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28 janvier 2022 5 28 /01 /janvier /2022 20:41

Jérémie: 1, 4-19 ; Ps 70 ;  1 Cor 12, 31-13,13 ; Luc 4, 21-30

Il nous faut des prophètes ! A toutes les époques, pour rappeler aux foules où est l’essentiel, leur montrer la voie de l’espérance, pour veiller à ce que le peuple ne s’égare du chemin où le Seigneur le conduit. Ainsi, fut choisi Jérémie (1ère lecture), aimé, comme chacun, bien avant sa naissance. Ainsi sont choisis, aujourd’hui, les artisans de paix, de justice, et d’amour, cet amour charité chanté par saint Paul (2ème lecture) et que beaucoup incarnent sans bruit. Ainsi, encore des prophètes se lèvent au prix de leur vie, pour défendre l’homme en sa dignité : chemin de passion qui, à la suite du Christ (Evangile) devient chemin de vie.

Etre prophète, témoin de Dieu, c'est aller souvent à contre-courant des autres et de soi-même, avec, pour seul appui, la fidélité du Seigneur. Ainsi vécut le prophète Jérémie. Il se revoit, jeune et timide, saisi par l'appel de Dieu.

Certains chrétiens de Corinthe briguaient les phénomènes spirituels alors en vogue, tel le don des langues ou celui de la prophétie. Il y a mieux, dit Saint Paul; il existe un don de Dieu qui dépasse tous les autres: la charité que nous sommes invités à vivre chaque jour. Il arrive que l’homme oublie qu’il a été créé pour aimer. Saint Paul, le cœur plein de tendresse explique simplement ce qu’aimer veut dire. L’Apôtre ouvre sa méditation par ces mots : « l’amour prend patience!» Si donc tu sais patienter, tu sais aimer. Il écrit encore : « l’amour rend service ». Simplement, sans calcul. Si tu sais te rendre disponible pour autrui, tu sais aimer. Ce n’est pas là chose extraordinaire : il t’est offert chaque jour d’exercer ta patience ou de rendre service.

Aimer, c’est aussi savoir renoncer : la jalousie, la vantardise, la malhonnêteté n’ont pas de place dans un cœur qui aime. Il importe par ailleurs d’abandonner ce qui est recherche de soi, emportement, rancune ou joie malsaine. Si tu sais quitter ce qui te blesse et qui t’enchaîne, tu sais aimer. L’amour « trouve sa joie dans ce qui est vrai ». Si dans ta vie familiale et professionnelle, tu cherches à vivre en vérité, quoiqu’il advienne, quoiqu’il en coûte, tu sais aimer. Car amour et vérité toujours se rencontrent. L’amour n’accepte pas de demi-mesure. La mesure est d’aimer sans mesure. « Il supporte tout, il fait confiance en tout, il espère tout, il endure tout.» L’amour dont nous vivons peut sembler bien faible face à une telle exigence. Qu’importe ! L’essentiel, où que nous en soyons, est d’être sur le bon chemin. En chemin vers l’Amour.

Aux offres de Dieu, on peut répondre par oui et par non, par la foi et par le refus de croire. Comme les prophètes avant lui et dès le début de son ministère, Jésus rencontre chez ses auditeurs les deux attitudes. Après avoir proclamé la Parole de Dieu et annoncé son accomplissement en lui, Jésus se voit rejeté par ses frères de Nazareth. Tous sont surpris que lui, charpentier, fils de Joseph puisse s’identifier à la prophétie proclamée. Il est donc expulsé du temple et menacé d’être propulsé au bas de la colline. La parole de Jésus leur est tout simplement insupportable. De l’enthousiasme d’écouter Jésus, ils passent au rejet de ce prophète qui les dérange dans leurs convenances et leurs habitudes. C’en est déjà trop. Ce prophète doit disparaître, il doit mourir. Et la foule le rejette hors de la ville. Jésus poursuit son chemin. Comme si, désormais, la Bonne Nouvelle ne pouvait plus se taire. Comme si, soudain, la Bonne Nouvelle n’avait plus de frontières. Elle devient parole vivante qui bouscule, dérange, fait grandir. Une parole à lire. Une parole à vivre. Une parole qui s’accomplit aujourd’hui dans nos vies.

Que c’est dur  d’être prophète surtout au milieu des siens ! S'il est bien connu qu’il nous est souvent plus facile, voire agréable, d’écouter ceux qui disent exactement ce que nous avons envie d’entendre, ce qui nous fait du bien, ce qui ne nous contrarie pas, il peut nous devenir difficile, et même insupportable, d’entendre, d’accepter une parole qui va nous bousculer, nous déranger dans nos habitudes, dans notre manière d’être, de vivre, de penser, de nous engager. Mais la parole de Dieu doit être annoncée malgré les persécutions et les obstacles. Rien ni personne ne doit détourner le messager de Dieu de sa mission. Au nom de Dieu, il est investi pour annoncer la Bonne Nouvelle du salut,  dénoncer le péché du peuple et  toute sa  vie devient un renoncement pour la cause de Dieu. Consacré par l’Esprit du Seigneur qui le soutient dans sa mission, sa seule récompense au milieu des siens est une vie de persécution, de mépris, de rejet jusqu’au don de sa propre vie.

Depuis les temps les plus anciens Seigneur, tu nous adresses ta Parole par l’intermédiaire de femmes et d’hommes qui ont été des prophètes pour ton peuple. Aujourd’hui, c’est à nous que tu lances ton appel pour que nous devenions un peuple de prophètes, pour dénoncer le mal de l’oppression et annoncer la libération offerte à tous par le Christ Notre Seigneur  Jésus-Christ qui vit et règne avec toi dans l’unité du Saint-Esprit pour les siècles les siècles. Amen.

 

Père Bernard Dourwe, Rcj.

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21 janvier 2022 5 21 /01 /janvier /2022 18:56

TROISIEME DIMANCHE DU TEMPS ORDINAIRE C

Néhémie 8, 1-10 ; PS 18 ; 1 Cor 12,12-27 ; Luc 1, 1-4 ; 4, 14-21

En ce 3ème dimanche, Jésus, Verbe fait chair à Noël, se révèle à nous comme celui en qui la Parole s’accomplit (Evangile). Il est la Parole que nous accueillons et que nous acclamons. En l’écoutant dans une même foi (1ère lecture), nous sommes le corps qu’il constitue par son Esprit (2ème lecture) pour annoncer au monde ses merveilles. Dimanche de la Parole, dimanche de l’Eglise rassemblée autour de la Parole de vie.

Après un désastre national, il faut tout rebâtir. Pour les Juifs revenus d'exil, ce renouveau se fait autour de la Parole de Dieu. C'est l'origine de l'institution de la synagogue, le lieu que Jésus choisira pour révéler sa mission. En présence du peuple rassemblé, le scribe Esdras proclame solennellement la Parole de Dieu. L’Ecoute de cette Parole suscite pleins d’émotions au peuple qui prend conscience de l’amour de Dieu qui est de toujours. Invité à ne pas pleurer mais plutôt à se réjouir du jour du Seigneur, le prêtre et scribe Esdras convie en outre le peuple à s’ouvrir à plus de charité envers ceux qui n’en ont pas. La parole de Dieu écoutée et méditée pousse toujours à l’action.  Elle ouvre les horizons vers un monde meilleur où tout homme a le droit de bénéficier de l’amour et de la générosité partagés.

Pour expliquer la nécessité de charismes divers, Paul compare l'Eglise au corps humain. Il y a une hiérarchie des membres, mais tous sont nécessaires. Le corps ecclésial comporte une nouveauté radicale: les membres forment le Corps du Christ parce qu'ils ont reçu le baptême. Au sommet de la hiérarchie des services, il y a les porteurs de la Parole de Dieu: apôtres, prophètes, hommes et femmes chargés d'enseigner. Comme le corps humain qui a plusieurs membres dont aucun ne peut se prévaloir d’être le meilleur ou le plus important, la diversité des fonctions, des charismes, des dons dans l’Eglise et dans notre vie quotidienne doit être pour nous un appel à la collaboration dans un esprit d’humilité et de service. Nul n’a le droit de s’appuyer sur ses dons ou charismes pour se remplir d’orgueil et considérer les autres avec dédains. Un chrétien  qui divise, qui méprise les autres ou qui s’en orgueillit à cause de ses qualités cesse d’être au service de l’Esprit Saint.

A partir de ce dimanche, nous lisons le récit du ministère de Jésus d’après l’Evangile selon Saint Luc. Saint Luc commence son œuvre en montrant la véracité des faits qu’il raconte. Il a en effet pris le temps de bien se renseigner auprès des témoins de la venue de Jésus-Christ. La finalité de son œuvre dédiée à Théophile, qui représente chacun de nous, ami de Dieu, est de nous donner des motifs plus grands de croire en Jésus-Christ. Notre foi n’est pas fondée sur des faits imaginaires ou des récits mythiques/légendaires. Elle découle d’une expérience réelle, personnelle et communautaire avec le Verbe de Dieu, incarné pour nous donner la vie éternelle.

Jésus-Christ ne vient pas rompre ce qui a été annoncé avant lui. Il vient les accomplir. Pour cela, dès sa première sortie publique après l’expérience de quarante jours au désert, au milieu des siens dans la synagogue de Nazareth, il proclame l’Ecriture et annonce son accomplissement en lui. Cette parole proclamée dévoile le sens de ma mission. Il se sait consacré par l’Esprit du Seigneur pour porter la Bonne Nouvelle aux pauvres, annoncer aux prisonniers qu’ils sont libres, aux aveugles qu’ils verront la vue, apporter la libération aux opprimés, annoncer une année de bienfaits accordée par le Seigneur. Par ces paroles, il annonce le sens de sa vocation qui est essentiellement prophétique. Il assume et accomplit tout ce que les prophètes de l’Ancienne Alliance avaient dit et annoncé à propos de lui. Cette bonne nouvelle retentit encore aujourd’hui dans nos vies marquées par tant de mauvaises nouvelles, tant d’oppressions des petits et des faibles, tant d’injustices sociales, tant d’aliénations humaines et tant de bafouement de la dignité de l’homme. Le Christ vient nous libérer et nous appelle nous aussi à nous engager avec lui dans la libération de tout homme et de tout l’homme.

Notre Dieu et Seigneur, Tu as réalisé l’unité de ton peuple dans la personne de ton Fils. Nous t’en prions. Ouvre nos intelligences et nos cœurs afin qu’ils ne s’égarent
ni dans les divisions ni dans les pièges de la suffisance. Permets, au contraire,
que forts de ta Parole qui nous rassemble, animés par l’Esprit qui nous soutient, nous annoncions ta Loi d’amour en Jésus qui nous conduit et nous sauve.

Père Bernard Dourwe, Rcj.

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14 janvier 2022 5 14 /01 /janvier /2022 20:48

Isaïe 62, 1-5 ; Ps 95 ; 1 Cor12, 4-11 ; Jn 2, 1-11

Ce dimanche ouvre le « temps ordinaire ». Mais avec l’évangile des « noces de Cana » (Jn 2), c’est un peu un dimanche intermédiaire entre le « temps de Noël » achevé dimanche dernier, et le « temps ordinaire » de cette année C (nous n’ouvrirons l’évangile de Luc que dimanche prochain). La 1ère lecture est d’ailleurs celle qui est prévue pour la messe de la veille de Noël : le prophète Isaïe raconte que, le peuple étant revenu d’exil, le Seigneur veut avec lui une alliance plus intime encore, comme celle de deux époux. Par ailleurs nous commençons, pour sept dimanches, la lecture de la première lettre aux Corinthiens (2ème lecture).

Au retour de l'exil, tout est en ruine, le peuple se divise, les étrangers sont toujours là, la misère dure. Pourtant le prophète Isaïe invite à la confiance, il le fait avec des images de lumière et de tendresse conjugale.

Devant les désaccords qui règnent dans la communauté de Corinthe à cause de la jalousie et du mépris de certains membres, Paul rappelle que tout est don de l’Esprit : chacun a sa place, et l’Esprit est le même en tous. Les dons, les charismes, les fonctions reçus sont en vue du service de tous et non pas en vue de créer des divisions et des disputes dans la communauté. Nous devons accueillir la diversité de nos dons en vue de construire ensemble le corps mystique du Christ en vivant dans l’unité  pour le bien de tous.

Au commencement de sa vie publique, Jésus se rend à Cana, dans des noces avec ses disciples et sa mère. Grâce à l’intercession de Marie, sa mère, il réalise le premier signe, la transformation de l’eau en vin. Avec un cœur de mère attentive, humble et discrète, Marie intervient auprès de son Fils afin qu’il fasse quelque chose en faveur des convives. Cela aussi est un signe pour nous. Elle continue sa mission en faveur des hommes d'aujourd'hui; elle intercède pour nous. Elle nous dirige vers son fils comme elle l'a fait à Cana. A chacun de nous, elle redit: Faites tout ce qu'il vous dira!

Jésus en écoute de sa mère accepte d’anticiper son heure. Heure qui trouvera réalisation définitive par le don total de sa vie pour les hommes en ne transformant plus l’eau en vin mais plutôt en transformant le vin en sang, coupe du salut versée pour la rémission des péchés.  Ainsi, ce signe de vin annonce la coupe de l’eucharistie. Par le signe des noces de Cana, Jésus révèle un nouvel horizon à notre fragile humanité, engluée dans des misères de toutes sortes, car il annonce la nouvelle Alliance, les noces de Dieu avec son peuple. Tous les mariages chrétiens deviennent à leur tour des signes de ces noces d’amour, celles de Dieu avec l’humanité.

En entendant l’Évangile des noces de Cana, nous pensons immédiatement à l’eau changée en vin, sans prêter suffisamment attention au fait que Jésus a demandé aux serviteurs : « Remplissez d’eau les cuves ».  A plusieurs occasions de miracles, de « signes » dit saint Jean, Jésus veut en effet avoir besoin des hommes pour manifester le Royaume. Or, nous pouvons bien supposer que cette intervention humaine ne lui était pas indispensable. Mais cela reste plein d’actualité pour nous. Il a besoin de notre collaboration pour transformer notre existence en source de joie. Tout comme les signes qu’il accomplit sont toujours en vue de croitre notre foi. C’est pourquoi les noces de Cana se terminent non pas en ivresse à cause de l’abondance de vin mais plutôt en manifestation de sa gloire et en expression de la foi de ses disciples.

Aujourd’hui encore, en effet, ce même « faites ce qu’il vous dira » retentit par son Église. Et comme Saint Paul l’explique dans la deuxième lecture, le Christ ne demande pas la même chose à chacun. Il est donc nécessaire de discerner les demandes, les appels, les vocations. Nécessaire de savoir ce que le Christ me dit, et ensuite de le faire pour que la révélation de son amour continue. La démarche qui nous est demandée est à la fois exigence de discernement, d’humilité, et d’audace. Dans la foi, et en Église, les demandes du Christ sont à écouter avec attention, patience, discernement.  Elles sont ensuite à accueillir par chacun avec beaucoup d’humilité, de confiance, d’esprit de service. Alors, avec l’audace de l’Esprit, chacun répond et agit, contribuant pour sa part à faire grandir le Royaume de la paix et de l’amour.

 

Dieu Éternel et Tout puissant, par ton Fils Jésus-Christ tu visites ton peuple pour lui donner la joie du salut en partageant ses moments de joie. Tu n’es pas indifférent à nos évènements humains. Regarde-les encore aujourd’hui et viens combler nos manques de pain et de vin véritables afin que nos vies deviennent avec toi des anticipations au banquet éternel. Par Jésus le Christ notre Seigneur. Amen.

 

Père Bernard Dourwe, Rcj.

 

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8 janvier 2022 6 08 /01 /janvier /2022 08:51

1ere lecture : Is 40, 1-5.9-11 ; Ps 103 ; 2e lecture : Tt 2, 11-14 ; 3, 4-7 ; Évangile : Lc 3, 15-16.21-22

Dernier jour du « temps de noël », ce dimanche prolonge les fêtes de Noël et de l’Épiphanie : dans les lectures, il est encore question de manifestation du Seigneur. Selon le prophète Isaïe, le Seigneur manifestera sa victoire et sa gloire par le retour des exilés à Jérusalem (1ère lecture). Selon saint Paul, ce salut se particularise en chacun par notre baptême dans l’Esprit Saint (2ème lecture). Quant au récit évangélique du baptême de Jésus par Jean, il nous dit une théophanie : manifestation de Dieu Père, Fils et Esprit Saint, puisque Jésus le Fils est baptisé, l’Esprit descend sur lui, et la voix du Père le désigne comme Fils. Le baptême de Jésus par Jean nous fait entrer dans le mystère total du Christ, mystère d'incarnation et de rédemption qui appelle déjà le baptême de la croix. L'eucharistie nous configure à ce baptême plénier, pour que nous portions le visage de ce Dieu qui aime jusqu'à se donner tout entier à tous. Célébrer la fête du baptême du Seigneur, c'est reconnaître en lui le Dieu fait homme, celui qui prend chair dans notre humanité. Lorsque Jésus se fait l'un d'entre nous, acceptant de recevoir le baptême de Jean, c'est l'homme qui est appelé à grandir à l'image de Dieu. Hommes et femmes, nous sommes frères et sœurs du Christ, puisque Dieu aime chacun d'entre nous comme "son enfant bien aimé".

"Voici le Seigneur Dieu: il vient avec puissance" écrit le prophète Isaïe. Roi puissant mais pacifique, il apporte le pardon et la libération et il conduit son peuple sur des routes sûres.  Dans cette prophétie, les chrétiens ont vu l'annonce de la venue de Jésus et annoncée par Jean-Baptiste. Saurons-nous, aujourd'hui, nous aussi, lui préparer un chemin dans nos déserts?

Saint Paul nous rappelle que la bonté de Dieu se révèle dans son œuvre de salut. Dieu nous sauve par grâce. Son amour est premier, mais il est exigeant: l'ardeur des hommes à faire le bien doit répondre à l'ardeur de Dieu pour l'humanité.

Saint Luc nous narre le récit du  Baptême de Jésus. Il se joint à la foule qui se faisait baptiser par Jean pour recevoir lui aussi le baptême. A la différence de cette foule qui attendait le Messie et qui avait besoin de baptême de repentance, Jésus, Agneau de Dieu entre dans les eaux pour les purifier et donner un sens nouveau au baptême. Aux sorties, l’Esprit Saint descend sur Lui et la voix du Père se fait entendre.

Le baptême de Jésus n’est pas un événement ponctuel à coté de beaucoup d’autres, c’est toute l’existence de Jésus qui est baptismale ! Par ses paroles et ses actes, par le don de sa vie, par sa mort et sa résurrection, il témoigne de sa qualité de frère universel et de  Fils de Dieu. En conformant ses attitudes et ses choix à la volonté du Père, il annonce le Royaume de justice et d’amour promis aux hommes et inaugure la nouvelle création dans laquelle nous sommes invités à trouver et à prendre notre place.

Le baptême de Jésus révèle son mystère et son identité. En même temps, il renvoie chaque homme à sa vocation originale et irréductible. En effet, chacun de nous est appelé à recevoir l’Esprit Saint, l’esprit d’adoption et à entendre cette parole inouïe : « c’est toi mon fils, ma fille bien aimée, en toi j’ai mis tout mon amour ». Dans le feu de l’Esprit, Jésus est saisi, consacré, envoyé. Quant à nous, ce sont notre baptême et notre confirmation qui nous habilitent à devenir « les envoyés » du Père : nous accomplissons ainsi notre mission prophétique, sacerdotale et royale, dans l’annonce de l’évangile, l’offrande de nos vies et le service de nos frères. Ne laissons pas dépérir en nous le don de Dieu, mais réactualisons, ravivons, déployons la grâce baptismale qui nous a été donnée.

Dieu éternel et tout-puissant, quand le Christ fut baptisé dans le Jourdain, et que l’Esprit Saint reposa sur lui, tu l’as désigné comme ton Fils bien-aimé ; accorde à tes fils adoptifs, nés de l’eau et de l’Esprit, de se garder toujours dans ta sainte volonté. Par Jésus le Christ notre Seigneur. Amen.

Père Bernard Dourwe, Rcj.

 

 

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29 décembre 2021 3 29 /12 /décembre /2021 19:37

 

1ere lecture : Is 60, 1-6 ; Ps 71 ; 2eme lecture Ep : 3, 2-3.5-6 ;  Evangile : Mt 2, 1-12

Le mystère de Noel nous offre de contempler l’Incarnation du Verbe au milieu des hommes. Le Verbe fait chair se veut la lumière de toutes les nations. Par sa venue, le salut est désormais universel. Célébrer l’Epiphanie c’est célébrer la manifestation du Seigneur à tous les hommes. Le Dieu d’Israël est également le Dieu des nations païennes. Tous, juifs et païens, croyants et non croyants, sont invités à reconnaitre en Jésus le Messie. L’Epiphanie nous invite à ouvrir les horizons. Ce n’est pas seulement aux juifs que le mystère de Dieu est offert. Il n’est pas seulement pour ceux qui se reconnaissent chrétiens. Il est pour toute l’humanité. Les mages venus de l’Orient pour rendre hommage au Nouveau-né couché dans la mangeoire en sont l’expression de cette universalité du salut.

Dans la première lecture, le prophète Isaïe annonce des jours meilleurs pour Israël et pour toutes les nations. Le retour de l’exil est une Bonne Nouvelle pour tous. Les peuples sont appelés à converger vers Jérusalem la ville Sainte pour rendre grâce au Seigneur, lui qui a délivré son peuple de l’exil. Le peuple des nations, qui vivait dans les ténèbres, a vu se lever une grande lumière, et sur ceux qui habitaient le pays de l’ombre, une lumière a resplendi. Et cette lumière brille pour tous.

Saint Paul dans sa lettre aux Ephésiens souligne également cette universalité du salut qui s’offre à tous les hommes sans aucune autre condition que la foi en Jésus-Christ. Il est venu réconcilier en lui toute l’humanité pour ne faire qu’un seul corps. Sa révélation est l’œuvre de l’Esprit au cœur des croyants, par la prédication vivante de l’Evangile.

Dans l’Evangile, les mages qui viennent rendre hommages au Seigneur sont les représentants de toutes les nations en attente de la Révélation qui ouvre les portes du Royaume de Dieu à tous les hommes.  Ces mages, assoiffés de connaitre les mystères de Dieu se mettent en route à la recherche du sens de l’étoile qui brille différemment des autres. Ils sont convaincus que cette étoile est le signe de la naissance du Roi des juifs et ils ne peuvent pas manquer d’aller lui offrir leurs présents et se prosterner devant lui. Ils vont découvrir après de nombreux efforts que cette étoile particulière indiquait la naissance du Christ au milieu des hommes.  Cette étoile nous invite toujours à suivre cet exemple d’obéissance et à nous soumettre, autant que nous le pouvons, à cette grâce qui attire tous les hommes vers le Christ. Dans cette recherche, nous devons tous nous entraider afin de parvenir au royaume de Dieu par la foi droite et les bonnes actions, et d’y resplendir comme des fils de lumière.

Désormais tout homme est appelé à se laisser éclairer par le Fils de Dieu. La rencontre avec l’Evènement Jésus doit apporter des lumières nouvelles sur notre histoire et sur notre existence. C’est pourquoi les mages, après avoir rencontré et adoré Jésus sont appelés par l’ange à prendre un chemin nouveau. Il n’est plus question pour eux de retourner dans les pratiques païennes ou de reprendre les chemins anciens.  Jésus petit enfant dans la crèche a changé leur vie. Avec eux, nous devons prendre un chemin nouveau éclairé par Jésus-Christ.

Sur ce chemin nouveau, l’autre cesse d’être une menace comme pensait le roi Hérode. Celui-ci en effet est jaloux de savoir qu’un autre roi est né. La manifestation de Dieu aux hommes est considérée par lui comme une menace, une agression à son pouvoir. Et nous savons par la suite qu’il va ordonner le massacre des enfants innocents après que les mages aient pris un autre chemin. La soif du pouvoir va le fermer au projet rédempteur de Dieu. Pourtant, la venue de Dieu au milieu des siens doit être une joie débordante, une action de grâce qui nous appelle à sortir de nous-mêmes afin d’accueillir l’universel et d’aller vers l’autre pour admirer les merveilles de Dieu œuvrant dans notre histoire.

Ces païens venus de l’Orient reconnaissant à travers leurs offrandes la divinité, la royauté et l’immortalité de ce petit enfant entre les mains de sa mère. L’or en effet est l’offrande par excellence au roi, l’encens est réservé au culte à Dieu et la myrrhe est en vue de son ensevelissement. Plus qu’un geste banal d’offrande, les mages nous permettent de découvrir en Jésus le Dieu Eternel,  Roi de l’univers qui vient apporter la lumière dans nos ténèbres et nous revêtir de notre dignité d’enfants de Dieu.

Jésus-Christ Vrai Dieu et Vrai homme continue à être dans notre vie cette lumière qui brille dans nos ténèbres et nous appelle à sortir de nos ténèbres pour accéder à son admiration lumière. Nous comprenons donc pourquoi notre vocation comme chrétien est d’être lumière du monde. Car le Dieu que nous suivons est la Lumière des nations. Confions nous donc au Seigneur afin qu’il illumine nos vies.

Seigneur toi la lumière des nations qui vient éclairer tout homme et tout l’homme, toi qui a guidé les mages jusqu’à toi, nous nous tournons vers toi pour te présenter nos ténèbres et nos obscurités afin que tu daignes nous conduire à la lumière véritable. Toi qui vis et règne avec le Père et l’Esprit Saint pour les siècles des siècles. Amen.

 

Père Bernard Dourwe, Rcj.

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25 décembre 2021 6 25 /12 /décembre /2021 08:14

Fête de la Sainte Famille C

 

1ere lecture : 1Sam 1, 20-22.24-28 ; Ps 83 ; 2e lecture : 1 Jn 3, 1-2.21-24 ; Evangile Lc 2, 41-52

Dans la joie de Noël, célébrons la Sainte Famille de Jésus, Marie et Joseph. Avec elle, l’Eglise déploie pour nous le projet de Dieu sur l’humanité : la famille s’ouvre aux dimensions d’un peuple dont elle est la cellule de base.  A Noël, c’est le mystère d’un Dieu qui  se fait homme que l’on médite. Le dimanche qui suit immédiatement Noël, la liturgie invite à célébrer ce mystère dans sa réalité concrète et quasi quotidienne : Le Verbe se fait chair, il naît et vit dans une famille qui ressemble à toutes les autres. Et cette famille nous est donnée en exemple. Dieu peut venir habiter chez nous, au milieu de nous.

En ce dimanche, nous entendons des lectures qui nous parlent des relations internes à la famille. La première lecture nous donne le témoignage d’Anne. Par ses prières insistantes, elle a reçu de Dieu un fils, Samuel. Et elle l’amène au temple pour le consacrer au Seigneur. C’est une manière de rappeler que les enfants n’appartiennent pas seulement aux parents. Ils sont à Dieu Père de tous les humains. La deuxième lecture insiste précisément sur ce point : nous sommes tous membres d’une famille humaine. Mais au jour de notre baptême, nous sommes entrés dans celle de Dieu. Cela nous confère une extraordinaire dignité.

L’Evangile de ce dimanche nous montre que, pour Marie et Joseph, tout n’a pas été aussi simple qu’on aurait pu l’imaginer. Nous les voyons se rendre à Jérusalem avec Jésus pour la Pâque. Ils y restent huit jours, puis c’est le moment du retour à Nazareth. Le jeune Jésus reste à Jérusalem sans prévenir ses parents. Quant à eux, ils quittent la ville sans vérifier qu’il est du voyage. Cette séparation durera trois jours. Ils sont très inquiets : L’enfant a pu être enlevé par des brigands ou être victime d’un accident. Quand ils le retrouvent, ils lui font part de leur angoisse. Et c’est là que nous entendons l’étonnement tout aussi sincère du Fils : « Comment se fait-il que vous m’ayez cherché ? Ne le saviez-vous pas ? C’est chez mon Père que je dois être. »

Le verbe de Dieu qui a pris chair de la vierge Marie ne s’est pas simplement servi de l’humanité, il l’a concrètement habitée, c’est-à-dire qu’il a pris le temps de pénétrer cette pâte humaine, il a pris le temps de vivre concrètement les relations humaines, de vivre comme un homme parmi les hommes. Son enfance et sa jeunesse n’ont pas été une simple parenthèse, et le Fils de Dieu n’a rien négligé pour s’enraciner dans notre humanité, c’est-à-dire, concrètement, dans son pays, dans son peuple, dans son village et dans sa famille. Grandissant en sagesse, en taille et en grâce sous le regard de Dieu et des hommes, Jésus a pris le temps d’habiter toutes les étapes de notre humanité en croissance. En prenant ce temps de la vie familiale et les étapes de la croissance humaine, Jésus en dit toute l’importance et révèle ainsi la vocation et la mission de la famille dans ses dimensions, humaine et spirituelle. Et il nous est bon de rappeler cette vocation et mission de la famille d’autant plus importante aujourd’hui qu’elle est mise à mal alors que c’est la cellule de base de la société.

Nous savons l’importance de la vie de famille. Même pour les nombreuses personnes vivant seules, la famille, au sens large, compte beaucoup.   La fête de ce dimanche nous dit quelle est, dans le Christ, notre véritable famille : elle n’est autre que la famille humaine ! Venu pour révéler au monde le visage du Père, le Christ fait de nous tous les « enfants de Dieu », frères et sœurs en son amour. Cette famille va donc vivre, elle aussi, ses temps forts de rencontre et de fête, et toute la solidarité qui, dans l’amour, doit unir tous ses membres.

Comment, concrètement, vivre cette appartenance ? Nous n’avons pas à chercher des grandioses réalisations ou à fuir dans de lointaines initiatives. Un premier élément, bien simple mais sans doute exigeant, est de ne jamais prier Notre Père de façon machinale ou automatique : s’adresser à Dieu en lui disant « Notre Père », c’est en effet le reconnaître Père de tous les hommes, et donc les accepter tous comme nos frères, sans exclusive…  A un deuxième niveau, nous ferons de notre pratique de la charité non pas quelque chose que nous ferions pour « les autres », mais un réel partage au nom de l’amour fraternel qui nous unit dans le même Père.

Dieu notre Père, en ton Fils Jésus, tu as voulu naître dans une de nos familles. Regarde aujourd'hui le peuple de tes enfants apprends-nous à vivre de l'amour que tu nous as manifesté en Jésus, ton Fils, notre Seigneur et notre frère, qui est vivant avec toi et le Saint-Esprit, maintenant et pour les siècles des siècles.

Père Bernard Dourwe, Rcj.

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24 décembre 2021 5 24 /12 /décembre /2021 21:41

                                          Is 52,7-10 ; Ps 97, Hébreux 1, 1-6 Jn 1, 1-18.

Le ciel et la terre chantent gloire à Dieu au plus haut des cieux et paix sur la terre aux hommes qu’il aime. Le mystère longtemps annoncé, attendu et préparé se réalise devant nos yeux. Le Verbe fait chair habite parmi nous. C’est Noel, Dieu l’Emmanuel devient un de nous. Notre joie est grande aujourd’hui. Car notre rédempteur est parmi nous.

Noel, loin d’être la fête des tout-petits ou des enfants, loin d’être une fête profane qui se limiterait aux questions de nourriture, de boisson, de vêtement, ou de réjouissances populaires et désordonnées est la célébration du grand mystère de notre Salut. Notre salut devient une réalité. Car Dieu est désormais présent au milieu de nous. Et sa présence ne saurait nous laisser indifférents.

Dans la première lecture extraite du Livre d’Isaïe, Israël exulte de joie pour le messager de Dieu qui parcourt les montagnes pour annoncer la paix et la Bonne Nouvelle du salut. Après de nombreuses déceptions humaines et la ruine d’Israël, Dieu lui-même vient consoler son peuple et lui apporter la joie. Lui le Dieu d’amour manifeste son salut à toutes les nations. Personne ne saurait être épargné de cet amour incommensurable. Avec le Seigneur c’est toujours la joie. Point de place ne doit être cédée à la tristesse, au découragement, au désespoir.

Par la naissance de Jésus-Christ, la Lettre aux hébreux, nous révèle que Dieu commence les temps nouveaux. Après le temps de la longue attente, de la préparation, des promesses et de conversion, voici le temps de la grâce où Dieu nous comble grâce après grâce. Autrefois, il parlait par les prophètes sous des formes fragmentaires et variées. Maintenant en Jésus-Christ, son Fils unique, Dieu s’est fait l’un de nous. Il l’a établi héritier de toutes choses, lui qui est au-dessus de toute la création et les créatures visibles et invisibles. Au-delà de nos attentes, à notre grande surprise, Dieu s’est fait proche de nous afin que nous soyons proches de lui. Par l’incarnation du Verbe, les hommes ne sont plus abandonnés à eux-mêmes, aux forces ténébreuses et à la damnation.

 

Saint Jean dans son prologue, nous offre de contempler le Verbe qui se fait chair afin de demeurer parmi  nous. Le Verbe qui était au commencement et par qui tout a été fait vient illuminer nos ténèbres. Car il est la lumière véritable qui conduit les hommes à la lumière. Jean Baptiste lui rend témoignage en le reconnaissant comme le sauveur de tous les hommes qui nous offre la grâce de connaitre Dieu.

Du cœur des ténèbres de nos vies, au beau milieu des angoisses de notre monde, Dieu se fait toujours et encore plus proche de nous. Qui d'entre nous n'a pas fait, un jour, cette expérience magnifique de l'étrange proximité de Dieu, de sa présence, de son amour, en particulier dans les moments difficiles ? En ce jour de Noël, des peuples entiers, des familles divisées, des malades, des prisonniers, se surprennent, comme vous et moi, à rêver de paix, à espérer cette paix que chaque homme est en droit d'attendre pour lui et les siens.

 

Aujourd'hui encore, la joie de Noël est appelée à transparaître sur nos visages, pour rayonner au cœur de ce monde dont la quête de la paix et de l'amour n'est jamais assouvie. La promesse s'accomplit. L'attente touche à sa fin. La lumière qui tire le peuple des ténèbres nous conduit sur un chemin de vie. Nous sommes appelés à naître à une vie plus digne et plus vraie: par son Fils, Dieu vient dans notre monde pour que tout homme entre dans la vie de Dieu.

Cri de naissance, cri d'espérance. L'avenir est grand ouvert, Dieu prend nos chemins. Comme les mages, comme les bergers, partons à sa rencontre et laissons exploser notre joie: Gloire à Dieu au plus haut des cieux, et paix sur la terre aux hommes qu'il aime!

 

Dieu notre Père, par la naissance de ton Fils parmi les hommes, tu t'es fait Emmanuel, Dieu avec nous. Par lui, tu t'engages avec nous sur les chemins qui mènent à la lumière. Avec lui, tu nous invites à construire ce monde pour qu'il devienne juste et fraternel. En lui, tu sèmes les germes d'éternité qui fertiliseront notre terre pour en faire le Royaume de ta présence. Béni sois-tu, notre Père, par Jésus, notre frère et par le souffle de ton Esprit, aujourd'hui et pour les siècles des siècles. Amen!.             

JOYEUX NOEL !

 

Père Bernard Dourwe, Rcj.

 

 

 

 

 

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17 décembre 2021 5 17 /12 /décembre /2021 06:35

QUATRIEME DIMANCHE DE L'AVENT C

1ère lecture : Michée 5, 1-4 ; Ps 79 ;  2ème lecture : Hébreux 10, 5-10 ; Evangile : Luc 1, 39-45

A quelques heures de Noël, c’est encore l’Avent, c’est encore l’attente. Mais elle se fait plus précise et plus pressante. C’est le dimanche de Marie qui, rapidement, porte la nouvelle à sa cousine Elisabeth (évangile). Voici que Dieu visite son peuple. Il vient. Voici le temps de l’accomplissement. Le prophète Michée peut annoncer où naîtra le Messie (1ère lecture). Bien plus tard, la lettre aux Hébreux dit toute la disponibilité du Fils à la volonté du Père (2ème lecture). Une disponibilité dont Marie a fait preuve, elle aussi, en disant son « oui » à l’ange Gabriel. Voilà pourquoi Elisabeth la voit « heureuse » ! Choisirons-nous ce même bonheur ?

A quelques heures de Noël, notre attente touche bientôt à sa fin: la naissance du Sauveur est proche. Et voici qu'un visage nous est donné à contempler: celui de Marie, l'humble jeune fille d'Israël, qui va donner corps à la promesse de Dieu. Par l'enfant qu'elle va mettre au monde, Dieu vient visiter son peuple. Comme Marie, disposons notre cœur à accueillir Celui qui vient.

1ère lecture : Michée 5, 1-4

Le prophète Michée annonce le grand événement qui rendra Bethléem célèbre : c’est de ce petit clan que naitra le Berger d’Israël, Prince de la paix et Sauveur de l’humanité. Son message guidera les mages vers ce lieu.

2ème lecture : Hébreux 10, 5-10

A son tour, l’apôtre recherche dans la Bible les paroles pouvant expliquer le mystère de la venue de Dieu en notre monde. Dans un verset de psaume, il découvre quel a pu être le dialogue de Jésus avec son Père. Le Verbe se fait chair pour accomplir la volonté de son Père : libérer l’humanité du péché et de la mort. Par l’obéissance de toute sa vie, il devient l’offrande parfaite au Père. Par cette offrande librement réalisée, il instaure un culte nouveau des enfants de Dieu rachetés par sa mort et sa résurrection pour la vie éternelle.

Evangile : Luc 1, 39-45

Apres le départ de l’Ange de l’Annonciation, Marie s’est empressée d’aller chez sa cousine Elisabeth, la stérile enceinte d’un enfant appelé à préparer les chemins du Seigneur. Rencontre de deux femmes débordantes de joie et d’action de grâce : le Dieu fidèle accomplit ses promesses ; il vient visiter et sauver son peuple ! Elisabeth sent l’enfant qu’elle porte tressaillir d’allégresse. A ce signe, elle comprend que Marie est la « Mère du Sauveur », la parfaite servante du Seigneur, totalement docile à sa Parole.

Ce récit de visitation nous achemine vers la joie de Noël qui célèbre le mystère de l'Incarnation, rencontre par excellence entre Dieu et notre humanité en Jésus Christ, Dieu et homme. La nouveauté est telle que la foi d'un grand nombre trébuchera. La figure de Marie nous redit pourtant la béatitude de cette foi qui n'a rien de la claire vision mais relève de l'adhésion confiante à la Parole, du consentement à se laisser dessaisir de ses propres évidences pour oser l'aventure avec et en Dieu. Car c'est bien la foi qui permet à l'Esprit d'agir et de nous entraîner sur les chemins où Dieu se donne à pressentir. Nous le voyons ici présider à cette rencontre pour ouvrir les cœurs au mystère de l'identité unique et véritable de celles et ceux qu'il côtoie. C'est ainsi qu'Élisabeth reconnaît en Marie la mère de son Sauveur et que Jean Baptiste tressaille d'allégresse en présence de Jésus. Dieu semblait avoir oublié son peuple, ne lui envoyant plus de prophètes. Et soudain, voici que l'histoire se remet en route. Dieu n'a pas abandonné les siens. Le salut advient en cet enfant marqué par la fragilité. Sa naissance ouvre un avenir là où tout paraissait irrémédiablement bloqué. Alors peut éclater la joie du salut. Autant dire que nous sommes conviés à ne pas fuir les sentiments d'absence et d'impuissance mais à les habiter dans l'espérance, comme le lieu où se creuse l'espace nécessaire pour accueillir le Sauveur.

Dieu notre Père, lorsque tu as voulu prendre chair de notre chair, Marie a accueilli avec joie ton messager et elle a fait confiance à ta Parole. Nous te prions: rends nos cœurs disponibles à ce que tu attends de nous et viens encore aujourd'hui visiter notre terre, toi le Dieu de paix qui es vivant, avec ton Fils et l'Esprit Saint, maintenant et pour les siècles des siècles.

Père Bernard Dourwe, Rcj.

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11 décembre 2021 6 11 /12 /décembre /2021 12:28

 

1ère lecture : Sophonie 3, 14-18 ; Ct Is 12 ; 2ème lecture : Philippiens 4, 4-7 ; Evangile: Luc, 3, 10-18

Ce 3ème dimanche de l’Avent est aussi appelé « dimanche de la joie ». La liturgie de ce dimanche invite de manière pressante à entrer résolument dans la joie de la fête toute proche, une joie profonde, sans réticence ni faux-semblant : la « joie d’un si grand mystère » célébré « avec un cœur vraiment nouveau ». Nous sommes invités à faire un pas de plus dans la foi. Il s’agit pour nous de nous réjouir dans le Seigneur. « Soyez toujours dans la joie, priez sans relâche, rendez grâce en toute circonstance. » C’est cet appel à la joie que nous retrouvons dans chacune des lectures de ce dimanche.

1ère lecture : Sophonie 3, 14-18 ; 

A l’approche de Noël, le message du prophète éclate et résonne dans nos assemblées comme une trompette. Il dissipe nos peurs, il indique le motif de notre confiance : Dieu est avec nous et au milieu de nous. « Eclate en ovations ! Réjouis-toi, tressaille d’allégresse : » Le prophète Sophonie lançait cette vibrante invitation au VIe siècle avant notre ère, à une époque de calamités telles que beaucoup disaient : « Dieu nous oublie » ; « il a perdu la maitrise d’un monde devenu fou. » A tous ceux que la tragédie indéniable de la situation pousse au découragement, sinon même au désespoir, le prophète ne cesse de répéter : « ne laisser pas vos mains défaillir. Le Seigneur est là ; il apporte le salut. »

2ème lecture : Philippiens 4, 4-7

A son tour, l’apôtre Paul nous appelle à la joie et à la confiance ; il nous invite à transposer cette joie dans la prière : « joie et sérénité toujours ! en toute circonstance, priez dans l’action de grâce pour obtenir la paix de Dieu qui surpasse tout ce qu’on peut imaginer. »

Evangile : Luc, 3, 10-18

Jean-Baptiste, par sa prédication, vient préparer dans nos assemblées le chemin du Seigneur. « Que devons-nous faire ? » Jean Baptiste ne nous propose rien d’extraordinaire, mais des gestes de bonté et d’attention aux autres. Nous devons agir, jour  après jour, en artisan de justice qui portent le souci des autres, qui partagent humblement et généreusement avec eux. On deviendra ainsi le précurseur de Dieu,  Bonne Nouvelle pour tous.

La question que les foules adressaient à Jean Baptiste se pose également à nous : à l’approche de Noël, que devons-nous faire, que pouvons-nous faire pour accueillir le don de Dieu ?  La fête annuelle de Noël n’est pas la simple répétition cyclique de la fête chrétienne la plus populaire. Chaque Noël marque une nouvelle étape de l’histoire humaine, tendue vers le retour glorieux du Christ. Et ce que nous avons à faire, c’est vivre toute l’intensité historique de cette venue du Seigneur au milieu de nous : pour nous les hommes, aujourd’hui, Il est l’Emmanuel.

Jean Baptiste dit déjà à quelles conditions cette venue va être possible : le partage, l’amour fraternel, la paix.  Voilà ce que nous avons  à faire pour que vienne en ce monde le règne de l’Emmanuel pour que ce Noël change un peu la face de la terre. Jean Baptiste n’exige pas de ceux qui l’écoutent des choses extravagantes, il leur suggère le seul minimum : « Ne faites ni violence, ni tort à personne, et contentez-vous de votre solde », dit-il aux soldats. Simples conseils de bonne conduite qui, bien appliqués au sein de nos sociétés, faciliteraient le vivre –ensemble. En somme, la pratique de l’Evangile a quelque chose de très concret, dont nous ne pouvons pas nous dispenser.

Dieu fidèle à tes promesses, tu es un Dieu de vie et de joie. Lorsque l'inquiétude nous gagne, tu viens nous redonner force et courage. Toi qui ne nous abandonnes jamais, donne à ton peuple qui t'attend de connaître la joie profonde de la venue de ton Fils, Jésus-Christ, notre Seigneur, qui est vivant avec toi et le Saint Esprit, maintenant et pour les siècles des siècles. Amen!

Père Bernard Dourwe, Rcj.

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4 décembre 2021 6 04 /12 /décembre /2021 16:22

DEUXIEME DIMANCHE DE L'AVENT C

 

1ère lecture : Baruc 5, 1-9 ;  Ps 125 ; 2ème lecture : Philippiens 1, 4-11 ; Evangile : Luc 3, 1-6.

Pour ce deuxième dimanche de l’Avent, la parole de Dieu nous guide : cette deuxième étape vers Noël reprend et affirme mieux encore les thèmes entendus dimanche dernier. Car l’attente ne peut être passive ! Et ça bouge, aujourd’hui ! « Debout, Jérusalem ! »  (1ère lecture), Dieu est à l’œuvre et il faut nous y mettre aussi. Jean-Baptiste, comme chaque année, est là pour nous interpeller : « Préparez le chemin du Seigneur » (Evangile). Il est le précurseur, celui qui vient préparer la route au Seigneur et proclamer un baptême de conversion. Avant et après lui, des prophètes ont appelé à tracer un chemin pour la venue du Seigneur. L’Avent est un temps de réjouissance devant les merveilles du Seigneur (psaume), et un temps de persévérance pour marcher à la rencontre de celui qui vient (2ème lecture). Le salut est proche. Que ce temps de l'Avent nous permette de préparer nos cœurs à l'avènement du Christ Seigneur.

Le prophète Baruch dans la première lecture s’adresse à des déportés chassés loin de leur patrie. Il annonce le retour voulu par Dieu qui va lui-même prendre la tête du glorieux exode de libération. Il invite la ville de Jérusalem, encore en ruines, à se redresser pour accueillir le retour de ses habitants.

L’avenir nous appartient, dit l’apôtre Paul aux Philippiens : c’est un avenir prometteur, une marche en avant, à la rencontre du Christ. Pour cette marche, nos pas sont assurés, car Dieu origine et terme de toute démarche de conversion, est à nos côtés. Saint Paul prie pour que nous progressions dans la clairvoyance et nous donne le plus sage des conseils : il s’agit de « discerner ce qui est plus important ».  Une fois encore, l’actualité de l’Ecriture a de quoi nous surprendre et nous émerveiller !  Car ce discernement du « plus important », n’est-ce pas ce qui fait le plus cruellement défaut à nos contemporains ? Avec saint Paul, demandons la grâce de l'intelligence du cœur, de la clairvoyance qui nous fera discerner ce qui est essentiel, pour « marcher sans trébucher vers le jour du Christ ».

En ce dimanche, Jean-Baptiste nous convoque, il nous montre le chemin qui s’ouvre devant nous. C’est le chemin déjà annoncé dans la première lecture ; à présent, il nous conduit vers la nouvelle Jérusalem, à la rencontre du Christ. L'évangile de ce jour nous annonce la venue d'une parole « événement » engendrée en Jean, fils de Zacharie. La parole de Dieu éveille la vocation prophétique de Jean. Il est celui qui appelle à préparer « le chemin du Seigneur. » Il a mission de proclamer Dieu à l'œuvre et d'inviter à la conversion.

Son appel, en effet, est d'abord révélation de Dieu, annonce d'une immense promesse: « Tout homme verra le salut de Dieu. » Car Dieu sort de lui-même pour aller à la rencontre de l'homme. Il va venir dans le désert de l'humanité. Il a décidé d'abaisser les obstacles à l'Alliance, de combler ce qui sépare de Lui, de rendre droit ce qui est tortueux. Dieu vient chercher l'humanité bien-aimée; elle n'est plus laissée à ses propres forces. L'appel à la conversion lancé par Jean est appel à laisser Dieu venir en notre histoire personnelle et en notre histoire commune. Ainsi s'accomplit sa promesse de salut. Le cœur humblement tourné vers Lui, saurons-nous accueillir la souveraine proximité de Dieu se faisant homme? Saurons-nous consentir à être disponibles, pour qu'Il accomplisse en nous l'œuvre de simplification qui nous unifiera en Lui? La parole de Dieu nous met en garde aujourd'hui contre une attitude émanant d'un cœur tortueux, divisé, compliqué.

« Préparez le chemin du Seigneur » : nous savons qu’il n’est pas facile de déblayer nos vies encombrées, de rendre droit ce qui est tortueux, d’aplanir toutes les déformations que les blessures de la vie et toutes sortes de difficultés ont accumulées autour de nous. Voici ce temps béni de l’Avent qui nous est justement proposé pour entreprendre un mieux-être, un mieux vivre.

 

Dieu notre Père, en toi est notre espérance: de partout, tu nous rassembles autour de ton Fils, notre guide et notre chemin. Accorde-nous de progresser chaque jour dans sa paix et sa justice. Alors, nous pourrons être le peuple qui annonce au monde de ce temps la Bonne Nouvelle de ton royaume qui est là en lui, Jésus-Christ, notre Seigneur, dans la puissance de l'Esprit-Saint, pour les siècles des siècles. Amen!

 

Père Bernard Dourwe, Rcj.

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