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10 juin 2022 5 10 /06 /juin /2022 21:05

SOLENNITE DE LA SAINTE TRINITE C

Proverbes 8, 22-31 ; Psaume 8 ; Romains 5, 1-5 ; Jean 16, 12-15

Nous célébrons la solennité de la Sainte Trinité. De toutes les religions révélées, le christianisme grâce à l’incarnation de Jésus-Christ affirme la foi en l’Existence d’un seul Dieu unique en Trois personnes : le Père, le Fils et l’Esprit Saint. Dès la création Dieu le Père se manifeste comme Créateur, Dieu le Fils se manifeste comme le rédempteur et Dieu l’Esprit Saint est sanctificateur. Ils ne sont pas trois Dieux mais un Seul Dieu qui agit en trois personnes. La Sainte Trinité est le mystère d’amour et de communion entre le Père, le Fils et l’Esprit Saint. Ils font l’unité dans la nature Divine et la diversité dans les personnes. De telle sorte que le Père, le Fils et l’Esprit Saint bien que différents sont totalement unis. Personne n’agit jamais seul.

Comment « dire » Dieu ? De tout temps, les croyants ont cherché à exprimer leur foi en leur Seigneur, mystère d’amour insondable et cependant si proche de son peuple…Les sages de la Bible ont contemplé l’harmonie et l’intelligence de la Création, ils y ont discerné la figure de la Sagesse, qui évoque l’intelligence créatrice de Dieu (1ère lecture). Le psalmiste chante son Dieu pour la dignité qu’il donne à l’homme. Et saint Paul évoque avec force l’œuvre du salut en nos vies, par l’Esprit Saint (2ème lecture). Jésus nous a obtenu ce salut, et nous assure en permanence de l’assistance de son Esprit, qui nous guide vers la vie. (Evangile).

L'Ancien Testament a découvert la figure de la sagesse de Dieu, maître d'œuvre de la création et amie de l'humanité. Dans cette figure, les croyants reconnaissent le Verbe du Très-Haut ou son Esprit. Et ils se réjouissent qu’avant les siècles, lorsque le Créateur affermissait les cieux », la Sagesse « jouait devant Dieu à tout instant », et « trouvait ses délices avec les fils des hommes ». Un Dieu qui joue avec les hommes et qui trouve en cela son plaisir ! Difficile à imaginer. Mais jouer, n’est-ce pas le propre de l’enfance ? N’est-ce pas vivre simplement, au jour le jour, joyeux de découvrir tout ce qui est beau dans notre entourage ? Jouer c’est éviter de se prendre au sérieux ! Le jeu des hommes est la joie de Dieu…

Le mystère de la Trinité n'est pas une spéculation intellectuelle. C'est une réalité qui nous habite profondément. Saint Paul dans sa lettre aux Romains nous le rappelle. Le Christ nous a montré le chemin qui mène au Père et l'Esprit nous donne la force. L’Apôtre nous rend attentifs au don de Dieu, à l’Esprit qui ouvre notre intelligence au mystère trinitaire. De fait, ce mystère n’est pas opaque, l’Esprit nous donne de le sonder. Ce mystère est vie, l’Esprit nous offre d’y goûter. Il gémit au fond de notre cœur et nous révèle le Père (Ga 4, 6). Il affermit notre foi et nous découvre Jésus Christ, le Seigneur (1 Co 12, 3).

Dans ses derniers entretiens avec ses disciples, Jésus a dévoilé et récapitulé l’œuvre de Dieu dans son ensemble, il en a montré l’unité, depuis le temps des prophètes jusqu’au temps de l’Eglise. Il nous offre de découvrir le rôle de l’Esprit Saint dans le mystère de la Sainte Trinité. Esprit de sainteté et de vérité, l’Esprit Saint est la troisième personne de la sainte Trinité. Il est le lien d’amour et de communion entre le Père et le Fils. Promis par Jésus pendant les jours de la sa vie mortelle, l’Esprit Saint nous est donné pour nous aider à comprendre ses enseignements, à être témoins de sa résurrection et de la Bonne Nouvelle en nous conduisant vers la Vérité toute entière. Il continue encore aujourd’hui à œuvrer dans l’Eglise et dans l’Histoire des hommes. C’est lui qui nous met en communion avec le Père et le Fils.

Célébrer la Sainte Trinité, c’est célébrer la relation d’amour qui existe entre le Père, le Fils et l’Esprit Saint. Le Père est l’Aimant, le Fils est l’Aimé et l’Esprit Saint est l’Amour. Ils vivent en Communion parfaite de telle sorte que le Fils fait ce que veut le Père et l’Esprit Saint réalise ce qui vient du Père et du Fils. Tous sont associés à l’œuvre de la Création, de la Rédemption et de la Sanctification des hommes. Comme Communion d’amour, ils sont un modèle d’Amour et d’Unité dans la diversité qui s’offre à nos familles et à nos relations interpersonnelles. En effet, à l’image de la Sainte Trinité, nos familles qui sont en principe unies de par leur nature  sont appelées à demeurer unies dans la diversité de ses personnes. Le père est diffèrent de la mère et des fils et filles mais ils se reconnaissent comme faisant partir d’une seule et même famille. Ils doivent donc tous contribuer à œuvrer ensemble dans le respect des diversités, des dons, des charismes personnels qui ne sont pas là pour nous diviser mais plutôt nous enrichir mutuellement.

Dieu notre Père, tu as envoyé dans le monde ta Parole de vérité et ton Esprit de Sainteté pour révéler aux hommes ton admirable mystère ; donne-nous de professer la vrai foi en reconnaissant la gloire de l’Eternelle Trinité, en adorant son Unité toute-puissante. Par Jésus.

 

Père Bernard Dourwe, Rcj.

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2 juin 2022 4 02 /06 /juin /2022 10:04

PENTECOTE C

1ere lecture : Ac 2, 1-11 ; Ps 103 ; 2eme lecture : Rm 8, 8-17, Evangile : Jn 14, 15-26

La Pentecôte clôture la cinquantaine au cours de laquelle l’Eglise chaque année, célèbre la Pâques du Christ. Cinquante jours après sa résurrection, et dix jours après son ascension, le Seigneur fait don de l’Esprit Saint à ses apôtres. La Pentecôte marque ainsi l’achèvement de Pâques. Aujourd’hui la promesse de Jésus s’accomplit : les disciples sont tous remplis de l’Esprit Saint, ils  se mettent à parler en d’autres langues !

La parole de Dieu est  vraiment saisissante aujourd’hui : vent violent et feu soudain de la Pentecôte qui saisit et transforme les amis de Jésus, abattus par sa mort, en apôtres enthousiastes de la résurrection (1ère lecture) : souffle qui saisit la poussière pour lui rendre la vie (psaume) ; emprise de l’Esprit Saint qui nous as saisis au baptême pour faire de nous les « enfants de Dieu » (2ème lecture) et qui ne cesse de nous travailler au cœur pour nous faire vivre de la Parole (Evangile). « Viens, Esprit Saint » (séquence), viens nous saisir encore, viens nous surprendre encore et faire de nous les audacieux témoins de l’amour qui se donne.

Annoncé par les Ecritures anciennes, promis par le Seigneur à plusieurs reprises  surtout au moment où il devait passer de ce monde à son Père, l’envoie de l’Esprit Saint inaugure le temps nouveau : celui de la mission de l’Eglise au sein de ce monde par l’entremise des disciples. Le Christ par son Esprit reste présent au sein de ce monde. Sa présence est matérialisée par la suite de la mission réalisée par les apôtres qui proclament les merveilles de Dieu en de diverses langues grâce aux dons de l’Esprit Saint.

L’Esprit Saint est désormais le protagoniste de la mission. Promis comme le Défenseur, le Paraclet, l’Esprit de Vérité, est chargé de nous conduire vers la vérité toute entière et à mieux nous faire comprendre les enseignements du Maitre. Au jour de la pentecôte, il libère les apôtres de leur peur et leur offrent de se faire entendre par la multitude de juifs rassemblés à Jérusalem venant de toutes les contrées du monde. Tous sont émerveillés des œuvres du Seigneur qui permet aux simples hommes de Galilée de réaliser des prodigues. Grâce à l’Esprit, l’unité que Babel avait brisée suite aux désirs des hommes de surpasser Dieu, causant ainsi l’impossibilité de se faire entendre est restaurée. Le langage nouveau de l’Esprit qui est un langage d’amour, de paix, de joie, de justice, de réconciliation, de bonté, de service, de patience, de miséricorde, de bienveillance, d’humilité, de maitrise de soi, de pardon, d’unité permet aux hommes de prendre conscience que notre vocation est d’être tous fils et filles d’un seul et même Père qui nous appelle à vivre dans la paix et l’harmonie des enfants de Dieu.

En notre monde déchiré, divisé, coupé de frontières et hérissé de barbelés, Dieu fait surgir un monde nouveau. En notre monde en convulsion, si tourmenté et parfois découragé,  Dieu déclare aujourd’hui la Fête de l’Esprit qui fait sauter les frontières, brise les barrières, rapproche les races et les nations, pour faire vivre les hommes en frères, les libérant du péché par le pardon et leur communiquant la force de l’amour.

Cet Esprit déposé sur les apôtres sous forme de feu ouvre l’Eglise à des horizons nouveaux : annoncer et témoigner sans aucune crainte aux hommes que Dieu par son fils Jésus-Christ a sauvé l’humanité par sa mort et sa résurrection, accorder le pardon aux hommes, les conduire à la sainteté en les transmettant le salut. Cette annonce de la Bonne Nouvelle ne peut plus être retenue par les seuls témoins du Christ ressuscité. Elle doit être connue dans tous les confins de la terre. Les apôtres par le courage extraordinaire qu’ils reçoivent de l’Esprit Saint peuvent désormais briser les barrières linguistiques, raciales, ethniques et socio-culturelles pour faire connaitre ce prodige inédit.

Nous devons pour rendre concret le don de l’Esprit Saint dans nos vies lutter contre les tendances de la chair, en nous laissant conduire par l’Esprit du Christ qui habite en nous. C’est cet Esprit qui nous permet d’appeler Dieu « Abba » et nous unit aux souffrances et à la gloire du Christ qui a fait de nous les héritiers Royaume. Notre existence devient donc grâce à l’Esprit un combat permanent contre les tendances de la chair qui tendent à nous détourner des tendances de l’Esprit.

Nous devons manifester la présence de l’Esprit Saint au sein de notre monde par le témoignage qu’il nous inspire car ce qui vient de lui est conforme au Père et au Fils. En effet, ils ne font qu’une seule et même communauté d’Amour. « Avec le Père et le Fils ils reçoivent même adoration et même gloire ». Sa présence est également la Présence du Père et du Fils qui accomplissent la même mission au sein de l’Eglise. Il  vivifie et sanctifie toute l’Eglise au nom du Père et du Fils.

 

Aujourd’hui, Seigneur, par le mystère de la pentecôte, tu sanctifies ton Eglise chez tous les peuples et dans toutes les nations ; répands les dons du Saint Esprit sur l’immensité du monde, et continue dans le cœur des croyants l’œuvre d’amour que tu as entreprise au début de la prédication évangélique. Par Jésus.

Père Bernard Dourwe, Rcj.

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28 mai 2022 6 28 /05 /mai /2022 08:22

L’ASCENSION DU SEIGNEUR

1ere lecture : Ac 1,1-11,  Psaume 46; Hébreux 9, 24-10,23, Evangile : Luc 24, 46-53

Nous célébrons l’Ascension du Seigneur. Trois jours après sa passion et sa mort, Jésus-Christ est ressuscité des morts en sortant vivant et victorieux du tombeau, quarante jours durant, il va se manifester à ses apôtres en de diverses circonstances afin de les réconforter, de les aider à comprendre le sens des Ecritures à propos de lui et par la suite les envoyer en mission. Après ce temps d’intense catéchèse, il s’en va vers son Père siéger à sa droite et nous préparer une place auprès de lui.

Dans la première lecture extraite du livre des Actes des Apôtres, saint Luc commence son œuvre en décrivant à la suite de la finale de son évangile l’évènement de l’Ascension du Seigneur. Quarante jours après sa résurrection, accompagnée de nombreuses apparitions et des enseignements sur le Royaume des Cieux, Jésus retourne vers son Père. Les témoins du ressuscité grâce au don de l’Esprit Saint sont désormais appelés à cesser de regarder vers le ciel mais plutôt à aller dans le monde entier témoigner de tout ce qu’ils ont vu et entendu. Le départ du Christ, loin de mettre fin à sa mission est l’ouverture et le commencement d’une ère nouvelle. L’ascension fait ainsi charnière entre le ministère de Jésus et le temps de la mission de l’Eglise, lui-même orienté vers le retour du Seigneur.

Le Christ qui siège à la droite du Père est également présent au milieu des siens sous une autre forme. Sa présence invisible s’intensifie. Elle acquiert une profondeur et une extension que ne lui permettait pas son corps terrestre. Grace à l’Esprit, elle se fixera à jamais là où Jésus avait appris à ses Apôtres à le reconnaitre : la parole, les sacrements, le prochain et surtout la mission. Il ne s’agit pas, dès lors de contempler le ciel, mais d’être les témoins du ressuscité sur la terre des hommes, de coopérer avec lui à l’extension de son Règne.

La fête de l’Ascension célèbre le devenir de l’humanité en Jésus Christ. L’absence du Bien-Aimé se transforme en joie parce qu’elle atteste que tout homme a sa place auprès de Dieu. Cette joie devient plus grande encore quand on considère les promesses qui accompagnent le retour de Jésus auprès de son Père. Elles sont au nombre de trois. La première réconforte les Apôtres. Le Maître parti, ils ne seront pas abandonnés face à l’immense tâche qui les attend mais « revêtus d’une force venue d’en haut », l’Esprit Saint. Tel sera l’habit de service, la tenue de combat, qui fera d’eux des « témoins » du Christ depuis Jérusalem « jusqu’aux extrémités de la terre ». Voici donc l’objet de la deuxième annonce : dans l’Esprit Saint, chaque Apôtre sera effectivement un témoin de l’Évangile. La dernière promesse trace une ligne d’horizon à l’Église tout entière : « Jésus reviendra de la même manière que vous l’avez vu s’en aller vers le ciel ». Elle est bonne nouvelle. L’Église retrouvera son Seigneur, l’Époux son Épouse. Ainsi le départ du Christ "emporté au ciel", n'est pas une fin, mais un commencement. Après le temps de la présence familière du Maître, de l'Ami, va venir pour les apôtres le temps de la mission en son nom.

L’Ascension du Seigneur réjouit le cœur des disciples, parce qu’elle célèbre l’exaltation du Christ ressuscité à la droite du Père. Mais elle est aussi un avantage pour les croyants, ainsi que Jésus l’a dit lui-même à ses Apôtres, au soir de la dernière Cène (Jn16, 7). Elle inaugure une ère nouvelle de l’histoire du salut : celle du don de l’Esprit répandu à profusion sur les croyants, et celle de la prédication dans le monde entier, de la Bonne Nouvelle du salut acquis par la mort et la résurrection du Fils de Dieu fait chair.  Cette prédication engage chacun de nous à être au sein de ce monde les témoins de la présence de Dieu qui aime tous les hommes et ne veut en perdre aucun.

La célébration de l’Ascension tourne donc notre regard vers le monde où nous vivons. Là se construit patiemment et humblement, dans l’amour le Corps dont le Christ est la Tête. Car le Seigneur n’a pas abandonné les siens. Il est au contraire d’autant plus présent au milieu d’eux qu’il ne se trouve plus soumis aux contraintes de la condition humaine qui limitait son action dans le temps et dans l’espace.

Célébrer, aujourd’hui, le mystère de l’Ascension, c’est proclamer que « le ciel » est la destinée de tout homme : chacun vivra éternellement auprès  de Dieu, puisque le chemin est ouvert par le Christ. C’est aussi nous engager à annoncer à tout homme cette merveilleuse nouvelle du salut : chacun est aimé, pour lui-même ; chacun est attendu dans le cœur de Dieu, dans sa gloire : le Christ, « une fois pour toutes », nous a obtenu cette promesse d’éternité bienheureuse. Si nous y croyons vraiment, si nous avons cette « certitude que donne la foi », alors oui, vraiment, nous ne pouvons rester là à regarder le ciel. Une bonne nouvelle, ça se partage, ça s’annonce, au plus vite. En contemplant et en célébrant aujourd'hui le Christ retourné vers son Père et maintenant assis à sa droite, nous devons donc célébrer aussi l'espérance d'être un jour auprès de lui, car c'est pour nous qu'il a tout vécu: sa naissance, sa vie publique, sa passion, sa mort, sa résurrection et son ascension.

Dieu qui élèves le Christ au-dessus de tout, ouvre-nous à la joie et à l’action de grâce, car l’Ascension de ton Fils est déjà notre victoire : nous sommes les membres de son corps, il nous a précédé dans la gloire auprès de toi, et c’est là que nous vivons en espérance. Par Jésus.

Père Bernard Dourwe, Rcj.

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28 mai 2022 6 28 /05 /mai /2022 08:22

 

Actes 7, 55-60 ; Psaume  96 ; Apocalypse 22, 12-20 ; Jean 17, 20-26

Entre l’Ascension et la Pentecôte, ce dimanche est un dimanche de la prière : Prière d’Etienne, prière  de l’Esprit et de l’épouse, Prière de Jésus à son Père. Au moment où Jésus vient de quitter le monde (Ascension), l’évangile le présente en prière pour le monde : le Ressuscité n’a pas délaissé les hommes. L’accomplissement de sa mission par sa Passion-Résurrection mène à sa glorification et nous ouvre le même horizon. Ainsi, Etienne supporte son martyre et contemple le ciel qui nous appelle (1ère lecture). Ainsi, Jean voit et chante la fête du salut éternel. (2ème lecture)  Mais avant la réalisation plénière du Royaume, le Christ nous confie de poursuivre sa mission : que soit parfaite notre unité, pour que le monde croie. Dire notre foi nous engage à témoigner de l’amour qui nous unit.

Etienne vient de défendre les mêmes idées que Jésus, devant le même tribunal. Il se sait condamné ; mais il est déjà ailleurs. Au moment de mourir, il contemple la gloire du Christ et prie pour ses bourreaux. Le premier martyr chrétien, Etienne, est animé d’une certitude : il va à la rencontre de son Seigneur. Il ne regarde pas ses accusateurs, il « regardait vers le ciel ».  Et celui qu’il voyait est « Le Fils de l’Homme », celui qui motivait sa fougue évangélisatrice. Quand la mort approche, sous les coups des pierres lancées contre lui, Etienne confiait son esprit à Jésus, son maître, et c’est à lui qu’il demandait de pardonner aux bourreaux. Le Christ, est central dans notre foi, il est « le commencement et la fin » dans notre vie spirituelle. Qu’il soit, comme pour Etienne, « l’Etoile resplendissante du matin ». L’exemple d’Etienne nous dit la force que peut avoir la foi dans une vie, jusqu’au témoignage suprême du martyre… C’est l’occasion de nous demander quelle est notre foi, et jusqu’où nous sommes capables d’aller, dans nos choix, pour le Seigneur.

La finale de l’Apocalypse est précisément un appel au Christ : « Viens, Seigneur Jésus ! » Ce retour, ou plutôt cette venue nouvelle de Jésus, les premiers chrétiens l’attendaient, et même la jugeaient imminente. En toute période de crise (et notre histoire est faite de crises successives), nous nous tournons vers le Seigneur pour appeler sa présence vivifiante. « Marana tha » : ces derniers mots de la Bible nous indiquent ce qui devrait être notre ultime prière : « Viens, Seigneur Jésus ! » Ouvrir les bras et dire simplement: "Viens"... Derrière ce geste, il y a souvent toute une histoire d'amour. C'est aussi l'histoire de l'Eglise, tendue vers la venue de celui qu'elle aime.

 

Avec la plus grande attention, nous accueillons les paroles que Jésus adresse au Père pour nous, ses disciples, car il nous entraîne à sa suite et dans sa grande prière pour son Eglise et pour le monde. Les mots de Jésus, dans cette longue prière que nous offre l’évangile de ce jour, ont la force d’une parole, d’un plaidoyer que personne ne voudrait laisser perdre. La prière de Jésus n’est cependant pas le mot de la fin, un peu comme le seraient les dernières paroles d’un mourant. Rien n’est figé. Rien n’est arrêté. De testament stérilisant l’avenir, il n’est point question dans ces lignes.

Jésus s’éloigne. Il est déjà plus loin, ailleurs, sur le chemin qui passe par le Golgotha. Sa prière dit la proximité de l’ultime moment. Elle est semence d’avenir jetée à la face du monde. Jésus ne dit rien aux disciples pour l’avenir de l’Église. Mais il prie pour l’unité ! Autant dire qu’il prie pour l’ouverture des disciples au monde. L’unité est tout sauf la fusion. Elle appelle à la découverte, à l’acceptation et au respect de l’altérité de son prochain. Elle est appelée à être semblable à celle qui unit le Christ à son Père. « Qu’ils soient un comme nous sommes un. »

Faire l’unité, marcher vers l’unité : et si c’était cela la meilleure préparation à la venue de l’Esprit en nous ? Oui, il nous faut rechercher toujours davantage l’unité dans nos relations humaines, familiales, conjugales, professionnelles, ecclésiales. Faire en sorte que nos vies ne soient pas un perpétuel contre-témoignage à la foi que nous professons. Et pour cela, peut-être nous faut-il commencer par faire l’unité en nous car, souvent, nous sommes des êtres « divisés », tiraillés, écartelés entre notre désir d’être chrétiens, de vivre réellement de la foi au Christ et toutes les pesanteurs, les lourdeurs de nos existences.

Les « grands témoins » que nous admirons tant sont des hommes et des femmes qui, avec une infinie patience, luttant souvent contre leur caractère de feu, ont su trouver la voie de l’unité intérieure. Comme si toute leur vie était centrée, aimantée par l’amour de Dieu. « Comment vous assurez que Dieu vous a donné son Esprit ? Interrogez vos entrailles, conseillait saint Augustin. Si elles sont pleines de charité, vous avez l’Esprit de Dieu ! »

Notre Dieu et Seigneur, ta bonté est pour tout ce qui vit et respire, et tu nous donnes de la reconnaître dans nos vies. Toi qui nous appelles à bâtir l’unité et la paix, accorde-nous de croire qu’en Toi tout est possible. Ouvre nos cœurs à l’action de ton Esprit. Et fais-nous travailler à l’œuvre que tu as entreprise et qui s’achèvera un jour en Toi, pour les siècles des siècles. Amen.

Père Bernard Dourwe, Rcj.

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20 mai 2022 5 20 /05 /mai /2022 21:26

 

Actes 15, 1-29 ; Psaume 66 ; Apocalypse 21, 10-23 ; Jean 14, 23-29

Le Ressuscité donne sa paix, à chacun de nous, à son Eglise, et au monde. « C’est la paix que je vous donne… » (Evangile). Y pensons-nous suffisamment ? Savons-nous accueillir cette paix ? En Eglise, par exemple, lorsqu’il s’agit d’arbitrer des conflits ou de réfléchir à des questions de fond…  Dès l’origine, l’Eglise a eu à se réunir en « concile » pour résoudre telle ou telle question pastorale (1ère lecture). La paix, savons-nous la demander ensemble, prier ? (psaume).  A l’approche de la Pentecôte, demandons l’Esprit de paix et de joie promis par Jésus

Dans ce passage des actes des apôtres, nous assistons au premier Concile de l'Eglise. Il marque un tournant dans l'histoire de l'Eglise naissante: c'est l'ouverture aux païens; désormais, le salut est proposé à tous sans distinction. Dans ce récit des Actes des Apôtres, saint Luc nous fait comprendre que l'Eglise n'est pas envoyée pour annoncer une loi ou une morale ni pour imposer des coutumes. Bien sûr, la loi et la morale seront toujours nécessaires. Mais elles ne peuvent suffire à nous sauver. C'est par la foi au Christ et dans une relation confiante avec lui que nous obtiendrons notre Salut. Lui seul est notre chemin, notre Vérité et notre vie. C'est donc lui que nous devons suivre et écouter.

Nous n'avons pas à imposer aux autres d'être comme nous. Nous devons les respecter dans leur cheminement, leurs différences. L'essentiel n'est pas de revenir à une tradition qui était bonne autrefois : nous avons bien mieux à faire ; un chrétien c'est quelqu'un qui a mis sa foi et sa confiance en Jésus et qui s'est engagé à continuer son travail dans le monde. Nous pouvons être des signes de l'amour de Dieu par toute notre vie, nos paroles, nos actes, tout ce que nous faisons pour les autres, en particulier pour les plus pauvres. C'est en nous efforçant d'aimer comme Jésus et avec lui que nous révèlerons quelque chose du vrai visage de Dieu.

Bien des architectes ont dessiné la ville idéale. Saint Jean décrit la cité que Dieu nous prépare: elle n'a ni Eglise, ni cathédrale, mais elle représente ce Royaume où nous serons tous, autour du Christ, illuminés de la gloire de Dieu. Là, plus de Temple : le Temple c’est le Seigneur, c’est l’Agneau ! Tout s’accomplit dans l’indéfectible lien entre Dieu et l’Agneau !

Au cours du dernier repas pris avec ses disciples, le soir du jeudi-saint, Jésus annonçait tout ce qu’il nous offre, pour la suite des siècles, en chaque célébration : sa présence, qui est son Esprit. Au cours de cette nuit qui précède son arrestation, Jésus s’entretient longuement avec ses disciples. Le temps est au testament. Les mots sont denses et ont plus de poids que jamais. « Celui qui m’aime restera fidèle à ma parole. » Fidélité et amour sont intimement liés, comme si l’amour était le lieu même de la naissance de la fidélité. De fait, la fidélité n’a jamais fini de s’inventer. Celles et ceux qui s’engagent aujourd’hui le savent bien. Elle est à naître chaque jour. Le temps est aux adieux. Jésus va partir. Il s’enfonce dans la mort tout en ouvrant grand la brèche à l’avenir. « L’Esprit vous enseignera tout et il vous fera souvenir de tout ce que je vous ai dit. » Ni la vie ni les paroles de Jésus ne sont vaines ou perdues.

Celui qui a avant tout été le témoin et l’envoyé du Père ne cesse de redire que sa parole vient du Père. Le temps est aux adieux, mais la tristesse n’est pas de mise pour celles et ceux qui ont compris et accueilli cette brèche ouverte à l’avenir. « Ne soyez pas bouleversés et effrayés ! » Jésus s’efface comme pour devenir ce qu’il a toujours dit être : le chemin ! L’aimer et être fidèle à sa parole, c’est pour chacun et chacune de nous choisir, avec l’étonnante liberté qui est la nôtre, de lui emboîter le pas. Jésus part en nous laissant cette puissante invitation à prendre la route qu’il a passé sa vie entière à indiquer : un chemin vers le Père. Le temps est aux adieux, mais le chemin de l’avenir est tracé et grand ouvert. Un chemin qui passe par la nécessaire écoute de la Parole et la fidélité créatrice à son message. Ce n’est qu’à ce prix-là que la Parole devient pour chacun source d’eau vive, et Bonne Nouvelle.

 

Dieu notre Père, au moment de son départ vers toi, ton Fils Jésus a rappelé à ses disciples le commandement de l'amour. Puisque nous sommes réunis en ton Nom, nous te prions encore; viens établir chez nous ta demeure, donne-nous l'Esprit qui nous fera nous souvenir de toutes les paroles de ton Fils, lui qui est vivant avec toi et le Saint-Esprit maintenant et pour les siècles des siècles. Amen.

Père Bernard Dourwe, Rcj.

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14 mai 2022 6 14 /05 /mai /2022 07:27

Actes 14, 21-27 ; Psaume 144; Apocalypse 21, 1-5 ; Jean 13, 31-35

La parole de Dieu, ce dimanche, nous dit comment la mission se poursuit : impossible de stopper Paul et Barnabé dans leur élan missionnaire (1ère lecture). Oui, il faut le dire et le chanter, « la bonté du Seigneur est pour tous » (psaume), il faut faire connaître le salut qu’il apporte en Jésus. Par la Résurrection, le Seigneur fait « toutes choses nouvelles » (2ème lecture), et ce monde nouveau advient déjà chaque fois que ses disciples savent aimer leurs frères comme lui-même nous a aimés (Evangile). Pour l’annonce de l’Evangile, pour la croissance du Royaume chez les hommes : aimer, il suffit d’aimer.

Fonder une communauté, ce n'est pas tout. Il faut qu'elle tienne, qu'elle s'organise pour durer. Cela, les tout premiers missionnaires ont dû l'apprendre, "sur le tas". Paul et Barnabé désignent des "Anciens", afin de soutenir les nouvelles Eglises créées. Ceux-ci sont appelés à  passer par bien d’épreuves pour étendre le Royaume de Dieu parmi les hommes en demeurant toujours unis les uns les autres et en ayant toujours en cœur que toutes les initiatives missionnaires viennent de Dieu.  Car c’est lui qui a ouvert à tous « la porte de la foi » qui donne accès au Royaume.

Nous rêvons de nouveaux horizons, d'un monde nouveau. Mais pour qui? Habité par qui? Ecoutons Saint Jean nous donner la clef de nos rêves; pour lui, l'Eglise est l'humanité nouvelle que Dieu va épouser. Il ne s’agit là de vaines espérances, mais de promesses dont Saint Jean un jour dans une vision, a eu le privilège de contempler l’accomplissement. Alors disparaitra tout ce qui est aujourd’hui le champ clos où  s’affrontent le bien et le mal, la lumière et les ténèbres. Il n’y aura plus  de pleurs, de cris, ni de tristesse; car la première création aura disparu.

L'évangile de ce dimanche nous rappelle le grand commandement de l'amour de Dieu et de l'amour du prochain. Jésus, le bon pasteur, guide et modèle pour son peuple et qui sait ce dont le monde a besoin, nous livre son commandement, celui de l’amour mutuel, établi comme la marque caractéristique des chrétiens. Ceux-ci sont appelés à s’identifier en ce monde, non pas par des discours mais plutôt par l’amour qu’ils ont les uns pour les autres en prenant son amour pour modèle. C’est en effet par amour pour nous qu’il choisit librement d’offrir sa vie afin que nous ayons la vie éternelle. Sa vie terrestre n’a été que service et don aux plus fragiles ainsi qu’aux moins aimables de la société de son temps. Le Christ a relevé les hommes et les femmes les plus divers, ceux-là même qui croulaient sous l’emprise des souffrances et qui n’avaient de prix pour personne. Finalement toute sa vie n’a été qu’amour !

Aimer comme Jésus, c'est aimer ses ennemis, avoir une attention pour les plus petits, respecter à l'infini la liberté de l'autre. C'est se faire "serviteur" car Jésus a voulu prendre la dernière place, payant de sa personne. Alors qu'au cœur de tout être humain il y a un désir terrible de dominer, une capacité d'invention pour arriver à ses fins, Jésus, lui qui est Dieu, a aimé en se laissant dépouiller de tout pouvoir, acceptant même la déchéance sociale en mourant crucifié, à la face du monde.

Aimer comme Jésus, c'est tout faire pour mettre l'homme debout, capable de marcher, mais aussi d'aimer et d'aimer la vie. Observons les rencontres de Jésus : que produisent les guérisons ? Que deviennent Zachée ou Marie Madeleine après avoir rencontré le Christ ?... Aimer à la façon de Jésus, c'est aider les autres à s'engager dans une vie d'amour : les sagesses humaines invitent l'être humain à aimer ; Jésus appelle à entraîner les hommes dans un dynamisme d'amour, de charité mutuelle. "Aimez-vous les uns les autres" : tout n'est pas fait lorsque j'aime ; tout est fait lorsque les hommes s'aiment entre eux.

Aimer, une exigence permanente mais toujours nouvelle. Et, avant d’être « quelque chose à faire », elle est une attitude, une manière d’être : il s’agit d’éprouver la manière du Christ lui-même, de nous laisser transformer par lui pour, peu à peu, aimer comme lui ; il s’agit de regarder les autres avec son regard bienveillant, de leur dire ses mots de paix, de leur partager ses gestes de tendresse, de leur faire découvrir son Evangile de les inviter à sa Table. Il est demandé de donner l’exemple de cet amour, et donc de vivre entre nous un amour fraternel qui parle de lui et donne envie de le rencontrer

Dieu de l'Alliance fidèle, depuis toujours, tu manifestes ta tendresse à tous les hommes, et tu nous as donné ton Fils Jésus comme preuve suprême de ton amour pour nous. Nous t'en prions: fais-nous comprendre que c'est en nous aimant les uns les autres que nous manifesterons à tous que nous sommes les disciples du Christ, lui qui est vivant avec toi et le Saint-Esprit aujourd'hui et pour les siècles des siècles. Amen.

 

Père Bernard Dourwe, Rcj.

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7 mai 2022 6 07 /05 /mai /2022 11:17

Actes 13, 14.43-52 ; Ps 99 ; Apocalypse 7, 9-17 ; Jean 10, 27-30

Ce quatrième dimanche encore appelé dimanche de Jésus le Bon Pasteur est consacré, comme tous les ans à la célébration de la Journée Mondiale de Prière pour les Vocations. Dans son message pour la 59e Journée mondiale de prière pour les vocations sous le thème «Appelés à construire la famille humaine», le Pape François invite à se placer dans une dynamique synodale et à redécouvrir le sens du «dialogue vocationnel» entre nous et le Seigneur, mais aussi entre nous et les autres, pour accomplir le rêve de Dieu, l'édification d'une famille humaine unie dans l'amour.

Ce quatrième dimanche de Pâques trace le portrait de Jésus « Bon Pasteur ». Déjà, le prophète Isaïe avait annoncé que le salut était destiné à tous et devait parvenir « jusqu’aux extrémités de la terre. »   (1ère lecture), et le croyant de la Bible connaissait ces images pastorales : le peuple du Seigneur est « son troupeau » (psaume). Ainsi, celui de l’Apocalypse honoré comme Agneau vainqueur (2ème lecture) est aussi le Pasteur qui conduit vers les eaux de la vie les brebis que le Père lui a données (Evangile). La relation du Christ à son Eglise apparaît donc à la fois communautaire et personnelle : il guide son peuple et prend soin de chaque brebis.

Quand certains cœurs se ferment à Dieu, c'est le signe que Dieu veut aller vers d'autres cœurs. Voilà ce que les apôtres ont compris dans une synagogue d'Asie Mineure. Mal accueillis par les Juifs, Paul et Barnabé se tournent vers les païens. Ceux-ci vont accueillir avec joie la Bonne Nouvelle de leur appel au salut. C’est à partir de ce moment-là, au témoignage de l’auteur du livre des Actes des apôtres, que l’Evangile est annoncée à tous sans distinction.

La multitude des saints, décrite par Saint Jean dans l’Apocalypse, est sortie de la grande épreuve de la vie par l'amour sauveur et purifiant du Christ, l'Agneau et leur pasteur qui les conduit vers la paix et la joie.

Dans l’Evangile de ce jour, la comparaison du pasteur ou du berger permet à Jésus de nous révéler la nature des liens et des relations qu’il souhaite développer avec nos communautés et avec chacun d’entre nous. Jésus, le Bon Pasteur, nous rassemble par sa Parole et nous donne de devenir son Corps, l’Église. Cette communion se fonde sur la communion trinitaire du Père, du Fils et de l’Esprit. C’est en réalisant cette communion d’amour que l’Église est « signe et instrument de l’union intime avec Dieu et de l’unité de tout le genre humain» comme le dit le concile Vatican II. Vivre la spiritualité de l’Église communion ne supprime pas les différences mais aide à ce qu'elles entrent en relation les unes avec les autres. Cela ne devient possible  que si nos regards se centrent sur le Christ car c’est en lui que nous pouvons devenir des artisans de communion.

À travers le monde entier, l’Église prie aujourd’hui pour les vocations. Elle prie pour que des jeunes prennent le risque de faire de leur existence un service des autres sur les traces de Jésus. Elle prie pour que des hommes entendent l’appel du Seigneur à un service plus direct de l’Évangile et choisissent de donner leur vie pour cela. Puissions-nous être, les uns pour les autres, des relais de l’appel de Dieu et susciter les vocations qui permettent la vie de l’Église, et notamment des vocations de prêtres, serviteurs de la vocation de chacun pour le service du monde et de l’Église.

En ce dimanche de Jésus le Bon Pasteur, notre attention doit être portée  sur tous les ouvriers de l’Evangile, ces hommes et ces femmes qui offrent leur vie au quotidien pour œuvrer dans l’abondante moisson du Seigneur. Qu’à l’exemple du Maitre de la moisson, le bon Pasteur, qu’ils se dévouent toujours avec plus de zèle et d’abnégation dans la gratuité de leur don à offrir leur vie pour rassembler et ramener au bercail toutes les brebis dispersées et égarées par-delà le monde. Nous en retour, nous devons nous rendre docile à l’écoute de la voix du Pasteur qui nous appelle à prendre avec lui les chemins de l’Evangile. Cette écoute qui est obéissance se veut également un engagement concret dans le quotidien de notre existence en faveur du rassemblement et de l’unité de tous les hommes bien au-delà des divergences raciales, ethniques, tribales et sociétales. C’est donc être dans ce monde signe et instrument  du salut, ferment d’unité et don offert pour tous à l’école du Maître de la moisson, Pasteur éternel.

Prêtres, consacrés et laïcs, sont tous appelés, individus et peuples ou communautés -et chacun selon ses potentialités- à réaliser le rêve de Dieu: celui d’édifier une grande famille humaine unie dans l’amour, «le grand projet de fraternité que Jésus avait dans son cœur lorsqu'il a prié le Père: "que tous soient un".» Chaque vocation dans l'Eglise, écrit le Souverain pontife, contribue à «faire résonner l'harmonie des dons nombreux et différents que seul l'Esprit Saint peut susciter». C'est pourquoi l'Église doit devenir de plus en plus synodale: capable de marcher d'un même mouvement dans l'harmonie de la diversité, à laquelle tous ont leur contribution à apporter et peuvent participer activement.

 

Dieu éternel, notre Père, tu mets ta puissance à nous sauver, et tu nous donnes Jésus pour nous conduire de la mort à la vie. Par sa main, guide nous jusqu'au bonheur du ciel : que le troupeau parvienne, malgré sa faiblesse, là où son Pasteur est entré victorieux, lui qui règne avec toi et le Saint Esprit dans les siècles des siècles.

 

Père Bernard Dourwe, Rcj.

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30 avril 2022 6 30 /04 /avril /2022 10:00

Actes 5, 27-32.40-41 ; Ps 29 ; Apocalypse 5, 11-14 ; Jean 21, 1-19

Nous ne saurons jamais ce qui se serait passé si les Apôtres n’avaient pas osé, au péril de leur vie (1ère lecture) témoigner de la résurrection de Jésus…Mais, fort de l’Esprit Saint, ils ont pu heureusement surmonter les menaces de persécution, pour que leur cœur « ne se taise pas » (psaume). Il en est ainsi, de génération en génération, depuis que dure l’Eglise : la Résurrection est Bonne Nouvelle à annoncer à « toutes les créatures » (2ème lecture).  Les cent cinquante-trois poissons de la pêche miraculeuse (Evangile) symbolise le rassemblement de tous les hommes dans l’amour du Ressuscité, le Christ qui a besoin d’ouvriers pour ton Royaume.

 

Quand on veut se faire de la publicité, on cherche les grands auditoires. Traduits devant le grand conseil, les apôtres sont servis! Mais ce n'est pas leur propre publicité qu'ils vont faire. Une seule chose compte pour eux: annoncer la Bonne Nouvelle de Jésus ressuscité même au prix de leur vie. Pour lui, ils acceptent d’être humiliés, persécutés et rejetés pourvu que la Bonne nouvelle retentisse auprès de ceux-là qui ont été la cause de la passion et de la mort du Messie et de tous ceux qui attendent le salut.

Saint Jean dans sa vision contemple les anges du ciel qui chantent les cantiques de Pâques chantés par les chrétiens d'Asie Mineure. On ne peut pas mieux traduire la communion entre l'Eglise du ciel et celle de la terre.

 

Après les deux apparitions du ressuscité aux disciples, Saint Jean nous relate la troisième apparition qui a lieu au bord du lac. Les disciples ont repris leur vie habituelle de pêcheurs. Ils vont pêcher de nuit, le cœur aussi obscur que le ciel sans étoile. Ils sont à nouveau déçus de ne rien prendre. Dans ce désespoir, Jésus se manifeste à eux comme un inconnu en leur proposant d’essayer de nouveau de jeter les filets à droite. Après une pêche miraculeuse, Jean reconnait en cet inconnu le Seigneur. Pierre à son tour se précipite pour venir à sa rencontre et les autres disciples s’efforcent à ramener sur terre le filet remplit des poissons de toute sorte. Toutes les rencontres du Christ ressuscité avec ses disciples annoncent nos propres rencontres dominicales, où Jésus nous accueille à son repas, nous ressuscite de nos faiblesses et nous envoie en mission.

Le Christ ressuscité est présent dans nos vies à travers ces inconnus que nous rencontrons au quotidien, à travers les sacrements qu’il nous offre pour refaire nos forces pour avancer dans notre marche vers lui. Si nous pouvions le reconnaître dans sa Parole, dans sa nourriture, au sein de sa communauté, nos yeux, nos oreilles, nos cœurs s’ouvriraient. Jésus ressuscité se donne à reconnaitre jour après jour, et les sacrements vécus et partagés sont autant de moments où il se donne. Puissions-nous sortir de l’eucharistie en disant : « C’est le Seigneur », et en vivant de lui tout au long de nos vies. Comme à Pierre, il ne cesse de nous confier des responsabilités à l’endroit de nos frères et sœurs afin que témoins de son amour, nous nous tenions les mains pour cheminer ensemble vers la cité éternelle.

Cet évangile c'est celui de la "résurrection" des disciples. Jésus ressuscité les fait revivre ; il les fait sortir du tombeau de leur foi chancelante et de leur découragement. Il fait entrer Pierre dans une vie nouvelle. Ce dernier reconnaît Jésus ressuscité dans le pardon qui lui est donné et la confiance qui lui est renouvelée. Il reçoit désormais la charge de ses agneaux et de ses brebis. Pour Pierre et ses compagnons, c'est un nouveau départ qui trouvera sa confirmation dans le souffle de la Pentecôte. Ce jour-là, ils iront proclamer l'évangile du Salut aussi loin qu'ils le pourront. Rien ne les arrêtera, ni les intimidations ni les menaces.

Le même Christ est là sur nos rivages. Il vient à notre rencontre. Mais trop souvent, nous ne savons pas que c'est lui. Il vient nous pardonner et nous faire renaître à la confiance. C'est cette confiance qui nous permet de repartir pour une vie renouvelée. Ce n'est plus du poisson grillé et du pain qu'il nous offre pour raviver nos forces, mais son Corps et son Sang. Dans l'Eucharistie, il nous confirme dans la foi et dans son amour. Il vient à nous pour nous réconforter afin que nous puissions continuer notre route et remplir notre mission. Alors, arrêtons de gémir sur nos difficultés et celles de l’Eglise. Comme Pierre, n’hésitons pas à nous jeter à l’eau pour aller à la rencontre de Jésus.

 

Seigneur, tu t’avances sur les rivages de nos vies, tu fais fructifier nos moissons, tu nous donnes le courage d’avancer et de jeter les filets. Dépose en nos cœurs l’enthousiasme de l’Evangile. Fais de nous les témoins de ton Règne à venir. Ainsi ton Eglise grandira dans l’amour de Jésus qui vit avec Toi et l’Esprit, maintenant et pour les siècles des siècles. Amen.

 

Père Bernard Dourwe, Rcj.

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23 avril 2022 6 23 /04 /avril /2022 10:24

 

1ere lecture : Ac 5, 12-16 ; Ps 117 ; 2eme lecture : Ap 1, 9-19 ;  Evangile : Jn 20, 19-31

Nous célébrons le deuxième dimanche de Pâque C. Ce dimanche encore appelé dimanche de la miséricorde divine marque la fin de l’octave de Pâque.  Cette fête de la Divine miséricorde a été instituée par le Pape Jean-Paul II à l'occasion de la canonisation de Sœur Faustine. Il nous offre de contempler l’amour de Dieu miséricordieux qui vient à notre rencontre pour nous manifester sa compassion, sa tendresse et son amour infini. Il se fait proche de nous pour nous attirer à lui.

La foi est d’abord une grâce, un don de Dieu à accueillir au fond du cœur plus qu’une affaire de signes à voir ou de preuves à toucher. En ce deuxième dimanche de Pâques, la parole de Dieu se fait Béatitude : « Heureux ceux qui croient sans avoir vu ! »  (Evangile).

Heureux ceux qui adhèrent au Seigneur en se laissant transformer par le témoignage des Apôtres (1ère lecture) ; telle est la véritable guérison, la merveille de l’amour qui donne vie (psaume), car celui qui s’est relevé du tombeau est bien le Vivant (2ème lecture) qui, par son Esprit, nous partage sa vie. En ce dimanche de la Miséricorde, laissons-nous modeler par la grâce de l’amour.

Dans la première lecture, en quelques traits, saint Luc brosse le portrait de la première Eglise, modèle de toute communauté chrétienne. C'est à une communauté unie que Dieu donne ses trésors. Ce récit nous rappelle aujourd'hui encore l'importance de l'unité pour la crédibilité même de l'Eglise.

Pour Saint Jean dans l’Apocalypse, avoir les clefs d'une maison, c'est pouvoir agir en propriétaire. Or, quelqu'un s'est emparé des clefs du domaine de la mort. Voilà ce que rappelle le visionnaire chrétien à ses frères qui perdent espoir.

Saint Jean, dans l’Evangile, nous livre deux récits des apparitions de Jésus. Alors que les portes sont verrouillées, le Christ ressuscité apparait à ses disciples le premier jour de la Semaine. Il les trouve apeurés, effrayés. Rappelons-nous : quelques jours plus tôt, Judas l’a trahi ; Pierre l’a renié. Tous l’ont abandonné. Et maintenant, ils se cachent, ils s’enferment ; En effet, ils ont peur d’être recherchés par ceux qui ont condamné leur Maître. Voilà que Jésus ressuscité les rejoint. Il aurait pu leur faire des reproches. Or c’est la paix qu’il leur apporte. Cette paix c’est le pardon, c’est la réconciliation. Avec Jésus ressuscité, le mal ne peut avoir le dernier mot. C’est la miséricorde qui triomphe. Voilà une bonne nouvelle très importante pour nous : quand nous nous sommes détournés du Seigneur, il est toujours là ; il ne cesse de nous  rejoindre pour nous apporter sa paix. En ces temps de Pâque le Christ nous rejoint pour nous libérer de cette peur. Il invite ses apôtres à sortir et à partir en mission : "Comme le Père m'a envoyé, moi aussi je vous envoie." Nous sommes envoyés témoigner au monde l’amour miséricordieux de Dieu qui est mort et ressuscité pour nous donner la vie en Jésus.

Thomas n’étant présent, va bénéficier de la deuxième apparition de Jésus huit jours après. Il tient à voir et à toucher les marques de la crucifixion avant de croire. Le Christ miséricordieux va exaucer sa prière en lui accordant la grâce de toucher les marques de clous et la blessure de son côté tout en l’invitant à sortir de son incrédulité pour faire un pas dans la foi. Thomas va  reconnaître en lui Son Seigneur et Son Dieu. La rencontre et la parole de Jésus vont provoquer la profession de foi de l’incrédule. Jésus lui a fait miséricorde pour son incrédulité.

Nous aussi, nous nous reconnaissons dans ce disciple qui cherche des preuves. Mais le Seigneur nous redit les mêmes paroles : « Heureux ceux qui croient sans avoir vu. » Nous voici invités à entrer dans le mystère, là où l’invisible se fait souvent plus réel que le visible, là où le désenchantement peut faire place à l’émerveillement, là même où le doute s’est ouvert à la confiance. Nous sommes souvent des Thomas : absent de la communauté, incrédules, cherchant à limiter notre foi et la vérité à ce qui nous semble sensible, physique, matériel et perceptible. Nous cherchons des preuves pour ne pas apparaître comme des naïfs mais nous passons alors à côté des signes et des témoignages qui font appel à notre libre adhésion avec une lucidité nouvelle et une compréhension plus profonde encore de la réalité et des événements. Or, la foi  nous conduit à croire bien au-delà du sensationnel.

Le Christ ressuscité a les marques de sa blessure. Il continue à souffrir pour répandre sa miséricorde sur toute l’humanité. Il porte en lui les blessures, les souffrances, les misères de ce monde. Il nous appelle à reconnaitre les signes de sa présence auprès de tous ceux qui souffrent et connaissent des difficultés. Croire en lui, c’est s’unir à toutes les formes de souffrances de ce monde. S’unir  à lui pour les combattre et les éradiquer à travers une vie totalement dédiée pour le salut de tous. 

Dieu de miséricorde infinie, tu ranimes la foi de ton peuple par les célébrations des sacrements pascales ; augmente en nous ta grâce pour que nous comprenions toujours mieux quel baptême nous a purifié, quel esprit nous a fait renaitre ; et quel sang nous a racheté. Par  Jésus.

Père Bernard Dourwe, Rcj.

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15 avril 2022 5 15 /04 /avril /2022 21:05

1ere lecture Ac 10, 34a.37-43 ; Ps 117, 2eme lecture : Col 3,1-4 ; Evangile : Jn 20, 1-9.

 

Alléluia, Christ est Ressuscité! Voici le cri de joie qui a retenti au cœur de la nuit pour des hommes et des femmes de toutes races et de toutes cultures qui se reconnaissent disciples du Ressuscité. Oui, Jésus est vivant et il nous fait vivre. En ce jour de Pâques, laissons éclater notre joie.

Au terme d’une semaine différente des autres, qui résume en trois jours le mystère du Salut, nous voilà engagés sur le chemin du tombeau vide. A la suite des femmes et des apôtres, le Seigneur ressuscité désire nous accueillir dans sa Gloire et sa lumière. Il nous invite à vivre son propre passage de la mort à la vie. Il nous invite à franchir le pont jeté entre son Père et nous. Au départ, il n y a pas de péage, mais ce qui est demandé, c’est notre décision personnelle à rejoindre le monde de Dieu, l’univers de Jésus et l’espace de l’Esprit. Il est solidement construit ; puisque bien ancré dans la mort et la résurrection du Fils. Ce pont est visible de loin, il passe forcément par la Parole de Dieu, il traverse les faits et les gestes de Jésus et il emmène droit au but. Dans la joie pascale franchissons-le ensemble.

Notre foi en la résurrection de Jésus repose sur le témoignage des apôtres, qui en ont rendu compte avec empressement, enthousiasme et rapidité. Leur message, c’est la vie, la passion et la résurrection de leur maître, notre Sauveur, nous révèle saint Luc dans le livre des Actes des Apôtres.

Le Christ ressuscité nous ouvre à une vie nouvelle : la vie même de Dieu. C’est ce que Paul dans sa Lettre aux Colossiens, appelle « les réalités d’en haut ». Que nos vies en soient le signe.

Dans l’Evangile, Marie-Madeleine rencontra Jésus ressuscité sur la route de la fidélité où elle cherche le corps du bien-aimé pour l’honorer encore. Pierre le renégat, sur la route du pardon et du désir où il découvrira des signes troublants, en attendant la rencontre. Jean le bien aimé, le bien aimant, saura lire ces signes à la lumière des paroles de la Bible et de Jésus. Dans cette lumière il voit et il croit.

La Bonne Nouvelle de la Résurrection était si étonnante, si surprenante pour les apôtres, qu’ils ont évidemment voulu vérifier en courant vers le tombeau. Croire que Jésus est ressuscité n’est pas évident. Les routes de la foi sont longues et variées. C’est vrai pour nous comme pour les premiers disciples.

En ce matin heureux de création nouvelle, entrons dans le tombeau vide de nos illusions, de nos échecs, de nos peurs, de nos lâchetés. L’Esprit du Ressuscité veut ranimer en nous le désir du neuf, « la promesse d’un événement qui a déjà eu lieu » et auquel il nous invite à consentir. Il vient ouvrir nos existences scellées à l’avenir de Dieu ; laissons-le nous surprendre.

La résurrection du Christ nous provoque à un renouveau dans notre vie, un renouveau de la prière, une joie de découvrir et de vivre l’évangile. C’est le bonheur de croire en Dieu qui nous aime. Tout cela passe par des décisions concrètes : sortir du « tombeau » de notre égoïsme pour vivre un amour vrai ; rouler la pierre du découragement qui nous emprisonne et qui nous empêche d’aller de l’avant ; ne pas se laisser emporter par la rancune et la vengeance mais faire triompher le pardon et la bienveillance. C’est par notre manière de vivre que nous pourrons montrer que le Christ est vivant et qu’il transfigure ceux et celles qui accueillent sa force de Vie. A cause de Pâques, à cause de la résurrection du Christ, ne gardons pas les yeux rivés sur la terre. Levons-les vers le Royaume où Dieu nous attend. Et vivons comme des ressuscités. L'Eucharistie que nous célébrons ensemble nous y invite.

Cette fête de Pâque va durer 50 jours. C’est pour nous l’occasion de retrouver l’audace, de laisser mourir ce qui doit mourir et d’appeler à la vie ce qui doit vivre. Le Christ ressuscité nous invite à choisir la vie et à nous laisser envahir par l’amour de Dieu. C’est ainsi que nous pourrons faire reculer la guerre, la violence, la haine, le mépris des autres. N’ayons pas peur des forces du mal et de la mort. Dieu a ressuscité Jésus d’entre les morts et il nous donne le désir de vivre en ressuscités avec lui.

 

Jour de fête et de joie, Seigneur, en ce dimanche où nous célébrons la Résurrection de ton Fils Jésus! II a passé la mort et il nous entraîne à sa suite dans une vie nouvelle. Avec notre action de grâce, reçois notre prière, Seigneur: fais de nous des ressuscités, témoins de la vie que tu nous donnes en plénitude, toi le Dieu vivant pour les siècles des siècles. Amen !

 

Père Bernard Dourwe, Rcj.

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