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26 novembre 2022 6 26 /11 /novembre /2022 16:29

 

Isaïe 2,1-5 ; Psaume 121 ; Romain 13,11-14 ; Matthieu : 24,37-44

Voici que nous entrons dans le temps de l’Avent. Un temps pour accueillir ce Dieu qui vient là où nous ne l’attendions pas. Un temps pour devenir les chercheurs d’un Dieu inattendu. Un temps pour deviner sa présence dans les plus pauvres. Un temps pour libérer l’Evangile des certitudes et les dogmes. Un temps pour mettre nos pas dans ceux de Jésus, de ce Jésus qui vient à Noël. Pour sa préoccupation constante pour les pauvres et les exclus, par sa liberté, par sa manie de faire passer l’humain avant les préceptes religieux, Jésus peut nous inspirer dans notre recherche pour inventer un avenir sans pauvreté.

Voici le temps de l’Avent : pour sauver son peuple, Dieu va venir, son avènement est proche. En Jésus se réalise la promesse du salut. Et la parole de Dieu nous en fait vivre toutes les étapes, depuis le prophète Isaïe réveillant l’espérance de son peuple en annonçant la paix, jusqu’à la venue du Seigneur lui-même. Jésus nous parle  aussi de son retour à la fin  des temps, quand tout sera accompli. L’Avent est un appel à nous tourner résolument vers cette réalisation du Royaume, en accueillant la Lumière qui se lève et en chantant notre joie de croire. Sortons de notre sommeil, le Christ fait de nous les sentinelles de sa présence. Durant quatre dimanche d’Avent, l’Eglise dirige notre regard vers un évènement tout proche : Dieu va nous donner un Sauveur ! Mais cet évènement, parce qu’il est ‘‘l’avènement’’ du Messie, doit être préparé : ‘‘Veillez’’, dit Jésus.

Dans une grandiose vision d’avenir, le Prophète Isaïe contemple la Jérusalem messianique, vers laquelle afflueront un jour tous les peuples, certains de trouver en elle la paix à laquelle ils aspirent.

Paul, écrivant aux chrétiens de Rome, donne l’alerte : il n’est plus temps de sommeiller, de perdre son temps : car le Jour du Seigneur est tout proche.

Le Seigneur avertit ses disciples qu’il viendra au moment où ils l’attendront le moins : dès lors, il leur faut veiller et préparer activement sa venue, pour ne pas être surpris. Entrer dans le temps de l’Avent, c’est entrer dans la vigilance, avec, chevillée au corps, une question qui nous taraude. Que faisons-nous de notre vie, de nos journées, du temps qui passe ? Après quoi courons-nous sans cesse ? L’Avent nous pose ces questions et s’offre à nous comme un chemin de ronde qu’il nous faut emprunter revêtus de l’habit du veilleur. Être veilleur, c’est oser traverser la nuit pour la conduire au petit jour, c’est croire que les ténèbres feront place au grand jour. Être veilleur, c’est accepter de ne pas laisser tomber les bras, pour être témoin du jour qui se lève, pour dire à temps et contretemps aux dormeurs comme aux insomniaques, à ceux qui attendent comme à ceux qui n’attendent plus rien, qu’un autre temps arrive. Être veilleur, c’est mettre au monde du jour qui vient, ce qui reste du jour qui s’endort. Être veilleur, c’est brandir l’espérance comme la lampe qui éclaire les pas du marcheur dans sa traversée de la nuit ! Être veilleur, c’est, comme nous y invite l’Apôtre Paul, nous revêtir pour le combat de la lumière, et sortir de notre sommeil !

L’Avent nous invite à déprogrammer le « trop prévu » pour faire place à Celui qui vient. Nous ne savons ni le jour ni l’heure. Il est déjà là, il est venu, il reviendra.

Tel un calendrier de l’Avent, il est venu le temps d’ouvrir tout grand nos fenêtres. Fenêtre de notre regard sur les autres. Fenêtre de notre désir de Dieu. Fenêtre de notre volonté de le suivre… Veillez ! « L’heure est venue de sortir de votre sommeil » (2e lecture). Le temps de l’Avent s’ouvre devant nous comme une opportunité de nous mettre le cœur en alerte, en état d’accueil. Le Fils de l’homme vient. Il nous rejoint dans notre humanité. Il vient dans nos amours, dans nos espoirs et dans nos souffrances. Il vient dans nos engagements, dans nos préoccupations et dans nos découragements. Il vient aujourd’hui encore comme il est venu au commencement du monde et comme il reviendra à la fin des temps. En effet, nos repères temporels ne tiennent guère devant le mouvement du salut. Seule la sagesse de la liturgie nous aide à rendre « concrets » les mystères de la foi. Alors, un Avent différent du précédent ? Nous pouvons choisir une aide à la prière, envisager de donner du temps à une personne isolée autour de nous, rejoindre une démarche pour vivre sobrement la fête de Noël, nous garder des plages de silence pour méditer devant la crèche, maîtriser notre consommation d’écrans vidéo, etc. L’important étant de continuer à ouvrir nos fenêtres, afin de reconnaître le Seigneur quand il se montrera parce qu’il vient pour nous. Comme le dit saint Bernard de Clairvaux dans son premier sermon pour l’Avent : « Ce ne sont point toutes les richesses du monde, ni toute la gloire d’ici-bas, ni rien de ce qui peut flatter nos désirs sur la terre qui fait notre grandeur […] mais le fait que Dieu soit venu nous chercher. » Nous le valons bien !

Père, chaque année, tu invites ton Eglise à se mettre en marche pour rassembler les hommes de toute nation, langue et civilisation. Donne-nous force et courage pour ouvrir des chemins de justice, de fraternité et de paix ; alors se réalisera le rêve du prophète et nous irons à la rencontre de ton Fils, lui qui vit et règne pour les siècles des siècles. Amen !

 

Père Bernard Dourwe, Rcj.

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10 novembre 2022 4 10 /11 /novembre /2022 08:51

Malachie 3, 19-20 ; Psaume 97 ; 2 Thessaloniciens 3, 7-12 ; Luc 21, 5-19

Approchant de la fin de l’année liturgique, le lectionnaire évoque la fin des temps, une manière de raviver notre vigilance et notre foi puisqu’à chaque messe nous proclamons que nous attendons le retour du Seigneur… Le prophète Malachie annonce le jour du Seigneur (1ère lecture). C’est sûr, le Seigneur va venir, « pour gouverner le monde avec justice » (psaume). Mais nous n’avons rien à craindre, nous dit Jésus (évangile). Notre persévérance dans la foi et la fidélité au Christ nous obtiendra la vie. En attendant, ne restons pas les bras croisés ! Saint Paul nous rappelle la nécessité de demeurer actifs, et d’annoncer l’Evangile.

Le prophète Malachie annonce la venue du Seigneur et la rigueur du jugement. Les arrogants, les impies seront exterminés, "consumés" et les justes guéris, consolés. L’histoire du peuple des croyants est ponctuée de « visites de Dieu », parfois repérées après coup, à la réflexion. Mais une certitude nous habite : jamais Dieu ne déserte cette histoire.

Les premiers chrétiens imaginaient le retour du Seigneur tout proche et s'interrogeaient donc sur l'utilité du travail. Paul leur recommande de travailler en attendant ce jour dont personne ne connaît la date. Il proscrit l'oisiveté. Parmi les premiers chrétiens, certains semblent avoir préféré l’oisiveté. Peut-être parce qu’ils avaient mal compris la promesse d’une fin du monde proche : à quoi bon bâtir un monde qui allait disparaître ? L’apôtre Paul leur rappelle la malhonnêteté de manger un pain que d’autres ont peiné à leur procurer. Le travail est un aspect essentiel de la solidarité humaine. C’est le travail qui permet aux humains de se tenir debout devant leurs concitoyens, pour lesquels ils exercent un service utile. Et c'est par le travail de tous que grandit l'univers devant Dieu.

Les enseignements du Christ, avant la passion, tournent notre attention vers la résurrection et la parousie, en nous éveillant à l'espérance. Jésus interpelle les disciples et attire leur attention sur la nécessité d’être vigilants et de toujours chercher à progresser : face aux dangers d’affadissement qui menacent notre foi, face aux bruits assourdissants de notre monde moderne qui tente de la relayer au second plan, face à la mollesse de notre vie spirituelle, notre foi risque en effet de chanceler, de dépérir, de disparaître même à notre insu… Il faut tenir bon, nous dit Jésus. La vie se gagne sur les forces d’inertie, sur les forces du mal : la vie est victoire et c’est pourquoi elle est joie. Ne nous étonnons donc pas de ressentir des forces contraires, des résistances… Ne soyons pas surpris des incompréhensions, voire des jugements blessants : il nous faut les surmonter, et ainsi persévérer. Au cœur de ces efforts de résistance, de persévérance, Jésus est avec nous : demandons-lui son Esprit, son langage, sa force.

C’est dans nos pires moments, lorsque la peur nous submerge et risque de nous paralyser, que nous est donnée une parole d’espoir : la foi en Jésus-Christ, en celui qui est la Vie éternelle et qui viendra pour nous sauver. Aucune construction aussi gigantesque et solide soit-elle, aucune institution ne peut nous protéger et nous garantir le salut. Au milieu des souffrances et persécutions, sa venue prochaine, son Avent proche est l’événement qui nous sauvera.

Nous voici donc conviés, nous qui nous sommes exposés aujourd’hui à la parole de Dieu, à réveiller notre foi. Qu’elle nous apprenne à discerner l’essentiel de l’accessoire, le permanent de l’éphémère - comme les premiers juifs convertis qui devaient renoncer au Temple de pierres (auparavant Jésus les avait rendu attentifs à une pauvre veuve qui donnant deux piécettes dans le Temple était, elle, grande aux yeux de Dieu !). Nous voici conviés à réveiller notre espérance : qu’elle nous dégage des faux soucis et qu’elle nous rende forts pour témoigner. Nous voici conviés à tenir ferme dans l’amour ! L’amour, la seule vraie valeur qui donne vie !

Seigneur Dieu, de jour en jour, tu nous prépares au retour de ton Fils. Dans les bouleversements du monde, accorde nous de croire à ton dessein d'amour, toi le Dieu fidèle, qui veut nous partager sa joie dans les siècles des siècles.

Père Bernard Dourwe, Rcj.

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5 novembre 2022 6 05 /11 /novembre /2022 15:54

2 Maccabées : 7 1-2.9-14 ; Psaume 16 ; 2 Thessaloniciens :2,16 3,5 ; Luc :20, 27-38.

Au moment où l’année liturgique touche à sa fin, c’est aussi de notre fin et des fins dernières que vont nous parler les évangiles. Aujourd’hui, la Bonne Nouvelle est celle de la résurrection. Nous sommes promis à la vie. Au cœur de notre foi, la résurrection de Jésus, sceau de toute la Révélation divine. Le Dieu en qui nous croyons « n’est pas le Dieu des morts, mais des vivants » (évangile), et ce qu’il a réalisé en ressuscitant son Fils, il l’avait annoncé au cours de l’histoire. Depuis le IIème siècle avant Jésus Christ, des croyants ont été soutenus par leur espérance en la résurrection et sont morts martyrs à cause de leur foi au Dieu d’Israël (1ère lecture). Saint Paul continue, donc, comme dimanche dernier, à nous exhorter à faire le bien et vivre dans la foi (2ème lecture). Oui, le Seigneur est fidèle, le Dieu de vos pères est le Dieu des vivants.

Si Dieu laisse massacrer ses fidèles, alors c'est que sa justice s'exerce par-delà la mort. Telle est la conviction qui fit naître en Israël la foi en la résurrection, comme en témoigne ce texte du 2ème siècle avant notre ère. Une mère et ses enfants sont mis à mort de la manière la plus cruelle parce qu'ils ont refusé de désobéir à la loi de Moïse. Ce qui les motive c'est leur foi en la résurrection. Ils nous font penser à tous ces martyrs de tous les temps qui ont préféré mourir plutôt que de renier leur foi au Christ. Cette leçon de courage vaut aussi pour nous aujourd'hui. Notre foi est souvent tournée en dérision. Mais le Seigneur nous recommande de tenir fermes et de nous appuyer sur lui.

Persévérer dans la foi, prier pour ceux qui témoignent de cette même foi, voilà les conseils que l'apôtre adresse aux chrétiens de Salonique, et à nous aussi, en cette fin d'année liturgique. Le chemin de la vie est parfois fastidieux : saint Paul partage avec nous sa confiance en Dieu, et sa confiance pour chacun de nous. Il redit la fidélité de Dieu pour que nous ne perdions pas l’espérance. Et il insiste sur notre persévérance. Fin pédagogue qui connaît nos découragements et nos fatigues de la vie, Paul invite à toujours attendre le Christ. Ainsi, au moment où nous approchons de la fin de l’année liturgique, nous sommes confrontés à toutes les questions qui nous sont familières : comment résister au mal, autour de nous et en nous ? Comment croire à cette vie qui triomphe ? Comment nous laisser réconforter, jour après jour ? Et la réponse est toute simple : Dieu nous a aimés le premier et il ne cesse de nous conduire sur le chemin de l’amour.

La foi en une possible résurrection avait provoqué des débats et des conflits dans les milieux religieux de Jérusalem, car les opinions étaient variées. Jésus fut interpellé à ce sujet. La question de la résurrection des morts était fortement débattue au temps de Jésus. Les Sadducéens n'y croyaient pas et l'histoire de la femme qui connut sept maris veut montrer l'absurdité d'une telle croyance. Ce problème préoccupera encore les chrétiens des générations suivantes. Leurs interrogations seront proches de celles des interlocuteurs de Jésus: le boiteux, le borgne, le difforme, avec quel corps ressusciteront ils? Au moment de la résurrection, notre corps sera-t-il celui d'un enfant, d'une personne adulte ou d'un vieillard? Ces questions prêtent à sourire. Elles sont sérieuses cependant. Elles témoignent du désir de rendre compte, de manière raisonnable, de la foi en la résurrection des corps. Y répondre suppose que l'on porte les lunettes qui conviennent. L'entrée dans le monde de Dieu introduit à une dimension autre.

Elle déplace les repères: la mort n'existe plus. Le monde de l'homme n'est pas nié, il reçoit une profondeur, une vitalité nouvelle. La résurrection du Christ conforte notre espérance en notre propre résurrection. Le philosophe Gabriel Marcel écrivait: «Aimer quelqu'un, c'est lui dire: toi, tu ne mourras pas ». La résurrection est plénitude de vie. Elle résulte de l'amour de Dieu pour l'humanité. Savoir cela suffit à notre salut. Qu'importe si ses modalités nous échappent.

Il nous faut accueillir cette bonne nouvelle que Jésus nous annonce : le Dieu d'Abraham, d'Isaac et de Jacob n'est pas le Dieu des morts mais des vivants car tous vivent par lui. La mort ne peut pas faire échec aux engagements que Dieu a pris envers les patriarches d'autrefois. Son alliance est définitive et elle traverse la mort. Voilà un message d'espérance qui nous rejoint dans nos deuils. L'important c'est que nous ne cessions de faire confiance en celui qui a dit : "Je suis la résurrection et la vie. Celui qui croit en moi vivra éternellement."

Dieu vivant, tu es la joie de ceux qui espèrent en toi. Tu nous as façonnés à ton image et tu connais chacun de nous par son nom. Ne laisse pas le doute assombrir notre espérance: donne-nous ton Esprit pour qu'il ravive notre foi en ton Fils Jésus, le Ressuscité, vivant avec toi et l'Esprit-Saint, maintenant et pour les siècles des siècles. Amen!

 

Père Bernard Dourwe, Rcj.

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15 octobre 2022 6 15 /10 /octobre /2022 16:20

VINGT NEUVIEME DIMANCHE DU TEMPS ORDINAIRE C

Exode 17, 8-13 ; Psaume  120 ; 2 Timothée 3, 14-4, 2 ; Luc 18, 1-8

La parole de Dieu se fait, aujourd’hui, encouragement : encouragement à prier et encouragement à proclamer la Parole. Moïse nous est d’abord donné en exemple, pour sa persévérance dans la prière lorsque sa mission était bien difficile (1ère lecture).  « Le secours me viendra du Seigneur » (psaume), telle est l’expression de la totale confiance en Dieu à laquelle nous sommes, nous aussi, invités. Jésus nous assure que « Dieu fera justice à ceux qui crient vers lui » (Evangile). C’est avec cette confiance que nous devons toujours mieux méditer la Parole, y accueillir le message du salut et l’annoncer, en vrais témoins du Christ ressuscité.

Dans les moments difficiles de l'histoire de son peuple, Moïse, par la prière, a su tenir bon et ne pas laisser tomber les bras. Pour cela, les compagnons de Moïse avaient trouvé un moyen très pratique. L’épisode de Moïse sur la montagne est une invitation pressante à la vigilance dans la fidélité à Dieu et la prière incessante. En d’autres circonstances, Dieu n’exaucera pas le désir de Moïse (son désir d’entrer dans la Terre promise !), mais il s’agit ici du salut du peuple…Les mains de Moïse tiennent « le bâton de Dieu » ; l’instrument inouï et si minimal du salut. Ainsi, Dieu se fait proche et combat pour les siens : ils seront sauvés.

Nourris de la parole de Dieu, nous serons "bien armés", malgré notre faiblesse, pour témoigner de l'Evangile au milieu des hommes. S’adressant à Timothée, l’Apôtre Paul nous appelle à la fidélité à la foi reçue. « Tu dois en rester à ce qu’on t’a enseigné » L’annonce de la foi suppose une vraie fidélité à la foi reçue. Une fidélité créatrice qui demande à être ravivée sans cesse à l’écoute de la Parole et en travaillant à l’intelligence de la foi.

Dans les lectures de ces dimanches, Jésus nous révèle les aspects essentiels de la prière chrétienne. Il le fait par des exemples tirés de la vie courante et des relations entre les gens. Le Christ, à travers la parabole de l’évangile de ce jour, nous appelle à la nécessité et à la fidélité à la prière. Si Jésus raconte cette parabole, c’est sans doute moins pour nous apprendre le métier de juge que pour nous donner l’assurance que notre prière n’est pas vaine, et qu’il nous faut prier Dieu avec la même insistance que la veuve devant le juge. Mais Dieu ne nous répondra jamais pour avoir la paix. Sa réponse est toujours parole d’amour pour ses enfants.

La patience et même l’impatience de ceux qui crient vers lui ont sans doute pour principale raison d’être de dire l’attachement et la confiance que nous lui faisons. Prier Dieu, l’implorer à temps et contretemps, c’est grandir dans cette conviction qu’il nous donne tout et que nous lui devons tout. C’est avoir foi en Dieu. Avoir foi en Dieu, c'est avoir assez confiance en lui pour croire qu'il réalisera son projet de salut des hommes malgré les obstacles. Avoir foi en Dieu c'est se consacrer à la réalisation de son projet dans les circonstances qui sont les nôtres et pas en rêvant qu'il va changer les circonstances.  C'est peut-être nous qui avons besoin de changer.  Cela nous pouvons le demander,  il nous l'accordera.

La prière persévérante de Moïse rejoint la prière persévérante que Jésus suggère à ses disciples. Dieu n'a pas à être fatigué, harcelé, par nous. Mais nous savons bien qu'elle est fatigante, la recherche de l'Esprit, «jour et nuit». La question d'aujourd'hui serait plutôt : à quel propos, pour obtenir quoi, supplions-nous le Seigneur ? Gare à la désillusion, si c'est pour obtenir un bien matériel ou pour exiger quelque chose contre la liberté d'autrui. Cela pourrait expliquer la phrase si pessimiste de Jésus : «Le Fils de l'Homme, quand il viendra, trouvera-t-il la foi sur la terre ?»

Dieu très aimant et tout puissant, toi seul peux nous rendre capables de t'aimer. Toi qui nous inspires de te prier ensemble, fais nous toujours vouloir ce que tu veux et servir ta gloire d'un cœur sans partage. Exauce-nous par Jésus Christ, ton Fils, notre Seigneur et notre Dieu, qui règne avec toi et le Saint Esprit, maintenant et pour les siècles des siècles. Amen.

 

Père Bernard Dourwe, Rcj.

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15 octobre 2022 6 15 /10 /octobre /2022 10:08

2 Rois 5, 14-17 ; Psaume   97 ; 2 Timothée 2, 8-13 ; Luc 17, 11-19

Qu’est-ce que le salut ? Et qui sera sauvé ? Ces questions sont au cœur de la Parole, ce dimanche, et nous en devinons la réponse : la Foi, la foi au « Seigneur Dieu d’Israël » (1ère lecture), la foi au Seigneur qui remporte la victoire (psaume), qui est ressuscité en Jésus Christ (2ème lecture).

Oui, « ta foi t’a sauvé » dira Jésus au lépreux venant lui rendre grâce (Evangile). Car la foi permet l’accueil du salut, don gratuit de Dieu, puis la reconnaissance et l’action de grâce, puis le chant de la gloire de Dieu, la louange pour ses merveilles ! De ce salut, personne a priori n’est exclu : le seul lépreux vraiment sauvé est un étranger…

Même l'étranger, le fidèle d'une autre religion, peut donner une leçon de foi. Tel est le sens de cet épisode de l'histoire du prophète Elisée. Naaman, parce qu'il croit, est guéri deux fois: sa chair est purifiée de la lèpre; son cœur est converti au vrai Dieu. Double miracle de la foi.

Paul, prisonnier à cause de l'Evangile, sait qu'après avoir été uni aux souffrances du Christ, il partagera sa résurrection, la résurrection qui est l'essentiel de l'Evangile. Paul le rappelle à son disciple Timothée: le chrétien est solidaire de Jésus mort et ressuscité, souffrant et glorieux. SOUVIENS-TOI DE JÉSUS CHRIST » ! Cette exhortation de saint Paul à Timothée s’adresse à nous aujourd’hui. L’Apôtre veut éveiller notre mémoire, fortifier notre foi. Le cri de son cœur nous appelle à nous placer devant le mystère de la mort et de la résurrection de Jésus, particulièrement quand nous sommes usés par les soucis, tentés par le découragement et le renoncement au combat spirituel.

Les conséquences de la lèpre sont terribles, elles font du lépreux un exclu, rejeté et sans espoir. Mais Jésus est venu briser toutes les barrières qui isolent et emmurent les personnes. Entre la Samarie et la Galilée, les dix lépreux ont croisé la route de Jésus, ce qui a changé le cours de leur vie. À partir de cette rencontre commence une nouvelle histoire. Très nombreux dans le Proche-Orient, les lépreux portaient leur infirmité comme un châtiment divin. Condamnés à vivre à l’écart de tout contact humain, les dix lépreux sont en errance. C’est en se tenant à distance qu’ils crient : « Jésus, maître, prends pitié de nous. » Mais la merveille du christianisme, c’est que la distance infinie qui sépare l’être humain de Dieu a été franchie dans le Christ. Le Dieu miséricordieux a épousé notre humanité. Jésus le montre en répondant à leur demande : « Allez-vous montrer aux prêtres. » Sur la route, ils sont purifiés. Parmi eux, il y a un Samaritain, un homme frappé par une double malédiction : la maladie, qui le condamne au bannissement, et son origine samaritaine, qui fait de lui un hérétique. C’est lui, et lui seul, qui revient vers Jésus. « Il se jeta la face contre terre aux pieds de Jésus en lui rendant grâce. » Celui qui passe pour « n’avoir pas droit à être avec », exclu et étranger, devient le lieutenant de tous les autres devant Dieu pour exprimer sa gratitude. Il révèle ainsi que tout ce qui guérit en réintégrant, tout ce qui purifie en supprimant l’exclusion ne peut venir que de Dieu. C’est la foi qui autorise une telle attitude. Une foi que Jésus reconnaît : « Relève-toi et va : ta foi t’a sauvé. » Cette foi commence par un cri et se termine par une reconnaissance. C’est une foi qui sauve et qui intègre aux autres et à Dieu. Le Samaritain peut alors, sur la parole de Jésus, aller son chemin, se tenir debout sur la route. En rencontrant le Christ, nous n’obtenons pas seulement la santé, nous trouvons le salut.

L’Evangile de ce dimanche vise à nous faire connaître nos propres « lèpres », c’est-à-dire tout ce qui nous empêche de bien vivre, tout ce qui nous retient dans le malheur, la souffrance, la misère, et dont le Christ veut nous libérer. Présentons-nous à lui tels que nous sommes et, avec confiance, disons-lui : « Jésus, prends pitié de nous. » Comme les dix lépreux, nous pouvons nous aussi crier vers le Seigneur et lui demander de nous sauver. Nous le prions pour nous, pour nos malades et pour notre monde qui souffre de la violence, des guerres et de toutes sortes de malheurs. La bonne nouvelle c'est que Jésus ne fuit pas le cri de nos misères. Il est toujours attentif aux petits, aux malades, aux exclus. Il accueille tous ceux et celles qui viennent à lui. En les envoyant au prêtre, il les réintègre dans leur communauté pour qu'ils y retrouvent toute leur place. C'est sa priorité et il veut que ce soit aussi la nôtre.

Seigneur notre Dieu, nous venons vers toi avec confiance, car nous savons que tu ne peux décevoir. Tu guéris les cœurs blessés, tu es la joie de ceux qui se tournent vers toi. Toi qui nous sauves, nous te prions : donne-nous de savoir toujours te rendre grâce pour ta présence dans nos vies, aujourd’hui et jusqu’aux siècles des siècles. Amen !

Père Bernard Dourwe, Rcj.

 

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8 octobre 2022 6 08 /10 /octobre /2022 17:12

2 Rois 5, 14-17 ; Psaume   97 ; 2 Timothée 2, 8-13 ; Luc 17, 11-19

Qu’est-ce que le salut ? Et qui sera sauvé ? Ces questions sont au cœur de la Parole, ce dimanche, et nous en devinons la réponse : la Foi, la foi au « Seigneur Dieu d’Israël » (1ère lecture), la foi au Seigneur qui remporte la victoire (psaume), qui est ressuscité en Jésus Christ (2ème lecture).

Oui, « ta foi t’a sauvé » dira Jésus au lépreux venant lui rendre grâce (Evangile). Car la foi permet l’accueil du salut, don gratuit de Dieu, puis la reconnaissance et l’action de grâce, puis le chant de la gloire de Dieu, la louange pour ses merveilles ! De ce salut, personne a priori n’est exclu : le seul lépreux vraiment sauvé est un étranger…

Même l'étranger, le fidèle d'une autre religion, peut donner une leçon de foi. Tel est le sens de cet épisode de l'histoire du prophète Elisée. Naaman, parce qu'il croit, est guéri deux fois: sa chair est purifiée de la lèpre; son cœur est converti au vrai Dieu. Double miracle de la foi.

Paul, prisonnier à cause de l'Evangile, sait qu'après avoir été uni aux souffrances du Christ, il partagera sa résurrection, la résurrection qui est l'essentiel de l'Evangile. Paul le rappelle à son disciple Timothée: le chrétien est solidaire de Jésus mort et ressuscité, souffrant et glorieux. SOUVIENS-TOI DE JÉSUS CHRIST » ! Cette exhortation de saint Paul à Timothée s’adresse à nous aujourd’hui. L’Apôtre veut éveiller notre mémoire, fortifier notre foi. Le cri de son cœur nous appelle à nous placer devant le mystère de la mort et de la résurrection de Jésus, particulièrement quand nous sommes usés par les soucis, tentés par le découragement et le renoncement au combat spirituel.

Les conséquences de la lèpre sont terribles, elles font du lépreux un exclu, rejeté et sans espoir. Mais Jésus est venu briser toutes les barrières qui isolent et emmurent les personnes. Entre la Samarie et la Galilée, les dix lépreux ont croisé la route de Jésus, ce qui a changé le cours de leur vie. À partir de cette rencontre commence une nouvelle histoire. Très nombreux dans le Proche-Orient, les lépreux portaient leur infirmité comme un châtiment divin. Condamnés à vivre à l’écart de tout contact humain, les dix lépreux sont en errance. C’est en se tenant à distance qu’ils crient : « Jésus, maître, prends pitié de nous. » Mais la merveille du christianisme, c’est que la distance infinie qui sépare l’être humain de Dieu a été franchie dans le Christ. Le Dieu miséricordieux a épousé notre humanité. Jésus le montre en répondant à leur demande : « Allez-vous montrer aux prêtres. » Sur la route, ils sont purifiés. Parmi eux, il y a un Samaritain, un homme frappé par une double malédiction : la maladie, qui le condamne au bannissement, et son origine samaritaine, qui fait de lui un hérétique. C’est lui, et lui seul, qui revient vers Jésus. « Il se jeta la face contre terre aux pieds de Jésus en lui rendant grâce. » Celui qui passe pour « n’avoir pas droit à être avec », exclu et étranger, devient le lieutenant de tous les autres devant Dieu pour exprimer sa gratitude. Il révèle ainsi que tout ce qui guérit en réintégrant, tout ce qui purifie en supprimant l’exclusion ne peut venir que de Dieu. C’est la foi qui autorise une telle attitude. Une foi que Jésus reconnaît : « Relève-toi et va : ta foi t’a sauvé. » Cette foi commence par un cri et se termine par une reconnaissance. C’est une foi qui sauve et qui intègre aux autres et à Dieu. Le Samaritain peut alors, sur la parole de Jésus, aller son chemin, se tenir debout sur la route. En rencontrant le Christ, nous n’obtenons pas seulement la santé, nous trouvons le salut.

L’Evangile de ce dimanche vise à nous faire connaître nos propres « lèpres », c’est-à-dire tout ce qui nous empêche de bien vivre, tout ce qui nous retient dans le malheur, la souffrance, la misère, et dont le Christ veut nous libérer. Présentons-nous à lui tels que nous sommes et, avec confiance, disons-lui : « Jésus, prends pitié de nous. » Comme les dix lépreux, nous pouvons nous aussi crier vers le Seigneur et lui demander de nous sauver. Nous le prions pour nous, pour nos malades et pour notre monde qui souffre de la violence, des guerres et de toutes sortes de malheurs. La bonne nouvelle c'est que Jésus ne fuit pas le cri de nos misères. Il est toujours attentif aux petits, aux malades, aux exclus. Il accueille tous ceux et celles qui viennent à lui. En les envoyant au prêtre, il les réintègre dans leur communauté pour qu'ils y retrouvent toute leur place. C'est sa priorité et il veut que ce soit aussi la nôtre.

Seigneur notre Dieu, nous venons vers toi avec confiance, car nous savons que tu ne peux décevoir. Tu guéris les cœurs blessés, tu es la joie de ceux qui se tournent vers toi. Toi qui nous sauves, nous te prions : donne-nous de savoir toujours te rendre grâce pour ta présence dans nos vies, aujourd’hui et jusqu’aux siècles des siècles. Amen !

Père Bernard Dourwe, Rcj.

 

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30 juin 2022 4 30 /06 /juin /2022 12:25

Isaïe 66, 10-14 ; Ps 65 ; Galates 6, 14-18 ; Luc 10, 1-12.17-20

 

Il peut nous arriver d’être découragés dans notre mission ou devant le peu de succès que rencontrent les propositions pastorales que nous faisons, les invitations que nous lançons en paroisse… Quelles initiatives prendre pour toucher nos contemporains ? Et cependant, « la moisson est abondante » (Evangile), l’évangélisation, nécessaire. La parole de Dieu nous console : Dieu n’abandonne jamais les siens (1ère lecture), et « rien ne pourra vous faire du mal », nous assure Jésus (Evangile). Comme saint Paul, puisons nos forces dans la croix du Christ, Source du salut des hommes : annonçons-là, avec foi.

Etonnante, mais ô combien réconfortante cette image de Dieu présentée dans la première lecture par le prophète Isaïe. Ce n'est plus le Dieu effrayant de certaines pages de l'Ancien Testament. C'est le Dieu père et mère qui prend ses fils, les hommes, sur ses genoux et leur caresse le visage... Un Dieu qui console ses enfants venus de la grande épreuve... Un Dieu de paix, de joie, de tendresse, tel qu'on ne l'aurait jamais imaginé.

Vis-à-vis d'un Dieu de paix et de miséricorde, ce ne sont pas les rites qui comptent, affirme saint Paul dans sa lettre aux Galates. Il ne suffit pas d'être circoncis ou baptisé. Il faut d'abord et avant tout suivre le Christ dans sa passion et sa souffrance, être crucifié avec Lui.

Après avoir commencé lui-même à prêcher, Jésus a formé des disciples et les a envoyés à leur tour proclamer la Bonne Nouvelle du règne de Dieu. Voici les consignes qu’il donne pour cette mission aux 72 disciples envoyés manifester aux hommes la miséricorde infinie de Dieu. Avant leur envoi en mission, le Seigneur leur recommande de prier le Maitre de la moisson d’envoyer les ouvriers en sa moisson car la moisson est abondante mais les ouvriers sont peu nombreux. Il faut sans doute plus de prêtres, mais aussi plus de laïcs engagés, des parents qui portent vraiment le souci de l’éducation chrétienne de leurs enfants, des catéchistes, des animateurs de paroisses, des chrétiens qui ont vraiment le souci de témoigner de leur foi là où ils vivent. Ils reçoivent la mission d’aller vers les hommes leur apporter la paix. Cette paix qui manque tant à notre monde. La paix véritable venant de Dieu.

Envoyés deux par deux, les disciples sont institués missionnaires par Jésus. Les suiveurs du Christ deviennent des annonceurs de l’Évangile. Ils parlent du royaume de Dieu tous azimuts, puis, revenus auprès du Seigneur, ils relisent leur expérience : « Seigneur même les esprits mauvais nous sont soumis en ton nom. » Jésus ne nie pas ce qu’ils affirment : « Je voyais Satan tomber du ciel comme l’éclair », mais il poursuit : « Ne vous réjouissez pas parce que les esprits vous sont soumis. » Il peut y avoir un danger dans la relecture des expériences réussies. Si grande puisse être l’influence des disciples, ils ne doivent pas s’enorgueillir. Le Seigneur leur fait confiance en les instituant annonceurs, mais le message n’est pas leur histoire, leur philosophie ou un point de vue parmi d’autres. Leur message c’est l’Évangile. C’est cela qui doit les ravir et leur donner du souffle : connaître le Christ et vivre la mission.

Cet engagement est onéreux, car proclamer que Dieu vient à la rencontre de chaque être humain, ne laisse aucun repos à celui qui en fait l’expérience : toute la vie du messager s’organise en fonction du message qu’il proclame : « Le royaume de Dieu s’est approché de vous. » Cependant, cet engagement est aussi un rendez-vous avec la joie. Des disciples sont nécessaires pour proclamer la proximité de Dieu, car la connaissance est un don d’abord proclamé et accueilli ensuite. Il faut des passionnés du Christ, des « obsédés » du Royaume, au point que dans leur vie tout lui soit référé, pour que le monde sache et vive dans la joie.

Cette page d’évangile nous rappelle une fois de plus l’urgence de la mission ; nous les baptisés, nous sommes tous envoyés pour annoncer la bonne nouvelle de l’Évangile.  C’est une mission qui nous incombe à tous, là où nous sommes. Personne n’en est dispensé. Nous sommes donc envoyés par Jésus lui-même. Il n’est pas question de faire des grands discours mais tout simplement d’apporter la paix de Dieu, d’être en contact avec les gens, de vivre en communion avec eux, de partager avec eux. A travers toutes ces relations humaines, il s’agit de sauver, de témoigner de ce Dieu amour qui nous fait vivre.

 

Seigneur notre Dieu, Maître de la moisson, tu nous confies ta Parole pour la semer sur notre terre et toi seul peux la faire grandir jusqu'à la moisson. Donne-nous assez de confiance et d'espérance pour découvrir les signes du Royaume qui germent déjà. Fais de nous des annonceurs de ce Royaume où tu nous attends avec ton Fils Jésus, dans la joie de l'Esprit Saint, dès aujourd'hui et jusqu'aux siècles des siècles.

 

Père Bernard Dourwe, Rcj.

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25 juin 2022 6 25 /06 /juin /2022 08:25

TREIZIEME DIMANCHE DU TEMPS ORDINAIRE C.

1Rois 19, 16.19-21 ; Psaume 15; Galates 5, 1.13-18 ; Luc 9, 51-62

Tournant décisif, aujourd’hui, dans l’itinéraire de Jésus : il « prend avec courage la route de Jérusalem », lieu où s’accomplira sa passion (Evangile). Il est libre de vivre, libre d’aimer jusqu’au bout, et il n’en attend pas moins de ses disciples… Pas question de tergiverser, de calculer, ou d’hésiter. Quand le Seigneur appelle, il veut des personnes libres, et radicales dans leur choix, comme Elisée (1ère lecture). L’Esprit de nos baptêmes nous a rendus libres (2ème lecture), et c’est bien pour que nous suivions le Christ sur son chemin de bonheur et de vie : son royaume n’est pas fait pour les tièdes.

Brûler tout ce qu'on a pu, saluer la compagnie et partir... Certaines destinées exceptionnelles commencent ainsi. Ce fut le cas d'Elisée, le laboureur devenu prophète. En jetant son manteau à Elisée, Elie lui transmet le relais de prophète, relais à prendre tout de suite, sans perdre de temps. Sa réponse est immédiate et radicale. Il abandonne tout  pour s’engager au service de Dieu.

Tout le monde parle de liberté. Mais quelle liberté? Etre libre pour quoi faire? Ecoutons Saint Paul: Le Christ nous libère, dit-il, pour que nous vivions sous la conduite de l'Esprit. Par lui, nous triompherons de l'égoïsme en aimant nos frères comme nous-mêmes. C’est donc, vivre son temps, assumer les valeurs de notre époque, progresser avec la société jour après jour et se battre pour un monde meilleur.

Quand il appelle à le suivre, Jésus est radical. Mais c’est tout au long de la marche avec lui qu’il purifie ses disciples et façonne leurs mentalités, pourqu’elles s’accordent à la sienne. Pour lui et pour le salut des hommes, il faut tout quitter sans regarder en arrière et sans aucune condition si ce n’est la recherche de la vie éternelle comme récompense.  Suivre le Christ, c'est marcher sur le chemin exigeant du calvaire parce qu'il conduit à la joie de Pâques. Ce n'est pas avancer en traînant les pieds, c'est aller d'un pas décidé sur la route où l'homme est appelé à se grandir, à se dépasser. Sans regarder derrière soi vers les facilités abandonnées. Il n’y a pas de temps à perdre. La vie est trop courte pour s’attacher à des regrets, pour revenir en arrière. Il est urgent d’aller de l’avant : quelque soit l’échec, qu’il soit scolaire, qu’il soit professionnel, même l’échec du couple, de la famille, l’échec devant la mort ou la maladie… il faut continuer la route, il faut croire en l’avenir.  Devant l’obstacle, quel qu’il soit, nous devons avoir cette liberté suffisante pour redémarrer avec le Christ qui nous invite à renoncer à nous-mêmes en toute liberté.

Etre disciple de Jésus, c'est être appelé à faire des choix. Des choix qui ne sont pas toujours évidents, quand il s'agit de renoncer à des préoccupations qui nous paraissent légitimes. La Parole de Dieu, ce dimanche, est exigeante. Elle nous rappelle que nous avons à mettre notre façon de vivre en conformité avec notre foi. Aujourd'hui, Jésus nous rappelle l'essentiel: aller au large pour annoncer le Royaume, à mains nues, avec un cœur libéré. Qu'il nous aide à regarder vers demain et à avancer vers l'avenir, libres de toute attache

 

Dieu notre Père, tu es le Dieu qui nous devance et tu appelles des hommes et des femmes à tout quitter pour se mettre à ton service. Lorsque nous avons du mal à entendre cet appel et à regarder vers l'avenir, rappelle-nous l'urgence qu'il y a à aimer nos frères: ils sont pour nous le visage de ton Christ, lui qui est vivant avec toi et le Saint-Esprit maintenant et pour les siècles des siècles.

Père Bernard Dourwe, Rcj.

 

 

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25 juin 2022 6 25 /06 /juin /2022 08:25

SOLENNITE DES MARTYRS DE L’OUGANDA

1ere lecture 2 Mac 7, 1-2.9-14 ; Ps 124 ; 2eme lecture : Rm 8, 31-39 ; Evangile Jn 12, 24-26

L’Eglise particulière du Rwanda célèbre la Solennité des Martyrs de l’Ouganda en ce dimanche ; Célébration prévue le 3 juin dans l’Église catholique. Ce sont les Martyrs de la persécution du roi Mwanga de 1885 à 1887 durant laquelle périrent une centaine de jeunes chrétiens, catholiques et anglicans. Pendant leur supplice, ils demeurèrent inébranlables dans leur foi et s’encouragèrent mutuellement, spécialement les jeunes comme Kizito, qui n’avait que 14 ans. Ils moururent dans la sérénité et la prière. Ces martyrs ont été canonisés par Paul VI au cours du Concile Vatican II, le 18 octobre 1964. Leur exemple a inspiré et continue d’inspirer beaucoup de chrétiens, spécialement dans les moments désespérés.

Dans la première lecture extraite du deuxième livre des Maccabées, sept frères d’une même famille acceptent de sacrifier leur vie plutôt que de briser les interdits religieux. Avec courage, ils affrontent la mort car ils sont rassurés et confiants en la résurrection. Ils savent que le Dieu qu’ils servent et en qui ils ont mis leur espérance les ressuscitera au dernier jour. Notre vie à la suite du Christ nous appelle aussi à affirmer avec radicalité notre foi en Dieu qui nous ressuscitera et nous délivrera de toutes épreuves. La foi  à la vie éternelle doit être une invitation à prendre conscience que les souffrances, les atrocités de ce monde ne sont que vanités devant l’amour et la miséricorde infini de Dieu.

Saint Paul dans sa lettre aux Romains, après avoir lui-même vécu dans sa chair les souffrances à cause de Jésus-Christ affirme avec véhémence que rien ne saurait nous séparer de l’amour de Dieu. Le Christ Fils du Dieu vivant est passé par les souffrances et les atrocités immenses pour nous donner le salut. En lui et par lui nous sommes donc vainqueurs de la mort, de l’angoisse, des persécutions, de la faim, de la nudité, des tribulations, des périls et du glaive. En effet, le Christ notre défenseur grâce à son Esprit Saint nous fortifie dans toutes les épreuves. Dieu qui est amour agrée donc notre sacrifice comme témoignage d’amour pour lui par Jésus-Christ qui siège à sa droite et intercède pour nous.

Cette vie donnée est une exigence de la Sequela Christi. Saint Jean en effet, dans son Evangile pose la configuration au Christ comme condition du salut. Les disciples sont appelés à suivre la logique du qui perd sa vie la gagne et qui veut gagner sa vie la perd. Comme le grain de blé qui doit mourir pour donner la vie, il en est de même pour tous ceux qui entreprennent le chemin de la vie sous les pas de Jésus. C’est en faisant comme lui, qui a accepté de mourir pour que nous ayons la vie en abondance que le disciple sera à mesure d’être au sein de ce monde un signe vivant et un témoin du salut offert à tous les hommes. Pour y arriver, il a donc besoin de se libérer de toutes les peurs. Car il ne faut pas avoir peur de ceux qui tuent le corps mais il faut plutôt craindre celui qui peut tuer le corps et l’âme

Saint Charles Lwanga et ses 22 compagnons dont nous célébrons la solennité nous sont donc offerts comme des modèles de foi au sein de ce monde. Proche de notre temps, ils ont dit avec fermeté non aux pratiques qui n’honorent pas la dignité des enfants de Dieu. Ils l’ont fait au prix de leur sang. Leur témoignage montre que les plaisirs mondains et le pouvoir terrestre ne donnent pas une joie et une paix durables. C’est plutôt la fidélité à Dieu, l’honnêteté et l’intégrité de la vie et l’authentique préoccupation pour le bien des autres qui nous apportent cette paix que le monde ne peut offrir.

Depuis l’âge apostolique jusqu’à nos jours, un grand nombre de témoins est sorti pour proclamer Jésus et manifester la puissance de l’Esprit Saint. Aujourd’hui, nous rappelons avec gratitude le sacrifice des martyrs ougandais, dont le témoignage d’amour pour le Christ et son Église a justement rejoint “les extrémités de la terre”. Nous rappelons aussi les martyrs anglicans, dont la mort pour le Christ rend témoignage à l’œcuménisme du sang. Tous ces témoins ont cultivé le don de l’Esprit Saint dans leur vie et ont librement donné le témoignage de leur foi en Jésus Christ, même au prix de leur vie, et beaucoup dans un si jeune âge.

Comme eux, nous devons suivre jusqu’au bout le Christ dans les joies et les peines en demeurant fidèle à nos engagements chrétiens qui nous appellent à être dans ce monde sans être du monde et à vivre comme des fils de lumière dans un monde enténébré car par vocation, nous sommes le sel de la terre et la lumière du monde.

 

Dieu éternel et tout puissant, tu as donné à tes saints Charles Lwanga et ses compagnons la force de souffrir à cause du Christ ; viens encore au secours de notre faiblesse, afin qu’en imitant ces martyrs de l’Ouganda qui n’ont pas hésité à mourir pour toi, nous ayons le courage de te glorifier par notre vie. Par Jésus le Christ.

 

Dourwe Bernard, Rcj.

 

 

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10 juin 2022 5 10 /06 /juin /2022 21:05

SOLENNITE DE LA SAINTE TRINITE C

Proverbes 8, 22-31 ; Psaume 8 ; Romains 5, 1-5 ; Jean 16, 12-15

Nous célébrons la solennité de la Sainte Trinité. De toutes les religions révélées, le christianisme grâce à l’incarnation de Jésus-Christ affirme la foi en l’Existence d’un seul Dieu unique en Trois personnes : le Père, le Fils et l’Esprit Saint. Dès la création Dieu le Père se manifeste comme Créateur, Dieu le Fils se manifeste comme le rédempteur et Dieu l’Esprit Saint est sanctificateur. Ils ne sont pas trois Dieux mais un Seul Dieu qui agit en trois personnes. La Sainte Trinité est le mystère d’amour et de communion entre le Père, le Fils et l’Esprit Saint. Ils font l’unité dans la nature Divine et la diversité dans les personnes. De telle sorte que le Père, le Fils et l’Esprit Saint bien que différents sont totalement unis. Personne n’agit jamais seul.

Comment « dire » Dieu ? De tout temps, les croyants ont cherché à exprimer leur foi en leur Seigneur, mystère d’amour insondable et cependant si proche de son peuple…Les sages de la Bible ont contemplé l’harmonie et l’intelligence de la Création, ils y ont discerné la figure de la Sagesse, qui évoque l’intelligence créatrice de Dieu (1ère lecture). Le psalmiste chante son Dieu pour la dignité qu’il donne à l’homme. Et saint Paul évoque avec force l’œuvre du salut en nos vies, par l’Esprit Saint (2ème lecture). Jésus nous a obtenu ce salut, et nous assure en permanence de l’assistance de son Esprit, qui nous guide vers la vie. (Evangile).

L'Ancien Testament a découvert la figure de la sagesse de Dieu, maître d'œuvre de la création et amie de l'humanité. Dans cette figure, les croyants reconnaissent le Verbe du Très-Haut ou son Esprit. Et ils se réjouissent qu’avant les siècles, lorsque le Créateur affermissait les cieux », la Sagesse « jouait devant Dieu à tout instant », et « trouvait ses délices avec les fils des hommes ». Un Dieu qui joue avec les hommes et qui trouve en cela son plaisir ! Difficile à imaginer. Mais jouer, n’est-ce pas le propre de l’enfance ? N’est-ce pas vivre simplement, au jour le jour, joyeux de découvrir tout ce qui est beau dans notre entourage ? Jouer c’est éviter de se prendre au sérieux ! Le jeu des hommes est la joie de Dieu…

Le mystère de la Trinité n'est pas une spéculation intellectuelle. C'est une réalité qui nous habite profondément. Saint Paul dans sa lettre aux Romains nous le rappelle. Le Christ nous a montré le chemin qui mène au Père et l'Esprit nous donne la force. L’Apôtre nous rend attentifs au don de Dieu, à l’Esprit qui ouvre notre intelligence au mystère trinitaire. De fait, ce mystère n’est pas opaque, l’Esprit nous donne de le sonder. Ce mystère est vie, l’Esprit nous offre d’y goûter. Il gémit au fond de notre cœur et nous révèle le Père (Ga 4, 6). Il affermit notre foi et nous découvre Jésus Christ, le Seigneur (1 Co 12, 3).

Dans ses derniers entretiens avec ses disciples, Jésus a dévoilé et récapitulé l’œuvre de Dieu dans son ensemble, il en a montré l’unité, depuis le temps des prophètes jusqu’au temps de l’Eglise. Il nous offre de découvrir le rôle de l’Esprit Saint dans le mystère de la Sainte Trinité. Esprit de sainteté et de vérité, l’Esprit Saint est la troisième personne de la sainte Trinité. Il est le lien d’amour et de communion entre le Père et le Fils. Promis par Jésus pendant les jours de la sa vie mortelle, l’Esprit Saint nous est donné pour nous aider à comprendre ses enseignements, à être témoins de sa résurrection et de la Bonne Nouvelle en nous conduisant vers la Vérité toute entière. Il continue encore aujourd’hui à œuvrer dans l’Eglise et dans l’Histoire des hommes. C’est lui qui nous met en communion avec le Père et le Fils.

Célébrer la Sainte Trinité, c’est célébrer la relation d’amour qui existe entre le Père, le Fils et l’Esprit Saint. Le Père est l’Aimant, le Fils est l’Aimé et l’Esprit Saint est l’Amour. Ils vivent en Communion parfaite de telle sorte que le Fils fait ce que veut le Père et l’Esprit Saint réalise ce qui vient du Père et du Fils. Tous sont associés à l’œuvre de la Création, de la Rédemption et de la Sanctification des hommes. Comme Communion d’amour, ils sont un modèle d’Amour et d’Unité dans la diversité qui s’offre à nos familles et à nos relations interpersonnelles. En effet, à l’image de la Sainte Trinité, nos familles qui sont en principe unies de par leur nature  sont appelées à demeurer unies dans la diversité de ses personnes. Le père est diffèrent de la mère et des fils et filles mais ils se reconnaissent comme faisant partir d’une seule et même famille. Ils doivent donc tous contribuer à œuvrer ensemble dans le respect des diversités, des dons, des charismes personnels qui ne sont pas là pour nous diviser mais plutôt nous enrichir mutuellement.

Dieu notre Père, tu as envoyé dans le monde ta Parole de vérité et ton Esprit de Sainteté pour révéler aux hommes ton admirable mystère ; donne-nous de professer la vrai foi en reconnaissant la gloire de l’Eternelle Trinité, en adorant son Unité toute-puissante. Par Jésus.

 

Père Bernard Dourwe, Rcj.

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