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7 mai 2021 5 07 /05 /mai /2021 19:42

Dans un contexte de la mondialisation marqué par des grands changements sociaux dus aux questions écologiques, aux mouvements des peuples et à la pandémie de la Covid 19 « qui a mis à nu nos fausses certitudes », le Pape François en la date du 3 octobre de l’année 2020, veille de la fête du ‘‘Poverello’’, la huitième de son Pontificat a signé la lettre encyclique FRATELLI TUTTI sur la fraternité et l'amitié sociale à Assise près de la tombe de saint François.

Cette encyclique est un texte majeur qui porte le thème de la fraternité et de l’amitié sociale. Après Lumen Fidei en 2013 et Laudato Si’ en 2015, c’est la troisième encyclique du Pape François. Cette lettre encyclique est adressée non pas seulement aux catholiques, mais aussi aux chrétiens, aux croyants d’autres religions, et aux hommes de bonne volonté. Il résume son intention en ces termes : « Les pages qui suivent n’entendent pas résumer la doctrine sur l’amour fraternel, mais se focaliser sur sa dimension universelle, sur son ouverture à toutes les personnes. Je livre cette encyclique sociale comme une modeste contribution à la réflexion pour que, face aux manières diverses et actuelles d’éliminer ou d’ignorer les autres, nous soyons capables de réagir par un nouveau rêve de fraternité et d’amitié sociale qui ne se cantonne pas aux mots. Bien que je l’aie écrite à partir de mes convictions chrétiennes qui me soutiennent et me nourrissent, j’ai essayé de le faire de telle sorte que la réflexion s’ouvre au dialogue avec toutes les personnes de bonne volonté. » (Fratelli Tutti 6).

Le texte de 287 paragraphes est divisé en huit grands chapitres: Le premier, « Les ombres d'un monde fermé », est un constat assez sombre du manque de fraternité dans le monde de 2020. Le deuxième, « Un étranger sur le chemin », présente la figure du Bon Samaritain en insistant sur la notion de « prochain». Le troisième chapitre, « Penser et gérer un monde ouvert », propose l'exemple d'un amour universel qui permette l'avènement du droit des peuples. Le quatrième chapitre s'intitule « Un cœur ouvert au monde » et invite à faire dialoguer le local et l'universel, notamment dans le cadre des suites de la pandémie de 2020. Le cinquième chapitre, « La meilleure politique », renvoie dos à dos les échecs des populismes et du libéralisme, et invite à une autre voie. Dans le sixième chapitre, « Dialogue et amitié sociale », le pape reprend un thème qu'il affectionne, l'amitié sociale, dans lequel il oppose la rencontre et la bienveillance à la cruauté. Le septième chapitre, « Des parcours pour se retrouver », propose des chemins de construction de la paix, prenant notamment position contre la guerre, l'arme nucléaire et la peine de mort. Le huitième et dernier chapitre, « Les religions au service de la fraternité dans le monde », s'appuie notamment sur le document sur la fraternité humaine, co-signé le 4 février 2019 avec Ahmed el-Tayeb, recteur de la mosquée al-Azhar. François y insiste notamment sur le rôle positif des religions dans l'avènement de la fraternité humaine.

Outre l'appel à la fraternité humaine qui sous-tend l'ensemble du document, sept appels plus concrets sont recensés. Le premier est un appel à la réforme de l'ONU, afin d'éviter que l’autorité « ne soit cooptée par quelques pays » afin d'« éviter que cette organisation soit délégitimée, parce que ses problèmes ou ses insuffisances peuvent être affrontés ou résolus dans la concertation ». Le second est une réaffirmation de l’inadmissibilité de la peine de mort, affirmation qui n'est pas nouvelle ni dans la bouche de François ni sous la plume d'un pape. Le troisième appel concerne plus particulièrement l'Europe et l'invite à accueillir les migrants. Dans son quatrième appel, le pape condamne toute forme d’esclavage, y compris les formes modernes de l'esclavage, notamment visant les femmes, les personnes victimes de trafic d'organes et les travailleurs pauvres. Le cinquième appel est une admonestation visant à la fin de toutes les armes nucléaires. Le sixième est un rappel de la vocation de toutes les religions à la paix, et l'impossibilité pour elles de prôner la violence. Enfin, le septième appel vise à l'unité des chrétiens et rappelle l'urgence de celle-ci.

L’encyclique Fratelli Tutti, alors qu’elle se veut un cri d’alarme, ouvre à l’Esperance, qui pourrait apparaitre comme un idéal difficile à réaliser presque un rêve, mais se veut fonder sur le caractère raisonnable de l’humanité qui a la possibilité de construire, ensemble, un monde meilleur en trouvant force de fraternité et d’amitié sociale : « Je forme le vœu qu’en cette époque que nous traversons, en reconnaissant la dignité de chaque personne humaine, nous puissions tous ensemble faire renaître un désir universel d’humanité. Tous ensemble. […] Rêvons en tant qu’une seule et même humanité, comme des voyageurs partageant la même chair humaine, comme des enfants de cette même terre qui nous abrite tous, chacun avec la richesse de sa foi ou de ses convictions, chacun avec sa propre voix, tous frères.» (Fratelli Tutti 8).

La fraternité et l’amitié sociale sont les voies indiquées par le Pape pour construire un monde meilleur, plus juste et plus pacifique, avec l’engagement de tous, peuples et institutions. Il rappelle avec force l’opposition à la guerre et à la mondialisation de l’indifférence en reconnaissant à toute personne sa dignité fondamentale d’enfant de Dieu.

 

Père Bernard Dourwe, Rcj.

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7 mai 2021 5 07 /05 /mai /2021 19:40

1ere lecture : Ac  10, 25-26.34-35.44-48 ; Ps 97 ; 2eme lecture 1 Jn 4, 7-10 ; Evangile Jn 15, 9-17

Nous célébrons le sixième dimanche de Pâque B. Les textes liturgiques proposés à notre méditation nous invitent à demeurer fidèle à l’amour du Dieu Amour qui nous appelle à être des signes de son amour au sein du monde. Peu de mots suffisent pour résumer l’essentiel du message de l’Ecriture en ce dimanche. En premier lieu, une magnifique affirmation de Pierre dans son Discours chez Corneille (1ère lecture) : « Dieu ne fait pas de différence entre les hommes. » De quoi méditer, et surtout de quoi s’en souvenir dans nos rapports humains, nos problèmes de société…La deuxième chose à retenir tient en un mot, et c’est bien sûr le mot « aimer » (2ème lecture et évangile) : aimer, notre seule loi… Mais aimer sans relâche, aimer en vérité, aimer jusqu’au bout, à l’exemple de Jésus. Le Christianisme est la religion de l’amour, mais il  dépend de nous de le faire savoir.

Dans la première lecture extraite du livre des Actes des apôtres, saint Pierre est témoin du don de l’Esprit Saint aux païens. Conduit par l’Esprit Saint chez Corneille, centurion de l’armée romaine à Césarée, il découvre merveilleusement que l’amour incommensurable de Dieu ne s’est pas seulement manifesté à Israël le peuple de la promesse. « En vérité, je le comprends : Dieu ne fait pas de différence entre les hommes ; mais quelle que soit leur race, il accueille les hommes qui l’adorent et font ce qui est juste. » s’exclame-t-il. Le sacrifice du Christ est en vue du salut universel des hommes sans aucune distinction de race. C’est pourquoi après le don du Saint Esprit aux apôtres qui sont devenus capables de se faire comprendre par tous leurs auditeurs, le Seigneur va reproduire auprès des païens l’évènement de la pentecôte et va leur ouvrir également les portes du salut par le baptême.

Dans la deuxième lecture, saint Jean dans sa Première Lettre nous invite à faire l’expérience de l’amour de Dieu à travers l’amour que nous devons manifester à notre prochain. Venant du Dieu amour, notre amour fraternel est un signe concret de notre appartenance et de notre foi en Lui. En effet, seul ceux qui L’ont connu sont capables d’un amour vrai, sans hypocrisie, sans discrimination et sans calcul. Leur vie est une recherche permanente et continuelle de sa volonté au sein des luttes et défis de ce monde avec un regard toujours tourné vers lui. Enfants de Dieu, ils s’unissent au sacrifice rédempteur du Christ qui a offert une fois pour toute par amour sa vie sur la croix pour le salut de tous les hommes.

Dans l’Evangile, Jésus dans ses dernières recommandations avant son passage de ce monde à son Père, invite ses disciples à demeurer fidèle en son amour à l’instar de sa fidélité à son Père. S’il est vrai que le sarment ne peut subsister sans la vigne, il en est de même des disciples qui ne peuvent vivre sans l’amour de Dieu. C’est en s’aimant les uns les autres que le monde peut effectivement croire en eux et les reconnaitre comme étant les disciples du Dieu Amour. Cet amour qui doit caractériser les disciples est un don de Dieu qui a pris en premier l’initiative de créer et de sauver les hommes. C’est encore lui qui prend l’initiative de faire de ses disciples ses amis. Grace à cette amitié fondée sur un amour vrai et dans l’observance du commandement nouveau basé uniquement sur l’amour de Dieu et du prochain, le Seigneur leur accorde la grâce d’exaucer leurs différentes prières faites en son nom.

L’amour de Dieu est essentiellement don aux hommes. Il est une invitation à découvrir notre vocation fondamentale, celle d’être au sein de ce monde les témoins de l’amour qui se fait don afin que notre don devienne amour. Nos relations doivent trouvées sens et illuminations nouvelles à la lumière de cet amour qui nous aime et qui veille sur nous malgré  notre finitude, notre petitesse, nos faiblesses et nos péchés. Pour y arriver, nous devons nous laisser guider au quotidien par la recherche de la volonté de Dieu qui ne veut pas la mort du pêcheur mais sa conversion. Nous devons pour cela construire un monde nouveau à travers des relations justes, vraies et fraternelles où l’autre cesse d’être une menace, un danger, un obstacle à notre épanouissement mais plutôt un frère à aimer, à protéger, à défendre et à prendre soin. Car il est le visage du Christ et le lieu de notre sanctification.

 

Seigneur Dieu de Bonté et d’Amour, tu nous invites à nous aimer les uns les autres  comme tu nous as aimés le premier en faisant alliance avec nous. Sans toi notre vie est en ruine, viens donc au secours de notre manque d’amour et accorde-nous de retrouver en toi les raisons d’aimer notre prochain comme tu le fais sans cesse à notre égard. Par Jésus le Christ Notre Seigneur. Amen.

 

Père Bernard Dourwe, Rcj.

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29 avril 2021 4 29 /04 /avril /2021 19:43

1ere lecture : Ac 9, 26-31 ; Ps 21 ; 2eme lecture : 1 Jn 3, 18-24 ; Evangile : Jn 15, 1-8

 

Nous célébrons le cinquième dimanche de Pâque B. Pendant tout le temps pascal, la parole de Dieu nous invite sans cesse, et en même temps, à vivre une plus grande intimité avec le Seigneur et à renouveler notre mission de baptisés. C’est un peu notre « rythme cardiaque » de chrétiens, il lui faut ces deux temps, comme la systole et la diastole ! Le livre des Actes des Apôtres présente, en général, la nécessité d’être témoins de la Résurrection, tandis que la première lettre de saint Jean (2ème lecture) conforte davantage notre relation personnelle avec le Seigneur. Aujourd’hui, l’évangile évoque les deux aspects : demeurer bien greffés sur le Christ, pour pouvoir porter beaucoup de fruit.

Dans la première lecture extraire du livre des Actes des Apôtres, Saint Paul après avoir fait l’expérience de la rencontre du Christ sur le chemin de Damas, se met résolution à sa suite. Accueilli difficilement dans le groupe des disciples à cause de son passé peu élogieux envers les chrétiens, il va aussitôt s’engager avec l’aide de Barnabé à annoncer avec zèle et détermination la Bonne Nouvelle du salut aux hommes, ayant lui-même fait l’expérience de la miséricorde de Dieu qui est prêt à accueillir le pécheur, il va avec tout son cœur, tout son être et toute sa force témoigner  de Dieu qui aime tous les hommes sans aucune discrimation. Cette annonce va le conduire à la suite des autres disciples à faire face à de nombreuses persécutions. Grâce à son témoignage et surtout grâce à l’action de l’Esprit Saint, la Bonne Nouvelle va être annoncée au monde païen.

Notre vie à la suite du Christ est une vocation à l’annonce de la Bonne Nouvelle malgré toutes les entraves et persécutions que nous pouvons rencontrer sur ce chemin. Notre seul désir et nos seules motivations doivent être le zèle de faire connaitre la Bonne Nouvelle du salut à toutes les nations.

Ce désir trouve sa source en l’amour de Dieu qui nous a aimé le premier et qui nous appelle en retour à l’aimer ainsi que le prochain. Saint Jean en effet, dans sa Première Lettre nous exhorte à cet amour vrai et concret de Dieu et du prochain non pas avec des paroles et des discours. C’est en gardant ses commandements dans la fidélité que le monde peut croire en nous. C’est une invite à une foi active dans la charité afin d’assurer la communion avec le Dieu Amour, lui qui garde nos cœurs dans la paix.

Jésus nous invite également dans l’Evangile à être signe de son amour à travers notre relation avec lui. Lui la vraie vigne donne sa vie pour les sarments que nous sommes. C’est en demeurant greffés en lui que nous pourrons avoir la  vie véritable. Car sans lui, nous ne pouvons pas exister. Exister c’est porter des fruits en abondance en conformité avec la volonté du Père qui est le Vigneron. Le premier fruit est l’amour, et de l’amour découle la joie, la paix. Désormais nul ne peut fructifier pour Dieu s’il n’est en Jésus, et Jésus en lui, dans une réciprocité d’amour qui seule assure à la vie sa fécondité. « Moi, je suis la vraie vigne, et mon Père est le vigneron. Tout sarment qui est en moi, mais qui ne porte pas de fruit, mon Père l’enlève ; tout sarment qui donne du fruit, il le nettoie, pour qu’il en donne davantage. »

Cette image de la vigne est très parlante pour les disciples de Jésus, car, dans chacune de nos vies, nous trouvons, comme pour la vigne, des moments ou des choix ont été stériles pour notre foi et desséchants pour notre cœur, alors nous les brûlons au grand feu de la miséricorde. Si nous sommes prêts à vivre, à servir et à aimer davantage, nous nous offrons au travail de Dieu pour qu’il nous purifie. Notre vocation à sa suite est d’être dans ce monde un signe concret de sa présence à travers les actes que nous posons.

Depuis notre baptême, nous avons été « greffés » dans le Christ. Et par l’Eucharistie, le Seigneur nous procure la sève nécessaire pour notre subsistance au sein de ce monde qui attend de nous un témoignage de notre foi. Pour demeurer en lui, nous dévons être fidèles à sa Parole, qui doit être lue, méditée, accueillie et vécue, être fidèles à la prière qui nous maintient connectés avec lui ; être fidèles aux sacrements qui sont les gages de  notre salut, notamment dans l’Eucharistie le Christ se fait nourriture et breuvage afin que nous ayons la vie en plénitude et être fidèles dans la vie quotidienne où le Christ se rend présent à travers les différents évènements quotidiens. Ainsi nous seront ces sarments véritables et lui la vigne.  Et nos fruits produits feront la joie du Père.

 

Dieu qui a envoyé ton fils pour nous sauver et pour faire de nous tes enfants d’adoption, regarde avec bonté ceux que tu aimes comme un père ; puisque nous croyons au Christ, accorde-nous la vraie liberté et la vie éternelle. Par Jésus.

 

Père Bernard Dourwe, Rcj.

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23 avril 2021 5 23 /04 /avril /2021 07:58

1ere lecture Ac 4, 8-12 ; Ps 117 ; 2eme lecture : 1 Jn 3, 1-2 ; Evangile : Jn 10, 11-18

Nous célébrons le quatrième dimanche de Pâque B. Ce quatrième dimanche encore appelé dimanche de Jésus le Bon Pasteur est consacré, comme tous les ans à la célébration de la Journée Mondiale de Prière pour les Vocations. Le Pape François nous invite à célébrer  cette 58eme Journée Mondiale de Prière pour les Vocations sous le thème « Saint Joseph: le songe de la vocation. » Thème inspiré de l’année spéciale dédiée à Saint Joseph grâce à la célébration du 150ème anniversaire de sa proclamation comme Patron de l’Eglise universelle, année débutée le 08 décembre 2020. Pour le Pape François, Saint Joseph, gardien des vocations,  nous suggère trois paroles-clé pour la vocation de chacun. La première est rêve. Tout le monde dans la vie rêve de se réaliser. Une seconde parole marque l’itinéraire de saint Joseph et de la vocation : service. Des Evangiles ressort la manière dont il a vécu en tout pour les autres et jamais pour lui-même. En plus de l’appel de Dieu – qui réalise nos plus grands rêves – et de notre réponse – qui se réalise dans le service disponible et dans le soin attentif -, il y a un troisième aspect qui traverse la vie de saint Joseph et la vocation chrétienne, en rythmant le quotidien : la fidélité. Joseph est l’« homme juste » (Mt 1, 19), qui, dans le silence actif de chaque jour, persévère dans l’adhésion à Dieu et à ses plans.

Dans la première lecture extraite du livre des Actes des Apôtres, Pierre est convoqué devant le grand conseil pour expliquer et justifier la guérison d’un infirme. Pour Pierre, le Christ ressuscité, vivant et agissant au milieu des hommes accorde à ses apôtres de s’identifier à lui jusqu’à dans l’accomplissement des signes et des miracles en son Nom. Pierre rejetée par les bâtisseurs, Jésus est devenu pour tous ceux qui lui obéissent le gage du salut car il est désormais la pierre angulaire d’un nouvel édifice, son propre corps ressuscité, en dehors duquel il n’y a plus de salut. Notre existence et notre salut ne sauraient se réaliser sans lui. Nous sommes donc appelés à l’accueillir comme le bon Pasteur qui conduit la brebis au pâturage jusqu’au don de sa vie pour celle-ci.

Saint Jean dans la deuxième lecture nous offre de contempler l’amour merveilleux de Dieu qui a fait de nous ses enfants en nous associant à l’œuvre rédemptrice de son Fils. Notre joie doit être grande de savoir que nous serons semblables à lui au jour de son avènement parce que nous le verrons tel qu’il est. Nous sommes appelés à vivre notre aujourd’hui en recherchant la volonté de Dieu dans notre existence en faisant ce qui lui plait malgré les oppositions du monde.

Dans l’évangile, Saint Jean nous présente Jésus le Bon Pasteur. Contrairement aux mercenaires qui n’ont pas un souci pour les brebis et sont prêts à les abandonner devant les dangers car elles ne comptent vraiment par pour lui, lui Jésus aime ses brebis, les connait, se donne et se livre pour elles. Il prend soin de chacune d’elles et les défend vigoureusement contre toute forme de danger car tous les hommes ont du prix à ses yeux, au point qu’il est capable de risquer sa vie pour chacun d’eux. En conformité avec le Père, il a le devoir de rassembler les brebis égarées et dispersées tout en respectant leur liberté. Lui le bon Pasteur entretient avec ses brebis une relation de connaissance mutuelle fondée sur l’amour que le Père leur porte comme à lui. En bon Pasteur, il a offert pour nous sa vie en sacrifice sur la croix au point de faire pour nous un Sacrement de son corps et de son sang, et de rassasier de l’aliment de sa propre chair  les brebis qu’il a rachetées. Il nous montre dans le mépris de la mort le chemin à suivre, il nous présente le modèle auquel nous conformer.

En ce dimanche de Jésus le Bon Pasteur, consacré à la Journée mondiale de prière pour les vocations, notre attention doit être portée sur toutes les vocations. C’est une journée d’invitation à la réflexion : quand on parle de vocation, on parle de ce qui touche l’être humain au plus intime de sa liberté. C’est aussi une journée d’invitation à la prière : pour qu’une liberté humaine découvre son chemin, elle a besoin d’être éclairée et stimulée. C’est le rôle du Saint Esprit.

A l’école de Saint Joseph qui se laisse conduire dans son rêve vers la réalisation de la volonté de Dieu, dans le service et la fidélité, nous devons sans cesse implorer le Maître de la moisson afin de susciter en son Eglise des hommes et femmes généreux et dévoués pour la cause du salut du monde. « C’est à cela que tendent les vocations : susciter et régénérer des vies chaque jour. Le Seigneur désire modeler des cœurs de pères, des cœurs de mères : des cœurs ouverts, capables de grands élans, généreux dans le don de soi, compatissants en réconfortant les angoisses et fermes pour renforcer les espérances. C’est de cela que le sacerdoce et la vie consacrée ont besoin, aujourd’hui de manière particulière, en des temps marqués par des fragilités et des souffrances dues aussi à la pandémie, qui a suscité des incertitudes et des peurs concernant l’avenir et le sens même de la vie. » dira le Pape François.

Ô Père, Fais que l’Eglise accueille avec joie les nombreuses inspirations de l’Esprit de ton Fils et, qu’en étant docile à ses enseignements, elle prenne soin des vocations au ministère sacerdotal et à la vie consacrée. Soutiens les évêques, les prêtres, les diacres, les consacrés et tous les baptisés dans le Christ, afin qu’ils accomplissent fidèlement leur mission au service de l’Evangile. Nous te le demandons par le Christ notre Seigneur. Amen !

 

Père Bernard Dourwe, Rcj.

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16 avril 2021 5 16 /04 /avril /2021 10:18

1ere lecture Ac 3, 13-15.17-19, Ps 4, 2eme lecture 1 Jn 2, 1-5 Evangile Lc 24, 35-48

Nous célébrons le troisième dimanche de Pâque B. Le Ressuscité a besoin de témoins…  Pierre s’adresse vivement à la foule : « vous l’avez tué mais Dieu l’a ressuscité, nous en sommes témoins »  (1ère lecture). Il parle avec foi, avec conviction, et sans calcul. Non seulement il ne peut garder pour lui la joie qui l’habite, mais il appelle à la conversion : il est temps, pour tous, de recevoir le baptême, la résurrection du Christ nous sauve (2ème lecture).

Les Apôtres ont, certes, été privilégiés par leur vie avec le Seigneur. Mais leur nom même (« Apôtre » signifie « envoyé ») l’indique : ils ont été choisis pour être témoins, comme nous-mêmes, baptisés, le sommes aujourd’hui.

Dans la première lecture, Saint Pierre après avoir guérit le mendiant handicapé rassure son auditoire merveilleusement surpris par son action que c’est au nom du Christ que le miracle a été possible. Ce Jésus, rejeté par son peuple, livré à Ponce Pilate, et offert en sacrifice est devenu par sa résurrection cause du salut éternel pour tous ceux qui lui obéissent. Tous ceux qui veulent être sauvés sont appelés à se convertir pour revenir à Dieu qui efface les péchés. Dieu éternellement miséricordieux veut en Jésus nous offrir la vie des enfants de Dieu. Il attend donc que nous revenions à lui en renonçant à tout ce qui nous éloigne de lui. La résurrection transmet une bonne nouvelle puisqu’elle est la réponse de Dieu au mal qu’entraîne le péché. Et cette réponse, c’est la Vie.

La lutte contre toute forme de péché doit nous motiver et nous engager à mettre en pratique les commandements de Dieu et à être fidèle à sa Parole. C’est pourquoi dans la deuxième lecture, Saint Jean nous invite à rejeter le péché et à faire confiance en Dieu qui nous délivre de tout mal. Ceci grâce au sacrifice réalisé par Jésus qui a accepté d’être notre défenseur auprès du Père. En Jésus, c’est le monde entier qui est réconcilié et devient proche de Dieu. Voilà une bonne nouvelle de la plus haute importance. Il est urgent de l’annoncer à tous. Il ne nous est pas demandé de faire croire mais de dire et de témoigner par nos actes et toute notre vie. C’est à travers ces gestes que nous rendons présent au monde notre témoignage évangélique car la foi n’est pas spéculative mais pratique et concrète.  Elle est appelée à illuminer notre existence et donner un sens nouveau à notre histoire.

Dans l’évangile de ce jour, saint Luc après avoir relaté l’apparition de Jésus aux disciples d’Emmaüs nous conduit avec eux à Jérusalem. Tandis que ces disciples racontent  comment ils ont reconnu le Christ ressuscité, il apparait aux onze apôtres et à leurs compagnons qu’ils trouvent apeurés et lents à croire. Il les réconforte dans leur peur, leur offre de toucher les marques de la croix, partage avec eux le repas, les aide à comprendre le sens des Ecritures à propos de lui en ouvrant leur esprit à l’intelligence des Ecritures et les envoie par la suite au monde témoigner de son amour, de sa miséricorde infinie et de sa résurrection.

Le Seigneur nous rejoint aussi dans nos peurs. Comme pour les disciples, ses premières paroles sont un message de paix. Quand l’amertume et l’inquiétude prennent le dessus, il vient nous rassurer, nous redonner force et courage. La paix qu’il nous donne vient nous renouveler. Elle nous donne un cœur neuf qui régénère ce qui est vieux. Elle nous redonne vie et espérance à la vie pour toujours. C’est en Jésus que nous trouvons cette paix du cœur.

Le Christ ressuscité est vraiment présent dans nos communautés lorsque nous sommes rassemblés en son nom. C’est lui-même qui prend l’initiative dans nos célébrations de nous nourrir de sa Parole et de ses sacrements surtout de l’Eucharistie afin que nos vies ne soient plus soumises au péché mais qu’en lui  nous soyons des hommes renouvelés par notre façon de faire et d’agir en ce monde. Notre joie doit être grande pour cette nouvelle façon dont le Christ est présent et vivant parmi nous.  Nous rassembler sous sa présidence, rappeler ses paroles, celles aussi de l’Ecriture, rapporter le témoignage  de ceux qui ont vu, rompre le pain dans la joie, répartir ensuite vers le monde où se communique, de proche en proche, la petite flamme du témoignage allumée le jour du Paque : telles sont désormais les signes de la Résurrection, car il n’y a pas de preuves de la vie ailleurs que dans la vie.

Aujourd’hui, quelle emprise le réalisme de la Résurrection exerce-t-il sur notre existence de croyants ? Quelle place l’intelligence des Ecritures occupe-t-elle dans la relecture de notre vie en Jésus Christ ? Par la rencontre bouleversante du Ressuscité en son corps sacramentel, devenons-nous des serviteurs enthousiastes d’une bonne nouvelle qui doit résonner jusqu’au plus profond du cœur de l’homme, jusqu’aux entrailles du monde ?

 

Garde à ton peuple sa joie, Seigneur, toi qui refais ses forces et sa jeunesse ; tu nous as rendu la dignité de fils de Dieu, affermis-nous dans l’espérance de la résurrection ; ouvre nos cœurs à l’intelligence des Ecritures. Fais de nous des témoins et des messagers de l’amour qui est en toi. Par Jésus.

 

Père Bernard Dourwe, Rcj.

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8 avril 2021 4 08 /04 /avril /2021 09:55

1ere lecture : Ac 4, 32-35 ; Ps 117 ; 2eme lecture : 1 Jn 5, 1-6 ;  Evangile : Jn 20, 19-31

Nous célébrons le deuxième dimanche de Pâque. Ce dimanche encore appelé dimanche de la miséricorde divine marque la fin de l’octave de Pâque.  Cette fête de la Divine miséricorde a été instituée par le Pape Jean-Paul II à l'occasion de la canonisation de Sœur Faustine. Il nous offre de contempler l’amour de Dieu miséricordieux qui vient à notre rencontre pour nous manifester sa compassion, sa tendresse et son amour infini. Il se fait proche de nous pour nous attirer à lui.

Dans la première lecture, Saint Luc, auteur des Actes des apôtres nous décrit l’esprit de convivialité de la première communauté. Rassemblés autour des apôtres, ces premiers disciples ont le souci de la mise en commun des biens, de l’annonce et du témoignage de la Bonne Nouvelle du salut aux hommes opéré par la résurrection de Jésus, du partage des biens dans un esprit fraternel et solidaire. Cette première communauté illuminée par le Christ ressuscité combat toute forme de discrimination entre ses membres. La justice véritable, nous enseignent-ils consiste au partage avec ceux qui n’en ont pas, à la lutte pour l’éradication  de toutes formes de ségrégations sociales,  à la recherche du bien de tous.

Saint Jean dans sa première lettre nous laisse entrevoir le bien fondé de croire en Jésus le Christ. En raison de sa grande miséricorde, le Christ nous a libérés de nos péchés ; il nous a fait entrer dans une vie nouvelle, la vie des enfants de Dieu. Nous sommes invités à avoir foi en lui car il est vainqueur du monde par sa mort et sa résurrection. C’est pour nous donner la vie en abondance qu’il a offert sa vie. Nous en retour nous devons accueillir ses commandements et nous laisser guider par eux afin que nous resplendissions comme des fils de lumière, d’amour et de vérité. En effet, notre vocation d’enfant de Dieu nous appelle à renoncer à l’amour du monde pour n’aimer que Dieu qui veut notre salut à travers la foi réellement vécue dans ce monde à travers des choix de vie qui manifestent la présence de l’Esprit Saint en nous.

Saint Jean, dans l’Evangile, nous livre deux récits des apparitions de Jésus. Alors que les portes sont verrouillées, le Christ ressuscité apparait à ses disciples le premier jour de la Semaine. Il les trouve apeurés, effrayés. Rappelons-nous : quelques jours plus tôt, Judas l’a trahi ; Pierre l’a renié. Tous l’ont abandonné. Et maintenant, ils se cachent, ils s’enferment ; En effet, ils ont peur d’être recherchés par ceux qui ont condamné leur Maître. Voilà que Jésus ressuscité les rejoint. Il aurait pu leur faire des reproches. Or c’est la paix qu’il leur apporte. Cette paix c’est le pardon, c’est la réconciliation. Avec Jésus ressuscité, le mal ne peut avoir le dernier mot. C’est la miséricorde qui triomphe. Voilà une bonne nouvelle très importante pour nous : quand nous nous sommes détournés du Seigneur, il est toujours là ; il ne cesse de nous  rejoindre pour nous apporter sa paix. En ces temps de Pâque le Christ nous rejoint pour nous libérer de cette peur. Il invite ses apôtres à sortir et à partir en mission : "Comme le Père m'a envoyé, moi aussi je vous envoie." Nous sommes envoyés témoigner au monde l’amour miséricordieux de Dieu qui est mort et ressuscité pour nous donner la vie en Jésus.

Thomas n’étant présent, va bénéficier de la deuxième apparition de Jésus huit jours après. Il tient à voir et à toucher les marques de la crucifixion avant de croire. Le Christ miséricordieux va exaucer sa prière en lui accordant la grâce de toucher les marques de clous et la blessure de son coté tout en l’invitant à sortir de son incrédulité pour faire un pas dans la foi. Thomas va  reconnaître en lui Son Seigneur et Son Dieu. La rencontre et la parole de Jésus vont provoquer la profession de foi de l’incrédule. Jésus lui a fait miséricorde pour son incrédulité.

Nous aussi, nous nous reconnaissons dans ce disciple qui cherche des preuves. Mais le Seigneur nous redit les mêmes paroles : « Heureux ceux qui croient sans avoir vu. » Nous voici invités à entrer dans le mystère, là où l’invisible se fait souvent plus réel que le visible, là où le désenchantement peut faire place à l’émerveillement, là même où le doute s’est ouvert à la confiance. Nous sommes souvent des Thomas : absent de la communauté, incrédules, cherchant à limiter notre foi et la vérité à ce qui nous semble sensible, physique, matériel et perceptible. Nous cherchons des preuves pour ne pas apparaître comme des naïfs mais nous passons alors à côté des signes et des témoignages qui font appel à notre libre adhésion avec une lucidité nouvelle et une compréhension plus profonde encore de la réalité et des événements. Or, la foi  nous conduit à croire bien au-delà du sensationnel.

Le Christ ressuscité a les marques de sa blessure. Il continue à souffrir pour  répandre sa miséricorde sur toute l’humanité. Il porte en lui les blessures, les souffrances, les misères de ce monde. Il nous appelle à reconnaitre les signes de sa présence auprès de tous ceux qui souffrent et connaissent des difficultés. Croire en lui, c’est s’unir à toutes les formes de souffrances de ce monde. S’unir  à lui pour les combattre et les éradiquer à travers une vie totalement dédiée pour le salut de tous. 

Dieu de miséricorde infinie, tu ranimes la foi de ton peuple par les célébrations des sacrements pascales ; augmente en nous ta grâce pour que nous comprenions toujours mieux quel baptême nous a purifié, quel esprit nous a fait renaitre ; et quel sang nous a racheté. Par  Jésus.

 

Père Bernard Dourwe, Rcj.

 

 

 

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1 avril 2021 4 01 /04 /avril /2021 20:31

1ere lecture Ac 10, 34a.37-43 ; 2eme lecture : Col 3,1-4 ; Evangile : Jn 20, 1-9.

 

Après quarante jours de prière, de jeûne et d’aumône, d’exercices spirituels afin de vivre la Pâque du Seigneur et de nous réconcilier avec Dieu, avec le prochain et avec nous-mêmes,  notre joie est grande en ce jour où nous célébrons l’événement de la Résurrection de notre Seigneur Jésus-Christ. Au départ, la Pâque c’est la fête du passage. Elle nous rappelle qu’à l’époque de Moïse, le peuple hébreu a été libéré de l’esclavage d’Egypte. Il a « passé » la mer rouge pour s’acheminer progressivement vers la terre promise. Et au matin de Pâque, nous fêtons le Christ qui est « passé » de la mort à la Vie.

Le Fils du Dieu Vivant après avoir souffert sa passion et la mort sur la croix sort victorieux du tombeau trois jours après. Marie Madeleine, Pierre et Jean en sont témoins du tombeau Vide. Dans les Actes des apôtres, Pierre annonce la joie de la résurrection à ses auditeurs et Paul aux Colossiens livre les implications de la résurrection de Jésus dans notre vie. Sa résurrection est une Bonne Nouvelle pour toute l’humanité car avec lui, nous sommes morts et ressuscités.

Sortie très tôt pour s’y rendre au tombeau de celui qu’elle a toujours aimé, Marie Madeleine est surprise de constater que le tombeau de Jésus est vide. Prise de panique, elle se dépêche d’aller annoncer aux apôtres son constat. Pierre le Chef des apôtres et Jean le disciple bien-aimé vont se dépêcher d’aller eux aussi constater le tombeau vide. Ils découvrent que le linceul et le suaire sont soigneusement rangés. Marie Madeleine et Pierre n’arrivent pas à comprendre ce qui se passe. Le disciple bien-aimé, contrairement à eux, voit et croit immédiatement. Il décrypte les signes du linceul et du suaire rangés et du tombeau vide comme étant des expressions du Christ victorieux de la mort. Son regard s’ouvre aussitôt à la foi à la résurrection.

L’évènement de la résurrection nous appelle à faire un bond dans la foi. Les signes sont donnés mais ils doivent être accueillis et interprétés bien au-delà du sensible. Il faut pour cela faire l’expérience de l’amour véritable de Dieu. Jean parce qu’il est pris d’amour pour Dieu est capable de voir ce que les sens  et les autres ne voient pas. Son amour pour le Christ le conduit à courir plus rapidement que Pierre,  à respecter la place de Pierre chef des apôtres et à  voir au-delà des signes la présence du Christ ressuscité. L’amour que nous avons pour Dieu est une ouverture à une foi plus grande et plus dynamique.

Cette expérience de la résurrection de Jésus va une fois pour toute transformée Pierre qui sera désormais un apôtre infatigable de l’annonce de la Bonne Nouvelle. A Césarée, Pierre invite ses auditeurs à reconnaitre en Jésus de Nazareth, qui faisait du bien partout où il passait, qui guérissait les malades, qui libérait les possédés, celui-là qui est mort pendu au bois du supplice, le Juge des vivants et des morts. C’est par lui que les apôtres ont reçu le pouvoir de témoigner et d’annoncer l’amour de Dieu fait don aux hommes  pour qu’ils aient la vie en leur accordant le pardon de leurs péchés.

Cette annonce de la Bonne Nouvelle nous appelle à changer notre vie, à nous convertir. Saint Paul en effet, nous exhorte à rechercher des réalités d’en haut car nous sommes morts et ressuscités avec Jésus. Sa résurrection a une implication immédiate sur notre existence. Désormais, nous ne nous appartenons plus et nous ne sommes plus condamnés à la mort car le Christ à travers sa mort et sa résurrection a  vaincu la mort une fois pour toute pour notre salut. Nous devons donc manifester les signes concrets de notre rachat à travers le renouvèlement de notre façon de vivre, de penser et d’agir en ce monde passager.

La fête de Pâque nous éclaire sur tous ces passages qui marquent notre existence. Le grand passage de Jésus nous ouvre le chemin qui nous permettra d’aller plus loin. Célébrer la résurrection du Christ, c’est passer avec lui de la mort à la vie, c’est passer du pays de la servitude à la libération et au salut. Par notre baptême, nous sommes ressuscités avec le Christ. Avec lui, nous sommes entrés dans une vie nouvelle et rien ne peut nous séparer de son amour. Alors oui, nous pouvons chanter Alléluia et rendre grâce au Seigneur qui fait des merveilles. Il est présent avec nous tous les jours et jusqu’à la fin du monde.

Cette fête de Pâque va durer 50 jours. C’est pour nous l’occasion de retrouver l’audace, de laisser mourir ce qui doit mourir et d’appeler à la vie ce qui doit vivre. Le Christ ressuscité nous invite à choisir la vie et à nous laisser envahir par l’amour de Dieu. C’est ainsi que nous pourrons faire reculer la guerre, la violence, la haine, le mépris des autres. N’ayons pas peur des forces du mal et de la mort. Dieu a ressuscité Jésus d’entre les morts et il nous donne le désir de vivre en ressuscités avec lui.

 

En ce jour, nous te prions, Seigneur ressuscité ; viens enlever de nos cœurs la pierre qui nous enferme dans les ténèbres. Que la lumière de Pâque brille sur le monde entier. Tu demeures avec nous dans le mystère de ton Eucharistie. « Gloire à toi qui étais mort ! Gloire à toi qui es vivant ! Viens Seigneur Jésus. »

 

Père Bernard Dourwe, Rcj.

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27 mars 2021 6 27 /03 /mars /2021 06:55
 

Mc 11, 1-10 ; Is. 50, 4-7 Ps. 21 Ph 2, 6-11 Mc. 14,1 – 15,47

Nous célébrons le dimanche des Rameaux et de la passion de notre Seigneur Jésus-Christ. Les textes liturgies nous offrent de contempler l’entrée triomphale de Jésus à Jérusalem et le drame de sa passion et de sa mort sur la croix.

Ce dimanche des rameaux inaugure le début de la semaine sainte qui va trouver son couronnement à la pâque du Seigneur. Cette semaine sainte sera surtout marquée par le Triduum pascal qui occupe une place primordiale dans notre vie de foi. Jeudi, nous serons invités à faire mémoire de la première Cène : « faites cela en mémoire de moi. » Dans un temps d’adoration, nous serons invités à lui tenir compagnie…Vendredi, nous suivrons le Christ dans son portement de Croix. Nous vénérerons ce bois précieux d’où est jaillie la vie. Samedi, nous serons avec lui au tombeau dans le silence et le questionnement pour pouvoir accueillir dimanche matin la lumière de la Résurrection et la puissance de l’Esprit Saint qui l’a relevé d’entre les morts.

Jésus est solennellement accueilli à Jérusalem par une foule immense agitant des palmes et déposant des manteaux sur son passage parce qu’elle reconnait en lui le Saint de Dieu, celui qui vient au nom du Seigneur « Hosanna ! Beni soit celui qui vient au nom du Seigneur ! Béni soit le Règne qui vient, celui de David, notre père. Hosanna au plus des cieux ! ». Contrairement au messie royal et triomphal, monté sur un cheval ou une mule, qu’attendait Israël, il vient, monté sur un ânon, dans la simplicité, la modestie, la douceur et l’humilité pour manifester que son Royaume n’est pas un triomphalisme mais plutôt un Royaume pacifique, non violent qui appartient aux doux et humbles de cœur. Quelques jours après cette entrée triomphale, il va vivre sa passion et sa mort sur la croix.

Au-delà du drame que vit Jésus entre la trahison de Judas, le reniement de Pierre, l’abandon de ses disciples, les fausses conspirations des grands prêtres, les faux témoignages de la foule, Marc nous laisse entrevoir dans son récit de la passion la question de la vraie identité de Jésus. Pour Marc, le véritable sens de la «Bonne Nouvelle de Jésus Christ, le Fils de Dieu» est révélé sur la croix. L’expression qui sort des lèvres du centurion romain est la synthèse de sa théologie : «Vraiment, cet homme est le Fils de Dieu». Le «secret messianique» de saint Marc est alors dévoilé et Jésus dit enfin qui il est. Pendant toute sa vie publique, il avait demandé aux gens de garder le silence sur son identité, car on ne pouvait vraiment «comprendre» Dieu qu’en regardant la croix : il est «fils», il est «roi», mais pas comme les hommes se l’imaginent... Il est tout amour, il est l’amour absolu, qui meurt pour «les autres»... Ce roi est le serviteur sans privilège et sans  domination, qui «est venu pour servir et non pour être servi».

Jésus Fils de Dieu reconnu ainsi depuis le début de son Evangile est professé et reconnu par le centurion romain comme fils de Dieu. Ses accusateurs veulent se rassurer de son appartenance divine. Le Seigneur est accusé dans deux procès différents: un procès «religieux», devant les grands prêtres et devant les 70 membres du Sanhédrin... et un procès «politique», devant Pilate, représentant de l’empire romain. Au cours de ces deux procès, son identité véritable nous est révélée. Devant le Grand Prêtre, il affirme être le Messie, le Fils de l’Homme. Face à Pilate, il reconnait être le Roi des Juifs, mais pas comme les rois de ce monde. Sur la croix, il reprend la plainte du Serviteur souffrant du prophète Isaïe : «Mon Dieu, mon Dieu, pourquoi m’as-tu abandonné

 Cet homme bafoué, insulté, maltraité, humilié, trahi, renié est vraiment le Fils de Dieu. Il se laisse conduire comme un bétail qu’on amène à l’abattoir sans chercher à se défendre car il a mis son espérance en Dieu qui va le délivrer de la mort. Il endure jusqu’au bout sa souffrance pour que sa mort devienne source de salut pour tous ceux qui croiront en lui. « Jésus s’est abaissé lui-même en devenant obéissant jusqu’à mourir, et à mourir sur une croix. » nous souligne saint Paul dans lettre aux Philippiens. C’est pourquoi Dieu va l’exalter. Par sa mort et sa mort sur la croix, le peuple de ceux qui marchait dans les ténèbres peut désormais exulter de joie car sa rédemption parvient à sa réalisation.

Nous ne pouvons pas par nous-mêmes, entrer dans un si grand mystère. C’est une grâce que de pouvoir vivre la Passion et la Résurrection de Jésus, il nous faut la demander. Combien de frères et de sœurs condamnés injustement, torturés, bafoués, flagellés, mis à mort, aujourd’hui encore ! Quelquefois ce sont des peuples entiers qui subissent la violence. Jésus a tout récapitulé dans sa Passion. Pour dévoiler l’amour divin qui est plus grand que la haine des hommes, Dieu en Jésus, s’est abaissé. Nous voulons nous aussi accepter d’être abaissé sur le chemin de notre vie, non pour souffrir par masochisme, mais pour devenir riche en Dieu, source de l’amour.

Dieu éternel et tout-puissant, pour montrer au genre humain quel abaissement il doit imiter, tu as voulu que notre Sauveur, dans un corps semblable au nôtre, subisse la mort de la croix : accorde-nous cette grâce de retenir les enseignements de sa passion et d’avoir part à sa résurrection. Lui qui règne.

 

Père Bernard Dourwe, Rcj.

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20 mars 2021 6 20 /03 /mars /2021 06:23

1ere lecture Jr 31, 31-34 ; Ps 50 ; 2eme lecture Hb 5, 7-9 ; Evangile Jn 12, 20-33

Nous célébrons le cinquième dimanche de carême B. Progressivement nous approchons  de la célébration du mystère pascale. L’heure de Jésus approche. Il veut établir l’alliance Nouvelle entre Dieu et l’humanité. Annoncée par le prophète Jérémie, cette alliance va se concrétiser par la mort de Jésus sur la croix. Dans l’histoire de l’humanité, Dieu a fait plusieurs alliances avec les hommes. Durant ce temps de Carême, la liturgie nous a permis de revivre l’Alliance entre Dieu et Noé. A travers lui, Dieu a renoncé à détruire de nouveau l’humanité par le déluge. L’arc-en-ciel est le signe de cette alliance. Une alliance a aussi été faite entre Dieu et Abraham. Dieu promet à Abraham d’être le père des nations. La circoncision en est le signe. Une autre alliance a été faite entre Dieu et Israël à la sortie de l’Egypte. Le peuple libre a scellé l’alliance avec Dieu au moyen du décalogue. Mais toutes ces différentes alliances ont connu des faiblesses à cause de nombreux péchés et égarements des hommes.

Dieu éternellement fidèle, qui a toujours pris l’initiative le premier pour venir au secours des hommes en leur manifestant son amour et sa miséricorde, ne va pas rester indifférent aux infidélités du peuple. A travers Jérémie, il annonce l’alliance nouvelle. Cette alliance sera totalement différente des précédentes. Il s’agit d’une nouveauté radicale, et non plus d’un rétablissement des liens brisés par le péché. En cette nouvelle alliance, Dieu promet d’effacer les péchés de son peuple qui s’est détourné de lui à travers de multiples infidélités. Le peuple va bénéficier de la grâce du pardon de ses péchés. Il fera également don d’une loi nouvelle. Jésus nous aidera à comprendre que cette loi nouvelle réside dans l’amour de Dieu et du prochain dont nous devons aimer de tout notre cœur, de toute notre âme et de toute notre force. Elle est inscrite au fond de nos cœurs. En Jésus, Dieu va sceller cette alliance nouvelle et éternelle.

Afin que cette alliance parvienne à son terme, Jésus, Fils de Dieu fait homme pour notre salut va se soumettre à la volonté de Dieu. Il va obéir au Père jusqu’au don de soi. Son obéissance va plaire au  Père qui va le ressusciter d’entre les morts. Pendant sa vie mortelle,  nous dit la lettre aux hébreux, Jésus « a présenté, avec un grand cri et dans les larmes, sa prière et sa supplication à Dieu qui pouvait le sauver de la mort ». Il a souffert sa passion et s’est offert en sacrifice en livrant son corps et en versant son sang pour nous et pour la multitude. Par ce sacrifice, il a établi une fois pour toute l’Alliance Nouvelle entre Dieu et les hommes. Grace à sa mort sur la croix, signe de l’alliance nouvelle, nous sommes sauvés et rachetés de la mort éternelle. "Il est devenu pour ceux qui lui obéissent cause du salut éternel". Son sacrifice est un véritable élan d'amour qui répond à celui du Père. Il est allé jusqu'au fond de la détresse humaine.

Durant sa vie entière en effet, don offert au Père et aux hommes, Jésus recherche l’accomplissement de la volonté de Dieu qui va le conduire à son heure. Cette heure longtemps attendue et désirée est l’heure de sa passion, de sa glorification, du jugement et du salut du monde et du jugement du prince de ce monde.  C’est l’heure de la manifestation de l’amour absolu de Dieu. Désormais sa mission est au comble : le grain de blé doit mourir pour donner de fruits. Ce n’est que par sa mort que nous pouvons vivre. S’il l’a fait, nous sommes aussi appelés à mourir pour ressusciter en faisant des choix de vie radicaux, en nous inscrivant dans la logique du : qui perd  sa vie la gagne et qui veut gagner sa vie la perd et en  nous mettant au service de tous à son exemple. La mort vaincue cesse d’être avec lui une tragédie et une fin, mais plutôt le commencement d’une vie nouvelle, féconde et heureuse. Ce n’est qu’ainsi que nous pourrons avec lui vaincre le prince de ce monde.

 

Que ta grâce nous obtienne, Seigneur, d’imiter avec joie la charité du Christ qui a donné sa vie par amour pour le monde. Lui qui règne avec toi dans l’unité du Saint Esprit, un seul Dieu pour les siècles des siècles. Amen.

Père Bernard Dourwe, Rcj.

 

 

 

 

 

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13 mars 2021 6 13 /03 /mars /2021 18:33

QUATRIÈME DIMANCHE DE CARÊME B

1ere lecture 2Ch 36, 14-16.19-23; Ps 136; 2eme lecture Ep 2, 4-10; Évangile : Jn 3, 14-21

Les textes liturgiques de ce quatrième dimanche nous invitent à contempler la miséricorde de Dieu qui ne cesse de se manifester dans l’histoire des hommes malgré les péchés de ces derniers. Cette miséricorde va atteindre son sommet par le don de Jésus-Christ qui va offrir sa vie sur la croix en sacrifice pour le rachat de l’humanité. Notre joie de nous savoir aimer par Dieu d’un amour incommensurable doit être grande en ces jours où la Pâque du Seigneur approche.

La première lecture extraite du second livre des Chroniques fait une relecture des évènements qui vont conduire Israël en exil. Israël en effet va se détourner du Seigneur à travers de nombreuses infidélités sous le règne de Sédécias. Malgré ces nombreuses infidélités, Dieu ne va cesser de manifester son amour pour son peuple élu en l’envoyant de nombreux messagers. La surdité et le rejet des messagers de Dieu, ses prophètes auront pour conséquence le départ en exile à Babylone. L’esclavage perpétré par Nabuchonozor et sa descendance aux israélites va leur permettre de prendre conscience de leurs fautes, d’y renoncer et de renouer les relations avec le Seigneur. Dieu va manifester sa miséricorde en les ramenant de la déportation. Il va donc se servir de Cyrus, roi de Perse pour leur accorder la libération et le retour sur leur terre.

Dieu éternellement bon et miséricordieux ne prend plaisir à la souffrance et à la mort de personne. Nos malheurs sont pour la plupart des cas occasionnés par nos choix de vies qui ne correspondent pas toujours à la volonté de Dieu.  Dans sa patience et son amour infini, il attend notre retour à lui pour trouver grâce et paix en abondance. Notre bonheur est en sa présence. Loin de lui, nous sommes comme en exile.

Saint Paul à travers sa lettre aux Éphésiens, nous invite à prendre conscience de l’Amour miséricordieux de Dieu envers nous. C’est dans la gratuité totale, par sa grâce et non  pas par nos mérites que nous avons été sauvés en Jésus-Christ. Nous devons donc adopter une attitude d’humilité et de reconnaissance envers Dieu qui nous a aimés le premier en nous faisant don de son Fils, preuve de son amour total. Ce Fils va s’offrir en sacrifice expiatoire pour le rachat de l’humanité. Par lui, le monde est à jamais réconcilié avec Dieu.

Saint Jean dans  l’évangile de ce jour nous laisse entrevoir le sacrifice du Christ comme source de notre rédemption. L’élévation de Jésus, sur la croix en analogie avec l’élévation du serpent de bronze par Moïse au désert est l’expression vivante de l’amour de Dieu qui se livre pour nous sauver. Par son élévation notre salut est accompli. Son accueil dans notre vie est une bonne nouvelle. Par contre, son rejet est source de nos malheurs, de nos tristesses et de nos lendemains sans avenir car obscurcis par les ténèbres. L’accueillir c’est vivre en enfant de Dieu, c’est-à-dire se laisser illuminer par le Seigneur qui éclaire et dissipe nos ténèbres afin de nous conduire à son admirable lumière. C’est donc réaliser des choix de vie au quotidien qui nous mènent à Dieu en nous éloignant du péché.

En ce quatrième dimanche, Dieu riche en amour et en miséricorde, tout en nous pardonnant nos fautes à travers son Fils Jésus-Christ, nous appelle à faire de notre vie une existence qui conduit au salut éternel. Sa miséricorde n’est pas une lâcheté dans ce monde où règnent le mal et toutes sortes d’injustices sociales, de violence, de haines, de guerres, de discriminations entre les hommes. Mais elle est un signe de son amour débordant et plein de patience pour le pécheur qui doit se convertir afin d’être sauvé. Notre réponse à cet amour inlassable passe par une vie de conversion, d’humilité, de service, de reconnaissance et du don de soi pour le bien de tous. Le salut du monde bien que réalisé par Jésus-Christ nous urge et nous engage à être aujourd’hui dans le concret de notre vie des signes et des instruments efficaces de la miséricorde divine.

Dieu qui as réconcilié avec toi toute l’humanité en lui donnant ton propre Fils augmente la foi du peuple chrétien, pour qu’il se hâte avec amour au-devant des fêtes pascales qui approchent. Par Jésus.

 

Père Bernard Dourwe, Rcj.

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