l’humanité et éclaire le monde. C’est à Dieu seul que revient le jugement du monde.

Comme la graine de moutarde semée qui grandit, porte des fruits et devient un abri pour les oiseaux du ciel, Dieu nous a fait don de la vie pour qu’elle grandisse et donne des fruits. Des fruits qui ne seront pas seulement bénéfiques pour nous mais aussi pour toute l’humanité. Notre existence tournée vers nous-mêmes ne correspond pas au projet de Dieu pour chacun de nous. C’est dans l’amour, la fraternité, l’unité, la solidarité que nous accomplissons notre vocation d’enfants de Dieu.    

Comme la femme qui lève la farine avec un peu de levain, C’est dans la discrétion, le silence, l’humilité, la simplicité que se joue notre accès au Royaume de Dieu. Nous n’avons pas besoin de faire du bruit  ici et là pour dire au monde notre identité d’enfants de Dieu. Notre témoigne de vie, à la suite du Christ, à travers les gestes simples et ordinaires, si petits qu’ils soient, est arme inébranlable et incomparable contre les forces du mal qui tapissent dans nos vies cherchant à semer du trouble et du doute pour nous éloigner de l’amour de Dieu.

Dieu Eternel et Tout Puissant, Toi le Semeur sorti pour répandre au monde la bonne graine de ton amour, nous te prions. Accorde aux hommes et femmes de ce monde que tu aimes tant de se détourner de tout mal et d’accueillir dans la joie et la paix la semence de ta Parole enfouie dans nos cœurs afin que nos paroles et nos actions témoignent de ton amour et de ta miséricorde. Ainsi, nous aurons la joie d’entrer dans ton Royaume éternel. Par le Christ notre Seigneur et notre Dieu qui vit et règne avec toi dans l’unité du Saint Esprit, un seul Dieu pour les siècles des siècles. Amen.

 

Père Bernard Dourwe, Rcj.

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2 juillet 2020 4 02 /07 /juillet /2020 10:21

1ère lecture : Za. 9,9-10 ; Psaume 144 ; 2ème lecture : Rm. 8,11-13 ; Evangile : Mt. 11,25-30.

Apres le 12e et le 13e dimanches où nous lisions la fin du discours  de mission, c’est le Maître lui-même qui prend la route pour la mission. Aujourd’hui, dans son « hymne de jubilation », Jésus, qui pourtant vient d’essuyer des échecs, rend grâce au Père pour l’accueil reçu chez les « tout-petits ».

Nous accueillons la Parole que Dieu nous adresse, laissons-nous surprendre par l’Esprit de Jésus, l’Esprit de douceur : oui, comme les prophètes l’ont annoncé (1ère lecture), Jésus est « humble de cœur » et sa Parole touche d’abord les petits, les humbles (évangile). Et nous sommes appelés à nous laisser habiter par cet Esprit (2ème lecture) qui, seul, donne la vie et le bonheur.

Le prophète Zacharie invite Jérusalem à la joie : le Roi-Messie qu’elle attend vient à elle, en effet, pour établir un règne de paix et de justice, avec les seules armes de l’humilité et de l’amour.

Etre soi-même, c'est choisir par qui et par quoi on se laisse gouverner. Pour Saint Paul, le baptême exige un tel choix, entre la chair, notre naturel égoïste, et l'inspiration de l'Esprit du Christ. Saint Paul dans sa lettre aux Romains précise que l'Esprit de Dieu habite en nous. Et nous avons compris aujourd'hui que cet Esprit du Christ habite en tout homme. En hôte permanent, pas en passager temporaire ! Parce que le Christ est «doux et humble de cœur», cette présence intérieure de Dieu ne contraint personne. Elle est seulement un appel que précisent une rencontre, un livre, une émission... Les chrétiens ont plus que d'autres l'occasion de ressentir cet appel, mais il arrive aussi que des «païens» y soient sensibles. Des païens, au sens ancien du terme, car aujourd'hui il est plus difficile de savoir qui appartient, ou non, à Dieu...

Jésus remercie son Père des préférences qu’il manifeste pour les petits et les humbles : c’est à eux qu’il révèle les secrets de son cœur, tandis qu’il les cache aux sages et aux puissants.

L’Evangile de ce dimanche, qui regroupe une prière adressée au Père et une exhortation pour tout homme de désir, nous recentre sur le rôle spécifique du Fils dans l’histoire du salut.

De fait, son action de grâce nous rappelle qu’il est l’unique médiateur entre Dieu et les hommes. «Nul ne connaît le Père sinon le Fils, et celui à qui le Fils veut le révéler.» Autrement dit, précise Irénée : « Nous ne pouvons connaître Dieu sans le secours de Dieu ». Voilà qui nous remet devant son altérité, son mystère et la gratuité de la révélation. Une réalité qui pourrait nous conduire à un questionnement inextricable, si nous ne savions que le bon vouloir du Dieu Un et Trine est de se révéler à quiconque aspire au salut, dans la conscience de sa pauvreté. De fait, si Dieu est Amour en lui-même, comme le suggère la mention de la connaissance réciproque du Père et du Fils, cet amour ne demande qu’à se communiquer. N’oublions pas que, dans l’univers sémitique, « connaissance » signifie communion et engagement mutuels.

Quant à l’invite qui nous est faite, ne vient-elle pas nous rejoindre dans notre quotidien marqué par le poids et la lassitude des jours, au niveau personnel, familial, social. Qui n’a jamais aspiré au repos du cœur, cet autre nom du silence intérieur (Ps 131) ?

Et Jésus de nous rappeler qu’il n’est qu’un moyen pour atteindre cet horizon : le consentement à prendre son joug. Rappelons que cette image est traditionnelle dans le judaïsme pour parler de la Torah (Jr 5,5 etc.), qui canalise les énergies humaines désordonnées pour les rendre fécondes. Alors, laissons-nous saisir par le Christ, doux et humble de cœur, lui l’unique Chemin vers le Père (Jn 14).

 

Père, Seigneur du ciel et de la terre, tu nous as choisis malgré la pauvreté de nos vies et tu nous partages ton secret. Ce sera toujours pour nous une cause d'émerveillement! En Jésus, ton Fils, libère-nous de ce qui empêche notre marche et fais-nous vivre de ton Esprit. A toi notre louange pour les siècles des siècles. Amen!

 

Père Bernard Dourwe, Rcj.

 

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2 juillet 2020 4 02 /07 /juillet /2020 10:21

1ère lecture : Za. 9,9-10 ; Psaume 144 ; 2ème lecture : Rm. 8,11-13 ; Evangile : Mt. 11,25-30.

Apres le 12e et le 13e dimanches où nous lisions la fin du discours  de mission, c’est le Maître lui-même qui prend la route pour la mission. Aujourd’hui, dans son « hymne de jubilation », Jésus, qui pourtant vient d’essuyer des échecs, rend grâce au Père pour l’accueil reçu chez les « tout-petits ».

Nous accueillons la Parole que Dieu nous adresse, laissons-nous surprendre par l’Esprit de Jésus, l’Esprit de douceur : oui, comme les prophètes l’ont annoncé (1ère lecture), Jésus est « humble de cœur » et sa Parole touche d’abord les petits, les humbles (évangile). Et nous sommes appelés à nous laisser habiter par cet Esprit (2ème lecture) qui, seul, donne la vie et le bonheur.

Le prophète Zacharie invite Jérusalem à la joie : le Roi-Messie qu’elle attend vient à elle, en effet, pour établir un règne de paix et de justice, avec les seules armes de l’humilité et de l’amour.

Etre soi-même, c'est choisir par qui et par quoi on se laisse gouverner. Pour Saint Paul, le baptême exige un tel choix, entre la chair, notre naturel égoïste, et l'inspiration de l'Esprit du Christ. Saint Paul dans sa lettre aux Romains précise que l'Esprit de Dieu habite en nous. Et nous avons compris aujourd'hui que cet Esprit du Christ habite en tout homme. En hôte permanent, pas en passager temporaire ! Parce que le Christ est «doux et humble de cœur», cette présence intérieure de Dieu ne contraint personne. Elle est seulement un appel que précisent une rencontre, un livre, une émission... Les chrétiens ont plus que d'autres l'occasion de ressentir cet appel, mais il arrive aussi que des «païens» y soient sensibles. Des païens, au sens ancien du terme, car aujourd'hui il est plus difficile de savoir qui appartient, ou non, à Dieu...

Jésus remercie son Père des préférences qu’il manifeste pour les petits et les humbles : c’est à eux qu’il révèle les secrets de son cœur, tandis qu’il les cache aux sages et aux puissants.

L’Evangile de ce dimanche, qui regroupe une prière adressée au Père et une exhortation pour tout homme de désir, nous recentre sur le rôle spécifique du Fils dans l’histoire du salut.

De fait, son action de grâce nous rappelle qu’il est l’unique médiateur entre Dieu et les hommes. «Nul ne connaît le Père sinon le Fils, et celui à qui le Fils veut le révéler.» Autrement dit, précise Irénée : « Nous ne pouvons connaître Dieu sans le secours de Dieu ». Voilà qui nous remet devant son altérité, son mystère et la gratuité de la révélation. Une réalité qui pourrait nous conduire à un questionnement inextricable, si nous ne savions que le bon vouloir du Dieu Un et Trine est de se révéler à quiconque aspire au salut, dans la conscience de sa pauvreté. De fait, si Dieu est Amour en lui-même, comme le suggère la mention de la connaissance réciproque du Père et du Fils, cet amour ne demande qu’à se communiquer. N’oublions pas que, dans l’univers sémitique, « connaissance » signifie communion et engagement mutuels.

Quant à l’invite qui nous est faite, ne vient-elle pas nous rejoindre dans notre quotidien marqué par le poids et la lassitude des jours, au niveau personnel, familial, social. Qui n’a jamais aspiré au repos du cœur, cet autre nom du silence intérieur (Ps 131) ?

Et Jésus de nous rappeler qu’il n’est qu’un moyen pour atteindre cet horizon : le consentement à prendre son joug. Rappelons que cette image est traditionnelle dans le judaïsme pour parler de la Torah (Jr 5,5 etc.), qui canalise les énergies humaines désordonnées pour les rendre fécondes. Alors, laissons-nous saisir par le Christ, doux et humble de cœur, lui l’unique Chemin vers le Père (Jn 14).

 

Père, Seigneur du ciel et de la terre, tu nous as choisis malgré la pauvreté de nos vies et tu nous partages ton secret. Ce sera toujours pour nous une cause d'émerveillement! En Jésus, ton Fils, libère-nous de ce qui empêche notre marche et fais-nous vivre de ton Esprit. A toi notre louange pour les siècles des siècles. Amen!

 

Père Bernard Dourwe, Rcj.

 

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5 juin 2020 5 05 /06 /juin /2020 12:14

1ère lecture : Ex. 34,4-6,8-9 ; Cantique : Dn 3 ;  2ème lecture : 2 Cor 13,11-13 ; Evangile : Jn. 3,16-18

Une semaine après la Pentecôte, l’Eglise nous invite aujourd’hui à méditer  le mystère de la Trinité. Dieu n’est pas solitaire ! Il est communion d’amour, il est totale relation c’est pourquoi chacune de nos eucharisties est célébrée au nom du Père, du Fils et du saint Esprit.  L’Esprit Saint fêté dimanche dernier nous plonge dans l’intimité du cœur de Dieu. Il est don mutuel, ouverture, chaleur et partage, souffle qui éveille, torrent, douceur, lumière, tendresse… La Trinité n’est pas seulement « mystère », elle est la marque de l’amour du Seigneur sur nous : « Au nom du Père, et du Fils, et du Saint-Esprit. »  Père dont Jésus nous a révélé le visage de tendresse, Fils Jésus qui est mort et ressuscité pour nous sauver, Esprit Saint qui fait notre unité. Et la parole nous redit ces racines de notre foi : Moïse a reconnu ce Dieu « tendre et miséricordieux, lent à la colère, plein d’amour et de fidélité »  (1ère lecture), dont la bonté infinie nous a donné son propre Fils (évangile). Dieu de gloire que les croyants ont chanté (cantique) et dont saint Paul nous donne la bénédiction (2ème lecture).

Pour manifester son amour aux hommes, Dieu a envoyé son Fils, Jésus, le Christ. Il nous fait connaître le Père, il nous donne l'Esprit qui fait de nous son peuple. Le mystère de la Trinité est au cœur de notre foi chrétienne. Notre Dieu est l'Unique Seigneur: il nous fait entrer dans cette incroyable relation d'amour qui se vit entre le Père, le Fils et l'Esprit Saint. La fête de la Trinité, c'est d'abord la fête de l'amour de Dieu.

Dans ce texte de l’Exode, Dieu se fait connaître à Moïse, et, par lui, au peuple hébreu, comme un Dieu plein de tendresse et de miséricorde. Notre existence, l’alliance et ses renouvellements nous manifestent que Dieu est « tendresse et pitié, lent à la colère, plein d’amour et de fidélité » (Ex 34). Une révélation que Jésus porte à son accomplissement en nous révélant le visage de Dieu Père, Fils et Saint-Esprit, c’est-à-dire « une communauté indivise…, un mystère ineffable de communion et de distinction » (Basile).

L’Apôtre Paul invite ses correspondants, les Corinthiens, à la joie, une joie qu’il fonde sur la richesse des dons spirituels qui découlent surabondamment du Mystère de la Trinité. Chacun, en effet, n’a-t-il pas son rôle spécifique dans l’histoire du salut et son caractère propre en Dieu ? Ce que nous suggère Paul, associant la grâce à Jésus, l’amour au Père et la communion à l’Esprit.

Dieu est Amour ! La plus grande preuve qu’il nous en donne, au dire même de son Fils, le Christ Jésus, c’est qu’il l’a envoyé sur la terre pour sauver les hommes. Le terme grec choisi par Jean dans l’Evangile, pour parler de l’amour de Dieu connote un amour gratuit, généreux, fait de prévenance mais aussi de respect, qui ne peut que se manifester en paroles et en actes. Or la preuve par excellence de l’amour de Dieu pour nous, n’est-elle pas le don du « Fils unique » ? Une expression propre à Jean pour parler de Jésus et assez rare pour attirer l’attention. Ne met-elle pas en effet l’accent sur ce qu’un père a de plus cher (Jg 11,34 ; Gn 22; Jr 6, 26) ?

Et si l’Esprit n’est pas nommé, sa présence n’en est pas moins perceptible car, sans lui, les dons de Dieu nous resteraient extérieurs et nous ne pourrions participer à la vie divine. Alors, pour le connaître un jour pleinement, ne nous refusons pas à Dieu, «éternelle communion d’amour» (Zundel) qui fait de nous «sa demeure» (Jn 14)!

Le Père, le Fils et le Saint-Esprit attestent une indivisible unité dans l’égalité d’une substance identique et que, par la suite, ils ne sont pas trois dieux, mais un seul Dieu. Le Dieu que Jésus appelle Père n’est pas un que le Dieu de tendresse et de pitié qui s’est révélé à Moise sur la montagne.

L’amitié, l’amour conjugal, l’amour parental ou filial sont des expressions de l’amour trinitaire, leur seule source. Célébrer le Dieu Trinité revient donc à célébrer l’amour dont nous sommes aimés, inlassablement, mais aussi l’amour auquel nous sommes appelés, quotidiennement. Lors de l’eucharistie, par le geste de paix, nous manifestons notre engagement au service de la communion. Invités à composer un unique vitrail, nous accordons nos multiples couleurs les unes aux autres, laissant passer la lumière venue du Père. Dieu – Père, Fils, Esprit – et l’homme se laissent transformer l’un par l’autre. Dieu par l’homme, puisqu’il accepte ses couleurs trop fades ou trop criardes… L’homme par Dieu puisqu’il n’est vraiment lumineux que traversé par son Amour.

Sur l’invitation de la Parole, agissons aujourd’hui pour laisser passer Dieu à travers nos pensées et nos actes, nous accorder à nos frères et embellir le vitrail ! Que notre amour ne dise jamais : «C’est assez !»

 

Dieu notre Père, tu as fait connaître ton nom à Moïse tu t'es révélé à lui comme le Seigneur; tendre et miséricordieux. En Jésus, tu t'es fait connaître comme le Père de tout amour. Par l'Esprit Saint, tu nous rends capables d'aimer comme tu nous aimes. Oui, béni sois-tu pour ton amour et ta fidélité, toi le Dieu unique, vivant et vrai pour les siècles des siècles.

 

Père Bernard Dourwe, Rcj.

 

 

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29 mai 2020 5 29 /05 /mai /2020 09:21

1ère lecture : Ac. 2,1-11 ; Psaume: 103 ; 2ème lecture : 1 Cor 12,3-13 ; Evangile : Jn. 2O,19-23

Pentecôte. Cinquante jours après Pâques, en voici l’aboutissement : le Ressuscité est monté au ciel, il a confié à ses Apôtres de poursuivre sa mission, en leur promettant l’Esprit. Et c’est le don de cet Esprit que nous célébrons en ce jour. Esprit dérangeant et bienfaisant, Esprit qui vient dans le bruit et le vent mais qui apaise les disciples, Esprit qui unit ceux qui sont différents, Esprit dont la paix vient chasser la peur…  Esprit, naissance de l’Eglise, Esprit qui met en route les baptisés et les soulève de la joie même du Ressuscité, pour qu’ils chantent la gloire du Seigneur et annoncent à tous les hommes son amour.

Voici que la petite Église naissante est rassemblée autour de Marie et des Apôtres dans une maison. Quelque cinquante jours plus tôt, au pied de la Croix, Marie était seule avec Jean. L’Esprit était déjà présent dans cette remise de soi de Jésus à son Père mais, pour les disciples, c’était la consternation. La dispersion. Alors, s’ils se retrouvent là, avant d’être tous remplis de l’Esprit Saint et de s’adresser ouvertement à la foule cosmopolite de Jérusalem, c’est qu’une rencontre décisive a bouleversé leur consternation. Remplis de l’Esprit Saint au matin de la Pentecôte, les Apôtres reçoivent en particulier le don des langues ; ils peuvent ainsi s’adresser aux gens venus en pèlerinage à Jérusalem de toutes les parties du monde : chacun les comprend dans sa propre langue.

Saint Paul rappelle à ses correspondants, les  Corinthiens, que si les dons de l’Esprit sont multiples et variés, ils ne sont accordés que pour le bien commun : en aucun cas, ils ne doivent porter atteinte à l’unité des églises.

Le soir même de la Résurrection, le Seigneur apparaît à ses Apôtres, réunis vraisemblablement au Cénacle ; il leur communique l’Esprit Saint pour les rendre capables de remplir la mission qu’il leur confie ; en particulier celle de réconcilier les hommes pécheurs avec Dieu, son Père.

Il n'est pas si loin le temps du reniement de Pierre… Pas si loin non plus l’étonnement des femmes au seuil du tombeau vide et le temps de la relecture avec l’inconnu pour les deux compagnons, sur la route qui mène à Emmaüs. Les Apôtres sont dans l’attente. Malgré le doute, la peur, ils sont ensemble. Réunis, pour parler entre eux, réunis sans doute aussi pour prier. La porte est verrouillée. Le décor est planté. Dans le huis clos où se sont réfugiés les Apôtres, tout se dit dans un souffle violent, une sorte de feu, et une parole qui apaise : « La paix soit avec vous ! » Le temps est à la naissance. Le souffle qui se répand sur les Apôtres est souffle créateur, souffle de vie nouvelle. L’Esprit crée et recrée. De quelques peureux enfermés dans leur cénacle, l’Esprit fait d’infatigables témoins de ce qu’ils ont vécu avec le Messie. L’Église naît de ce rassemblement d’hommes abattus qui, soudain habités de la force de Dieu, reprennent en main leur vie et leur ministère interrompu. L’Esprit les pousse au large. Toute l’humanité est sauvée par le don que le Christ fait de sa vie. Voilà la Bonne Nouvelle que les Apôtres sont appelés à annoncer jusqu’aux extrémités de la terre pour entraîner dans le sillage de l’Église naissante l’humanité tout entière. Désormais, rien ne pourra les faire taire: ni la foule, ni les menaces de mort. Leur témoignage bouscule l’histoire d’hommes et de femmes, et il traverse le temps. L’Église prend la mer.

L’Église naissante, rassemblée, pacifiée, est alors envoyée par Jésus, comme Jésus lui-même a été envoyé par le Père : elle reçoit l’Esprit Saint. Elle était passée de la dispersion au rassemblement par la présence du Christ ressuscité, voilà qu’elle passe du rassemblement à l’envoi par la présence de l’Esprit Saint. Celui-ci la saisit pour qu’elle proclame les merveilles de Dieu : l’annonce de la Bonne Nouvelle naît à la Pentecôte. L’Église accueille là sa mission, sa raison d’être, sa vie. Elle tire son acte de naissance dans ce souffle missionnaire de Pentecôte. L’Esprit donne corps à son rassemblement pour qu’elle grandisse et engendre le monde à la joie, à la paix, à la vie du Ressuscité. Aujourd’hui encore, comme pour les premiers disciples, la paix nous habite et la joie nous anime. Le feu de Dieu embrase nos cœurs. Laissons-nous conduire par l’Esprit : il nous pousse au grand large.

En ce jour de Pentecôte, l’Esprit est donné à l’humanité pour faire craquer toutes nos barrières, entre hommes et femmes, entre autochtones et étrangers, entre faibles et puissants… l’Esprit nous est donné pour que la même foi en un Dieu-Père suscite en nous la paix du cœur. L’Esprit nous est donné pour nous faire entendre la même Parole, elle qui est victorieuse de la mort.

 

Père infiniment généreux, envoie encore sur le monde l'Esprit d'amour et la paix à laquelle tous aspirent. Que ton Église manifeste ta tendresse pour tous, et ta proximité envers les plus démunis. Dans les tourments de l'histoire, qu'elle apporte la clarté de l'espérance. Selon ta promesse, exauce-nous par Jésus, le Christ, notre Seigneur. Amen.

 

Père Bernard Dourwe, Rcj.

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21 mai 2020 4 21 /05 /mai /2020 08:14

1ère lecture : Act. 1,12-14 ; Psaume 26 ; 2ème lecture : 1 P 4,13-16 ; Evangile : Jn. 17,1-11a

Entre l’Ascension et pentecôte, l’heure est à la prière. Prière, de la part des Apôtres réunis au Cénacle avec Marie (1ère lecture). Ce sera la tâche première de l’Eglise naissante : puiser dans la prière confiante la force d’accomplir ce que le Christ nous confie. Prier, pour rendre grâce d’être chrétien (psaume), même quand ça devient plus difficile et que nous risquons de souffrir pour le Christ (2ème lecture). Prier, en suivant l’exemple de Jésus (évangile) qui, souvent s’en est remis en toute confiance à son Père. Prier, c’est s’abandonner, dans la confiance, à l’amour du Seigneur pour qu’il nous façonne à son image, pour sa gloire.

Saint Luc nous montre les Apôtres, au lendemain de l’Ascension, réunis avec Marie, Mère de Jésus, dans la salle du Cénacle, attendre dans la prière la venue de l’Esprit Saint, qui leur a été promis.

S’adressant à des chrétiens, persécutés pour leur foi, Saint Pierre leur rappelle la béatitude évangélique : « Heureux ceux qui souffrent pour la justice à cause du Christ ! », et il les engage à supporter courageusement leurs épreuves.

L’évangile d’aujourd’hui nous fait entendre le Christ, priant à haute voix devant ses disciples avant d’entrer dans sa Passion, pour demander à son Père de le glorifier, lui, son Fils, et de garder ses Apôtres dans une fidélité totale.

La méditation du Christ, dans son échange avec son Père, modifie la relation de Dieu avec l’humanité. L’heure du Christ change notre relation au temps, il s’agit d’entrer dans le temps et même, davantage, d’entrer dans la vie éternelle. Non pas dans le lointain mais déjà dans « l’aujourd’hui de Dieu » pour ceux qui le connaissent et connaissent celui que Dieu a envoyé. Quel programme ! L’heure du Christ ne fait pas du Père le grand horloger manipulateur de l’humanité depuis les origines, et la vie éternelle n’est plus une promesse repoussée à une fin des temps bien vague et hors du temps. La vie éternelle s’inscrit dans une démarche de foi qui est commencée pour chacun quand l’approfondissement de la connaissance du Père et du Christ change notre relation à Dieu, à l’humanité et au monde. Glorifier le Père, comme le Christ sait le faire, mais aussi transformer le monde puisqu’il nous est confié pour le transformer. L’énormité est dans cette certitude : le Christ prie pour ses disciples, pour nous, et il trouve sa gloire en nous ! Participer de sa divinité n’est pas une utopie, c’est entrer dans une double responsabilité : celle de glorifier celui qui donne sens à la vie et celle de prendre des risques à cause du nom du Christ. Le temps entre Ascension et Pentecôte invite à oser la prière fraternelle d’un seul cœur et à témoigner sans hésitation de l’amour du Père et du Fils dans l’Esprit. C’est bien le Dieu en relation qui change nos propres relations et nous donne l’audace d’habiter ce monde que Dieu aime pour le transformer !

Le temps compris entre l’Ascension et la Pentecôte est sous le signe de l’attente, de l’intercession, de l’appel de l’Esprit Saint sur l’Église, le monde, la création tout entière. Alors, entrons dans la chambre haute de notre cœur pour nous y tenir et «participer fidèlement à la prière» de l’Église. Nos modèles sont Marie et les Apôtres certes, mais plus encore le Christ, notre Grand Prêtre et intercesseur : «Moi je prierai le Père, et il vous donnera un autre Paraclet qui restera avec vous pour toujours. C’est lui l’Esprit de vérité…» (Jn 14, 16-17). Et c’est cette intercession de Jésus qui fonde la nôtre, nous révèle notre vocation de baptisé, la vocation sacerdotale de l’Église. C’est cette vocation que nous exerçons plus particulièrement lorsque, à chaque eucharistie, nous nous associons à la prière du célébrant en demandant à Dieu d’envoyer son Esprit non seulement sur le pain et sur le vin, afin qu’ils deviennent le corps et le sang du Christ, mais aussi sur la communauté rassemblée et appelée à être «une éternelle offrande à sa gloire».

Un office dont nous ne pouvons-nous acquitter du bout des lèvres. Rappelons-le, en effet, l’intercession de Jésus est allée jusqu’au don de sa vie comme nous le font comprendre notamment l’épître aux Hébreux et aujourd’hui la prière de Jean située la veille de la Passion. Ce qui fit dire à un père du désert : « Donne ton sang et reçois l’Esprit.»

Voilà donc qui nous invite à nous ancrer dans cette vocation sans présomption ni pusillanimité, en faisant place à l’Esprit qui, seul, peut nous donner d’intercéder authentiquement et pleinement par toute notre vie. Une façon de glorifier le Père, c’est-à-dire de le faire connaître jusqu’aux extrémités de notre terre en attente de sa libération définitive.

 

Dieu notre Père, comme les apôtres en prière avec Marie, mère de Jésus, nous voici d'un seul cœur réunis devant toi. Ouvre nos cœurs à ta Parole pour que nous vivions dès aujourd'hui de ta vie. Nous t'en prions par celui qui rayonne de ta présence, Jésus, le Christ, notre Seigneur. Amen.

Père Bernard Dourwe, Rcj.

 

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21 mai 2020 4 21 /05 /mai /2020 08:13

1ère lecture : Ac. 1,1-11 ; Psaume 46 ; 2ème lecture : Eph 1,17-23 ; Evangile : Mt. 28,16-2O

 

Quarante jours après sa résurrection, Jésus monte au ciel où il siège à la droite du Père.  L'ascension accomplit ainsi le mystère de la résurrection.  Celui qui s'absente est désormais présent autrement: invisible pour les yeux, il agit dans les cœurs de ceux qui sont marqués de son mystère.  Aussi n'est-il pas absent de notre monde et de notre vie.  L'ascension marque le fait que commence à présent le temps de l'Église qui est, selon Paul, "l'accomplissement total du Christ" (deuxième lecture).  Les trois lectures nous présentent le Christ vainqueur.  Tout lui est soumis.  Mais son Royaume reste encore à construire par nous qui formons son Église.

Nous sommes justement dans ce temps intermédiaire entre le "déjà là" de la victoire du Christ siégeant désormais à la droite de son Père et le "pas encore" de sa venue en gloire.  Les quarante jours entre la résurrection et l'ascension (première lecture) symbolisent ce délai qui avait déjà marqué certaines grandes épreuves et attentes dans la Bible: le déluge, le passage du peuple hébreu à travers le désert et les tentations de Jésus.

La première lecture est le début même du livre des Actes des Apôtres. Au moment de prendre congé de ses disciples, le Christ leur donne ses dernières instructions ; il leur confie en particulier la mission de continuer son œuvre de salut.

Saint Paul souhaite à ses correspondants une illumination intérieure, « l’intelligence du cœur », qui leur révèlera la splendeur de la promesse qui leur a été faite dans le Christ Jésus.

Ce texte est la finale de l’Evangile écrit par Saint Matthieu ; il relate la dernière rencontre de Jésus avec ses disciples en Galilée. Récit très court, mais d’une richesse exceptionnelle.

Après la résurrection de Jésus, les femmes ont reçu la mission d’aller annoncer aux disciples qu’il est vivant et les précède en Galilée. Il les attend dans cette région tout au nord, la terre de leur vie quotidienne, mais aussi région méprisée parce qu’investie par des populations païennes.

Les disciples s’y rendent et à la vue de Jésus se prosternent, avec une foi mêlée de doutes. La proximité du Ressuscité s’expérimente sur cette terre de luttes, d’impureté comme elle s’expérimente en leurs cœurs où se joue le combat entre le doute et la confiance. Jésus, cependant, ne se laisse pas ébranler par leur faiblesse. Il les envoie en mission, baptiser et enseigner, inviter à adopter les mêmes manières d’être et d’agir que lui. Il a besoin des disciples pour se rendre présent au monde ; c’est à eux désormais de faire des disciples, de transmettre ce qu’ils ont reçu. Mais ils ont l’assurance de ne pas être seuls : « Et moi, je suis avec vous tous les jours jusqu’à la fin du monde. »

Cet appel retentit pour nous aussi. C’est au même combat entre le doute et la confiance que le Christ nous appelle. Nous ne sommes pas laissés à nos propres forces ; il nous faut croire, comme le dit saint Paul, à «la puissance infinie qu’il déploie pour nous ». Dieu a besoin de notre consentement pour agir en nous et, par nous, agir dans le monde. L’Emmanuel, Dieu-avec-nous, se révèle dans l’histoire des hommes lorsque des libertés humaines choisissent de rendre témoignage au Royaume par la parole et par les œuvres. Une humble fidélité et un amour patient, la sortie de nous-mêmes pour aller vers les autres seront dans le même temps expérience et révélation de la proximité du Seigneur, invitation à le suivre.

L’Ascension de Jésus change et les dimensions de notre vie et les dimensions de notre mission. Lui, le Fils de l’homme, crucifié, nous le croyons non seulement vivant, mais vivant de la vie même de celui qu’il appela toujours son Père du ciel. Alors quand il nous dit que dans la maison de son Père il y a beaucoup de demeures, qu’il nous prenne avec lui, ça décoiffe. Quand il nous envoie ; comme les Galiléens de l’époque à travers le monde entier, annoncer la bonne nouvelle, ce n’est pas le moment de nous enfermer dans nos églises et de nous compter, mais il nous faut sortir au-delà de toutes frontières, vers tous les hommes. L’amour de Dieu n’a pas nos limites. Il décoiffe.

La fête de l’Ascension nous aspire vers les hauteurs, mais aussi nous renvoie à notre vie de chaque jour. Le chrétien n’est pas un homme « tête en l’air » : il travaille à l’avènement du Royaume des cieux dans le quotidien.

 

Dieu, Notre Père du ciel, tu accueilles aujourd'hui près de toi dans la gloire ton Fils bien-aimé, Jésus-Christ, notre frère, que tu élèves au-dessus de tout. Daigne accueillir aussi l'Eglise en fête qui est son Corps. Et que se manifeste aujourd'hui sur cette terre la force de ton Esprit. Nous te le demandons par Jésus, le Christ, notre Seigneur, assis à ta droite pour les siècles des siècles. Amen!

 

Père Bernard Dourwe, Rcj.

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17 mai 2020 7 17 /05 /mai /2020 22:23

1ère lecture : Act. 8,5-17 ; Psaume 65 ; 2ème lecture : 1 P 3,15-18 ; Evangile: Jn. 14,15-21

Ce dimanche encore, pour les premiers chrétiens comme pour notre communauté, la mission se poursuit. Et, pour nous préparer à la Pentecôte, la parole de Dieu nous rappelle combien l’Esprit Saint fut à l’œuvre, dès les commencements de l’Eglise.

C’est, d’abord, auprès des Samaritains qui ont accueilli la prédication de Philippe (1ère lecture). Et c’est pour les disciples de tout temps, Jésus le promet (évangile). C’est bien grâce à cet Esprit que nous pouvons chanter, acclamer le Seigneur (psaume), et témoigner de notre foi, de notre espérance (2ème lecture). Car l’Evangile est Bonne Nouvelle à proclamer au monde d’aujourd’hui.

La première lecture est encore tirée du livre des Actes des Apôtres : elle nous fait assister à l’évangélisation de la Samarie par le diacre Philippe et à la confirmation des nouveaux convertis par les Apôtres Pierre et Jean. Dans l’épisode que nous lisons aujourd’hui, Philippe, l’un des Sept, accepte de franchir la frontière de Samarie et d’aller s’immerger au beau milieu d’un peuple souvent considéré comme hérétique par les juifs. Et, contre toute attente, nombre de Samaritains se laissent toucher par la Bonne Nouvelle et se convertissent. Voici que cet « Esprit de vérité » dont l’évangile de Jean nous prédit que le «monde» ne le verra pas, est, tout à coup, visible aux yeux d’hommes et de femmes qu’on accuse peut-être un peu vite d’être idolâtres et pervertis.

L’Apôtre Pierre, écrivant à des chrétiens, en butte aux calomnies et aux persécutions, les exhorte à donner dans tout leur comportement le témoignage de leur foi et de leur espérance.

L’injonction de l’Apôtre Pierre dans l’épître de ce jour est ferme, fraternelle et incontournable. Rendre compte de l’espérance qui est en nous, c’est donner à nos compagnons d’humanité le goût du sel, ce goût de la vie qui nous est donnée en abondance. C’est à notre manière d’être, de vivre et de servir que nos contemporains pourront entrevoir en nous et à travers nous le visage de celui qui donne du sens à notre vie, le visage resplendissant de celui qui, par sa mort et sa résurrection, fonde toute notre espérance et ouvre à l’humanité entière un chemin de salut. Notre monde a besoin d’hommes et de femmes pour dire et crier à qui veut l’entendre que, depuis le matin du tombeau vide, la ténèbre n’a plus droit de cité en notre humanité. Christ est mort, Christ est ressuscité et notre monde doit à présent devenir ce qu’il n’est pas encore: capable de voir, capable de comprendre, capable de reconnaître l’Esprit de vérité.

A quelques heures de sa passion et de sa mort, le Seigneur Jésus réconforte et rassure ses Apôtres, en leur promettant de ne pas les laisser seuls, comme des orphelins : il leur enverra un défenseur en la personne de l’Esprit Saint. L’amour et l’attachement qu’ils ont pour Lui va se vérifier à la fidélité éprouvée et c’est au cœur d’un quotidien pas toujours réceptif à la foi au Ressuscité qu’il leur faudra se souvenir du Défenseur que le Père enverra au nom de son Fils. Ils ne seront pas seuls, L’Esprit veillera bien à leurs actions. Ils peuvent avancer dans la confiance et non dans la peur d’un monde pouvant les rejeter faute de connaître la source de leur espérance.

Il en est de même en réalité pour nos vies baptismales : sans cesse, nous devons faire mémoire des dons reçus afin de ne pas oublier que nous avons une mission dans la société : celle de rendre compte de notre foi… pour témoigner de celui qui nous tient debout ! Nous devons demeurer fidèle aux commandements de Jésus, l’aimer et nous laisser aimer par le Père, voilà le chemin du disciple, un chemin qui nous identifie au Christ lui-même et fait de nous d’authentiques témoins du Règne qui vient.

 

Dieu notre Père, tu nous as donné l'Esprit de vérité, promis par ton Fils, au jour de notre baptême et de notre confirmation. Viens raviver en nous le don que tu nous as fait. Ainsi nous resterons fidèles à tes commandements, et nous t'aimerons de tout notre cœur, toi le Dieu d'amour pour les siècles des siècles. Amen.

 

Père Bernard Dourwe, Rcj.

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