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9 juillet 2021 5 09 /07 /juillet /2021 06:57

 

1ere lecture : Am 7, 12-15 ; Ps 84; 2 eme lecture : Ep 1,3-14, Evangile : Mc 6, 7-13

J’écoute : que dira le Seigneur Dieu ? » (Ps 84,9). C’est avec ces dispositions du psalmiste que nous devons participer à toute liturgie. En effet, dans chaque célébration, le Seigneur parle à son peuple et nous sommes invités à l’écouter, avant de lui répondre par notre foi. Ce qu’il dit aujourd’hui, ce dont il nous parle, c’est encore d’appel, de choix, et d’envoi ; de la condition difficile des prophètes et des témoins (1ère lecture), de la nécessité de la conversion (Evangile). Puisque, par le baptême, nous sommes devenus fils (2ème lecture), nous sommes ce peuple chargé d’annoncer « la paix pour son peuple » (Ps 84,9) et son amour à l’univers entier.

Dans la première lecture, le prophète Amos doit faire face à l’hostilité du peuple, des prêtres et du roi. Son message prophétique met mal à l’aise ceux-là qui prennent plaisir à vivre dans le péché et l’infidélité envers le Seigneur Dieu. Le prêtre Amazias, l’interpelle et lui demande d’aller prophétiser chez lui au Royaume de Juda loin d’Israël. Etre prophète n’est jamais le fruit d’une initiative personnelle. C’est dans l’accomplissement de ses taches comme bouvier que le Seigneur l’a choisi pour délivrer au peuple le message de conversion. Parce que ce message ne plaît pas à ses auditeurs, le prophète doit affronter le mépris de ceux-ci. Comme presque toujours, les hommes n’aiment pas qu’on leur dise la vérité sur leur être. Ils prennent plaisir à vivre dans le mensonge, l’infidélité et les péchés qui déplaisent à Dieu. Mais la parole de Dieu doit être annoncée malgré tout contre vents et marrées même au risque de notre propre vie.

Saint Paul dès le début de sa lettre aux Ephésiens rend grâce à Dieu le Père qui nous a aimés et bénis depuis la création. Son amour était immense pour nous à tel point qu’il nous a donné son Fils Unique Jésus-Christ notre Sauveur. Jésus pour témoigner de cet amour immense s’est livré sur la croix afin que nous ayons le salut en abondance. A la suite du don reçu du Père, il nous a gratifiés de l’Esprit Saint pour que nous ayons le salut éternel. Notre vie doit donc être une action de grâce permanente pour la vocation d’enfants de Dieu que nous avons reçu avant même notre naissance.

Dans l’Evangile, Jésus-Christ après avoir cheminé avec les apôtres qui ont fait l’expérience de la mission avec lui, les appelle et les envoie deux à deux proclamer aux hommes la bonne nouvelle du Royaume. Ils reçoivent le pouvoir de guérir toute infirmité et toute maladie et la recommandation d’aller libres et détachés de tout. Les disciples en effet à travers un saint détachement des choses de ce monde doivent avoir le seul souci de l’annonce de la bonne nouvelle. Dieu qui veille sur ses ouvriers à travers les bénéficiaires de la mission prend soin d’eux. Ce n’est qu’en le faisant qu’ils pourront accomplir efficacement leur mission et affronter les difficultés et persécutions liées à la suite du Christ.

Aujourd’hui encore, Dieu agit dans notre histoire humaine en suscitant parmi nous des prophètes et missionnaires du Royaume. A travers leurs faiblesses et leur langage humains, Dieu nous appelle à la conversion et à vivre déjà en ce monde comme les fils du Royaume. Nous devons donc écouter et mettre en pratique les nombreux enseignements et interpellations des messagers de Dieu sans chercher à leur opposer des résistances, des actes de mépris et de rejets.

Dieu éternel et tout puissant, c’est par amour pour nous les hommes que tu nous envoies sans jamais te fatiguer tes prophètes et messagers. Tu attends de nous l’écoute et la mise en pratique de ta parole. Sans le soutien de ton Esprit Saint nous n’avons suffisamment de force pour accomplir ta volonté. Nous t’implorons afin que tu nous combles de ton Esprit Saint pour que nos vies correspondent à notre vocation d’enfants de Dieu. Par Jésus le Christ notre Seigneur.

Père Bernard DOURWE, Rcj.

 

 

 

 

 

 

 

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2 juillet 2021 5 02 /07 /juillet /2021 08:18

QUATORZIEME DIMANCHE B

1ere lecture : Ez 2, 2-5 ; Ps 122 ; 2eme lecture 2 Co12, 7-10 ; Evangile : Mc 6, 1-6

La liturgie de ce quatorzième dimanche nous invite à méditer sur la mission et les difficultés qu’endurent les prophètes, messagers de Dieu. Jésus lui-même en fait l’expérience par le rejet reçu des siens. Qu’il s’agisse du prophète Ezéchiel face aux rebelles de son peuple(1ère lecture), du psalmiste en proie au mépris, des orgueilleux (psaume), de l’Apôtre Paul en conflit avec certains de ses auditeurs (2ème lecture) ou même de Jésus méprisé dans son propre pays (Evangile), tous les textes de ce dimanche sont là pour nous dire, si besoin est, qu’il n’est pas facile d’être croyant, d’être chrétien. Et cependant, tous gardent confiance et s’appuient sur le Seigneur, comme nous y sommes nous-mêmes invités aujourd’hui. Dans nos faiblesses, dit saint Paul, nous pouvons être forts, puisque l’Esprit accompagne l’Eglise, jusqu’à la fin des temps.

Dans la première lecture, Dieu prend l’initiative de choisir Ezéchiel afin qu’il devienne son messager. Comme tous les prophètes, il reçoit la mission d’aller parler au nom de Dieu au peuple qui s’est détourné de son Dieu. Malgré l’entêtement, la rébellion, l’obstination du peuple, le prophète doit dénoncer les péchés de celui-ci. Il doit annoncer à temps et à contre temps, contre vents et marées la Parole de celui qui l’envoie. Même au risque des persécutions et du rejet il a la mission de ramener le peuple à Dieu. Pour y arriver le Seigneur lui fait don de son esprit.

Par notre Baptême nous avons aussi été consacrés prophètes du Seigneur. Notre vocation comme chrétien nous appelle donc à être des messagers de Dieu au sein de ce monde qui prend plus plaisir à vivre dans les ténèbres plutôt que dans la lumière. Pour y arriver nous devons permanemment être en contact avec la Parole de Dieu. C’est par elle que Dieu nous parle et nous envoie annoncer à tous les hommes la nécessité de vivre en faisant sans cesse sa volonté et à rejeter le péché qui nous empêche de vivre pleinement en enfant de Dieu.

Dans sa deuxième lettre aux Corinthiens, Saint Paul nous invite à faire l’expérience de la grâce de Dieu qui se manifeste à travers nos faiblesses. La vocation d’apôtre du Seigneur n’a pas fait de lui un homme exceptionnel ou étrange, épargné de toutes formes de difficultés et souffrances. Malgré les multiples signes  qui accompagnent son ministère, il doit faire comme tous les hommes l’expérience de la faiblesse charnelle. Il n’est pas exclu des insultes, des persécutons, des épreuves, des faiblesses. Mais la grâce de Dieu qui est de toujours avec les messagers de Dieu seul est capable de le fortifier car elle seul suffit.

Par ses faiblesses, Dieu manifeste sa puissance et invite à toujours compter sur lui pour que nos vies deviennent les lieux de la manifestation de sa gloire. Nous devons toujours avoir en esprit que par nos propres forces nous ne saurons parvenir à l’accomplissement de notre mission. Nous devons donc être toujours plein d’humilité car nous ne sommes que des pauvres pécheurs qui avons besoin que Dieu manifeste son amour et sa miséricorde en nous. C’est pourquoi notre vie doit être en permanence l’expression d’action de grâce envers ce Dieu qui nous aime tant en venant au secours de nos faiblesses.

S’il est vrai que le prophète est un instrument de salut de Dieu accordé aux hommes, il n’en demeure pas moins que sa mission de prophète le met en difficultés dans son entourage. Jésus en effet, accueilli et célébré par certains qui reconnaissant en ces paroles une certaine autorité sera rejeté par les siens. Il va faire l’expérience du mépris dans la synagogue de Nazareth. Ses frères, au lieu d’accueillir la Bonne nouvelle venant de lui, vont plutôt s’arrêter sur ses origines humaines en voyant en lui uniquement le fils du charpentier. Cet échec de la prédication à Nazareth ne l’empêchera pourtant pas à continuer contre vents et marées à apporter et à accorder le salut à quiconque se tourne vers lui. Pour les siens et pour tous les hommes il ira jusqu’au bout de sa mission en se donnant totalement pour qu’ils aient la vie en abondance. Les obstacles rencontrés dans la mission et dans la vie ne doivent donc pas être des occasions d’abandon mais plutôt des motifs à les affronter, à les combattre ou à les surmonter et à aller en avant. La mission est une nécessité et une urgence rien ni personnes ne sauraient l’arrêter car Dieu a besoin que tous les hommes soient sauvé et ce message du salut doit être proclamé jusqu’aux extrêmes frontières de la terre.

 

Seigneur notre Dieu, C’est toi qui appelle tant des hommes et des femmes à te suivre malgré leurs faiblesses. Au milieu des leurs ils sont souvent obligés de faire l’expérience des rejets, des humiliations, des persécutions et des mépris. Accorde-leur les dons de ton Esprit Saint afin que jamais ils ne se découragent et n’abandonnent leur mission mais qu’ils soient toujours dévorés du zèle missionnaire pour que ta Bonne Nouvelle soit connue jusqu’aux extrêmes frontières de la terre. Par Jésus le Christ.

Père Bernard Dourwe, Rcj.

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25 juin 2021 5 25 /06 /juin /2021 20:00

1ere lecture : Sg 1, 13-15 ; 2, 23-24 ; Ps 29 ; 2eme lecture : 2 Co 8, 7.9.13-15 ; Evangile : Mc 5, 21-43

Nous célébrons le treizième dimanche ordinaire B. Les textes liturgiques proposés à notre méditation nous offrent de méditer sur la condition existentielle de l’homme notamment sur la mort et l’espérance en la résurrection qui sont des réalités indéniables de notre existence. Tout homme nait, grandit et meurt. Ainsi est faite l’existence de tout être animé mais en Jésus la vie prend un sens nouveau.

Pourquoi la mort ? La mort met-elle un terme à notre existence ? L’homme peut-il l’échapper ? Qui est tenu responsable de la mort ? Ces questions ont toujours animées les hommes qui cherchent à comprendre le sens de leur existence. L’auteur du livre de la Sagesse, à la suite des Ecrits sapientiaux s’interroge sur cette réalité indéniable et affirme avec conviction que « Dieu n’a pas fait la mort, il ne se réjouit pas de voir mourir les êtres vivants ». Il a fait toutes choses bonnes et en elles, il a toujours voulu manifester sa gloire et son amour. Mais « la mort est entrée dans le monde par la jalousie du démon ». Malgré cela, la loi de Dieu fidèlement gardée agit dès ici-bas comme un contrepoison : de la mort elle-même jaillira une existence impérissable. L’homme appelé par vocation à la vie éternelle doit donc s’engager à travers la vie vertueuse à rechercher les voies du salut et à s’ouvrir à la grâce divine qui est de toujours. La mort physique est désormais indéniable, elle est inscrite dans notre nature périssable et finie. Mais par contre la mort éternelle peut être évitée si nous laissons Dieu agir dans nos vies en recherchant continuellement sa volonté.

Pour saint Paul, dans sa seconde lettre aux Corinthiens, c’est pour nous donner cette vie éternelle que Jésus-Christ s’est dépouillé de tous ses attributs divins et de toute sa richesse pour venir demeurer parmi nous. En le faisant, il s’est appauvri afin de nous enrichir des richesses divines. Par son incarnation, il nous a élevé. En prenant notre humanité, il nous a fait don de la divinité. En devant pauvre, il nous a enrichis. En mourant, il nous a donné la vie. Grace à lui, notre existence acquière un sens  nouveau. Nous devons donc comme lui qui s’est fait généreux pour nous, manifester également en retour notre générosité envers ceux qui sont dans le besoin. Tout ce que nous sommes et tout ce que nous avons sont des dons reçus de lui. Notre attitude de reconnaissance pour ces grâces consiste au partage avec ceux qui n’en ont pas. C’est en le faisant que nous pourrons construire un monde meilleur où les inégalités, les divisions, la pauvreté, la misère et les injustices sont abolies.

Cette recherche d’une vie plus confortable où la mort est vaincue va mettre sans cesse Jésus en mouvement pour aller au secours de l’humanité pauvre, misérable et abandonnée. Parce qu’il veut le bien de tous, il va apporter soulagement et réconfort à cette femme souffrante depuis douze ans d’hémorragies et ramener à la vie Jaïre, fille du chef de la synagogue. Sans poser des conditions préalables, en jetant un regard miséricordieux sur leurs misères et leurs besoins tout en prenant en considération leur foi, Jésus va leur redonner la joie de vivre. Avec lui, le désespoir, le découragement, l’abandon, la maladie, la souffrance et la mort n’ont pas le dernier mot. Jusqu’au bout, même à l’extrême frontière entre la vie et la mort, il faut toujours avoir foi, confiance et espérance qu’il peut faire quelque chose. Car rien n’est impossible à Dieu. Croire même dans les impasses et les situations impossibles doit être le maitre mot de  ses disciples pour qui il est venu afin qu’ils aient la vie en abondance et qu’ils ne périssent point.

 

Dieu éternel et Tout puissant, tu nous as créés pour que nous puissions t’aimer, te servir et te louer mais le péché est venu nous détourner de notre vocation en nous conduisant à notre perte. Comme envers la femme souffrante pendant de nombreuses années d’hémorragie et envers Jaïre, la fille du chef de la Synagogue en qui tu as manifesté ta miséricorde et ta compassion, regarde encore aujourd’hui les nombreuses souffrances et misères de notre monde. Viens au secours de nos maladies, de souffrances, de nos misères et de nos difficultés afin qu’elles ne nous conduisent pas à la mort éternelle mais plutôt qu’elles deviennent les lieux de manifestation de ta gloire. Par Jésus le Christ notre Seigneur.

 

Père Bernard Dourwe, Rcj.

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19 juin 2021 6 19 /06 /juin /2021 13:37

DOUZIÈME DIMANCHE DU TEMPS ORDINAIRE

1ère lecture : Jb. 38, 1,8-11 ; Psaume  106 ; 2ème lecture : 2 Cor. 5,14-17 ; Evangile Mc. 4,35-41

Nos vies sont quelquefois tellement agitées que nous risquons de perdre pied et de nous laisser submerger par des questions et des problèmes de toute sorte. Au milieu de ce tumulte, nous voulons placer notre confiance en Jésus qui nous rassemble aujourd'hui. Il accompagne et il guide son Eglise.

Job, le juste, affronté au problème de la souffrance, ne comprend pas. Mais Dieu lui révèle sa puissance qui éclate dans la manière dont il maîtrise la mer déchaînée. De même est-il le seul à pouvoir arracher l’homme à son épreuve.  Il s ‘agit de s’en remettre à lui.

Dans ce court passage de sa lettre aux Corinthiens, Saint Paul nous dit que le Christ est venu refaire la création, si bien que ceux qui croient lui ne sont pas simplement des êtres humains meilleurs, mais « des hommes nouveaux ».

Un jour, Jésus, accompagné de ses disciples, est pris dans la tempête sur le Lac de Tibériade. Fatigué, il s’est endormi au fond de la barque. Ses apôtres, pris de peur, le réveillent. Il apaise la tempête, mais reproche aux siens leur manque de foi.

Nous connaissons tous des tempêtes qui ont laissé derrière elles tellement de cicatrices que des années plus tard elles font encore parler d’elles. En montagne, c’est la force de telle ou telle avalanche ou d’un glissement de terrain qui marque les esprits. En mer, c’est un raz-de-marée ou la force du vent qui a fait chavirer un bateau. Notre vie elle-même est marquée d’événements qui prennent souvent allure de tempêtes et de cataclysmes qui nous bousculent. Chômage, maladie, deuil, soucis familiaux ou professionnels sont souvent des moments d’épreuves qui font tanguer la barque de notre vie.

Quand un bateau est pris dans la tempête, c’est souvent la peur et l’affolement général. La peur, parce que les marins perdent alors confiance. L’affolement parce qu’ils ont peur.

Lorsque tempête, tangage et roulis bousculent notre existence, il n’est pas rare que notre foi elle-même vacille à la manière de la flamme d’une bougie qui manque de s’éteindre au moindre courant d’air. Les questions et les récriminations ne manquent guère. Non seulement pour savoir ce que fait Dieu, mais aussi pour comprendre ce que nous avons bien pu lui faire pour nous trouver ainsi au cœur de la tourmente, avec le sentiment terrible d’être perdu, abandonné. L’évangile de ce jour nous invite à retrouver la confiance. «Pourquoi avoir peur ? Comment se fait-il que vous n’ayez pas la foi ?» Dans la barque, Jésus interpelle ses amis qui viennent de le réveiller. Certes, Jésus dormait, mais il était là, présent aux côtés des siens, au cœur de la tempête. Présent comme il l’est au cœur des tempêtes de nos vies, nous tirant de la détresse pour nous ouvrir un avenir. Confiance !

En ce dimanche, laissons-nous interpeller par cette parole de Jésus : "Pourquoi avez-vous peur ? Pourquoi ne croyez-vous pas en moi ?" Ce reproche est aussi pour nous quand nous nous retranchons derrière nos fausses sécurités. C'est une invitation à les secouer résolument et à avancer vers l'autre rive où nous attend la mission.

Alors ne nous gênons pas pour appeler le Christ avec force au cœur des tempêtes de nos vies. Les disciples l'ont fait. Ne doutons jamais de la présence du Seigneur même quand tout va mal. Rien ne peut empêcher le Royaume de Dieu de grandir imperceptiblement, comme une semence jetée en terre. L'humanité vogue vers l'autre Rive, poussée par l'Esprit de Dieu qui souffle où il veut.

Alors, oui, gardons confiance ! N'ayons pas peur ! Rendons grâce au Seigneur ressuscité toujours présent au cœur de nos vies et de nos tempêtes. Et surtout n'oublions jamais que la mission nous attend.

Dieu notre Père, tu as guidé ton peuple tout au long de son histoire, même quand ta voix semblait couverte par le tumulte du monde. Aujourd’hui encore, tu viens apaiser nos peurs et nous donner ta paix. Donne-nous de placer notre confiance en ton Fils Jésus, notre Sauveur et notre Dieu, vivant avec toi et le Saint-Esprit maintenant et pour les siècles des siècles. Amen.

 

Père Bernard Dourwe, Rcj.

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11 juin 2021 5 11 /06 /juin /2021 20:17

 

1ere lecture : Ez 17, 22-24 ; Ps 91 ; 2eme lecture : 2 Co 5, 6-10 ; Evangile Mc 4, 26-34

En ce onzième dimanche, la parole de Dieu nous transporte dans la nature : parmi les arbres (cèdes et palmiers) ou dans les champs, elle fait appel à de jolies comparaisons ou paraboles pour nous délivrer un message. Il est question de croissance, de développement, d’épanouissement de ce que Dieu sème ou donne et qui doit produire du fruit. C’est d’abord le jeune rameau, symbolisant le Messie (1ère lecture), puis le juste qui s’épanouit comme un palmier (psaume) ; c’est le passage des semailles à la moisson évoqué par Jésus, et l’extraordinaire croissance de la graine de moutarde figurant le Royaume (Evangile) : ouvrons les yeux de notre cœur !

La liturgie de ce dimanche nous introduit au mystère du règne de Dieu en nous invitant à l’espérance. A travers la parabole de la petite graine qui pousse jusqu’à devenir un grand arbre, le Seigneur nous invite à une croissance progressive dans notre foi pour avoir place au Royaume de Dieu.

Dans la première lecture, le prophète Ezéchiel, messager de Dieu, annonce des lendemains meilleurs entre Dieu et son peuple. Comme un vieil arbre est remplacé par un jeune arbre, verdoyant et solide, il en sera de même pour le peuple de Dieu découragé et désespéré par l’exil. Ce qui n’est qu’une minuscule bouture va germer et devenir un grand arbre. Ceux qui sont totalement brisés, Dieu les fera vivre merveilleusement. Lui le Dieu d’amour prendra soin de la jeune plante afin que celle-ci puisse croitre et avoir des racines solides en lui. En cet arbre, tous les oiseaux du ciel trouveront refuges. Dieu vient en effet à nous pour nous reverdir, nous donner espoir devant les situations difficiles, désespérantes, nous relever de nos chutes, nous vivifier dans nos sécheresses et nous rendre la dignité des enfants de Dieu créés à son image et à sa ressemblance. La haine, la violence et le mal ne peuvent avoir le dernier mot. C’est l’amour qui triomphera. C’est une bonne nouvelle pour nous aujourd’hui. Rien ne doit ébranler notre foi au Dieu sauveur.

Saint Paul nous invite également à travers sa lettre aux Corinthiens à vivre toujours dans l’espérance en Dieu en demeurant en lui afin que notre vie comme notre mort devienne une louange à Dieu. Car avec le Christ mort et ressuscité pour nous, nous ne nous appartenons plus. La mort qui est indéniable ne devrait donc pas être ni une surprise ni une fin parce que notre foi est en Jésus-Christ le vivant. En lui et par lui, nous devons être confiants que nous aurons la récompense de toutes nos actions au jour du jugement. Le Seigneur nous prépare une demeure éternelle. Il donnera la couronne de gloire à ceux qui auront accompli leur course jusqu’au bout. Ce message de réconfort est aussi une bonne nouvelle pour les chrétiens d’aujourd’hui. Si nous restons reliés au Christ, rien ne peut nous séparer de son amour.

Cette confiance permanente en Dieu trouve motivation en la vocation à la vie éternelle que nous avons depuis notre création. Jésus dans l’Evangile nous appelle en effet à croitre sans cesse comme la semence qui pousse puis est récoltée aux jours de la moisson. Comme la toute petite graine de moutarde qui par la suite devient un grand arbre, il en est en effet de notre vie en lui. Semence enfouit en nos cœurs au jour de notre baptême, le royaume de Dieu doit sans cesse grandir en nous de telle sorte que toute l’humanité trouve refuge et consolation auprès de nous. Ainsi, notre vocation à la suite du Christ, fait de nous des personnes sans cesse en croissance, des personnes pleins de vie qui manifestent à ce monde le déjà là et le pas encore du Royaume de Dieu. Le monde attend donc de nous des signes concrets qui expriment la vie en Dieu.

Sans te voir, Seigneur, nous croyons. Donne-nous la patience pour persévérer dans la construction d’un monde plus juste, plus solidaire et plus fraternel. Que notre vie unie à la tienne contribue à ton règne dans le monde d’aujourd’hui. Amen

Père Bernard Dourwe, Rcj.

 

 

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4 juin 2021 5 04 /06 /juin /2021 07:44

SOLENNITE DU SAINT SACREMENT B

1ere lecture : Ex 24, 3-8 ; Ps 115 ; 2eme lecture: Hb 9, 11-15 ;  Evangile : Mc 14, 12-16.22-26

Après la solennité de la Trinité, voici celle de la Fête-Dieu, fête du Corps et du Sang du Christ. Le Dieu que nous célébrons est le Dieu de l’Alliance (thème qui revient dans tous les textes de ce dimanche), et la révélation biblique culmine dans l’Alliance nouvelle scellée dans le sang du Christ. Inaugurée avec les grands personnages de l’Ancien Testament, dont Moïse (1ère lecture), l’Alliance du Seigneur avec son peuple devient parfaite en Jésus-Christ, « médiateur d’une Alliance nouvelle » (2ème lecture) : par son mystère pascal, dont nous faisons mémoire à chaque eucharistie, il donne vie à tous les hommes (Evangile).

Le Saint Sacrement est la célébration du don de Jésus-Christ aux hommes en son corps et en son sang comme nourriture et breuvage afin que ceux-ci aient la vie en abondance. Jésus, sous le signe du pain et du vin eucharistiés, donne sa vie aux hommes pour qu’ils reçoivent de sa Pâque toute grâce et tout bien.

Dans la première lecture extraite du livre de l’Exode, Moïse après avoir reçu le don de la loi offre en sacrifice de paix des holocaustes et il immole des jeunes taureaux afin de rendre concret l’alliance entre Dieu et les hommes. Par le sang versé, symbole de la vie, en signe d’alliance, Dieu assure la bienveillance à son peuple. Ce peuple ayant trouvé grâce auprès de Dieu est tenu à la fidélité à cette alliance. Moïse,  jouant le rôle de médiateur entre Dieu et Israël, va asperger le peuple de ce sang pour signifier le don de la vie reçue par Dieu.  Ce don de l’alliance au moyen du sang versé sera compris plutard comme une préfiguration du sacrifice unique et véritable de Jésus-Christ pour sceller une fois pour toute l’alliance entre Dieu et l’humanité.

Dans la deuxième lecture, l’auteur de la lettre aux  Hébreux présente Jésus Christ comme le grand prêtre par excellence, médiateur entre Dieu et les hommes qui établit l’alliance entre Dieu et les hommes par son sang versé sur la Croix. A la différence des grands prêtres de l’ancienne alliance qui offraient le sang des animaux en sacrifice d’expiation, de communion, et de paix extérieurement à eux, Jésus-Christ offre son propre sang pour la rémission de nos péchés. Il purifie par son sang nos cœurs et rend le culte véritable à Dieu. Ce sacrifice définitif scelle une fois pour toute l’alliance éternelle et véritable entre Dieu et les hommes et il devient le gage de notre salut. Désormais, plus besoin d’offrir des sacrifices d’animaux pour trouver grâce auprès de Dieu. Jésus-Christ grand prêtre sur la croix par son sang versé à tout assumé et a réconcilié l’humanité déchue avec le Dieu éternellement miséricordieux. Une histoire nouvelle se noue entre Dieu et les hommes. L’Eucharistie est désormais le signe visible de cette Nouvelle Alliance qui nous procure le salut éternel.

Dans l’Evangile soumise à notre méditation, Jésus-Christ, au soir de sa passion après avoir béni et rendit grâce à Dieu pour le pain venant de lui, le rompt et le donne à ses disciples comme son corps. Il en fait de même pour le vin qui devient son sang, le sang de l’alliance nouvelle versé pour la multitude. Manger ce pain c’est manger son corps et boire de ce vin c’est boire de son sang. Ce pain et ce vin il les offre comme nourriture et boisson de la vie éternelle. Aujourd’hui dans nos eucharisties comme hier au cénacle, le Christ réalise ce qu’il dit : nous sommes sauvés en communiant à sa Pâque jusqu’à ce qu’il vienne. En attendant son retour glorieux, il continue à se rendre présent à ses disciples sous les espèces du pain et du vin consacrés.

Célébrer la Fête-Dieu, c’est célébrer l’un des modes de présence du Christ ressuscité à son Église et à notre humanité. Présent dans sa Parole ou « lorsque deux ou trois sont réunis en son nom » (Mt 7), c’est en nourriture qu’il se donne à nous dans le saint Sacrement. Comme l’affirme Vatican II : « la sainte Eucharistie contient tout le trésor spirituel de l’Église, c’est-à-dire le Christ lui-même, lui notre Pâque, lui dont la chair, vivifiée par l’Esprit Saint et vivifiante, donne la vie aux hommes» (PO 5).

Voilà qui, en écho à l’évangile de ce jour et à la prière eucharistique, nous recentre sur le mystère de Pâques-Pentecôte. Sous les espèces du pain et du vin, devenus son corps et son sang par l’action de l’Esprit Saint, le Christ se livre à nous et nous entraîne dans son offrande. Car, comme le fait remarquer saint Augustin, ce n’est pas nous qui absorbons et transformons cette nourriture, c’est elle qui nous fait devenir ce que nous recevons: le corps du Christ, donné au monde pour y «incarner» l’Amour et la compassion du Père. Comme nous le rappelle Maurice Zundel, «on ne communie pas pour soi » seulement, « mais avec toute l’humanité, avec toute l’histoire, avec tout l’univers ». «À travers la réalité eucharistique, à travers la présence du Christ, se constitue un dialogue secret et silencieux qui nous joint à Jésus au cœur de notre cœur, et au cœur du cœur des autres, dans une relation où notre être est engagé dans sa plus secrète intimité.»

Alors, quel que soit notre sentiment présent au moment de la célébration, nos soucis personnels, déposons-les devant Dieu pour accueillir le «Roi de toutes choses ». Car n’est-ce pas là se revêtir de « l’habit nuptial» qui réjouit le cœur de Dieu (Mt 22, 11) ?

Seigneur Jésus-Christ, dans cet admirable sacrement, tu nous as laissé le mémorial de ta passion, donne-nous de vénérer d’un si grand amour le mystère de ton corps et de ton sang, que nous puissions recueillir sans cesse le fruit de ta Rédemption. Toi qui règnes.

Père Bernard Dourwe, Rcj.

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27 mai 2021 4 27 /05 /mai /2021 07:28

 

1ere lecture : Dt 4, 32-34.39-40 ; Ps 32 ; 2eme lecture : Rm 8, 14-17 ; Evangile : Mt 28, 16-20

Nous célébrons la solennité de la Sainte Trinité. De toutes les religions révélées, le christianisme grâce à l’incarnation de Jésus-Christ affirme la foi en l’Existence d’un seul Dieu unique en Trois personnes : le Père, le Fils et l’Esprit Saint. Dès la création Dieu le Père se manifeste comme Créateur, Dieu le Fils est le rédempteur et Dieu l’Esprit Saint qui est sanctificateur. Ils ne sont pas trois Dieux. Mais un Seul Dieu qui agit en trois personnes. La sainte Trinité est le mystère d’amour et de communion entre le Père, le Fils et l’Esprit Saint. Ils font l’unité dans la nature Divine et la diversité dans les personnes. De telle sorte que le Père, le Fils et l’Esprit Saint bien que différents sont totalement unis. Personne n’agit jamais seul.

En cette fête de la Sainte Trinité, la parole de Dieu peint le portrait de Dieu, nous dit qui est Dieu. Et la révélation biblique conduit à découvrir la proximité toujours plus grande du Seigneur. Elle nous apprend qu’il est Dieu, l’unique Dieu (1ère lecture), qu’il est pour nous un Père de tendresse, qu’en Jésus nous sommes héritiers de son Royaume (2ème lecture), et que son Esprit fait de nous les témoins joyeux du Ressuscité (Evangile) ! Telle est la révélation du Dieu de l’Alliance qui se fait toujours plus proche : en Jésus, il a pris notre humanité pour élever tout homme à la joie éternelle qu’il nous offre dès maintenant, par son Esprit.

            La première lecture extraite du livre de Deutéronome nous offre, par la voix de Moïse, de découvrir l’œuvre du Père. Toute l’œuvre de la création est un don de lui. Là-haut dans les cieux comme ici-bas sur la terre, il n y a aucune créature, aucun Dieu qui puisse l’égaler. Il est celui qui a tout créé par sa Parole. Comme Dieu d’amour, il a toujours eu souci du salut des hommes. Le don de la loi réalisé à son peuple est donc pour que celui-ci puisse marcher sur ses voies et avoir la vie éternelle.

Saint Paul dans sa lettre aux Romains nous offre de découvrir le rôle de l’Esprit Saint dans le mystère de la Sainte Trinité. Esprit de sainteté et de vérité, l’Esprit Saint est la troisième personne de la sainte Trinité. Il est le lien d’amour et de communion entre le Père et le Fils. Le symbole de Nicée Constantinople nous enseigne  que « l’Esprit Saint est Seigneur, il procède du Père et du Fils, avec le Père et le Fils ils reçoivent même adoration et même gloire. Il a parlé par les prophètes. » Promis par Jésus pendant les jours de sa vie mortelle, l’Esprit Saint nous est donné pour nous aider à comprendre ses enseignements, à être témoins de sa résurrection et de la Bonne Nouvelle en nous conduisant vers la Vérité toute entière. Il continue encore aujourd’hui à œuvrer dans l’Eglise et dans l’Histoire des hommes. C’est lui qui nous met en communion avec le Père et le Fils. C’est lui qui nous permet d’appeler Dieu le Père Abba car il prie en nous et nous ouvre au mystère de Dieu.

Saint Mathieu dans la finale de son Evangile met en lumière l’unité trinitaire qui existe entre le Père, le Fils et l’Esprit Saint. Jésus, Fils du Dieu Vivant, verbe fait chair se révèle comme l’exégète du Père et celui qui nous ouvre un pan de voile sur le mystère trinitaire. Il vient au milieu des hommes pour les faire connaitre qui est Dieu le Père et quelles sont les voies qui nous permettent de parvenir à lui. Venant de Dieu, il se présente comme « le chemin, la Vérité et la Vie » qui nous conduit au Père car nul ne peut aller au Père sans passer par lui. C’est au nom du Dieu Un et Trine qu’il envoie les disciples en mission afin de conduire la multitude des peuples à Dieu en les baptisant au Nom du Père et du Fils et du Saint Esprit.

Célébrer la Sainte Trinité, c’est célébrer la relation d’amour qui existe entre le Père, le Fils et l’Esprit Saint. Le Père est l’Aimant, le Fils est l’Aimé et l’Esprit Saint est l’Amour. Ils vivent en Communion parfaite de telle sorte que le Fils fait ce que veut le Père et l’Esprit Saint réalise ce qui vient du Père et du Fils. Tous sont associés à l’œuvre de la Création, de la Rédemption et de la Sanctification des hommes. Comme Communion d’amour, ils sont un modèle d’Amour et d’Unité dans la diversité qui s’offre à nos familles et à nos relations interpersonnelles. En effet, à l’image de la Sainte Trinité, nos familles qui sont en principe uni de par leur nature  sont appelées à demeurer unies dans la diversité de ses personnes. Le père est diffèrent de la mère et des fils et filles mais ils se reconnaissent comme faisant partir d’une seule et même famille. Ils doivent donc tous contribuer à œuvrer ensemble dans le respect des diversités, des dons, des charismes personnels qui ne sont pas là pour nous diviser mais plutôt nous enrichir mutuellement.

 

Dieu notre Père, tu as envoyé dans le monde ta Parole de vérité et ton Esprit de Sainteté pour révéler aux hommes ton admirable mystère ; donne-nous de professer la vrai foi en reconnaissant la gloire de l’Eternelle Trinité, en adorant son Unité toute-puissante. Par Jésus.

 

Père Bernard Dourwe, Rcj.

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21 mai 2021 5 21 /05 /mai /2021 08:01

PENTECOTE

1ere lecture : Ac 2, 1-11 ; Ps 103 ; 2eme lecture : Ga 5, 16-25, évangile : Jn 15, 26-27 ; 16, 12-15

Nous célébrons la Pentecôte. La pentecôte clôture la cinquantaine au cours de laquelle l’Eglise chaque année, célèbre la Paque du Christ. Etapes décisives de l’Histoire du salut qui se déploie depuis les origines et culminera avec le retour glorieux du Seigneur à la fin des temps, l’Incarnation du Fils de Dieu et sa Résurrection sont en étroite relation. Cinquante jours après sa résurrection, et dix jours après son ascension, le Seigneur fait don de l’Esprit Saint à ses apôtres.

Parmi les trois personnes de la Trinité, l’Esprit Saint apparaît souvent comme celle dont nous avons le plus de mal à parler… Mais , en ce dimanche de Pentecôte, la parole de Dieu est très pédagogique : tous les extraits de l’Ecriture qui nous sont donnés présentent, en effet, l’Esprit en ses caractéristiques à la fois divines et très actives pour nous ! Et voilà que l’Esprit nous devient familier, nous pénètre de sa force, nous transforme de  sa puissance, si nous voulons bien nous abandonner à lui dans la foi…

Annoncé par les Ecritures anciennes, promis par le Seigneur à plusieurs reprises  surtout au moment où il devait passer de ce monde à son Père, l’envoie de l’Esprit Saint inaugure le temps nouveau : celui de la mission de l’Eglise au sein de ce monde par l’entremise des disciples. Le Christ par son Esprit reste présent au sein de ce monde. Sa présence est matérialisée par la suite de la mission réalisée par les apôtres qui proclament les merveilles de Dieu en de diverses langues grâce aux dons de l’Esprit Saint.

L’Esprit Saint est désormais le protagoniste de la mission. Promis comme le Défenseur, le Paraclet, l’Esprit de Vérité, est chargé de nous conduire vers la vérité toute entière et à mieux nous faire comprendre les enseignements du Maitre. Au jour de la pentecôte, il libère les apôtres de leur peur et leur offrent de se faire entendre par la multitude de juifs rassemblés à Jérusalem venant de toutes les contrés du monde. Tous sont émerveillés des œuvres du Seigneur qui permet aux simples hommes de Galilée de réaliser des prodigues. Grace à l’Esprit, l’unité que Babel avait brisée suite aux désirs des hommes de surpasser Dieu, causant ainsi l’impossibilité de se faire entendre est restaurée. Le langage nouveau de l’Esprit qui est un langage d’amour, de paix, de joie, de justice, de réconciliation, de bonté, de service, patience, de miséricorde, de bienveillance, d’humilité, de maitrise de soi, de pardon, d’unité permet aux hommes de prendre conscience que notre vocation est d’être tous fils et filles d’un seul et même père qui nous appelle à vivre dans la paix et l’harmonie des enfants de Dieu.

Cet Esprit déposé sur les apôtres sous forme de feu ouvre l’Eglise à des horizons nouveaux : annoncer et témoigner sans aucune crainte aux hommes que Dieu par son fils Jésus-Christ a sauvé l’humanité par sa mort et sa résurrection, accorder le pardon aux hommes, les conduire à la sainteté en les transmettant le salut. Cette annonce de la Bonne Nouvelle ne peut plus être retenue par les seuls témoins du Christ ressuscité. Elle doit être connue dans tous les confins de la terre. Les apôtres par le courage extraordinaire qu’ils reçoivent de l’Esprit Saint peuvent désormais briser les barrières linguistiques, spaciales, ethniques et socio-culturelles pour faire connaitre ce prodige inédit.

Nous devons donc pour rendre concret le don de l’Esprit Saint dans nos vies « vivre sous la conduite de l’Esprit Saint » afin de ne plus obéir aux tendances égoïstes de la chair. Ces tendances constituées de la débauche, l’impureté, l’obscénité, l’idolâtrie, la sorcellerie, la haine, des querelles, la jalousie, la colère, l’envie, les divisions, le sectarisme, la rivalité, la beuverie, la gloutonnerie, nous éloignent les uns les autres et nous empêchent de resplendir en ce monde comme les fils de lumière et par la fin d’hériter du Royaume de Dieu. Notre existence devient donc grâce à l’Esprit un combat permanent contre les tendances de la chair qui tendent à nous détourner des tendances de l’esprit.

Nous devons manifester la présence de l’Esprit Saint au sein de notre monde par le témoignage qu’il nous inspire car ce qui vient de lui est conforme au Père et au Fils. En effet, ils ne font qu’une seule et même communauté d’Amour. « Avec le Père et le Fils ils reçoivent même adoration et même gloire ». Sa présence est également la Présence du Père et du Fils qui accomplissent la même mission au sein de l’Eglise. Il  vivifie et sanctifie toute l’Eglise au nom du Père et du Fils.

 

Aujourd’hui, Seigneur, par le mystère de la pentecôte, tu sanctifies ton Eglise chez tous les peuples et dans toutes les nations ; répands les dons du Saint Esprit sur l’immensité du monde, et continue dans le cœur des croyants l’œuvre d’amour que tu as entreprise au début de la prédication évangélique. Par Jésus.

 

Père Bernard Dourwe, Rcj.

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14 mai 2021 5 14 /05 /mai /2021 08:11

1ère lecture: Ac 1, 15-26 ; Psaume 102 ; 2ème lecture : 1 Jn. 4,11-16 ; Evangile : Jn. 17,11-19

 

Entre l’Ascension et la Pentecôte, nous sommes invités comme les premiers disciples, à guetter les signes de la venue de l’Esprit-Saint. Avec Saint Jean, c’est à une démarche d’ouverture intérieure que nous sommes appelés. Par sa première lettre et son Evangile, il nous rappelle la fidélité à l’amour du Père et à l’amour de nos frères. Laissons-nous aujourd’hui atteindre par ces mots de vérité. Le Seigneur « monté au ciel » prie éternellement pour nous. Accueillons sa sollicitude pour son Eglise et resserrons les liens de notre unité. C'est l'Esprit qui vient au secours de notre faiblesse et qui assure notre lien et notre cohésion. Alors le monde sera encore davantage embrasé d'amour durant la semaine qui s'ouvre.

Sur l’initiative de Pierre, la communauté des disciples désigne un successeur à Judas, pour que le Collège des Douze soit au complet : Mathias sera désigné après tirage au sort.

Saint Jean déclare que, pour atteindre la perfection de l’amour et pour que Dieu demeure vraiment en nous, nous devons nous aimer les uns les autres.

Au moment de quitter ses Apôtres, le Christ prie pour eux : ils seront affrontés à l’épreuve, au mensonge, à la haine, aux persécutions. Que Dieu les garde fidèles, pour qu’ils puissent remplir leur mission : qu’il les consacre dans la Vérité !

L’Évangile nous montre Jésus, au cours de sa dernière nuit, en conversation intime avec son Père. Sa prière, cependant, est centrée sur les disciples et prononcée à voix haute ; une même intimité avec le Père leur sera donnée en partage.

Le Père saint a envoyé son Fils. Le Fils a fait connaître le Père, source de tout don. Pour ses disciples, Jésus se sanctifie : il donne sa vie en faveur de ceux que le Père lui a confiés. Par sa libre obéissance au Père jusqu’à la croix, il leur ouvre l’accès au Dieu saint. Avant de s’offrir, il demande au Père de garder les disciples fidèles pour qu’ils soient un. Être gardé fidèle, ce n’est pas simplement être soutenu contre les pièges du Malin; c’est surtout grandir dans le consentement au don de Dieu et dans la communion divine.

Ainsi pour ceux qui obéissent à sa Parole, la prière de Jésus donne l’assurance de sa présence au milieu d’eux et de son intercession auprès du Père. Nous apprenons qu’il nous faut accueillir le don de Dieu, la sainteté, et vivre l’amour fraternel, à l’image de la relation d’intimité du Père et du Fils. Nous sommes tous appelés à nous laisser transformer de l’intérieur, à grandir à l’image de Dieu, en sachant que cette ressemblance ne s’accomplit que si nous sommes en relation d’amour avec nos frères.

La sainteté est un don de Dieu à recevoir et c’est en même temps, comme tout don, une responsabilité : par leur amour fraternel, leur unité, les disciples continuent la mission du Fils. «Nous avons reconnu et nous avons cru que l’amour de Dieu est parmi nous. Dieu est Amour: celui qui demeure dans l’amour demeure en Dieu, et Dieu en lui.» (1 Jn 4, 16). Sachons donc libérer en nous l’amour, pour que, par nous, l’amour de Dieu continue d’être révélé au monde.

Nous avons plus d’une raison de prier Dieu, de bénir Dieu en ces jours qui se situent pour nous entre Ascension et Pentecôte. Même si nous sommes assez spontanément, et trop souvent, portés à une prière de demande, il est si beau de penser à bénir et louer Dieu ! Saint Jean nous le dit : « Dieu nous donne part à son Esprit », oui, depuis notre baptême. Et le Psaume 102, nous rappelle tous les bienfaits du Seigneur : nous le bénissons pour la splendeur de la Création, pour la Résurrection du Christ qui nous sauve, pour le ministère des apôtres qui fit naître l’Eglise, pour l’Esprit qui fait notre unité, pour tout le peuple des baptisés et ceux qui demandent à devenir chrétiens…

Au quotidien, nous pouvons également bénir Dieu pour les personnes que nous rencontrons et celles avec qui nous sommes en relation, pour la famille dans laquelle nous vivons, les collègues avec qui nous travaillons, les membres d’une association ou d’une équipe avec qui nous partageons un même projet ; ensemble, avec quelques-uns, nous bénirons Dieu pour la diversité des dons de chacun qui permet de se donner des objectifs et d’aboutir à de belles réalisations. Nous bénissons Dieu pour notre vivre-ensemble, notre communion en son Fils.

 

Dieu notre Père, regarde ton peuple qui veille en guettant les signes de l’Esprit. Donne-nous de savoir toujours discerner la présence de l’Esprit-Saint dans nos vies et dans la vie du monde, cet Esprit que ton Fils a promis à ceux qui garderaient fidèlement sa Parole, lui qui est vivant avec toi et le Saint Esprit, maintenant et pour les siècles des siècles. Amen !

 

Père Bernard Dourwe, Rcj.

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12 mai 2021 3 12 /05 /mai /2021 19:54

1ere lecture : Ac 1,1-11,  Ps 46 ; 2eme lecture : Ep 4, 1-16, Evangile : Mc 16, 15-20

Nous célébrons l’Ascension du Seigneur. La fête de l'Ascension du Seigneur rappelle que Jésus Christ, le Verbe fait chair, a rejoint le "présent de Dieu" et, ainsi, assiste ses amis qui continuent sa propre mission avec le souffle de l'Esprit.

Trois jours après sa passion et sa mort, Jésus-Christ est ressuscité des morts en sortant vivant et victorieux du tombeau, quarante jours durant, il va se manifester à ses apôtres en de diverses circonstances afin de les réconforter, de les aider à comprendre le sens des Ecritures à propos de lui et par la suite les envoyer en mission. Après ce temps d’intense catéchèse, il s’en va vers son Père siéger à sa droite et nous préparer une place auprès de lui.

Dans la première lecture extraite du livre des Actes des Apôtres, saint Luc commence son œuvre en décrivant à la suite de la finale de son évangile l’évènement de l’Ascension du Seigneur. Quarante jours après sa résurrection, accompagnée de nombreuses apparitions et des enseignements sur le Royaume des Cieux, Jésus retourne vers son Père. Les témoins du ressuscité grâce au don de l’Esprit Saint sont désormais appelés à cesser de regarder vers le ciel mais plutôt à aller dans le monde entier témoigner de tout ce qu’ils ont vu et entendu. Le départ du Christ, loin de mettre fin à sa mission est l’ouverture et le commencement d’une ère nouvelle. L’ascension fait ainsi charnière entre le ministère de Jésus et le temps de la mission de l’Eglise, lui-même orienté vers le retour du Seigneur.

Le Christ qui siège à la droite du Père est également présent au milieu des siens sous une autre forme. Sa présence invisible s’intensifie. Elle acquiert une profondeur et une extension que ne lui permettait pas son corps terrestre. Grace à l’Esprit, elle se fixera à jamais là où Jésus avait appris à ses Apôtres à le reconnaitre : la parole, les sacrements, le prochain et surtout la mission. Il ne s’agit pas, dès lors de contempler le ciel, mais d’être les témoins du ressuscité sur la terre des hommes, de coopérer avec lui à l’extension de son Règne. Il les envoie donc en mission afin qu’ils continuent partout dans le monde entier la mission qu’il a commencé : faire connaitre aux hommes le règne de Dieu en proclamant la Bonne Nouvelle à toute la création, faire des nouveaux baptisés pour qu’ils aient le salut, apporter guérisons et réconfort aux malades et conduire les hommes à Dieu.

Cette annonce de la Bonne Nouvelle exige des disciples qu’ils aient entre eux beaucoup d’humilité, de douceur et de patience, qu’ils se supportent les uns les autres avec amour, qu’ils aient à cœur de garder l’unité dans l’esprit par le lien de la paix, de vivre dans la vérité d’amour, nous rappelle saint Paul dans sa lettre aux Ephésiens.

L’Ascension du Seigneur réjouit le cœur des disciples, parce qu’elle célèbre l’exaltation du Christ ressuscité à la droite du Père. Mais elle est aussi un avantage pour les croyants, ainsi que Jésus l’a dit lui-même à ses Apôtres, au soir de la dernière Cène (Jn16, 7). Elle inaugure une ère nouvelle de l’histoire du salut : celle du don de l’Esprit répandu à profusion sur les croyants, et celle de la prédication dans le monde entier, de la Bonne Nouvelle du salut acquis par la mort et la résurrection du Fils de Dieu fait chair.  Cette prédication engage chacun de nous à être au sein de ce monde les témoins de la présence de Dieu qui aime tous les hommes et ne veut en perdre aucun.

La célébration de l’Ascension tourne donc notre regard vers le monde où nous vivons. Là se construit patiemment et humblement, dans l’amour le Corps dont le Christ est la Tête. Car le Seigneur n’a pas abandonné les siens. Il est au contraire d’autant plus présent au milieu d’eux qu’il ne se trouve plus soumis aux contraintes de la condition humaine qui limitait son action dans le temps et dans l’espace.

 

Dieu qui élèves le Christ au-dessus de tout, ouvre-nous à la joie et à l’action de grâce, car l’Ascension de ton Fils est déjà notre victoire : nous sommes les membres de son corps, il nous a précédé dans la gloire auprès de toi, et c’est là que nous vivons en espérance. Par Jésus.

 

Père Bernard Dourwe, Rcj.

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