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8 avril 2022 5 08 /04 /avril /2022 18:53

 Lc 19, 28-40; Isaïe 50, 4-7 ; Ps. 21 ; Philippiens 2, 6-11 ; Evangile : Luc 22, 14-23, 56

Nous célébrons le dimanche des Rameaux et de la passion de notre Seigneur Jésus-Christ. Ce dimanche des rameaux inaugure le début de la semaine sainte qui va trouver son couronnement avec la célébration de la Pâques du Seigneur. Chaque année, du dimanche des rameaux au jour de Pâques, nous sommes invités avec les chrétiens du monde entier, à nous souvenir des derniers jours de la vie de Jésus. Sept jours précieux! Sept jours pour suivre le Christ pas à pas. Cette semaine sainte sera surtout marquée par le Triduum pascal qui occupe une place primordiale dans notre vie de foi. Jeudi, nous serons invités à faire mémoire de la première Cène : « faites cela en mémoire de moi. » Dans un temps d’adoration, nous serons invités à lui tenir compagnie…Vendredi, nous suivrons le Christ dans son portement de Croix. Nous vénérerons ce bois précieux d’où est jaillie la vie. Samedi, nous serons avec lui au tombeau dans le silence et le questionnement pour pouvoir accueillir dimanche matin la lumière de la Résurrection et la puissance de l’Esprit Saint qui l’a relevé d’entre les morts.

Jésus est solennellement accueilli à Jérusalem par une foule immense agitant des palmes et déposant des manteaux sur son passage parce qu’elle reconnait en lui le Saint de Dieu, celui qui vient au nom du Seigneur « Hosanna ! Beni soit celui qui vient au nom du Seigneur ! Béni soit le Règne qui vient, celui de David, notre père. Hosanna au plus des cieux ! ». Contrairement au messie royal et triomphal, monté sur un cheval ou une mule, qu’attendait Israël, il vient, monté sur un ânon, dans la simplicité, la modestie, la douceur et l’humilité pour manifester que son Royaume n’est pas un triomphalisme mais plutôt un Royaume pacifique, non violent qui appartient aux doux et humbles de cœur. Quelques jours après cette entrée triomphale, il va vivre sa passion et sa mort sur la croix.

Dans le récit de la passion comme dans tout son évangile, saint Luc a gardé le souci constant de nous montrer la miséricorde de Dieu, manifestée en Jésus Christ. C'est lui qui nous rapporte les paroles si émouvantes du crucifié: "Père pardonne leur, ils ne savent pas ce qu'ils font" et aussi le bouleversant dialogue avec celui que la tradition a appelé le bon larron : "Vraiment, je te le déclare, aujourd'hui avec moi tu seras dans le Paradis." Et nous frappe encore, en lisant ce récit, l'extraordinaire paix qui, malgré l'agonie et la sueur de sang, malgré le procès infamant et les mauvais traitements, malgré l'atroce supplice de la croix, semble peu à peu submerger l'âme de Jésus. Tout se termine par un cri de confiance : "Père, entre tes mains, je remets mon esprit."

La miséricorde et la paix... L'une va avec l'autre, la paix est le fruit de la miséricorde. Lorsque Jésus pardonnait au nom de son Père, il donnait la paix. Combien de fois ne nous rapporte-t-on pas son expression familière et qui cependant était bien loin d'une banalité : "Tes péchés sont remis va en paix." En méditant le témoignage de Luc, on a l'impression qu'au moment de sa mort, plus que jamais, le Christ a été miséricorde et source de paix.

La Passion selon Saint Luc est un appel très fort à la réconciliation. C'est la Bonne Nouvelle d'un amour qui pardonne et qui nous invite à recevoir le pardon que Dieu nous offre en son Fils. Tournons-nous vers la Croix du Christ. Comme lui nous implorons le Pardon du Père pour tous les hommes de notre temps : "Père, pardonne-leur !" Laissons-nous toucher par cette prière pour devenir à notre tour des témoins de la miséricorde de Dieu.

Cet homme bafoué, insulté, maltraité, humilié, trahi, renié est vraiment le Fils de Dieu. Il se laisse conduire comme un bétail qu’on amène à l’abattoir sans chercher à se défendre car il a mis son espérance en Dieu qui va le délivrer de la mort. Il endure jusqu’au bout sa souffrance pour que sa mort devienne source de salut pour tous ceux qui croiront en lui. « Jésus s’est abaissé lui-même en devenant obéissant jusqu’à mourir, et à mourir sur une croix. » nous souligne saint Paul dans sa lettre aux Philippiens. C’est pourquoi Dieu va l’exalter. Par sa mort et sa mort sur la croix, le peuple de ceux qui marchait dans les ténèbres peut désormais exulter de joie car sa rédemption parvient à sa réalisation.

Nous ne pouvons pas par nous-mêmes, entrer dans un si grand mystère. C’est une grâce que de pouvoir vivre la Passion et la Résurrection de Jésus, il nous faut la demander. Combien de frères et de sœurs condamnés injustement, torturés, bafoués, flagellés, mis à mort, aujourd’hui encore ! Quelquefois ce sont des peuples entiers qui subissent la violence. Jésus a tout récapitulé dans sa Passion. Pour dévoiler l’amour divin qui est plus grand que la haine des hommes, Dieu en Jésus, s’est abaissé. Nous voulons nous aussi accepter d’être abaissé sur le chemin de notre vie, non pour souffrir par masochisme, mais pour devenir riche en Dieu, source de l’amour.

Dieu éternel et tout-puissant, pour montrer au genre humain quel abaissement il doit imiter, tu as voulu que notre Sauveur, dans un corps semblable au nôtre, subisse la mort de la croix : accorde-nous cette grâce de retenir les enseignements de sa passion et d’avoir part à sa résurrection. Lui qui règne.

 

Père Bernard Dourwe, Rcj.

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1 avril 2022 5 01 /04 /avril /2022 20:01

Isaïe 43, 16-21; Ps 125; Philippiens 3, 8-14; Jean 8, 1-11

Après le Dieu de patience (3e dimanche) et le Dieu de miséricorde (4e dimanche), c’est le Dieu de pardon que la liturgie nous invite à contempler. Il est encore beaucoup question de nouveauté ce dimanche : Dieu ne regarde pas en arrière ! Il va de l’avant et, pour nous, il veut un monde nouveau, un monde meilleur. Il nous offre toujours une nouvelle chance (Evangile), au risque d’être incompris de tous. L’exemple de Jésus avec la « femme adultère » est éloquent à ce sujet. Mais les prophètes, déjà, annonçaient ce « monde nouveau » (1ère lecture) où régnaient la justice de Dieu, et non plus celle des hommes. C’est pourquoi nous devons, toujours, aller « vers l’Avant » (2ème lecture) et suivre le Christ sur le chemin du Royaume, quelles qu’en soient les exigences. La Pâque est chemin de Vie.

Israël avait été libéré de l'esclavage de l'Egypte. Quelques siècles plus tard, le prophète annonce un nouvel exode. Car, s'il y a toujours des exilés et des opprimés, c'est que Dieu n'a pas encore dit son dernier mot. Le peuple est donc appelé à garder confiance et espérance car Dieu lui-même sortira le libérer comme il l’a fait autrefois en Egypte.

Le vrai voyageur n'emporte qu'un minimum de bagages. Prendre la route à la suite de Jésus, c'est aussi se défaire de choses désormais inutiles. Telle fut l'expérience de la conversion de Saint Paul qui, saisi par le Christ court droit vers le but. Pour lui il a tout laissé car le Christ est l’unique nécessaire. Le plus important avec lui n’est pas l’expérience du passé mais plutôt le regard toujours fixé en avant, un regard alimenté par l’amour et la miséricorde de Dieu qui est de toujours. Un amour qui ne compte pas nos fautes mais qui nous accorde plutôt en héritage la vie éternelle par le Christ-Jésus mort et ressuscité pour que nous ayons la vie en abondance comme récompense de notre engagement à être avec lui.

La montée vers Pâques approche de son terme, Jérusalem est en vue et Jésus s’y manifeste pour y révéler le pardon, source de vie, car Dieu ne veut pas la mort des pécheurs, mais leur conversion. Cet acte d’amour qui prend pitié et pardonne est concrétisée aujourd’hui par l’épisode de la femme adultère conduite à Jésus. Les scribes et pharisiens voulant lui tendre des pièges afin de trouver des motifs d’accusations contre lui demandent son avis par rapport à cette femme prise en flagrant délit d’adultère. Péché impardonnable qui mérite la mort. Cette femme n'a plus d'avenir. Elle n'a plus que son passé. A leur grande surprise, sa réponse sera toute autre. A la place des pierres que ces hommes auraient pu légalement jeter sur elle, Jésus va lui donner plus que son pardon. Il ne veut pas l’humilier en insistant sur son passé, il l’oriente vers l’avenir. . Le nouvel avenir qui s'ouvre pour la femme adultère "Va, et désormais, ne pèche plus" s'ouvre aussi à nous: Va, et désormais, remplace ton cœur de pierre par un cœur de chair à l'image du cœur de Dieu que Jésus t'a révélé. Seule, la voix d'amour peut faire reculer le péché en nous et autour de nous. Mais cette voix peut nous conduire, nous aussi, à la croix, comme Jésus. L'attitude de Jésus est riche d'enseignements, car toute en justesse. S'il ne montre aucune complaisance avec le péché qu'il nomme comme tel, il ne confond pas la femme avec ses actes. Il ne la déresponsabilise pas non plus en lui cherchant des excuses, mais il lui ouvre un avenir nouveau en faisant fond sur son désir de vie.

Loin de faire table rase du passé, Jésus réinterprète la Loi. Il ne vient pas comptabiliser les bonnes et les mauvaises actions des uns et des autres, mais il donne le pardon. C’est cela sa nouveauté : Jésus rend libre. En sa mort et sa résurrection, il prend avec lui tous nos péchés. C’est cette vie nouvelle de pécheurs pardonnés qui change toute notre perspective : désormais, nous sommes appelés à la vie éternelle, nous sommes un peuple de sauvés. Sauvés ? Alors que notre quotidien déborde de lourdeurs et de tristesse, alors que la peur du regard des autres peut paralyser certains… qu’en est-il de notre liberté profonde ? Demandons au Seigneur la grâce de cette liberté pour nous, pour ceux que nous aimons, pour ceux qui souffrent, pour les chrétiens de toute confession, pour nos gouvernants, peut être une étape dans notre chemin de conversion.

 

Dieu de tendresse et de pitié, tu ne te souviens pas de nos ruptures d'Alliance et tu mets loin de nous notre péché. Sûrs de cet amour que tu as pour chacun et chacune d'entre nous, nous venons vers toi, pleins de confiance: ton pardon toujours offert nous ouvre un avenir dans ton Royaume, avec Jésus, ton Fils, notre Seigneur, dans l'Esprit Saint qui nous rassemble, aujourd'hui et pour les siècles des siècles. Amen!

 

Père Bernard Dourwe, Rcj.

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26 mars 2022 6 26 /03 /mars /2022 06:55

Josué 5, 10-12 ; Ps 33 ; 2 Corinthiens 5,17-21 ; Evangile : Luc 15, 1-3.11-31

Dimanche dernier, c’est au Dieu de patience que nous étions invités à nous convertir. En ce quatrième dimanche de carême C, c’est au Dieu de miséricorde, dont la bonté est celle d’un Père qui aime sans limite. Une vie nouvelle est toujours possible, rien n’est désespéré. Un grand message de ce Carême est que nous pouvons compter sur la miséricorde de Dieu. Elle a été au cœur de l’expérience d’Israël. Parvenu au terme de l’Exode, la vie nouvelle du peuple libéré par son Seigneur commence, en terre de Canaan (1ère lecture). Puis saint Paul parle avec largesse de la nouveauté apportée par le Christ : il nous a réconciliés avec Dieu (2ème lecture), inaugurant la vie nouvelle que nous avons reçue au baptême. C’est pourquoi nous pouvons croire en l’infinie miséricorde du Père, toujours prêt à nous pardonner avec tendresse, quel que soit notre péché (Evangile).

Le prophète note sobrement la fin de l'exode. C'est une nouvelle génération des fils d'Israël qui arrive dans la plaine de Jéricho, et pour la première fois, y célèbre la Pâque. Le Seigneur accomplit ses promesses. Plus tard, un autre exode conduira l'histoire vers la Pâque de Jésus-Christ. Cette Pâque célébrée par Israël et par le Christ par la suite est le signe de l’amour incommensurable  de Dieu qui libère son peuple. Pendant la marche au désert, Dieu a nourri son peuple de la manne. Une fois arrivé en terre promise, il était tant pour Israël de commencer à jouir du fruit de son travail béni par Dieu. Dieu en effet, ne vient pas à nous pour une éternelle assistance en nous dédouanant de nos responsabilités. Il est le Dieu qui libère en nous appelant à œuvrer pour notre salut avec sa grâce.

Le nouveau monde, certains le cherchent en émigrant, d'autres en s'évadant des réalités. Mais ce nouveau monde, il est là, accessible, à condition, nous dit saint Paul, d'accueillir la paix de Dieu et de devenir ambassadeur de la réconciliation offerte par Dieu en Jésus-Christ. En Jésus en effet, Dieu a rétabli l’alliance que nous avions rompue  par nos péchés, en lui et par lui nous avons été sauvés et par là il nous a confié une mission nouvelle : celle de l’annonce et du témoignage de la miséricorde divine qui est de toujours.

 

Jésus-Christ à travers la parabole de l’enfant prodigue dépeint la miséricorde infinie de Dieu qui ne cesse de nous aimer malgré  nos égarements. Cette parabole est une réponse de Jésus aux récriminations des scribes et des pharisiens. Ils lui reprochent de faire bon accueil aux pécheurs et de manger avec eux. Cet évangile est une bonne nouvelle qui nous parle du comportement de Dieu vis-à-vis des pécheurs que nous sommes tous. Le fils cadet qui est parti loin de son père représente les pécheurs publics. Quant au fils aîné, ce n'est pas mieux. Il évoque tous ceux qui se croient justes et qui n'ont que mépris pour les autres. En fait, à travers ces deux fils, c'est toute la famille humaine qui est représentée. Face à ces deux enfants, nous avons le portrait du Père. Jésus nous décrit le vrai visage de Dieu et c'est tout le contraire de l'image que l'on a pu se faire de lui. Ce n'est pas le Dieu vengeur mais un Dieu passionné d'amour pour chacun de ses enfants. Il est un Père qui ne se lasse pas d'aimer. Il attend le retour de l'enfant prodigue. II a hâte de le fêter, hâte de nous combler de ses biens, de nous donner sa vie. "Mon fils était mort et il est revenu à la vie !" Il invite l’ainé à se réjouir du retour de son frère.  Car tous sont ses fils et son amour est sans discrimination. Son pardon  et sa miséricorde sont offerts à tous. Nous en avons tous besoin, ceux qui sont partis et ceux qui sont restés à la maison. Il y a en effet en chacun de nous une part de misère, d'obscurité, de révolte ou de faiblesse. Le fils aîné c'est celui qui fait preuve de suffisance et d'orgueil, celui qui est jaloux et qui garde rancune. Le fils cadet nous met en face de nos infidélités, de nos folies passagères ou chroniques. D'une manière ou de l'autre, le péché c'est une fugue loin de la maison et de l'amour du Père.

Quelle que soit notre histoire, ses bras sont grand ouverts et son pardon est offert. Oui, revenons à lui de tout notre cœur. Nous sommes tous invités à recevoir le pardon de Dieu. Il s'agit de revenir vers celui qui accourt vers nous et nous prend dans ses bras. Accueillir le pardon c'est d'abord se laisser accueillir et aimer par le Père. Nous qui sommes pécheurs, nous sommes attendus pour revivre et retrouver notre dignité d'enfants de Dieu. Quand nous recevons le sacrement du pardon, c'est pour revenir vers ce Dieu qui n'a jamais cessé de nous aimer et de nous faire confiance. Et dans l'Eucharistie, nous sommes nourris au festin du Royaume. Prions ensemble, que le Seigneur fasse de nous de vrais témoins de son amour et de sa miséricorde.

 

Dieu de miséricorde, tu ne te résignes jamais à nos éloignements et tu te réjouis infiniment de nos retours. Toi le Dieu de tendresse, nous te prions: fais-nous découvrir le bonheur qu'il y a à être aimé de toi et à nous laisser réconcilier avec toi, en Jésus, ton Fils bien aimé, qui est vivant avec toi et le Saint Esprit maintenant et pour les siècles des siècles. Amen

Père Bernard Dourwe, RCJ.

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18 mars 2022 5 18 /03 /mars /2022 19:32

TROISIÈME DIMANCHE DE CARÊME C

 

Exode 3, 1-15 ; Ps 102 ; 1 Corinthiens 10, 1-12 ; Luc 13, 1-9

Un jour, saint Jean dira : « Dieu est Amour. » Mais tout au long de l’Ecriture, les croyants de tous les âges ont déjà livré leur témoignage de foi, leur expérience d’un Dieu qui n’a cessé de se révéler proche des hommes et sauveur de son peuple. L’épisode de la révélation de son Nom à Moïse (1ère lecture) est une étape importante de l’Alliance. Les paroles de louange et de bénédiction des psaumes donnent également de beaux titres à ce Dieu, qui est « tendresse et pitié » (psaume). Et surtout, Jésus révèle combien Dieu est « patience » (Evangile). Père plein de douceur et de bonté, de miséricorde. Le Carême, temps pour mieux connaître le Seigneur.

Dieu révèle son nom à Moïse: il est le Dieu des Pères et le Dieu qui libère; Il est. Et ce nom est une promesse, celle d'une présence active qui délivre de l'oppression.  C’est donc dans son amour incommensurable qu’il se penche vers les cris d’Israël, depuis l’Egypte, terre d’esclavage, pour le libérer. Il n’est jamais sourd à nos cris, nos souffrances et nos misères. Son amour est de toujours.

Pourquoi lire l’Ancien Testament ? C’est parce qu’il montre Dieu à l’œuvre autrefois et nous fait espérer que Dieu continuera d’agir dans le même sens. L’apôtre Paul nous en présente un exemple et il nous met en garde contre le risque de faire les mêmes erreurs qu’Israël au désert. Malgré l’amour infini de Dieu envers son peuple qui a pris soin de lui depuis sa sortie d’Égypte en lui donnant tout ce qu’il avait besoin pour sa subsistance, Israël a fini par se détourner de lui au désert. Il a répondu au don de l’amour par l’infidélité, la désobéissance et les protestations. La conséquence immédiate fut sa mort. Pour ne pas tourner dans le même piège, nous devons donc nous efforcer à éviter le péché.

Dans l’Evangile de ce dimanche, Jésus se présente comme un jardinier patient, prêt à tout, pour nous éveiller à la vie en lui. Il nous accorde de prendre conscience de nos fautes afin de revenir à Dieu. A défaut de nous convertir, nous périrons. Se convertir, c'est d’abord croire à la Bonne Nouvelle. Cette conversion s’enracine dans la certitude d’un Dieu qui sauve, d’un Dieu qui ouvre ses bras dans l’accueil inconditionnel. Se convertir c'est aussi changer de mentalité, c'est adopter une autre manière de penser, une autre manière de voir le Seigneur, les autres et le monde : "Revenez à moi de tout votre cœur" nous dit le Seigneur. La vraie conversion implique un changement radical de nos vies  ; il s'agit pour nous de mettre tout l'évangile dans toute notre vie.

Ce temps de carême est  donc une période par excellence pour nous détourner du chemin du mal  afin de revenir à Dieu qui n’est pas là pour nous juger ou pour nous punir à cause de nos péchés mais plutôt pour nous manifester sa miséricorde infinie qui prend pitié et patiente. Dieu ne cesse de nous faire confiance. Il croit en nous. Il croit à notre conversion. Sa miséricorde infinie est un témoignage de son espérance. Il reste passionné d'amour pour chacun de nous et il continue à se donner du mal pour nous. Il est toujours prêt à venir nous chercher très loin et très bas. Accueillons donc cet appel urgent à revenir vers le Seigneur. C'est une nouvelle chance à ne pas manquer.

 

Dieu d’Abraham et Dieu de Moïse, Dieu des prophètes et Dieu de Jésus, Dieu de notre histoire humaine, Dieu de patience qui nous regarde avec tendresse, sois avec nous tout au long de notre marche vers Pâques, tourne nos cœurs vers toi. Fais grandir nos sentiments de douceur et de tendresse et éveille notre soif de justice et de paix. Par Jésus ton Fils Notre Seigneur Amen.

 

Père Bernard Dourwe, Rcj.

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11 mars 2022 5 11 /03 /mars /2022 19:52

Genèse 15, 5-18 ; Ps 26 ; Philippiens 3, 17-4,1 ; Luc 9, 28-36

Nous quittons le désert de dimanche dernier pour entrevoir déjà la lumière. En effet, il est beaucoup question de « lumière » aujourd’hui. C’est d’abord l’invitation adressée à Abraham (1ère lecture) et à nous tous de regarder le ciel pour compter les étoiles : ne sont-elles pas signes d’espérance dans nos nuits ? Cette lumière, c’est la promesse du Seigneur, c’est le salut, c’est le Seigneur lui-même (psaume) et le « ciel » où il nous attend (2ème lecture). Pierre, Jean et Jacques en ont déjà fait l’expérience (Evangile), au point de vouloir demeurer sur la montagne auprès du Christ-Lumière. Mais il faut encore poursuivre le chemin.

Aux sources de notre histoire, il y a l'initiative de Dieu et la confiance d'un homme: Abraham. Abraham eut foi dans le Seigneur, et le Seigneur estima qu'il était juste. C’est aussi l’histoire de notre foi, car aujourd’hui encore, Dieu nous tend la main parce que fidèle à sa promesse, il ne saurait nous tromper. Il repend sur nous sa bénédiction par son Fils Jésus-Christ qui s’est livré pour notre salut.

L’espérance chrétienne nous tourne vers l’avenir. Dieu nous a déjà beaucoup donné, mais il fera encore mieux, au fur et à mesure que nous progresserons sur le chemin de la résurrection avec Jésus. Pour ce fait Saint Paul nous invite à ne pas céder à la tentation de rejeter la croix du Christ et à la fascination des choses terrestres pour ne pas nous perdre. Nous devons plutôt tenir bon dans les combats quotidiens en ayant en conscience que nous sommes citoyens des cieux et que notre récompense sera grande lorsque le Christ Jésus se manifestera à nous.

Au premier dimanche de Carême, la liturgie nous conduisait avec Jésus dans le désert, lieu traditionnel de la mise à l’épreuve. Aujourd’hui, elle nous invite à le suivre sur la montagne, lieu traditionnel de la révélation. Révélation de sa divinité à trois disciples privilégiés, dans une perception fugitive qui leur permettra d’assumer l’épreuve de la Passion et la défiguration de celui « dont l’apparence n’était plus celle d’un homme » (Is 52, 14). Quant à Jésus, son rapport aux Écritures d’Israël mérite attention. Nous le voyons y recourir comme à une arme contre Satan dans le désert et, sur la montagne, y puiser la force d’assumer sa mission jusqu’au bout. De fait, c’est bien avec Moïse, symbole de la Loi, et avec Élie, représentant les Prophètes, qu’il s’entretient de son « départ qui allait se réaliser à Jérusalem ».

Un dialogue vécu dans une prière que Luc est le seul à mentionner. C’est bien à une telle confrontation priante avec les Écritures, sous la conduite du Christ, que les disciples sont conviés : « Celui-ci est mon Fils […], écoutez-le. » Car c’est dans cette confrontation qu’ils pourront reconnaître le Ressuscité et saisir toute la portée de l’événement pascal (Lc 24, 11-42). Or, si l’écoute du Fils a été directe pour les premiers disciples, la nôtre passe par la médiation de l’Ancien Testament et du Nouveau Testament, lus, non pas selon la lettre, mais selon l’Esprit. Cet Esprit qui ne cesse de susciter des interprétations toujours nouvelles dont la grande tradition de l’Église nous offre les trésors, entre autres, dans les écrits des saints et des mystiques de tous les temps. À nous de savoir nous en nourrir pour enrichir notre approche personnelle et entrer plus avant dans le mystère.

Pendant ce carême, dans la suite de ce que nous avons commencé la semaine dernière, prenons le temps de regarder le Christ à l'œuvre en nous, dans le cœur des autres et dans notre monde.  Car chacun porte en soi quelque chose de la beauté de Jésus transfiguré.  La résurrection est marquée au cœur de nos vies, de l'Église, du monde.  Regardons et admirons cela.  Utilisons les trois moyens tout simples que sont : la prière, pour un cœur à cœur avec Dieu ; la parole de Dieu, pour avoir le regard même de Dieu sur ce qui se vit aujourd'hui; les frères chrétiens, pour partager ce que nous vivons et voyons.

 

Seigneur notre Dieu, avant de prendre les traits du serviteur défiguré par l'humiliation et la souffrance, ton Fils dévoile la splendeur rayonnante de son visage de Ressuscité. Nous t'en prions: redonne beauté et clarté à nos vies si souvent ternies par le mal et la souffrance. A toi, Dieu de gloire et de lumière, notre louange aux siècles des siècles. Amen!

 

Père Bernard Dourwe, Rcj.

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4 mars 2022 5 04 /03 /mars /2022 21:50

PREMIER DIMANCHE DE CAREME C

 

Deutéronome 26, 4-10;  Ps 90 ; Romains 10, 8-13;  Luc 4, 1-13

Nous célébrons le premier dimanche du carême C. Débuté mercredi dernier avec l’imposition des cendres, le carême est le temps par excellence de la conversion. Durant quarante jours les chrétiens sont appelés à faire l’expérience de la rencontre avec le Seigneur qui nous conduit au désert pour écouter Dieu nous parler et faire l’expérience de la conversion véritable en lui redonnant toute sa place dans nos vies. Le Pape François nous invite à vivre ce carême 2022 sous le thème « Ne nous lassons pas de faire le bien, car, le moment venu, nous récolterons, si nous ne perdons pas courage. Ainsi donc, lorsque nous en avons l’occasion, travaillons au bien de tous » (Gal 6, 9-10a). Le Pape invite à semer le bien pour participer à la magnanimité de Dieu, car «le fruit accompli de notre vie et de nos actions est le ‘fruit pour la vie éternelle’». En ce temps de pandémie, le Saint-Père encourage à placer sa foi dans le Seigneur et, trouvant appui dans sa grâce, à renoncer au mal et à prendre le temps de pratiquer l’aumône avec joie.

Nous sommes donc appelés à préparer la Pâque, évènement fondamental de notre salut en disposant nos cœurs à la prière, à l’aumône et à la pénitence en revenant au Seigneur de tout notre cœur et de toute notre vie. Ce mystère de salut, déjà à l’œuvre en nous en cette vie terrestre, se présente comme un processus dynamique qui embrasse également l’Histoire et la création tout entière.

Temps du Carême, temps du désert, de l’épreuve et du choix en ce dimanche, c’est bien cette première étape que l’Ecriture marque en nos cœurs. Après l’invitation entendue mercredi, voici le moment de nous décider pour ou contre le Seigneur : pour ce faire, le peuple d’Israël fait mémoire de sa libération d’Egypte (1ère lecture). Et Saint Paul rappelle que la foi en Jésus ressuscité est la condition de notre salut (2ème lecture). Mais Jésus lui-même a connu, au désert, l’épreuve de la tentation (Evangile). Son exemple nous montre que l’essentiel est la fidélité à Dieu, sans condition : seul ce choix, au nom de son amour, conduit à la vie.

L’amour se nourrit de souvenirs, de tout ce que l'on doit à l'autre depuis la première rencontre. Ainsi, dans le culte, Israël se rappelle l'histoire de l'amour de Dieu. Dieu dans son grand amour l’a choisi, l’a appelé à commencer une nouvelle histoire avec lui. Au cours de cette histoire, Israël va faire l’expérience de l’immigration en Egypte. Là-bas, il sera réduit en esclave. Après avoir crié vers Dieu, il sera prodigieusement libéré de la main de l’oppresseur pour parvenir par la suite à la terre promise. Comme Israël, le carême est la période par excellence pour nous  arrêter afin de revisiter notre amour avec Dieu, à travers un retour spirituel dans le désert de notre vie. Dieu nous invite à prendre conscience de son amour qui est de toujours envers nous bien au-delà de nos fragilités et infidélités. Cette prise de conscience de l’amour incommensurable de Dieu doit déboucher à une action de grâce.

Aux racines de son histoire, Israël découvrait un Dieu Sauveur. Aux racines de la foi chrétienne, il y a Jésus, par qui tout être humain est sauvé, sans discrimination nous dit saint Paul dans sa lettre aux Romains. Tous nous sommes donc invités à croire en lui afin que nous ayons le salut car « Celui qui croit du fond de son cœur devient juste; celui qui, de sa bouche, affirme sa foi, parvient au salut. »

Saint Luc dans l’Evangile nous conduit avec Jésus au désert pour vivre l’épreuve des tentations. Après quarante jours de jeûnes et de prière, Jésus est tenté par le démon. Les trois tentations dans le désert représentent toutes les sollicitations qui risquent de nous détourner de Dieu et du chemin de Vie. Ces tentations concernent notamment les questions de nourriture, de l’avoir, du pouvoir, de la gloire, de l’orgueil et du valoir. Jésus nous montre par son exemple, comment y résister grâce à la Parole de Dieu.

Le Carême n'est pas un temps triste d'efforts et de privations. C'est un temps de grâce qui nous est donné pour revenir à Dieu. Un temps pour nous désencombrer le cœur, pour nous concentrer sur l'essentiel. Comme Jésus au désert, nous affrontons des épreuves dans notre vie de foi. Mais l'Esprit du Seigneur nous accompagne sans cesse et nous rend capables de vivre de la Parole de Dieu. Dans l’esprit de la liturgie de ce premier dimanche du carême nous redisons avec le pape François : « Le Carême est un temps propice de renouveau personnel et communautaire qui nous conduit à la Pâques de Jésus-Christ mort et ressuscité. »

 

Dieu tout puissant d’amour, ton Fils s’est fait l’un de nous. Il a connu la tentation. Que sa Parole nous transforme pour que nos actes fassent naître la paix, là où est la haine, la solidarité, là où est la pauvreté. Ainsi, nous pourrons annoncer Jésus-Christ, vivant pour les siècles des siècles. Amen!

 

Père Bernard Dourwe, Rcj.

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25 février 2022 5 25 /02 /février /2022 20:24

Siracide 27, 4-7; Psaume 91; 1 Corinthiens 15, 54-58 ; Luc 6, 39-45

À quoi reconnaît-on un arbre ? À ses fruits ! Voilà des critères de valeurs pour nous-même, nos communautés et pour les propositions qui nous sont faites. Les fruits de notre cœur ? Nos paroles et nos actes ? Ben Sirac, bien avant Jésus-Christ, nous avait conseillé d’y faire attention et Jésus dans l’Evangile nous met en garde contre les jugements que nous faisons aux autres. Saint Paul quant à lui nous invite à nous réjouir dans le Christ victorieux de la mort par sa mort et sa résurrection.

Ben Sirac à travers des maximes et des proverbes provenant d’horizons divers, nous livre quelques paroles de sagesse. Nos paroles nous trahissent, dit-on; la vie de tous les jours nous le fait bien comprendre: la parole de l'homme révèle ce qu'il est. Elle permet le dévoilement de l’être, la manifestation de notre identité et l’expression de notre intériorité. L’homme invité à la sagesse doit en faire bonne usage de la parole. Car elle est source de bien autant que source de mal en fonction de son usage. Elle détermine notre être au sein de la société.

Au terme de son grand exposé sur la résurrection dans sa première lettre aux corinthiens, Paul éclate de joie: ô mort, où donc est ta victoire? Son enseignement devient chant d'action de grâce. Grace à sa foi en Jésus-Christ, mort et ressuscité pour nous donner la vie en abondance, saint Paul est convaincu que la mort ne saurait avoir le dernier mot. Elle a été vaincue au pied de la croix. Point n’est plus besoin pour nous chrétiens d’avoir peur d’elle et de nous affoler lorsqu’elle arrive. La victoire du Christ l’a anéantie une fois pour toute. Nous devons donc marcher confiant en affrontant les épreuves de notre vie avec le regard fixé sur le Christ qui nous attend pour la félicité éternelle. Dans cette marche vers la cité de Dieu, la mort devient  un passage, une porte d’entrée et non pas l’expression d’un chaos, d’un désespoir ou d’une fin à fuir.

Dans l’Évangile de ce jour, Jésus nous met en garde contre un esprit faussé qui nous ferait mal voir et les autres et nous-mêmes. « Un aveugle peut-il garder un autre aveugle ? » Dans la foule, Jésus vise d’abord ceux qui se présentent comme les guides du peuple : scribes, prêtres et pharisiens… mais ce qu’il leur dit vaut pour chacun de nous. Qui de nous n’a pas une certaine responsabilité d’éduquer, de témoigner et parfois de juger, de décider… ? Qui de nous ne se donne pas le droit de juger les autres et d’intervenir dans leur vie ? Mais sommes-nous habilités et surtout aptes à bien le faire ? À vérifier d’abord la qualité de notre vue. Si nous voyons tout sombre c’est peut-être que nous portons des lunettes sombres ou que nous avons la cataracte, alors nous risquons de maudire même le jour et de critiquer les couleurs… Mais plus encore, nous risquons d’avoir le regard faussé parce que nous avons l’esprit faussé. Il peut y avoir une poutre dans notre œil qui ne laisse plus passer que quelques lueurs sur les côtés. Alors nous ne voyons plus l’autre dans la globalité de la vie, mais nous n’en retenons que quelques défauts que nous voudrions vite enlever afin qu’il nous ressemble. Mais si nous sommes sur un chemin de ténèbres et de mort voyons où nous risquons de l’entraîner. C’est pourquoi, nous dit Jésus, enlève d’abord la poutre qui est dans ton œil.

Dans la vie relationnelle nous n’avons pas à vouloir changer l’autre, ce n’est pas possible. Nous devons veiller à nous changer nous-même, afin de faire advenir – un peu plus – la justice, la bonté, la paix, l’amour, etc. Nous avons à œuvrer pour cela, à nous donner de la peine. C’est vrai qu’alors, peut-être, car il est libre, l’autre à son tour changera. Et il changera à son rythme pour devenir lui-même. C’est ainsi que Dieu agit pour chacun de nous et avec quelle patience.

 

Tu nous as réunis, Seigneur, pour que cherchant ensemble ta volonté nous vivions dans l'amour comme des disciples du Christ. Mets en nous le désir de ce qui est vrai, tiens nous dans ta lumière, garde nous dans un esprit de paix; et quand nous aurons vu ce que tu demandes, aide nous à l'accomplir d'un même cœur, par Jésus, le Christ, notre Seigneur.

 

Père Bernard Dourwe, Rcj.

 

 

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18 février 2022 5 18 /02 /février /2022 10:27

Samuel 26, 2-23 ; Ps 102 ; I Corinthiens 15, 45-49 ; Luc 6, 27-38

Dimanche dernier, Jésus nous invitait à la joie: "Soyez heureux, exultez de joie". Aujourd'hui encore, il va parler à notre cœur: il nous dira les secrets du Royaume, les exigences de l'Evangile, il nous demandera d'aimer: d'aimer ceux qui nous aiment, et d'aimer même qui ne nous aiment pas. Les textes bibliques de ce dimanche nous montrent un chemin de conversion. Nous vivons dans un monde où beaucoup ne pensent qu’à se faire justice. Aujourd’hui, nous recevons des appels à refuser la vengeance et à faire miséricorde à l’instar de David qui pardonne Saül. Car nous sommes appelés à être des hommes spirituels avec le Christ Jésus pour model et rédempteur.

Après des débuts prometteurs, Saül, le premier roi d'Israël a failli à sa mission: servir le Seigneur et son peuple et non pas ses propres intérêts et ambitions. Le prophète Samuel, qui lui avait donné l'onction, est allé lui chercher un successeur potentiel en la personne du jeune David, simple berger qui va mener une carrière fulgurante à la cour. À tel point que Saül en devient jaloux, cherchant à anéantir son rival. Le jeune David, poursuivi et traqué par Saül, alors qu’il a l’occasion de se venger de ce dernier qui cherche à le tuer injustement, renonce à la vengeance et au meurtre. Il est convaincu que malgré ses désirs meurtriers à son égard, Saul est le choisi de Dieu et pour cette raison sa vie doit être respectée. Seul Dieu peut rendre la justice véritable. Par ce geste de pardon, David est déjà l'image du Messie, artisan de pardon et de paix.

Les Corinthiens se trompent s'ils s'imaginent que la résurrection de Jésus fut un simple retour à la vie, dit saint Paul. Il s'agit de bien autre chose: d'un recommencement de l'humanité. Avec Adam, l’homme était condamné à la mort car pétri de la terre et soumis aux lois de la nature. Mais Jésus, Nouvel Adam, par sa mort et sa résurrection, a libéré l’homme du pouvoir de la mort pour lui accorder la vie éternelle. Par son incarnation, sa passion, sa mort et sa résurrection, il a fait de nous des hommes spirituels en nous libérant de la finitude pour nous introduire dans la vie divine.

Par la façon de vivre, de se comporter et d’organiser l’existence, nous recherchons des modèles de conduite. Jésus répond à notre attente, il nous présente la référence suprême : son Père qui est miséricordieux et qu’il faut imiter. Ce message est aussi pour nous aujourd’hui. Comment parvenir à aimer ceux envers qui nous éprouvons de l’aversion comme ceux qui nous veulent du mal, pire, qui en font ? Les offenses sont parfois si outrageantes, les blessures si profondes, les séquelles si sévères, qu’il semble tout à fait impossible de pouvoir aimer les personnes qui en sont la cause. Comment demander à une famille d’aimer celui qui par un acte odieux a éliminé un membre de cette famille ? Comment demander à quelqu’un d’aimer une personne qui lui a fait du mal ? N’est-ce pas humainement impensable et impossible ? Comment donc recevoir cet enseignement de Jésus sans le déformer, le relativise ou l’édulcorer ? Etre son disciple c’est entreprendre un chemin  nouveau qui implique des exigences nouvelles. Il nous propose en effet, de vivre dans l’amour de Dieu et du prochain, de pardonner sans cesse comme Dieu nous pardonne, de manifester plus d’amour à ceux qui nous veulent du mal, de mener une vie de non-violence. Ceci couronnée par la règle d’or « Ce que vous voulez que les autres fassent pour vous, faites-le aussi pour eux. ».

Jésus-Christ nous montre donc le chemin. Il nous parle de miséricorde. C’est facile de juger et de critiquer. Mais si nous regardons notre vie, nous voyons bien que nous aussi, nous sommes des « pauvres pécheurs ». Nous sommes bien mal placés pour regarder ce qu’ont fait les autres. Nous ne devons jamais oublier que la mesure que nous utilisons pour eux servira aussi pour nous. Aimer son ennemi est donc une victoire sur le mal par le bien. Par ce commandement nouveau, Jésus nous invite d’arrêter cette montée de vengeance, de rancune qui ne fait qu’attiser la haine dans nos familles et dans nos sociétés. Le Seigneur veut qu’on passe de la loi du talion ou loi de l’équivalence à une loi de la surabondance. En d’autres termes, nous sommes conduits à passer d’une logique de vengeance, où la violence appelle la violence, à une démarche de pardon conduisant à la paix.

 

Dieu notre Père, tu as envoyé Jésus ton Fils pour rassembler dans un même amour les hommes de toutes langues, de toute race et de toute culture. Envoie-nous ton Esprit, pour qu'à l'image de Jésus, nous sachions nous respecter, nous pardonner, et nous ouvrir fraternellement les uns aux autres. Ainsi, nous deviendrons de mieux en mieux tes fils en ton Fils, par l'action de l'Esprit-saint, maintenant et pour les siècles des siècles. Amen!

 

Père Bernard Dourwe, Rcj.

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11 février 2022 5 11 /02 /février /2022 20:47

 

Jérémie 17, 5-8 ; Ps 1 ; 1 Cor 15,12-20 ; Luc 6, 17-26

Bonheur et malheur ces deux mots opposés donnent le ton de notre célébration liturgique de ce sixième dimanche ordinaire C. Une vie dans le Seigneur conduit au bonheur. Par contre une vie loin du Seigneur conduit au malheur (1ere lecture). Vivre avec le Seigneur c’est croire en la résurrection de Jésus-Christ mort et ressuscité pour notre salut (2e lecture). Pour montrer la route à suivre, il nous trace le chemin des béatitudes, sources de joies pour tous ceux qui mettent leur confiance dans le Seigneur (Evangile). La recherche du bonheur... voilà ce qui fait avancer l'homme depuis la nuit des temps. Nous voulons être heureux, et nous sommes quelquefois prêts à tout pour y parvenir. Le chemin de bonheur que Jésus nous propose ne correspond pas toujours à nos critères. Nous savons bien pourtant qu'en accueillant ses exigences nous partagerons sa propre joie.

Pour le prophète Jérémie, certaines vies sont stériles, d'autres sont fécondes; tout dépend des choix que l'on fait. Pour évoquer ces situations opposées, les prophètes parlent de "malédiction" et de "bénédiction". L’homme qui met sa confiance et son espoir en le Seigneur, qui ne va pas avec les méchants est un homme bénit. Dieu veille sur lui et bénit tous ses projets. Par contre l’homme qui met sa confiance sur les mortels, qui se détourne de Dieu est un homme maudit. Quand frappent la maladie, l'échec, le chômage, la solitude, quand nous-mêmes, ou nos proches, sommes touchés par l'angoisse du lendemain, comment rester debout? Face à des situations difficiles qui durent et que l'on voudrait tant voir se résoudre, où puiser le courage de faire un pas supplémentaire et d'espérer encore ? La foi est-elle de quelque secours lorsque nous affrontons ces déserts ? Jérémie réponse par l’affirmative et il nous invite à mettre notre confiance au Seigneur et lui en retour se chargera de nous combler dans toutes ces difficultés existentielles.

Marqués par la culture grecque, certains chrétiens refusent l'idée d'une résurrection des morts. En réponse, saint Paul montre les conséquences d'un tel refus. Notre foi repose en Jésus-Christ mort et ressuscité pour nous donner la vie. Si le Christ n’est pas ressuscité, nous dit saint Paul, vaine est notre foi, vaine est la foi de tous ceux qui ont cru au Seigneur et qui reposent en lui. Or la foi en la résurrection du Christ et des morts est le fondement sûr de l’espérance chrétienne. Notre sort est indissolublement lié à celui du Seigneur. C’est pourquoi nous devons en toute confiance croire qu’il est mort et ressuscité.

Contrairement à Matthieu qui situe le discours des béatitudes sur la montagne, Saint Luc  nous conduit dans la plaine avec Jésus et ses disciples pour recevoir le message des bienheureux. Jésus-Christ, visage de la miséricorde de Dieu, en s’adressant à ses contemporains invite à retrouver la joie dans les différentes épreuves de la vie. La pauvreté, la famine, les pleurs, la haine, les insultes, le rejet et les moqueries du monde à cause de lui, ne sont pas des motifs pour s’attrister mais plutôt des raisons de lui faire plus confiance car par ces épreuves vécues avec lui, nous serons récompensés dans le ciel.  Dieu se fait en effet proche de tous ceux qui souffrent pour la cause du Royaume des cieux. Par contre, il met en garde tous ceux qui, de leur richesse, de leur avoir, de leur être, de leur potentialité  ou de leur position sociale se moquent des autres et s’en orgueillissent. Ils ont déjà reçu leur récompense.

Les béatitudes manifestent que Dieu n’est pas neutre : il est du côté des pauvres, des doux, des affligés, des artisans de paix. Dieu n’est pas du côté des puissants, des violents, des dominateurs. Les Béatitudes ne sont pas un appel à être pauvre, affamé, triste ou haï. Il s’agit bien au contraire d’un appel à lutter contre cela. Tous nous sommes donc appelés non pas à nous exclure mutuellement à cause de nos possessions ou de notre situation sociale mais plutôt à nous revêtir de plus d’humilité, de générosité, de bonté et d’amour afin de faire de Dieu notre seule richesse véritable, source de notre bonheur et celui de notre prochain. 

 

Dieu Notre Père, dans notre monde, tu le sais, il y a trop de tristesse, d'inégalités, de guerres et d'exclusions. Viens combler nos cœurs affamés de paix et de joie. Ouvre nos esprits à la nouveauté de ta Parole. Entraîne-nous sur les chemins de ton bonheur. En toi notre confiance et notre espérance, par ton Fils bien-aimé Jésus-Christ, dans la force de l'Esprit-Saint, pour les siècles des siècles. Amen!

 

Père Bernard Dourwe, Rcj.

 

 

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5 février 2022 6 05 /02 /février /2022 08:55

Is 6, 1-2a.3-8 ; Ps 137 ; 1 Cor 15, 1-11 ; Lc 5,1-11

 

Isaïe, Paul, Simon : leur point commun, c’est l’appel du Seigneur, auquel chacun a répondu : « Oui ». En tout temps, en effet, le Seigneur veut avoir besoin des hommes : il lui faut des messagers pour porter sa parole (1ère lecture), et toute l’histoire de son peuple parle de prophètes, puis d’Apôtres dont le nom même signifie « envoyés » (Evangile). Leur mission ?  Jésus l’explique à Simon en lui disant qu’il sera « pêcheur d’hommes » : il s’agira de rassembler les hommes, de faire vivre l’Eglise. Et saint Paul nous en dit le cœur, le « kérygme » : le cœur de notre foi et de notre salut, c’est la mort et la résurrection du Christ (2ème lecture). Dans la continuité des dimanches précédents qui nous présentaient la vocation des prophètes et de Jésus lui-même, Jésus choisit ses messagers, pour que la Parole de Dieu soit annoncée sans interruption.

Les lectures nous font voir la fragilité et la faiblesse de l’homme ainsi que la prise de conscience de sa finitude. Les deux premières réalités manifestent la notion du péché, si présente dans nos vies. Isaïe d’abord, qui voit bien, à l’appel de Dieu, l’écart qui existe pour répondre à ce qui lui est demandé : « Malheur à moi ! Je suis perdu, car je suis un homme aux lèvres impures. » C’est finalement l’envoyé de Dieu qui lui donne l’occasion de répondre à la mission en le touchant aux lèvres pour lui rendre sa dignité. Brûlure qui purifie, feu qui nettoie l’homme intérieur pour une totale disponibilité pour la réalisation de la vocation prophétique.

Pour Paul, c’est la même réalité : bien sûr, il est en mesure de fortifier les communautés qu’il a fondées en rappelant à temps et à contretemps la force de la Parole proclamée. Sûrement, il tente de vivre dans sa chair tout ce qu’il enseigne au cours de ses visites. Pourtant, c’est au contact de cette Parole qu’il reconnaît sa petitesse : « En tout dernier lieu, il est même apparu à l’avorton que je suis. » Comme si la Parole et sa vie ne faisaient plus qu’un. Dans l’évangile, l’apôtre Pierre nous montre l’exemple en tombant aux pieds du Christ : « Seigneur, éloigne-toi de moi, car je suis un homme pécheur. »

Jésus ne connaissait sans doute pas grand-chose à la pêche, mais il a montré au cours de sa vie terrestre combien il pouvait sonder les cœurs. Et l’apôtre qui a douté des capacités de son Maître, se trouve démuni lorsqu’il voit le résultat accompli, auquel il ne voulait pas croire. Aujourd’hui encore, Jésus nous fait avancer au large pour pêcher la justice, la paix, le respect de la création, le partage, le pardon. Il ne demande rien d’impossible, simplement de se fatiguer un peu pour le plus grand bien de tous les hommes.

En outre, la Parole de Dieu, en ce dimanche, nous rappelle que chacun est responsable de transmettre ce qu’il a reçu. A trop nous demander si nous en sommes dignes ou non, nous risquons de remettre toujours à plus tard notre réponse à l’appel que le Seigneur nous adresse ; ou a, à l’extrême, de fuir notre véritable vocation. Dieu donne à chacun la force de remplir sa mission dans le monde, pour que se réalise son dessein de salut. Ce que nous avons à transmettre n’est autre que son amour dont personne n’est exclu. Parfois, nous serions tentés d’attendre d’être « vraiment » chrétiens pour nous engager à suivre Jésus. Nous plaçons en quelque sorte la « barre spirituelle » trop haut ! Il y a là un piège dangereux. La sainteté n’est pas un état « chimiquement pur », c’est une marche, un devenir, une lente tentative pour laisser la grâce passer en nous malgré l’épaisseur de nos pesanteurs. Dans cette marche Dieu est toujours le premier à prendre l’initiative. C’est lui qui nous appelle à collaborer  avec lui pour notre propre sanctification et celui de nos frères et sœurs. Nous devons donc nous sentir concerné par l’appel de Dieu pour la cause du salut de tous et nous engager sans réserve afin que la gloire de Dieu se manifeste à tous les hommes.

 

Seigneur notre Dieu, c'est toi qui appelles et sans ta grâce, nous ne pouvons rien. Par-delà nos déceptions et nos découragements, que ton Esprit-Saint soit notre force et nous donne l'audace d'annoncer aux hommes de ce temps le nom de ton Fils Jésus, le Christ, notre Seigneur.

 

Père Bernard Dourwe, Rcj.

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