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18 décembre 2020 5 18 /12 /décembre /2020 19:56

1ere lecture : 2 Sam 7, 1-5.8-12.14.16 ; Psaume 88 ; 2e lecture : Rom 16, 25-27 ; Evangile : Lc 1, 26-38.

Ce quatrième dimanche est le dernier du temps de l’Avent. Il nous permet de presser nos pas dans l’Attente et l’accueil de notre Seigneur qui est déjà tout proche.

Dans la première lecture extraite du second livre de Samuel, le Roi David, après une longue période de guérillas contre les philistins, se trouvait enfin en paix. Il n’est pas satisfait que l’Arche de Dieu soit sous la tente tandis qu’il habite un palais royal. Il manifeste l’ardent désir de construire une demeure au Seigneur. Dieu par l’entremise du Prophète Nathan va répondre à cette demande à travers la promesse d’un Fils qui perpétuera à jamais la Royauté de David. Ce successeur, qui assurera la stabilité du trône davidique trouvera grâce auprès du Seigneur. Par cette promesse qui se réalisera en Jésus Christ, Fils de David, Dieu se présente comme un Dieu qui nous comble toujours au-delà de nos attentes. Contrairement à une maison de Pierre voulue par David, Dieu, par l’incarnation de son Fils Jésus-Christ, établira une demeure éternelle parmi les hommes.

Nous préparer à célébrer la nativité du Seigneur c’est nous ouvrir au projet de Dieu dans nos vies. Nous sommes bien souvent repliés sur nous-mêmes. Nos projets  sont les plus souvent en vue de la satisfaction de nos instincts et  intérêts égoïstes. David après une vie comblée n’a pour seul souci que la construction de la Maison du Seigneur. Combien parmi nous sont préoccupées pour la réalisation des œuvres de Dieu ?

Dans la deuxième lecture, Saint Paul dans sa lettre aux Romains nous invite à Rendre Grace à Dieu car il est digne de Gloire. Par Jésus-Christ son Fils Unique, Dieu a rendu présent le mystère annoncé depuis les siècles. En Jésus, notre salut est désormais réalisé. Il est la manifestation vivante et la réalisation des promesses annoncées. Par lui, le salut est désormais universel. Tout homme sans aucune discrimination de race, de nation, de sexe et d’âge est désormais bénéficiaire de l’amour infini de Dieu. En Jésus le salut s’offre à tous les croyants et les païens.

La promesse d’un successeur éternel faite à David trouve sa réalisation dans l’Evangile de ce jour. Marie, pauvre, humble et simple, reçoit la visite de l’Ange Gabriel qui lui annonce qu’elle concevra et enfantera un fils. « Il sera grand, il sera appelé Fils du Très Haut le Seigneur lui donnera le trône de David son Père, il règnera pour toujours sur la maison de Jacob  et son règne n’aura pas de Fin ». Dieu tient toujours à ses promesses car il est le Dieu éternellement fidèle. Il se penche sur son humble servante la Vierge Marie pour lui faire participer au projet salvifique de l’humanité. Marie en retour en toute humilité accepte d’accueillir en son sein le Verbe qui veut se faire chair afin d’habiter parmi nous. Saint Ambroise nous enseigne que « Seul Marie est justement appelée pleine de grâce, ayant seul obtenu cette grâce que nulle autre n’avait reçue, d’être remplie de l’auteur de la grâce. ».

Son oui donné à l’ange ouvre les portes du ciel à la terre. Désormais, grâce à elle, en l’Esprit Saint, Dieu va venir habiter parmi nous. La vie des hommes n’est plus une vie sans espérance, sans lendemain et abandonnée à eux-mêmes. Grâce à son oui, le salut annoncé par les prophètes depuis les temps anciens devient une réalité. Par elle, Dieu se fait proche de nous et nous appelle à faire avec lui, à vivre et demeurer dans la grâce. Sa présence est une Bonne Nouvelle, un motif de joie sans cesse. Toute l’humanité doit se réjouir car les portes du ciel nous sont ouvertes. Notre nature humaine est divinisée. En l’homme, Dieu trouve joie de demeurer afin que l’homme devienne Dieu.

Comme Marie, Dieu a besoin de notre collaboration dans l’œuvre salvifique. Nous devons coopérer avec lui afin que son Règne arrive. Il tient toujours en considération notre liberté et ne nous impose rien. Nous comprenons pourquoi saint Augustin affirmera que « Dieu nous a créés sans nous mais il ne peut nous sauver sans nous ». Nous devons participer à notre rédemption. Notre vie doit être l’expression de nos oui au projet de Dieu. Suis-je donc disponible à coopérer et à collaborer avec le Seigneur pour que son Fils naisse dans ma vie ? Suis-je disponible à accueillir le Verbe qui veut prendre chair en moi ? En ce quatrième et dimanche de l’Avent, tournons-nous donc vers notre Dieu afin qu’il nous accorde l’a grâce de donner notre oui à son œuvre salvifique.

Merci Seigneur pour tes merveilles. Comme David et la Vierge bénie, tu nous combles toujours bien au-delà de nos attentes. Dispose nos cœurs afin d’accueillir en nos vies Jésus-Christ, Fils de David et notre Sauveur qui vient donner sens à notre humanité. Par Jésus le Christ.

Père Bernard Dourwe, Rcj.

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10 décembre 2020 4 10 /12 /décembre /2020 09:09

                                    TROISIEME DIMANCHE DE L’AVENT B 

1ere lecture : Isaïe 61, 1-11 ; Cantique de Marie : Luc 1, 46-54 ; 2e lecture : 1 Thes. 5, 16-24 ; Evangile : Jean 1, 6-28

Ce 3ème dimanche de l’Avent est aussi appelé « dimanche de la joie ». Il s’agit pour nous de nous réjouir dans le Seigneur. « Soyez toujours dans la joie, priez sans relâche, rendez grâce en toute circonstance. » C’est cet appel à la joie que nous retrouvons dans chacune des lectures de ce dimanche.

Dans la première lecture, Isaïe nous annonce précisément le Sauveur qui apporte la joie. Il s’adresse à un peuple qui se trouve en situation de détresse. Ce peuple a été déporté en exil. Vivant en terre étrangère, il est victime de la pauvreté, de l’oppression et de l’injustice. Isaïe lui annonce que le Seigneur ne peut tolérer plus longtemps les blessures et la misère de ceux qu’il aime. Il vient pour les guérir et les libérer. Voilà une bonne nouvelle à faire circuler de toute urgence : « Le Seigneur fera germer la justice devant toutes les nations ». Avec lui, les malheurs qui accablent notre monde ne peuvent avoir le dernier mot. Il n’y aura plus de crise, ni de violence, ni de guerre. En Dieu, c’est l’Amour qui triomphe.

Le cantique de Marie (qui suit  la première lecture) va dans le même sens. C’est la même bonne nouvelle : Dieu est sauveur. Il comble de biens les affamés. Il relève Israël son serviteur. D’ailleurs, le nom donné à Jésus signifie « Le Seigneur sauve ». Sa venue est une bonne nouvelle pour le monde de son époque mais aussi pour nous aujourd’hui. C’est pour cela qu’en ce temps de l’Avent, il est si important de se mettre dans une attitude d’accueil et de joie. Marie est là pour nous y aider. Avec elle, nous chantons les louanges du Seigneur qui continue à faire des merveilles.

La deuxième lecture est un message de saint Paul aux chrétiens de Thessalonique. Il veut les rassurer et les encourager car ils ont beaucoup de mal à vivre leur foi. Il commence par leur donner des consignes importantes : « Soyez toujours dans la joie, priez sans relâche, rendez grâce en toute circonstance… N’éteignez pas l’Esprit ». Il leur demande également de ne pas repousser les prophètes. Par prophète, il faut entendre celui à qui la Parole de Dieu inspire quelque chose pour « construire, réconforter, encourager ». Mais il ne s’agit pas d’écouter bouche bée. Il est important que nous fassions preuve de discernement. Nous avons tous besoin de clarifier et de consolider notre espérance « en la venue de notre Seigneur Jésus Christ ».

L’évangile de ce dimanche nous montre une autre source de joie. Il nous présente Jean Baptiste comme « témoin de la lumière ». Il n’était pas la lumière mais il l’a montrée. Il a désigné le Messie à tous ceux qu’il rencontrait : « Au milieu de vous, se tient Celui que vous ne connaissez pas. » Cette bonne nouvelle que Jean Baptiste adressait aux foules de son temps vaut aussi pour nous aujourd’hui. Jésus est là présent au cœur de nos vies. Malheureusement, nous sommes souvent ailleurs. Et ce n’est pas avec nos seuls moyens humains que nous arriverons à le reconnaître. Pour y parvenir, il nous faut le regard de la foi, un regard éclairé et nourri par la Parole de Dieu et les sacrements.

Le Seigneur vient. Il est mystérieusement présent au milieu de nous. Ce troisième dimanche de l’Avent nous invite à le reconnaître. C’est plus important que tous. Notre monde souffre de l’injustice, de l’immoralité, de l’égoïsme. Il est nécessaire de se convertir sur ces points. Mais le plus grand malheur c’est l’incrédulité, c’est le manque de foi, c’est ne pas reconnaître la présence de Dieu au milieu de nous. Par ce refus de Dieu, nous nous éloignons de celui qui est la seule chance de notre vie.

La question nous est posée : Sommes-nous disposés à accueillir Celui qui vient nous sauver ? C'est le moment de redonner toute sa place à la prière et à tout ce qui peut nous aider à réorienter toute notre vie vers le Seigneur ; par le sacrement du pardon, nous pourrons redresser tout ce qui est tortueux en nous. Le Christ ne demande qu'à nous combler de son amour. Ses paroles sont celles de la Vie Éternelle.

Dans quelques jours, nous fêterons Noël. Ce sera pour nous une occasion de donner de la joie à ceux et celles que nous aimons. Mais si nous en restons là, c’est vraiment dommage. Vivre Noël, c’est faire un geste de foi ; c’est croire en Jésus qui vient et nous engager à écouter sa Parole et à le suivre. Les plus beaux cadeaux du monde, les plus fastueux réveillons ne peuvent pas vraiment nous combler. C’est seulement auprès du Seigneur que nous trouverons la vraie joie. Il ne peut y avoir de vie chrétienne vraiment authentique sans cette joie née de l’amour de Dieu. Nous ne pouvons pas annoncer la bonne nouvelle de Jésus Christ avec un air d’enterrement.

Accueillons cette invitation à la joie comme un appel à la foi, une foi rayonnante et communicative. A la suite de Jean Baptiste, soyons nous aussi des témoins de la lumière toujours soucieux de préparer les chemins du Seigneur et de dire son amour. C’est cela qu’il attend de chacun de nous. Mais pour remplir cette mission, nous venons puiser à la Source de l’amour qui est en lui. Nous nous nourrissons de la parole du Seigneur et de son Eucharistie.

En ce dimanche, nous nous tournons vers toi Seigneur : Que ta lumière rayonne à travers nous et attire les hommes à toi. Que ton amour passe vers eux à travers nous, à travers nos paroles et notre vie de tous les jours.  Par Jésus le Christ notre Seigneur et Dieu, qui vit et règne avec toi dans l’unité du Saint Esprit, un seul Dieu pour les siècles des siècles. Amen.

Père Bernard Dourwe, Rcj.

 

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3 décembre 2020 4 03 /12 /décembre /2020 19:55

1ere lecture : Is 40, 1-5.9-11 ; Psaume 84; 2eme Lecture 2 Pi 3, 8-14 ; Evangile : Mc 1, 1-8.

L’Evangile de ce dimanche nous annonce une bonne nouvelle. Aujourd’hui, nous n’en avons que le commencement. Nous avons un peu perdu l’habitude d’entendre parler de bonnes nouvelles. Chaque jour, nous n’en recevons que des mauvaises. Les médias ne cessent de nous parler de la crise, des licenciements, des violences de toutes sortes et en ces derniers nous sommes bien immergés dans la pandémie de la Covid 19. Et quand nous échangeons entre nous, les conversations tournent autour de telle personne qui est entrée à l’hôpital ou qui est décédée. N’y aurait-il pas de la place pour les bonnes nouvelles ?

Justement si, et c’est l’évangile de Marc qui vient nous en faire part. Il s’agit de la bonne nouvelle de l’amour de Dieu. Elle nous annonce le Salut que Jésus nous apporte. Cette bonne nouvelle a commencé quand Jésus est né. Elle se poursuit aujourd’hui. Elle ne cessera d’être proclamée tous les jours et jusqu’à la fin des temps. Le Concile Vatican II nous l’a rappelé : « C’est le Christ qui nous parle tandis qu’on lit dans l’Eglise les Saintes Ecritures. » (Constitution sur la liturgie). Il est présent au milieu des fidèles réunis en son nom pour leur faire entendre cette bonne nouvelle.

C’est un peu ce même message que nous lisons dans la première lecture. Il s’adresse à un peuple exilé à Babylone. Le prophète Isaïe s’efforce de le consoler. Il lui rappelle ce qui s’est passé autrefois quand les hébreux étaient esclaves en Egypte. Dieu a appelé Moïse pour arracher son peuple à cet esclavage. Pendant 40 ans, ils ont erré dans le désert avant d’entrer dans la terre promise. Cette fois, il n’y a plus besoin d’un Moïse. Dieu prendra lui-même la tête du son troupeau. Avec un tel berger, l’entrée à Jérusalem sera triomphale. C’est donc un appel à l’espérance que nous entendons dans ce texte de la Bible.

La deuxième épître de Pierre nous ouvre à la signification du temps pour Dieu. Pour nous, le temps se compose de minutes, d’heures, de jours, de semaines, de mois, d’années et de siècles qui s’additionnent les uns aux autres et constituent un temps chronologique qui dure, et qui s’écoule, quelque fois trop lentement ou trop vite. Nous comprenons l’histoire humaine comme une succession d’époques qui ont chacune leur richesse et leur misère. Nous avançons dans le temps. Il y a un passé, un présent et un futur. Pour Dieu, il n’en est pas ainsi : « Pour Dieu, un seul jour est comme mille ans et mille ans sont comme un jour » (2 P 3, 8). Pour lui, le temps est un éternel présent et le jour d’aujourd’hui n’est pas différent de la nuit de Bethléem, ni du jour du retour du Christ à la fin des temps. En Dieu, il n’y a pas de durée, de succession d’époques et de longueur du temps, mais un même événement et un même dessein qui se déploient dans un acte unique, perpétuellement en accomplissement.

Le même Dieu nous rejoint aujourd’hui dans nos situations désespérées. Il est toujours du côté des petits, des exclus, de ceux et celles qui sont persécutés à cause de leur foi. Pour lui, il n’y a pas de situation désespérée. Il vient et il nous faut lui préparer le chemin. Il ne dit pas que nous allons à lui ; en effet, par nos seuls moyens nous en sommes bien incapables. C’est lui qui fait sans cesse le premier pas vers nous et qui prend l’initiative de venir à notre rencontre. Il vient nous révéler notre dignité. Avec lui le mal n’aura pas le dernier mot.

L’Evangile de Marc nous montre un chemin de conversion. Il nous invite à regarder le témoignage de Jean Baptiste quand il proclame la venue du Messie. Il ne va pas à Jérusalem au milieu de la foule et du bruit. Bien au contraire, il va au désert ; il est « en tenue de désert » ; il se nourrit de ce que le désert veut bien lui donner, des sauterelles et de miel sauvage. Comme lui, nous sommes tous appelés au désert. Non, il ne s’agit pas de partir au Sahara, (même si certains peuvent choisir cette solution). L’important c’est de se réserver des moments loin du bruit et de nous mettre dans un état qui favorise la réceptivité du cœur. Dieu vient à notre rencontre. Il frappe à notre porte et il attend de nous une réponse libre et aimante.

En ce dimanche comme durant tout ce temps de l’Avent, nous sommes invités à préparer le chemin pour  accueillir le Seigneur qui vient. Sa venue est imminente. Nous disposer pour l’accueillir est une urgence. C’est pourquoi la voix du prophète retentit dans le désert.

Nous devons préparer le chemin en nous purifiant, en travaillant à notre conversion, en changeant de vie en recevant le sacrement de Réconciliation. Point de place ne doit plus être accordée à une vie de péché. Notre désir le plus ardent doit être la recherche de la volonté de Dieu en toute chose et tout lieu. Jean Baptiste est là pour nous le rappeler. « Changer totalement de conduite…retournez-vous ! » C’est le sens du mot métanoia qu’on a traduit par conversion. Vous faisiez ceci ? Faites maintenant le contraire. Ce mal que vous faisiez, cessez de le faire. Ce bien que vous ne faisiez pas, mettez-vous à le faire. Changez ! Changez ! La voix retentit dans le désert pour nous appeler à la vérité de notre être. Cette voix humble nous annonce Celui qui vient.  « Voici venir derrière moi celui qui est plus puissant que moi. Je ne suis pas digne de me courber à ses pieds pour défaire la courroie de ses sandales. Moi je vous ai baptisé dans l’eau, lui vous baptisera dans l’Esprit Saint ».

Aujourd’hui, nous te prions, Seigneur, toi qui es le Sauveur et l’Ami des hommes, donne-nous d’être les témoins de ton amour auprès de tous ceux et celles que tu mets sur notre route. Toi qui vit et règne maintenant et pour les siècles des siècles. Amen

Père Bernard Dourwe, RCJ.

 

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27 novembre 2020 5 27 /11 /novembre /2020 19:59

Première lecture : Isaie 63, 16-17.19-64, 2-7 ; Psaume : 79 ; Deuxième lecture : 1 cor 1, 3-9 ; Evangile : Mc 13, 33-37

Nous commençons en ce dimanche la nouvelle année liturgique B. Comme tous les ans, nous débutons cette nouvelle année liturgique avec le temps de l’Avent qui s’ouvre en ce premier dimanche de l’avent.

Au fil des semaines, elle nous conduira jusqu’à Noël. Puis nous suivrons le Seigneur dans les diverses étapes de sa vie publique, sa mort et sa résurrection. Nous nous rappelons que le mot Avent signifie avènement. L’Avent, c’est le temps de la venue du Seigneur. Nous chrétiens, nous pensons tous à Noël. Nous chanterons la naissance du Messie. C’est un tournant absolument essentiel dans l’histoire de notre monde. L’avent est le temps par excellence de la préparation de la venue de Jésus-Christ, le Fils de Dieu qui vient réaliser les promesses du salut faites aux hommes. Il est le temps par excellence de la conversion afin que le Seigneur nous trouve disposé à l’accueillir en Noel. Il est le temps de l’Esperance des hommes et de la création toute entière.

Les textes bibliques de ce dimanche nous invitent à avoir un autre regard sur l’Avent. La liturgie de ce premier dimanche nous invite à veillez sans cesse.  C’est vrai que Noël c’est la naissance de Jésus à un moment de l’histoire du monde. Mais aujourd’hui, l’Evangile nous invite à un autre regard. Ce Jésus dont nous allons fêter la naissance est aussi celui qui reviendra dans la gloire. Son grand projet c’est de nous entraîner avec lui dans le Royaume de Dieu. Aujourd’hui, saint Marc nous rapporte les recommandations de Jésus ; elles se résument en un mot : « VEILLEZ ». Ce mot revient quatre fois ; c’est dire à quel point il est important ; le Seigneur reviendra à l’improviste. Il ne faut pas manquer son retour ; il ne faut pas s’endormir.

C’est vrai que le Seigneur n’aime pas les endormis. Il avait souvent recommandé à ses disciples de rester vigilants. Au moment de son agonie, il dira à ses trois apôtres : « Veillez et priez pour ne pas entrer en tentation ». (Mc 14. 38) Non, il ne cherche pas à mettre la peur dans nos cœurs. C’est l’amour qu’il veut faire grandir en nous, un amour vigilant et attentif. Il veut aussi éveiller en nous le désir de le voir. Nous sommes loin des prophètes de malheur qui annoncent la fin du monde pour demain ou après-demain. Quand Jésus nous parle de l’Avent, il ne faut pas penser d’abord à la fin du monde mais au grand Avent dans lequel nous sommes depuis son Ascension. Le Seigneur vient ; il frappe à notre porte ; et c’est chaque jour que nous nous disposons à l’accueillir.

Le Seigneur est venu il y a vingt siècles. Il n’y avait personne pour l’accueillir, sauf quelques bergers qui veillaient sur leur troupeau et quelques étrangers qui scrutaient le ciel et y ont découvert une étoile mystérieuse. Aujourd’hui, la question nous est posée : quand le Seigneur reviendra à la fin des temps, quel accueil trouvera-t-il ? L’important c’est de préparer cet événement comme une grande fête, dans la joie et la confiance. Quand nous accueillons des invités, nous nous y préparons activement. Nous nous faisons une joie de tout faire pour que tout soit parfait. A plus forte raison quand il s’agit du Seigneur : cette rencontre définitive avec lui doit mobiliser toutes nos énergies. Nous la préparons chaque jour comme une grande fête.

En même temps, nous n’oublions pas que le Seigneur vient chaque jour à travers les événements de notre vie. Il est présent en chaque personne qu’il met sur notre route. Il vient aussi en nous donnant les « paroles de la Vie éternelle ». Quand nous venons à l’église le dimanche, c’est lui qui nous accueille. Il veut que nous ayons la vie en abondance. Malheureusement, le risque est grand de rester assoupi ou endormi par la fatigue ou la routine. Pour reconnaître le Christ et l’accueillir, il nous faut le regard de la foi.

C’est pour cela qu’il est si important d’être en éveil. Nous sommes un peu comme le portier. Il est dedans mais il regarde dehors. Il est celui qui veille et qui réveille. Son rôle est d’accueillir et de mettre en relation avec l’intérieur. En tant que délégué de la communauté, il ouvre la porte et il annonce. Son service est pour les autres. Nous chrétiens, nous sommes ce portier. Nous sommes les témoins et les messagers de ce Jésus qui vient à notre rencontre. C’est tous les jours que nous nous disposons à l’accueillir.

Ne pas dormir, regarder l’avenir avec lucidité et confiance, travailler au monde nouveau, voilà ce qu’est être veilleur. 

En ce début d’année liturgique, nous nous tournons vers toi Seigneur. Aide-nous à devenir les veilleurs de notre humanité. C’est là, au cœur de notre vie de tous les jours, que nous voulons t’accueillir. Garde-nous éveillés pour ne pas manquer ce rendez-vous. Par Jésus le Christ Notre Seigneur.

 

Père Dourwe Bernard, Rcj.

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19 novembre 2020 4 19 /11 /novembre /2020 11:26

1ere lecture : Ez. 34, 11-12.15-17 ; Psaume 22 ; 2eme lecture : 1Co 15, 20-26.28 ; Evangile : Mt 25, 31-46

Pour terminer l'année liturgique, nous célébrons aujourd'hui la fête du Christ, Roi de l'univers. Non pas un roi triomphant, mais un Messie humble et crucifié... un roi serviteur qui donne sa vie pour ceux qu'il aime... un roi berger qui connaît chacune de ses brebis, qui est capable de donner sa vie pour elles, de partir à la recherche de celle qui s'est égarée...

Le Christ n’est pas un roi à la manière du monde, nous le savons. Sa royauté, elle est autre. Sa victoire, c’est celle de la vie, celle de l’amour. C’est pourquoi, même pour le célébrer « Roi de l’univers » et pour chanter sa gloire, l’Ecriture nous présente les autres traits qui le caractérisent. Le Christ est le « bon berger », le pasteur prenant soin des brebis (1ère lecture), celui qui nous fait revivre et qui nous guide (psaume). Et surtout, par amour pour les hommes, il est le petit, le pauvre, l’étranger à aimer (évangile). Non pas un juge autoritaire venu pour condamner, mais le visage du Dieu-Amour venu nous apprendre à aimer.

Par leur folle politique de grandeur, les rois d’Israël avaient précipité leur peuple dans la catastrophe. Or voici que le prophète Ezéchiel annonce que Dieu lui-même, tel le meilleur des bergers, prendra la tête du troupeau : il rassemblera les brebis dispersées pour les ramener au bercail.

Saint Paul dans sa première Lettre aux Corinthiens nous enseigne que le Christ, nouvel Adam, a reçu la mission de libérer les hommes des servitudes qui, par la faute du premier Adam, les opprimaient. Vainqueur du péché et de la mort, il est devenu le chef de l’humanité pour l’introduire dans le Royaume des cieux.

La parabole du Jugement Dernier décrit, à l’aide d’images et d’expressions apocalyptiques, comment le Christ, Roi-Berger, fera le tri des brebis et des chèvres, c’est-à-dire des bons et des méchants. Le critère du jugement sera la Loi d’Amour.

Saint Augustin écrit à ce sujet : «L’amour de Dieu est premier dans l’ordre du précepte, mais l’amour du prochain est premier dans l’ordre de l’agir… Puisque tu ne vois pas encore Dieu, c’est en aimant le prochain que tu purifies ton œil pour voir Dieu.»

Remarquons que, dans notre texte (Mt 25), l’amour du prochain et l’amour de Dieu ne font qu’un : n’est-ce pas Jésus, vrai homme et vrai Dieu, qui est visité, nourri, vêtu, à travers les prisonniers, affamés, miséreux, exclus ? Et s’il en est ainsi, c’est bien parce que Dieu a choisi de s’identifier aux plus démunis que nous sommes tous un jour – ne serait-ce qu’au moment de notre mort.

Voilà qui nous ouvre à un autre aspect de la royauté du Christ, Roi juge certes, mais surtout Roi d’amour. Un amour qui s’efface totalement. Notons que le Christ ne demande pas aux « bénis de son Père » s’ils ont agi en son nom ou à cause de lui – ce que manifestement ils n’ont pas fait. Mais il les reconnaît pour siens. Car dans ces œuvres de miséricorde qu’ils ont accomplies, n’ont-ils pas laissé transparaître l’image de Dieu, vivante au plus profond d’eux-mêmes ?

Célébrer le Christ, « Roi de l’Univers », c’est découvrir notre solidarité avec l’univers tout entier : en avons-nous bien conscience, dans nos célébrations, dans notre prière, dans notre vie ? La fête de ce dimanche nous invite à y penser davantage. Par exemple, avant chaque repas, remercier Dieu pour ce que nous allons pouvoir manger, un peu à la manière de la prière de présentation des dons qui, à la messe, s’adresse à Dieu en disant : « Tu es béni, Dieu de l’univers, toi qui nous donnes ce pain, fruit de la terre et du travail des hommes… ».  Ou bien, le soir, prendre le temps d’une prière familiale qui rende grâce pour la création : les astres du ciel, les richesses des océans, l’intelligence des chercheurs qui nous fait connaître ces merveilles…   Une prière qui offre au Seigneur ce que nous avons fait pour le service de la création qu’il nous confie : au cœur de l’univers, il donne à l’homme une place primordiale, et lui confie de participer à sa propre mission sacerdotale, prophétique et royale.

 

Seigneur Dieu, depuis le commencement du monde tu destines l'humanité à partager la gloire et le bonheur de ton Fils. Fais de nous des témoins de l'espérance, des hommes et des femmes qui se fient à ton amour et croient en Jésus Christ, ton Fils, notre Seigneur et notre Roi, maintenant et toujours. Amen

 

Père Bernard Dourwe, Rcj.

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13 novembre 2020 5 13 /11 /novembre /2020 07:15

TRENTE TROISIEME DIMANCHE DU TEMPS ORDINAIRE A

1ère lecture : Pr. 31,10-31 ; Psaume 127 ; 2ème lecture : 1 Th.  5,1-6 ; Evangile : Mt.  25, 14-30

A quelques jours de la fin de l’année liturgique, la Parole de Dieu parle de la fin des temps, non pour nous affoler par rapport à tel ou tel évènement particulièrement menaçant, mais nous redire de vivre fidèlement, et avec vigilance, notre vie de baptisés. En effet, puisque chacun a reçu des dons, il doit les faire fructifier : la grâce de Dieu nous est confiée pour le bien de tous et nous aurons, en quelque sorte, à en répondre. Pour autant, cette annonce du « jugement » ne doit pas nous inquiéter.  Nous sommes, dit saint Paul, des « fils de la lumière, des fils du jour » : nous avons la lumière de l’Evangile pour guider notre vie.

Aujourd'hui encore, nous sommes invités à être attentifs aux signes du Royaume de Dieu déjà présent au milieu de nous. Et plus encore, à nous risquer à la suite de Jésus et à porter du fruit. Dieu a confié la terre à notre liberté : avec lui, nous sommes créateurs, nous avons sans cesse à inventer la paix, la justice et l'amour. Que la Parole de Dieu réveille en nous le courage de la foi: notre plus grande richesse, c'est ce que nous aurons donné.

Ce poème qui termine le livre des Proverbes fait à la fois le portait, l’éloge de la maîtresse de maison idéale : elle est soucieuse de plaire à son mari ; elle gouverne intelligemment sa maison ; elle tient son foyer ouvert aux malheureux ; elle ne se laisse pas séduire par les artifices de la vanité.

Après avoir rappelé la soudaineté imprévisible du retour du Seigneur, Saint Paul invite ses correspondants à la vigilance, afin qu’ils soient prêts pour la rencontre : qu’ils s’appliquent donc à vivre comme des fils de lumière !

Dans la parabole des talents, le Christ a voulu faire passer une grande leçon, celle-ci : il nous faut déployer au service de Dieu une fidélité active, en faisant fructifier pour le mieux ses dons et ses grâces.

Jésus converse avec ses disciples. Il leur parle de sa venue à la fin des temps. Le Seigneur se compare à un homme qui part en voyage et qui confie ses biens à ses serviteurs. Quels sont ces biens que le maître a laissés aux gens de sa maison pour qu’ils les fassent fructifier ? Ces talents sont, à n’en pas douter, les multiples manifestations de l’amour de Dieu à son Église.

Les serviteurs, dans l’Évangile, reçoivent cet amour à la mesure de leur cœur. Ils sont appelés à le redistribuer autour d’eux pour qu’il grandisse et porte du fruit. Les deux premiers se mettent immédiatement à la tâche. Ils réussissent à doubler la mise. L’amour s’est accru à la hauteur de ce qu’ils avaient reçu. Ils font la joie de leur maître et le maître les invite à partager sa joie.

Le dernier serviteur n’a pas fait fructifier son talent : il l’a enseveli comme on ensevelit les morts. Ce n’est pas l’amour mais la peur qui commande sa vie. Il n’aime pas son maître : «Tu es un homme dur ; tu moissonnes là où tu n’as pas semé, tu ramasses là où tu n’as pas répandu le grain. » Ce manque d’amour lui est fatal : il est jugé selon ses propres paroles, avec dureté. L’amour qui lui avait été offert – qui est toujours beau car il est l’amour de Dieu, c’est-à-dire Dieu lui-même –, lui est ôté. Le serviteur est jeté dans les ténèbres, pays des pleurs et des grincements de dents, pays sans amour et sans vie, pays où Dieu n’est pas.

Qu’elle soit petite ou grande, nous disposons tous de la capacité d’aimer. Osons aimer! N’ayons pas peur! Nous sommes tous des enfants de Dieu, des enfants de l’Amour. C’est dans la mesure où l’amour est partagé qu’il grandit et s’épanouit.

 

Père très bon, ton Fils nous a laissé le modèle du parfait serviteur, entrant jusqu'à la mort de la Croix dans ton dessein d'amour pour tous les hommes. Donne-nous de l'imiter en travaillant de toutes nos forces pour que vienne ton règne au milieu du monde. Nous te le demandons à toi le vivant pour les siècles des siècles. Amen !

 

Père Bernard Dourwe, Rcj.

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5 novembre 2020 4 05 /11 /novembre /2020 07:35

1ère lecture : Sg. 6,12-16 ; Psaume 62 ; 2ème lecture : 1 Th. 4,13-18 ; Evangile : Mt.  25,1-13

Dans la vie il y a des rendez-vous qu’il ne faut pas manquer. « Tenez-vous prêts » nous dit l’Evangile. Nous pensons évidemment et spontanément au tout dernier et grand rendez-vous. Mais avant ce rendez-vous important il existe bien d’autres visites surprises qui sont comme des rayons de soleil dans notre journée. Ces visites inattendues du Seigneur nous ne devons pas non plus les manquer. Le Christ veut être notre compagnon de chaque jour. Saurons-nous le reconnaître ? Saurons-nous l’accueillir ? Heureux sommes-nous de chercher Dieu, car il se laisse trouver. Heureux si nous ne nous laissons pas emporter par les futilités de la société actuelle... si nous sommes des veilleurs attentifs à percevoir la présence de Dieu. Demandons au Seigneur de garder notre foi en éveil afin de pouvoir l'accueillir.

Dans cet extrait de la Sagesse, l’écrivain sacré presse ses lecteurs de rechercher la Sagesse et de se mettre à son école : cette sagesse qui vient de Dieu permet à l’homme d’orienter sa vie, sans crainte de l’égarer.

Paul affirme aux Thessaloniciens, en utilisant des expressions et des comparaisons en usage de son temps, que l’homme n’est pas anéanti par la mort corporelle, mais qu’il ressuscitera, et que, s’il a vécu dans l’amitié de Dieu, il partagera, à tout jamais uni à lui, son bonheur et sa gloire.

C’est une pressante leçon de vigilance que nous donne la parabole des dix vierges : elle fait ressortir la nécessité d’être prêts pour la rencontre du Seigneur, et donc de vivre chaque moment de notre vie avec la volonté de réaliser au mieux les enseignements de l’Evangile.

La parabole des dix vierges met le royaume de Dieu en images. À quoi le comparer ? À dix jeunes filles invitées à des noces, qui prirent leur lampe et s’en allèrent à la rencontre de l’époux. Tout va se jouer autour de cette lampe, à cause de laquelle les insensées seront absentes au moment de l’arrivée de l’époux.

Les insensées n’ont pas emporté d’huile ; l’époux tarde. Alors l’huile vient à leur manquer… Jésus avait déjà enseigné aux disciples qu’ils sont la lumière du monde et qu’une lampe doit briller pour les hommes (5, 14-16). Ceux à qui le mystère du Royaume est donné sont dépositaires de la lumière, et donc responsables d’éclairer le monde. À quoi sert une lampe qui s’éteint ? À quoi sert d’emporter une lampe sans emporter d’huile ? Certes, on peut toujours penser compter sur les autres ou sur les marchands.

Mais on est alors comme ces insensées dont l’attente est superficielle : elles sont là, mais sans s’être préparées, et elles se laissent surprendre. Les jeunes filles avisées ne peuvent pas leur donner d’huile, car on ne peut pas être vigilant à la place d’un autre ! Et si les insensées parviennent à acheter de l’huile, la situation ne se dénoue pas pour autant: quand elles reviennent, c’est trop tard, la porte est fermée et l’époux ne se laisse pas fléchir… Ce n’est pas leur faiblesse que l’on peut reprocher aux insensées : toutes se sont endormies, même les sages ; mais l’inconsistance de leur désir.

Qui aime vraiment est toujours en attente, toujours prêt à accueillir ; son cœur veille et sait discerner à tout moment la présence de Dieu. Ainsi il est prêt pour la rencontre définitive. À nous de voir quelle est la nature de notre attente et de notre espérance...

C'est l'invitation lancée par l'Évangile d'aujourd'hui: il faut être prêt pour le grand rendez-vous de la fin des temps et, pour chacun, du passage vers l'autre vie. Mais il ne faut pas manquer non plus les rencontres quotidiennes. Le Christ est le compagnon de tous les jours, l'époux toujours présent et attentif, pour qui accepte d'être disponible pour le reconnaître.

Cet aveugle sur mon chemin, ce mendiant qui tend la main, cette église ouverte, ce passage d'Évangile, cette solidarité vécue, ce pardon partagé ou la joie d'être aimé... nous pourrions y reconnaître le Christ, si nous étions prêts au rendez-vous. Mais le souhaitons-nous vraiment?

Le Christ ne cesse de nous appeler pour nous offrir son amitié. Mais, en attendant l'ultime rencontre, c'est dans la vie de tous les jours qu'il nous donne rendez-vous. Saurons-nous quelquefois lui dire: oui?

Dieu de lumière, dans ta bonté tu nous as confié le feu de ton amour au moment de notre baptême. Nous savons combien nous sommes fragiles. Nous te prions: éloigne de nous ce qui pourrait étouffer ta clarté et rends-nous vigilants pour accueillir en pleine lucidité ton Fils Jésus, quand il viendra, lui qui est vivant avec toi et le Saint-Esprit pour les siècles des siècles. Amen

Père Bernard Dourwe, Rcj.

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30 octobre 2020 5 30 /10 /octobre /2020 07:33

1ere lecture : Ap 7, 2-4.9-14 ; Ps 23 ; 2eme lecture : 1 Jn 3, 1-3 ; Evangile Mt 5, 1-12

 

Nous célébrons en la fête de la Toussaint la multitude des hommes et des femmes, qui au long des âges ont recherché et réalisé la volonté de Dieu dans leur vie.  Commencée à être célébrée au IVe siècle, la fête qui unit en elle tous les saints connus et inconnus, proches et lointains est l’expression palpable de la Communion des saints entre les vivants et ceux qui nous ont précédés et qui vivent dans la gloire de Dieu. En nous proposant cette solennité, l’Eglise nous invite à vivre dans l’espérance du renouveau par-delà la mort. Elle veut aussi nous rendre conscients de la solidarité avec tous ceux qui sont entrés dans le monde invisible. Ils vivent désormais près de Dieu et ils intercèdent pour nous. Ils sont l’Eglise du ciel ou la Jérusalem d’en Haut. En les célébrants, nous sommes invités à nous mettre sur leur pas avec le regard fixé vers le Christ qui nous appelle à être saints comme Dieu est Saint.

Saint Jean dans la première lecture nous ouvre un pan de voile sur la gloire des saints auprès de Dieu. Vénus de toutes les nations, races, peuples et langues, après la grande épreuve, les saints ont lavé leurs vêtements et les ont purifiés dans le sang de l’Agneau. Ils proclament les merveilles de Dieu qu’ils contemplent jour et nuit en disant : « Amen ! Louange, gloire, sagesse, et action de grâce, honneur,  puissance et force à notre Dieu, pour les siècles des siècles ! Amen ! ». Cette vision de la grande liturgie du ciel révèle que les élus seront une multitude incalculable  et qu’ils viendront de partout. En effet, la vocation à la sainteté, qui est la nôtre est adressée à tous les hommes sans aucune exception. Notre plus grand échec serait de ne pas bénéficier de la gloire des enfants de Dieu auprès de lui. Nous devons donc nous efforcer au quotidien pour trouver grâce auprès de Dieu lorsqu’il viendra à notre rencontre. Pour y parvenir, nous sommes appelés à affronter avec courage et détermination les différentes épreuves qui se présentent à  nous au quotidien de notre existence.

Pour saint Jean dans sa Première Lettre, ces épreuves à affronter prendront fin avec l’avènement de Dieu qui aime tous ces enfants que nous sommes. Comme peuple en marche vers la Jérusalem céleste, « ce que nous serons ne parait pas encore clairement » mais notre espérance au lendemain meilleur avec le Christ doit nous fortifier dans les combats que nous menons avec le monde qui ne connait pas Dieu et vit loin de lui. C’est à travers ces combats que nous répondrons à l’appel de Dieu qui veut partager avec nous sa gloire.

Jésus nous propose les béatitudes comme un véritable chemin qui nous conduit à la patrie céleste. Même si le monde ne nous comprend pas et nous propose des voies faciles ou des persécutions à cause de notre engagement à la suite du Christ, nous devons toujours focaliser notre attention à être au sein de ce monde lumière du monde et sel de la terre. Les béatitudes, loin d’être irréalisables ou irréalistes deviennent notre pièce d’identité ou notre référentiel pour mener une vie de sainteté. Elles sont une invitation à être au sein de ce monde des signes vivants de l’amour gratuit de Dieu qui veut le salut de tous les hommes. Elles nous appellent donc à être pauvres de cœur, doux, compatissants, assoiffés et affamés de la justice pour tous, miséricordieux, purs de cœur, artisans de paix et persévérants dans notre quête de Dieu et la promotion de l’homme. Elles nous engagent dans tous les combats de notre vie humaine et sociale en faveur de ceux qui souffrent au nom de leur foi, de leur liberté et de leur dignité. Tous ceux-là sont « heureux » non pas à cause de leurs souffrances ni de leurs misères mais plutôt parce que Dieu est avec eux comme source de leur bonheur et leur « récompense sera grande dans les cieux. »

La solennité de Tous les Saints nous interroge avant tout sur notre vocation, sur notre capacité de renoncer à nous-mêmes, à nos sécurités et même à l’idée que nous nous faisons de la sainteté. Comme Pierre et André, comme tant d’autres dans l’histoire de l’Eglise, nous devons demander et avoir le courage de savoir abandonner les nombreux filets de la vie qui emprisonnent notre vocation à la sainteté : les filets du quotidien qui peuvent entraver les exigences de l’Evangile; le filet de l’égoïsme et le filet de l’individualisme qui limitent notre participation active à la croissance de la communauté; le filet de la guerre avec nous-même et avec les autres, destructrice des relations sincères avec le prochain; le filet de la paresse qui nous empêche de mettre à la disposition des autres notre temps et nos talents. Tous ces filets annulent l’esprit des béatitudes et sont des obstacles sur le chemin de la Sainteté.

Dieu éternel et tout-puissant, tu nous donnes de célébrer dans une même fête la sainteté de tous les élus : puisqu’une telle multitude intercède pour nous, réponds à nos désirs, accorde-nous largement tes grâces.

 

Père Bernard Dourwe, Rcj.

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22 octobre 2020 4 22 /10 /octobre /2020 09:15

1ere lecture : Ex 22, 20-26 ; Psaume 17 ; 2eme lecture : 1Th 1, 5c-10 ; Evangile : Mt 22, 34-40

Les lectures de ce trentième dimanche font référence à des commandements bien connus et importants. Aimer Dieu et aimer l’homme, c’est le résumé de toute la loi ancienne que Jésus vient porter à son achèvement et qu’il incarne en sa personne. Pour lui, les deux commandements anciens de l’amour de Dieu et de l’amour du prochain sont non seulement aussi importants l’un que l’autre, mais ils sont indissociables l’un de l’autre, ils ne font qu’un. En lui-même, Jésus sera l’homme du total amour, amour de son Père jusqu’à l’obéissance de la croix et amour de l’homme jusqu’à partager sa mort pour le ressusciter avec lui, le restaurer en sa qualité de fils bien aimé du Père.

Le passage extrait du livre de l’Exode fait partie de ce qu’on appelle le « Code de l’alliance » (Ex 20, 22-23, 19). Celui-ci contient les lois données par l’intermédiaire de Moïse lors de la promulgation de l’alliance au Sinaï. Ces lois fournissent les orientations fondamentales de la vie religieuse et civile d’Israël, et il est nécessaire de les suivre pour appartenir au peuple de Dieu. Elles traitent d’un des domaines importants de la vie, à savoir le statut des personnes socialement désavantagées : résidents étrangers (immigrés), veuves et orphelins, pauvres parmi le peuple. Le premier groupe dont il est question est celui des immigrés, ces étrangers demeurant au sein de la communauté d’Israël. Étant donné qu’ils ne jouissaient pas des mêmes droits et du même statut que les Israélites, ils étaient particulièrement vulnérables, encourant le risque d’être exploités et spoliés de multiples manières. Le deuxième groupe à protéger est celui des « veuves et des orphelins ». Ils étaient très vulnérables dans la société patriarcale ancienne parce qu’ils ne pouvaient plus compter sur la nécessaire protection d’une tutelle masculine, celle des maris et des pères. Veuves et orphelins devaient donc être protégés par la communauté parce que Dieu prête une attention spéciale à leurs appels à l’aide, vengeant tout le mal qui leur est infligé. Le troisième groupe envisagé est celui du « pauvre parmi tes frères ». Il s’agissait de lui assurer une protection en sauvegardant rigoureusement ses droits économiques.

Dans la deuxième lecture, après avoir loué les vertus de ses destinataires, les Thessaloniciens et leur accueil de l’Évangile, l’Apôtre ajoute quelques affirmations significatives concernant la fondation de la communauté et la façon dont l’« annonce de l’Évangile » est parvenue à cette dernière. Paul rappelle d’abord l’action essentielle de l’Esprit Saint, impliqué tant dans la proclamation que dans la réception de la Bonne Nouvelle. Ensuite, l’Apôtre parle de l’effet majeur de cette évangélisation : « et vous-mêmes, en effet, vous nous avez imités, nous et le Seigneur », devenant ainsi « un modèle pour tous les croyants de Macédoine et de Grèce ».

Dans l’évangile de ce dimanche, Jésus répond à des gens qui veulent le mettre à l'épreuve, des gens qui ne sont pas bienveillants à son égard. Il leur explique que le plus grand commandement, celui qui résume toute la Bible, la Loi et les Prophètes, c'est le double commandement de l'amour de Dieu et du prochain.

Aimer Dieu et aimer son prochain. Ce ne sont pas des commandements au sens d’impératifs qu’il serait possible de respecter simplement par obéissance, comme un devoir. Aimer Dieu et aimer son prochain, c’est grandir dans la foi. C’est aller au cœur de l’expérience spirituelle chrétienne. C’est s’engager dans la voie de la sainteté, autrement dit vivre davantage de la vie de Dieu, devenir parfaits comme Dieu est parfait. Un autre mot le dit dans la lettre de Paul aux Thessaloniciens : « imiter », imiter l’apôtre et surtout imiter le Seigneur. Et cette imitation donne aux autres le goût de l’Evangile. Elle dégage « la joie de l’Esprit Saint ». Elle témoigne de la puissance de la résurrection, de cette vie reçue de Dieu, de cette vie plus forte que la mort et de toutes les ruses que nous exerçons  pour la déjouer. En effet, le contraire de l’amour, c’est le péché qui nous rive à nous-mêmes et à nos intérêts particuliers. Moïse, façonné par la rencontre du Dieu de l’alliance l’avait bien saisi lui qui transmettait au peuple les lois du Seigneur et l’invitait à bien traiter l’immigré, à respecter la veuve et l’orphelin, à ne pas abuser des pauvres. Les pratiques sociales disent Dieu, la force de sa compassion, de son amour miséricordieux. C’est vrai hier comme aujourd’hui. Alors, n’opposons pas quête mystique et engagement social. L’une et l’autre sont profondément en résonnance. Le Dieu que nous confessons est bien le Dieu de l’alliance, le Dieu de Jésus Christ, celui auquel nous rendons grâce dans l’eucharistie, dans le mémorial de la passion de Celui qui a donné sa vie pour nous et nous ouvre le chemin vers le Père.

 

Père éternel, tu as témoigné de ton amour envers l’humanité quand tu as offert ton Fils à un monde vulnérable, afin qu’il puisse consacrer et ramener à toi tous ceux et toutes celles qui s’étaient éloigné/es de toi. Par cet acte gratuit et unique, tu nous as appris à rejoindre ceux et celles qui d’une façon ou d’une autre sont en perdition, et à leur témoigner ton amour. Par ton Fils Jésus Christ, puisse notre façon de vivre attirer les gens à toi. Amen.

 

Père Bernard Dourwe, Rcj.

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16 octobre 2020 5 16 /10 /octobre /2020 08:00

VINGT NEUVIEME DIMANCHE DU TEMPS ORDINAIRE A

1ère lecture : Is. 45, 1,4-6 ; Psaume 95 ; 2ème lecture : 1 Th. 1,1-5 Evangile : Mt. 22,15-21

Jésus a répondu aux pharisiens qui contestent son autorité, mais ils ne capitulent pas et cherchent à le piéger. Ils l’interrogent sur le rapport du croyant à l’autorité politique, la délicate question de l’impôt romain. Piège que Jésus déjoue habillement : ce qui est à l’effigie de César lui revient, mais la liberté de l’homme-image de Dieu revient à Dieu. Le roi Cyrus (1ère lecture) l’a compris et ramène les exilés. Oui, il nous faut rendre au Seigneur la gloire de son nom (psaume.). Sans pourtant opposer le politique et  le religieux : notre foi doit être active, notre charité se donner de la peine, notre espérance tenir bon (2ème lecture).

Le prophète Isaïe, voit en Cyrus, le roi des Perses, l’instrument des miséricordes de Dieu à l’égard du peuple élu, pour le délivrer de la servitude de Babylone. Dieu réalise ses desseins à travers les événements : l’histoire est à son service. « Parole du Seigneur au roi Cyrus qu’il a consacré, qu’il a pris par la main. »  Le texte peut déranger mais Dieu choisit librement ses instruments et la libération des Juifs passera par l’action de Cyrus, ce païen auquel il parle cœur à cœur : « Je suis le Seigneur, il n’y en a pas d’autre. »  Cyrus sera prêt à répondre. Dieu seul peut demander un engagement aussi total. C’est celui que Jésus attend de chacun de nous et de toute l’Eglise. Comme lui, qu’elle soit libre et témoigne de l’essentiel : « Rendez donc à César, et à Dieu ce qui est à Dieu. »

 

Ecrivant aux chrétiens de Thessalonique, Saint Paul commence par remercier Dieu pour la vitalité de leur foi, de leur espérance et de leur charité ; leur communauté vit vraiment sous l’influence et la motion de l’Esprit Saint. Il s’adresse à eux pour les féliciter de leur comportement et en leur disant : « Vous avez été choisis par Dieu ». Sans prétendre que notre comportement soit exemplaire, nous devons prendre conscience que, nous aussi, si nous sommes là en Eglise, c’est que nous avons été choisis par Dieu.

Dans l’Evangile de ce jour, à une question insidieuse posée par ses ennemis, Pharisiens et Hérodiens, concernant le paiement de l’impôt romain, Jésus répond qu’il faut se garder de confondre les deux domaines : celui de la religion et celui de l’Etat : chacun est maître chez soi.

Foi et politique, l'éternel sujet! Jésus lui-même y est confronté. La question qui lui est posée, après des compliments très hypocrites, pourrait l'enfermer dans un impossible dilemme. S'il recommande de payer l'impôt à l'empereur, il devient collaborateur d'un pouvoir idolâtre; s'il dit le contraire, il est un rebelle politique. Dans sa réponse, il appelle à ne pas tout confondre. Le pouvoir politique a son rôle propre au service de la nation ou de la cité. La relation avec Dieu est d'un autre ordre. La loyauté envers le pouvoir politique n'épuise pas les devoirs du croyant, et ne peut faire taire la voix de sa conscience.

La confusion entre politique et religion ne cause que des malheurs, car elle ouvre la porte aux intégrismes et totalitarismes. Nous le voyons aujourd'hui à propos de diverses religions. Le christianisme ne l'a pas toujours évité au cours de son histoire et les tentations restent vives. Chez nous encore, trop souvent, les réflexes existent d'assimiler la foi chrétienne et le vote pour un parti.

Ceux qui exercent des responsabilités temporelles rendent un service. Leur fonction est nécessaire et reconnue. Mais aucun messie n'est jamais sorti des urnes. À l'inverse, la religion n'est pas neutre devant la vie et l'organisation de la cité: elle ne peut être indifférente devant le sort des pauvres ou des immigrés, la justice, le service de la paix. Mais, si elle inspire des conduites et des choix, elle ne saurait être un pouvoir. Nous n'aurons jamais fini de méditer le conseil de Jésus: «Rendez à César ce qui est à César et à Dieu ce qui est à Dieu». À Dieu seul la gloire; à lui seul, notre adoration.

À César, il convient de rendre la monnaie qui lui appartient, et à Dieu la gloire et le culte qui lui conviennent. Commentant cette page d’Évangile, saint Augustin disait : « On rend à César l’image de César qui est sur la monnaie et à Dieu l’image de Dieu qui est en l’homme ; ainsi tu donnes à César une monnaie et à Dieu ta propre personne.» Mais cela ne signifie pas qu’il faut couper le monde en deux, ni que le chrétien doit se débarrasser de la politique ou renoncer à ses responsabilités civiles. Ce dernier doit apporter sa contribution au fonctionnement des institutions sociales, économiques, politiques, et à tout ce qui permet le vivre ensemble. Le disciple du Christ est dans le monde comme le ferment dans la pâte. Annoncer au monde le salut en Jésus Christ et expliciter au sein de ce monde l’action cachée de l’Esprit de Dieu, voilà comment l’Église doit réaliser sa mission.

 

Seigneur, tu as voulu que tous les peuples soient les membres solidaires d'une même humanité et se développent chacun selon ta grâce. Remplis de ton amour, le cœur de tes enfants, afin qu'ils se passionnent pour le sort de leurs frères; et puisque tu as confié la terre aux hommes pour qu'elle serve à l'épanouissement de tous, que chaque peuple ait les moyens de travailler à sa croissance, dans le respect des autres et de la justice, par Jésus, le Christ, notre Seigneur. Amen.

 

Père Bernard Dourwe, Rcj.

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