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6 mars 2021 6 06 /03 /mars /2021 09:20

1ere lecture Ex 20, 1-17, Ps 18, 2 lecture : 1 co1, 22-25, Evangile : Jn 2, 13-25

La liturgie de ce troisième dimanche nous offre de méditer sur le don de la loi de Dieu à son peuple dans la première lecture. Dans la deuxième lecture, Saint Paul nous invite à accueillir la croix de Jésus comme sagesse de Dieu et dans l’Evangile, Jésus purifie le Temple en signe du Temple nouveau qu’il va instaurer par sa mort et sa résurrection.

Dans la première lecture, extraite du livre de l’Exode, Dieu fait alliance avec son peuple Israël à travers le don de la loi. Le décalogue, encore appelé les dix commandements, est donné sur le mont Sinaï après la libération d’esclavage d’Israël et sa sortie de l’Egypte. Ces articles de la charte d’alliance reposent sur la relation avec Dieu et la relation avec le prochain. Elle se veut la reconnaissance de Dieu comme étant l’Unique, à qui il faut rendre le culte véritable et l’engagement à vivre en harmonie avec le prochain dans le respect de sa personne, de sa dignité et de ses biens. Ces commandements, loin d’aliéner le peuple est le signe de l’amour de Dieu. La liberté, condition première pour son établissement trouve sa pleine réalisation en son obéissance. Ce n’est qu’en la mettant en pratique qu’Israël sera heureux et trouvera grâce auprès de son Dieu. La loi du Seigneur nous rend ainsi libre à l’égard de Dieu et des hommes. Elle est source de vie et de bonheur, de sagesse, de jugement limpide, de droiture, de justice, et de pureté, plus précieuse et délectable que tout. Sa non-obéissance détériore les relations interpersonnelles en nous éloignant de plus en plus avec Dieu et les hommes.

Le péché qui est l’expression par excellence de la désobéissance aux commandements de Dieu va créer une fois pour toute la distance et la séparation de l’homme avec Dieu. Le Christ Jésus va donc venir réconcilier les hommes entre eux et avec Dieu en mourant sur la croix. Mais son sacrifice ne sera pas compris par tous les hommes. Pour les juifs en effet, dire que Jésus-Christ  est mort sur une croix pour le salut des hommes et il est ressuscité est un scandale. Pour eux, mourir pendu ou crucifié est une malédiction. Pour les païens par contre, c’est plutôt une folie car les grecs, bien avancés dans des réflexions philosophiques conçoivent la mort et résurrection comme étant irrationnelles et inadmissibles. C’est donc un scandale et une folie de dire que Jésus mort sur une croix est le Fils de Dieu. Dieu ne saurait d’après eux se faire homme et plus encore mourir sur une croix comme un vulgaire malfaiteur. C’est insensé. Contrairement à eux, Saint Paul, convaincu de son expérience de la rencontre avec le Christ sur le chemin de Damas, nous invite à mettre notre espérance et notre fierté en ce Christ mort et ressuscité pour le salut de toute l’humanité. Par son sang versé,  pour la rémission des péchés, le monde est à jamais réconcilié avec Dieu qui se révèle là où les hommes ne voient que la honte et l’échec.

L’acceptation de la vérité de la mort et de la résurrection de Jésus continue à heurter les esprits de nos contemporains. Plusieurs refusent d’admettre cette vérité indéniable de notre foi. Dans un monde enfreint au rationalisme et au matérialisme, l’homme cherche à admettre pour vrai ce qui est fruit d’une expérience pragmatique et vérifiable. Or la foi nous conduit à aller bien au-delà du rationnel et du sensible. Car Dieu ne saurait être objet d’une vérification scientifique/rationnelle.

Avant de s’offrir en sacrifice rédempteur, Jésus va purifier le temple en chassant les trafiquants et les marchands qui ont fait de la maison de son Père un lieu de trafic. Cette purification du temple, sera comprise par ses disciples, après sa mort et sa résurrection comme une annonce du Temple nouveau inauguré par sa résurrection. En purifiant le culte qui se pratique au temple, Jésus veut nous aider à retrouver la vraie signification de ce lieu. Le temple est la maison du Seigneur, une maison de prière, de rencontre du Seigneur et non pas un espace voué à toutes formes de pratiquent qui éloignent de Dieu. Il doit être débarrassé de tout ce qui n’est pas à son service et pour sa gloire.

Au-delà du temple matériel, il conduit ses contemporains à un temple plus grand : le temple spirituel. Ce temple spirituel c’est son corps qui va connaître la mort puis la résurrection trois jours après. Le lieu de la présence de Dieu n’est plus un édifice, c’est désormais le corps du Christ. Toute la liturgie chrétienne n’existe qu’autour de ce Corps. Saint Paul dira aux corinthiens : « vous êtes le Corps du Christ » (1 Co 12, 27). Et le Christ nous associe à ce mystère en nous offrant une dignité d’enfant de Dieu par l’Esprit Saint « Ne savez-vous pas que vous êtes le Temple de Dieu  et que l’Esprit de Dieu habite en vous ? » (1 Co 3, 16-17). Ainsi, ce n’est pas seulement le « corps ressuscité » de Jésus qui est le nouveau Temple, mais le corps de chaque baptisé. Nous devons donc traiter nos corps comme étant des sanctuaires, des lieux de la rencontre et de la présence de Dieu.

 

Tu nous as fait don de la loi Seigneur afin qu’elle guide nos pas sur le chemin de la liberté des enfants de Dieu. Accorde-nous en ce temps de préparation de la célébration du mystère pascal de nous laisser instruire par elle. Ainsi, nous aurons la joie d’accueillir l’Evangile de la croix de  Jésus qui veut nous unir à son Corps mystique, Temple nouveau et gage de notre salut. Lui qui règne avec Toi dans l’unité du Saint Esprit un seul Dieu pour les siècles dans siècles. Amen.

 

Père Bernard DOURWE, RCJ.

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25 février 2021 4 25 /02 /février /2021 08:29

1ere lecture : Gn 22, 1-2.9-13.15-18 ; Ps 115, 2eme lecture : Rm 8, 31-34 ; Evangile : Mc 9, 2-10

Nous célébrons le deuxième dimanche de Carême année liturgique B. La liturgie de ce jour nous invite à la confiance en Dieu et en Jésus-Christ en toute chose même dans les épreuves les plus difficiles. Les lectures de ce dimanche nous parlent de la marche de Pâques comme une véritable expédition. Elles nous amènent au sommet d’une montagne. Dans le premier texte, il s’agit de la montagne de Moriah ; c’est le lieu du sacrifice d’Abraham. Dans l’Evangile, c’est le Tabor, lieu où Jésus a été transfiguré devant ses disciples les plus proches. Et dans la seconde lecture, l’apôtre Paul nous renvoie à la montagne du Calvaire. C’est là que Jésus a été livré et crucifié pour nous.

Dans la première lecture, Dieu demande à Abraham de lui offrir en sacrifice son fils Isaac.   Abraham sans aucune hésitation, obéit à la volonté de Dieu et se rend à la montage avec son fils bien-aimé pour accomplir la volonté de Dieu. Cet abandon total d’Abraham, homme de foi au projet de Dieu  va plaire à Dieu. C’est pourquoi Dieu, loin de vouloir en sacrifice la vie humaine, va récompenser Abraham par une abondante bénédiction. Il aura, grâce à sa foi, la joie d’une progéniture en abondance.

Dans la deuxième lecture, Saint Paul nous laisse entrevoir le sacrifice du Christ comme rédempteur. Dieu qui n’a pas voulu le sacrifice d’Isaac accepte celui de son Fils bien-aimé pour le salut de l’humanité. L’obéissance du Fils va plaire au Père. Et le Père en retour va le ressusciter après sa mort. Sa résurrection est le gage de notre vie éternelle puisque le Fils siège à la droite du Père où il intercède pour nous et veut nous introduire dans sa Gloire. C’est pourquoi nous n’avons aucune raison de craindre quoique ce soit car le Seigneur est avec nous.

L’Evangile de la transfiguration proposé à notre méditation est un dévoilement de la gloire du Fils de l’homme et une préfiguration de notre gloire avenir. Jésus prend avec lui Pierre, Jacques et Jean pour les conduire à la montagne. Sous leurs yeux, il devient resplendissant et les disciples sont émerveillés par ce qu’ils voient et par la présence de Moïse et d’Elie qui sont là et s’entretiennent avec lui. Moïse représente la loi et Elie les prophètes. Ils se rejoignent dans cette rencontre avec Dieu. Cette rencontre veut préparer les disciples à ce qui va suivre. Aujourd’hui, ils voient son visage transfiguré. Dans quelques jours, ils le verront défiguré. Ils sont invités à lui faire confiance quoi qu’il arrive. Sur la montagne Dieu le Père se manifeste et invite les disciples à l’écoute de Jésus. Cette écoute sans restriction doit également se réaliser à travers l’épreuve de la passion.

Jésus, Fils du Dieu vivant se prépare à accueillir l’évènement de sa passion et sa Pâques. A travers la transfiguration, il invite les disciples à garder confiance face aux épreuves qu’ils devront affronter. Le chemin qui conduit à la gloire de la résurrection est parsemé de nombreuses épreuves et surtout d’une croix à porter. Nous sommes appelés à passer par des chemins pierreux, à affronter de nombreuses épreuves. Ces différentes épreuves visent à nous fortifier dans notre foi, à nous unir davantage au Seigneur victorieux de la mort par sa passion.

L’identité du disciple est inséparable de la présence des souffrances, des épreuves et de la gloire avenir. Notre vie est une longue marche vers la Pâques du Seigneur. Avec lui,  nous devons prendre le chemin du mont Tabor pour contempler sa Gloire mais aussi nous devons apprendre à redescendre sur la plaine pour affronter les joies et les peines quotidiennes. Une vie chrétienne sans souffrance n’en est pas une. Mais elle ne doit pas seulement s’arrêter aux malheurs. En effet, au bout de notre marche se trouve la gloire resplendissante des enfants de Dieu. Le pape François constate dans Evangeliun Gadium 6. « Il y a des chrétiens qui semblent avoir un air de Carême sans Pâques. » Ils «  deviennent tristes à cause des graves difficultés qu’ils doivent supporter, cependant peu à peu, il faut permettre à la joie de la foi de commencer à s’éveiller ».  L’expérience de la transfiguration doit nous accompagner dans toute situation de notre vie. Nous devons avancer en ayant le regard tourné vers le Seigneur. Rien ne doit nous séparer de l’Amour de Dieu.

 

Tu nous as dit, Seigneur d’écouter ton Fils bien-aimé ; fais-nous trouver dans ta parole les vivres dont notre foi a besoin : et nous aurons le regard assez pur pour discerner ta gloire et la force pour accueillir et vivre les épreuves quotidiennes afin de parvenir à la gloire de sa résurrection. Par Jésus le Christ Notre Seigneur.

 

Père Bernard DOURWE, Rcj.

 

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18 février 2021 4 18 /02 /février /2021 09:45

1ere lecture Gn 9, 8-15 ;  Ps 24 ; 2eme lecture 1P3, 18-22 ;  Evangile Mc 1, 12-15

Nous célébrons en ce dimanche le premier dimanche du carême. Débuté mercredi dernier avec l’imposition des cendres, le carême est le temps par excellence de la conversion. Durant quarante jours les chrétiens sont appelés à faire l’expérience de la rencontre avec le Seigneur qui nous conduit au désert pour écouter Dieu nous parler et faire l’expérience de la conversion véritable en lui redonnant toute sa place dans nos vies. Le Pape François nous invite à vivre ce carême 2021 sous le thème « Voici que nous montons à Jérusalem… (Mt 20,18) » . Le Carême, un temps pour renouveler notre foi, notre espérance et notre Amour de Dieu et du prochain. Car dit-il « chaque étape de la vie est un temps pour croire, espérer et aimer. Que cet appel à vivre le Carême comme un chemin de conversion, de prière et de partage, nous aide à revisiter, dans notre mémoire communautaire et personnelle, la foi qui vient du Christ vivant, l’espérance qui est dans le souffle de l’Esprit et l’amour dont la source inépuisable est le cœur miséricordieux du Père. »

Nous sommes donc appelés à préparer la Pâque, évènement fondamental de notre salut en disposant nos cœurs à la prière, à l’aumône et à la pénitence en revenant au Seigneur de tout notre cœur et de toute notre vie. La liturgie de ce jour nous offre de méditer sur l’alliance faite entre Dieu et Noé et la tentation de Jésus au désert.

La première lecture, extraite du livre de la Genèse nous permet de méditer sur l’alliance faite entre Dieu et l’humanité par la médiation de Noé. Après que le mal a eu l’emprise sur la création. Dieu a voulu purifier celle-ci à travers le déluge. Mais après quarante jours de pluies incessantes, Dieu renonce dans son amour inlassable à détruire la terre. Il va donc faire alliance avec Noé. Noé devient le chef d’une humanité nouvelle et le dépositaire des promesses de salut  que rien, jamais n’ébranlera. Le mal est toujours dévastateur de l’humanité. L’alliance signe d’amour inlassable de Dieu envers les hommes vise à restaurer la dignité humaine car l’homme a été créé à l’image et à la ressemblance de Dieu. Le péché revêt d’un masque de laideur notre humanité. Nous sommes appelés par tous les moyens provenant de la grâce divine à combattre le mal au sein de la création. Le temps de carême est donc une période d’intense combat contre le mal qui détruit notre existence et nous empêche de vivre en communion d’amour avec notre Créateur.

Dans notre monde marqué par la recrudescence  de violence et du péché, la stabilité de la nature et la paix entre les hommes sont assurées par la patience de Dieu. Il aurait mile raisons d’entrer en colère mais il la suspend pour faire alliance avec nous toute en nous appelant à la fidélité à son amour.

Saint Pierre dans la deuxième lecture fait une relecture chrétienne du récit du déluge.  Par Jésus, le juste mort et ressuscité, l’humanité entière est sauvée de la multitude des péchés qui submergeait comme un déluge. Le déluge, qui engloutit autrefois les pécheurs et laissa les justes sains et saufs, est une figure du baptême qui nous fait passer de la mort à la vie. Immergés dans les eaux du baptême,  nous passons de la mort à la vie avec le Christ monté aux cieux. Notre baptême nous engage sur le chemin nouveau, chemin du salut où nous faisons l‘expérience du salut apporté par Jésus-Christ.

Ce chemin nouveau doit nous conduire au désert pour faire l’expérience de la tentation de Jésus. Dans l’Evangile en effet, après son baptême, Jésus est conduit par l’Esprit au désert, milieu hostile par la présence des bêtes sauvages, assauts de Satan mais également lieu de la rencontre avec Dieu. Là-bas, il fait quarante jours de prière et de jeûnes. Investi par l’Esprit pour proclamer la Bonne Nouvelle, Jésus, nouvel Adam, réalise ce qu’il annonce : les puissances du mal, symbolisées par les bêtes sauvages, sont terrassées, grâce à Dieu et à ses anges. Au sortir de cette épreuve, il était prêt pour proclamer la Bonne Nouvelle : « les temps sont accomplis : le Règne de Dieu est tout proche. Convertissez-vous et croyez à la Bonne Nouvelle ». Une nouvelle création commence, Satan est vaincu. Jésus a triomphé de lui, le règne de Dieu est présent au milieu de nous.

Le peuple de Dieu confronté maintenant aux tentations du désert sortira vainqueur en celui qui nous rend forts. Mais ce peuple est invité à se convertir, à prendre un chemin nouveau de vie, à rejeter le mal sous toutes ses formes pour se mettre au service de Dieu qui fait alliance avec nous. Lié au baptême de Jésus, l’épisode de la tentation esquisse notre propre itinéraire de carême. Au cours de notre Exode, il faut apprendre à nous convertir, c’est-à-dire à croire que Jésus est le commencement de la Bonne Nouvelle, afin de triompher du mal sous la conduite de l’Esprit.

Accorde-nous, Dieu tout-puissant, tout au long de ce Carême, de progresser dans la connaissance de Jésus-Christ et de nous ouvrir à sa lumière par une vie de plus en plus fidèle. Lui qui règne avec toi dans l’unité du Saint Esprit un Seul Dieu pour les siècles des siècles. Amen.

Père Bernard DOURWE, Rcj.

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12 février 2021 5 12 /02 /février /2021 06:40

SIXIÈME DIMANCHE DU TEMPS ORDINAIRE B

 

Lévites 13, 1-2.45-46 ; Psaume 101 ;  1 Cor 10, 31-11, 1 ; Evangile : Mc. 1, 40-45

Jésus nous invite aujourd’hui, non seulement à la tolérance mais plus encore, c’est-à-dire à rendre vie, ressusciter en quelque sorte, celui ou celle qui est près de nous comme un mort-vivant. Aujourd’hui encore, l’Ecriture nous met en présence de malheurs, de souffrance : il est question de lèpre, synonyme d’exclusion, de rejet pour cause d’impureté. On peut parler de « double peine » : à la maladie s’ajoutent la mise à l’écart, la solitude, et en définitive le désespoir. S’opposant à ces lois de la société, Jésus touche le lépreux qui l’implore. Il le guérit. Jésus renverse l’ordre établi, en signe du Royaume : sa loi, c’est l’amour, un amour qui transforme la vie. Ainsi, saint Paul peut dire : « Faites tout pour la gloire de Dieu. » Et l’homme guéri court annoncer la nouvelle : l’amour, on ne peut le taire ! Ecoutons cette bonne nouvelle.

Aux premiers temps bibliques, on croyait le lépreux châtié à cause de ses péchés, mais on connaissait aussi la réalité de la contamination. La solution de bonne conscience était de l’exclure de toute vie sociale, puisque considéré comme impur.

Corinthe était une ville énorme : 600.000 habitants, dont 400.000 esclaves. Paul est envoyé à tous ces pauvres pour leur révéler le Christ et la vie en lui. Il les invite fortement à agir en tout pour la gloire de Dieu, comme le Christ en a donné l’exemple.

Jésus guérit un lépreux : mais de peur d’être pris davantage pour un guérisseur que pour le messager du Royaume, il lui défend d’en parler. Peine perdue ! Le miraculé ne peut s’empêcher de clamer sa reconnaissance et sa joie.

Identifié par sa maladie, l'homme qu'il était, le rejeté qu'il est, semble ne plus avoir d'autre nom ou d'autre prénom que celui de « lépreux » ! À l'audace du lépreux qui vient à sa rencontre, alors même que la loi lui interdit de s'approcher de quiconque, Jésus, pris de pitié, répond avec émotion et tendresse. Jésus étend la main. II pose un geste. Il touche celui que la maladie empêche d'être touché. L'audace du lépreux rencontre l'audace de Jésus qui va jusqu'à réintégrer l'exclu à la société qui, à cause de sa lèpre, le rejetait. À la mort programmée de cet homme; Jésus répond par la vie. « Je le veux, soit purifié! »

De nos jours, injustice et exclusion marquent encore nos sociétés. Nous en faisons hélas tous le constat, quotidiennement. L'homme exclu par l'homme est une réalité bien triste de notre monde à l'aube du troisième millénaire. Aujourd'hui, les lépreux des temps modernes existent. Ils sont toujours sur le seuil, en dehors, rejetés, en marge, en manque, en attente. Oui, ils attendent, ils guettent de leurs proches une parole, un sourire, un regard. Ils attendent la compréhension, l'accueil, un geste. Leur cri est semblable à celui du lépreux de l'évangile : « Si tu le veux, tu peux! » Alors, comme tant d'autres, je fais ce que je peux. Timidement. Discrètement. Et le visage du petit, de l'opprimé, du rejeté ou de l'exclu, le visage de ces lépreux d'aujourd'hui devient pour moi visage de mon Dieu.

L’histoire du lépreux nous rappelle, en parabole, le sens premier du salut apporté par Jésus. L’espoir d’une guérison est tellement fort que le malade n’envisage aucune autre solution. Mais l’exemple de ce lépreux nous invite également à dépasser notre volonté de forcer la main, de dicter notre désir et notre volonté à l’autre, en lui imposant notre point de vue. Ici, sur le terrain de l’Evangile, cette réalité humaine met en place d’autres possibilités. Car l’homme en question accueille la présence, remet son avenir entre les mains du Fils de Dieu. Il s’abandonne à son jugement et se laisse conduire. Il perçoit en Lui le vrai, l’unique Sauveur !

Tout au long de ses années de vie publique, Jésus ne cesse de vouloir sauver ce qui est perdu. Il veut faire vivre ceux qui le cherchent. A tous il annonce : « Celui qui croit en moi passe de la mort à la vie ! Venez à moi et vous aurez la vie!» (Jn 5. 24). Voilà la Bonne Nouvelle, celle que l'ancien lépreux se mit à proclamer et à répandre.

Frères et sœurs, il y a toujours un lépreux près de nous, lépreux du corps ou du cœur ! Peut-être il crie et il pleure, peut-être il se cache en silence. Saurons-nous le reconnaître et l'entendre, le toucher de nos mains, lui ouvrir nos entrailles, lui donner quelque chose de notre vie? Saurons-nous reconnaître dans ses plaies celles du Christ crucifié ? Que le Seigneur nous en fasse la grâce et nous guide, lui qui la veille de sa mort disait à Thomas l'incrédule : « Je suis le chemin, la vérité et la vie».

Dieu notre Père, ton Fils s‘est fait proche de nous. Il a répondu aux cris des pauvres et des malheureux. Il est venu nous purifier de l’égoïsme, de la haine et des préjugés qui dressent des barrières entre nous. Ouvre nos cœurs à sa parole afin que nous le prenions comme modèle. Fais que nous vivions en communion entre nous et avec toi, Dieu vivant, pour les siècles des siècles. AMEN

Père Bernard Dourwe, Rcj.

 

 

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5 février 2021 5 05 /02 /février /2021 11:48

1ere lecture Jb 7, 1-4.6-7 ; Ps 146 ; 2eme lecture 1 Co 9, 16-19.22-23, Evangile Mc 1, 29-39.

Nous célébrons le cinquième dimanche ordinaire année liturgique B. La liturgie de ce dimanche nous met à face de deux mystères : celui du mal et celui de la mission et de l’annonce de la Bonne Nouvelle. Devant l’expérience de la fragilité humaine qui suscite de nombreuses interrogations, Dieu vient à nous comme la réponse ultime à nos souffrances. Il ne supporte pas voir les hommes vivre dans un état de désespoir, accablés par les maladies et les situations sans issues.

Pourquoi la souffrance ? Pourquoi le juste et l’innocent souffrent-ils ? Ces questions qui alimentent le livre de Job semblent sans réponses pour notre entendement. Le mal et la souffrance se présentent à nous comme un mystère qui ne cesse de nous échapper. Notre vie est marquée par la finitude, la fragilité. Nous faisons les expériences de la maladie, de la vulnérabilité, des échecs, des incompréhensions et nous cherchons sans cesse à comprendre ce qui nous arrive, à saisir  la cause de nos misères et à y apporter des réponses existentielles. Mais notre intelligence se trouve limitée en face de ce mystère. Comme Job, la voie de sortie réside dans la foi et la confiance en Dieu : « Souviens-toi, Seigneur : ma vie n’est qu’un souffle ». C’est l’ouverture à Dieu qui peut nous permettre de sortir de cette aporie. En effet, Dieu ne supporte pas de voir ses créatures en difficultés. Il est là pour nous sauver en venant à notre secours. C’est lui qui nous fortifie dans nos faiblesses et dans les épreuves. C’est lui notre espérance et notre salut.

L’expérience de Dieu qui vient à  notre secours doit nous mettre en mouvement. Nous sommes appelés à l’instar de Saint Paul à nous donner entièrement pour la cause de l’Evangile. Les souffrances de l’humanité ne doivent pas  nous laisser indifférents. Nous devons  partager « la faiblesse des plus faibles pour les gagner » au Christ. Nous devons nous faire tous en tous pour les sauver. C’est pourquoi l’annonce de l’Evangile est pour nous une obligation qui nous incombe. Chacun de nous doit prendre à cœur l’annonce de la Bonne Nouvelle pour que nous soyons tous sauvés. C’est à travers nous que Dieu vient en aide à notre prochain qui fait l’expérience de la souffrance. Nous ne devons donc pas être indifférents aux cris de l’humanité.

Jésus Fils de Dieu, venu nous sauver et nous conduire au Père va également se pencher sur les misères de l’humanité. Marc dans l’Evangile de ce jour nous décrit de façon concrète les gestes de salut opérés par Jésus. Après avoir enseigné avec autorité, suscitant l’émerveillement de ses auditeurs, Jésus va à la rencontre de l’humanité souffrante. Loin d’apporter des réponses à la question de l’origine ou de la cause du mal, il relève ceux qui sont accablés par le poids de la maladie. De nombreux malades viennent à lui pour retrouver la guérison. En lui, Dieu se fait proche de l’homme pour lui donner réconfort, soulagement et libération de toutes formes d’esprits qui l’empêchent de correspondre à sa dignité d’enfant de Dieu. Il ne veut pas seulement guérir les corps mais aussi les cœurs. Car nos véritables souffrances ne sont pas d’abord physiques mais affectives, psychiques et spirituelles. La guérison appelle donc à une ouverture à la foi, à un service sas cesse croissant de Dieu et du prochain à l’exemple de la belle-mère de Pierre.

Après avoir accompli des signes et des prodiges, Jésus se retire pour aller prier. Ce retrait est une invitation à savoir toujours nous ressourcer en Dieu. Toutes nos activités doivent trouver sens dans notre relation véritable envers notre Créateur. C’est par lui que nous sommes ce que nous sommes. C’est pourquoi se retirer pour le rencontrer dans la prière est un signe de notre reconnaissance pour ses merveilles dans notre vie. L’énergie reçue dans la prière renouvelle notre dynamisme dans l’annonce de l’Evangile qui est une urgence, un impératif.

Devenir disciple du Christ, c’est participer aux souffrances de l’humanité en partageant les peines et les joies de notre monde. C’est s’engager de façon concrète à éradiquer autour de nous tout ce qui est obstacle à la réalisation de l’homme. C’est se connecter sans cesse au Seigneur dans la prière et après s’être ressourcé en Dieu, devenir un apôtre infatigable de la Bonne Nouvelle dans ce monde qui souffre tant de mauvaises nouvelles.

Seigneur, tu es le Dieu qui vient à notre secours à chaque fois que nous crions vers toi. Jette encore aujourd’hui ton regard miséricordieux sur nos souffrances et nos malheurs afin que ta Bonne Nouvelle, source de joie retendit dans notre monde et nous apporte la grâce, la paix  et le salut. Par Jésus-Christ notre Seigneur. Amen.

 

Père Bernard DOURWE, Rcj.

 

 

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29 janvier 2021 5 29 /01 /janvier /2021 12:12

QUATRIÈME DIMANCHE DU TEMPS ORDINAIRE B

 

1ère lecture : Dt. 18,15-20 ; Psaume 94 ; 2ème lecture : 1 Cor.  7,32-35 ; 3ème lecture : Mc. 1,21-28

Le cœur des lectures de ce dimanche est dans le Psaume 94 lorsque le psalmiste nous interpelle : « Aujourd’hui écouterez-vous sa parole ? » Quand le Seigneur rassemble son peuple, il lui parle. A chaque célébration il nous livre son message d’amour : une parole vraie, forte, efficace. L’Evangile va montrer l’autorité et l’efficacité de la parole de Jésus qui guérit et libère : c’est par elle qu’il annonce le Royaume et en donne des signes. Et saint Paul, avec la lecture continue de sa première lettre aux Corinthiens, il invite aussi à écouter la Parole pour être attaché au Seigneur, et mettre en pratique ce qu’il attend de nous.

Moïse annonce au peuple juif que Dieu lui suscitera un Prophète, le plus prestigieux de toute son histoire. Ce prophète par excellence sera le Christ, médiateur parfait, puisqu’à la fois Fils de Dieu et fils de l’homme.

Saint Paul exalte le célibat consacré, qui permet de réserver pour Dieu et son service toute richesse et toute substance de l’être humain : il fait de ceux qui s’y engagent « les permanents du Seigneur ». Dans sa lettre, Paul veut expliquer que ce qui est premier, c’est d’être attaché à Dieu sans partage. C’est tout un défi. Que nous soyons mariés ou non, nous ne parviendrons jamais à échapper complètement au stress et aux soucis, mais nous pouvons apprendre à gérer notre vie en se préoccupant du prochain, en pardonnant à ceux qui nous ont offensés, et en étant reconnaissant pour chaque chose bonne dans notre vie. C'est l'évangile de la Bonne Nouvelle qui nous annonce la vie, la vraie. Nous sommes loin d’une religion composée d'œuvres mortes et d'observances rituelles.

Marc montre dans ce passage que le Christ est un prophète hors-série : il témoigne en effet d’une autorité souveraine, qui se manifeste dans son enseignement et se confirme par la puissance avec laquelle il terrasse les forces du mal et chasse les démons.

Tout le monde reconnaît l'autorité de Jésus avec laquelle il enseigne: "Voilà un enseignement nouveau!" C'est qu'en effet, Jésus ne se contente pas de faire des cours, il fait bien autre chose que de remuer des idées, il parle avec ses gestes, il pose des actes et il remue les cœurs. Non seulement Jésus enseigne dans la synagogue, mais il met immédiatement son enseignement en actes: il élimine le mal. Il guérit. Or c'est le jour du sabbat et il est interdit de faire quelque chose ce jour-là. Mais pour Jésus il n'y a pas de jour interdit à l'Amour.

L'Évangile de Marc veut faire découvrir, plutôt qu'affirmer, la per¬sonne du Christ. C'est une invitation permanente, pour nous qui disons: «Je crois en Jésus-Christ», à répondre, pour nous-mêmes, à la question: «Qui est Jésus-Christ?» Et cette réponse évoluera en s'affi¬nant, au fur et à mesure que, dans la prière et la contemplation, nous apprendrons à mieux écouter ses paroles et mieux voir ses actes.

Pour ses contemporains, Jésus est un homme qui enseigne avec autorité. D'autres que lui ont une autorité pour enseigner: des sages et des savants, des spécialistes de l'Écriture. Mais lui respire l'autorité; il remue le cœur de ceux qui l'écoutent et sa parole est efficace: il est la Parole de Dieu. Il parle, et le mal recule, et les esprits mauvais savent leur défaite consommée. Dans leur crainte et leur haine de Dieu, ils laissent échapper comme un acte de foi. Ils savent nommer ce Jésus de Nazareth: «Tu es le Saint de Dieu».

Toute sa vie, Jésus a mis ses actes en harmonie totale avec son enseignement. Il a chassé les démons, guéri les malades, ressuscité les morts, non pour faire des merveilles, gagner l'admiration et acquérir un pouvoir terrestre, mais pour révéler qu'il est l'envoyé d'un Dieu d'amour et de tendresse. Il prêchera l'amour, et ira jusqu'à la mort pour vivre jusqu'au bout cet amour.

Dieu de tendresse et de miséricorde, en Jésus, tu es « le Dieu qui sauve ». Que sa Parole nous guérisse et transforme notre cœur. Alors, libres de toute attache et de tout souci, nous pourrons te plaire dans le service de nos frères. Gloire et louange à toi, maintenant et pour les siècles des siècles. Amen !

 

¨Père Bernard Dourwe, Rcj.

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22 janvier 2021 5 22 /01 /janvier /2021 20:40

1ère lecture Jon 3-1 à 3-10 ; Psaume 24 (25) ; 2ème  lecture 1 Co 7, 29-31, Évangile Mc 1, 14-20

 

En ce troisième dimanche ordinaire, nous célébrons le dimanche de la Parole de Dieu. Le thème de cette deuxième année s’inspire d’un passage de la Lettre aux Philippiens : En tenant ferme la parole de vie (Ph 2, 16). C’est l’invitation forte que Paul adresse aux chrétiens de Philippes pour que la Parole de Dieu demeure le socle inébranlable sur lequel enraciner la foi, l’espérance et la charité. Les textes liturgiques proposés à notre méditation nous invitent à la conversion.

La première lecture nous raconte le témoignage de Jonas. Il est appelé par Dieu pour annoncer à la ville de Ninive que son péché entraînera sa destruction. Ninive est en Irak ; ce pays était déjà le pire ennemi d’Israël. Il l’avait écrasé d’une manière implacable. Or voilà que Dieu se préoccupe aussi du sort de Ninive. Il demande à Jonas de porter un ultimatum à cette ville. Après de nombreuses aventures, le prophète y va avec la peur au ventre. Il annonce à cette ville que dans quarante jours, elle sera détruite. « Les gens de Ninive crurent en Dieu. Ils annoncèrent un jeûne, et tous, du plus grand au plus petit, prirent un vêtement de deuil. » Jonas pensait assister à la destruction de Ninive. Mais Dieu renonce à son projet. Il ne veut pas la mort du pécheur. Ce qu’il veut, c’est qu’il se convertisse et qu’il vive. La bonne nouvelle est pour tous, y compris pour nos pires ennemis. Comme Jonas, nous devons apprendre à les regarder avec le regard de Dieu, un regard plein d’amour.

L'apôtre Paul a vécu cette conversion. Au départ, il était un persécuteur acharné des chrétiens. Mais sa rencontre avec le Christ l'a complètement transformé. Aujourd'hui, il vient nous rappeler que l'avenir tout proche de l'homme est dans le Christ ressuscité. Il nous recommande de prendre nos distances par rapport aux biens qui passent. C'est important car nous risquons d'être prisonniers de ce que nous vivons actuellement. Avec le Christ, le Royaume de Dieu est déjà inauguré. Il n'est pas encore pleinement accompli, mais il est déjà là. La vraie priorité c'est d'être entièrement tourné vers la rencontre définitive avec le Christ.

Dans l’Evangile, Jésus-Christ commence sa mission en appelant à la conversion. « Les temps sont accomplis, le règne de Dieu est tout proche, convertissez-vous et croyez à la bonne nouvelle ». Il demande une conversion du cœur, une conversion à l’amour. Ce n’est plus une conversion morale, qui certes demeure nécessaire, mais c’est une conversion à l’amour de Dieu qui assume toutes les épaisseurs de notre humanité et la fait rayonner. Croire possible cette bonne nouvelle, c’est entrer dans un tout nouvel Amour. Voilà la Bonne Nouvelle : le Jour de Dieu vient, le Royaume s’approche de nous, nous n’avons qu’à l’accueillir. Il nous faut croire à la gratuité du don de Dieu.

Se mettre en mouvement à la suite de Jésus, c’est partir, et manifester une conversion. La conversion à laquelle Jésus nous invite consiste à croire que le don de Dieu est actuel et qu’il est gratuit. Personne n’est abandonné, personne n’est laissé au bord du chemin. C’est dans cette ambiance que Jésus appelle ses premiers Apôtres. l’Amour de Dieu resplendit dans les cœurs et sur les visages. La conversion proposée est efficace quand le oui de notre cœur ouvre une porte à l’Amour infini de Dieu. C’est une conversion fondamentale à l’amour de Dieu qui va transformer tous nos amours. Jésus annonce cette Bonne Nouvelle : Dieu est Amour. Désormais nous pouvons vivre de l’Amour infini de Dieu.

C’est pour faire du nouveau, qu’en lien avec Jésus, Jacques et Jean ont entrepris cette conversion. Ces Apôtres assumaient leurs responsabilités dans leur lieu de travail, dans leur quotidien. Jésus est là, ils ne sont plus seuls dans leur recherche de Dieu. Nous sommes tous appelés, nous quittons nos manières d’être selon le monde, non pas pour l’abandonner, mais pour lui apporter une espérance nouvelle en suivant Jésus et en vivant dans un nouvel amour. Jésus accomplit l’œuvre du Dieu d’Amour en chacun de nous. Mu par ce très grand Amour, la transformation de notre être pourra se réaliser. Il nous faudra lui donner notre consentement. Dieu nous transformera et nous situera dans son Amour. La Bonne Nouvelle annoncée s’active et se vit dans cet appel à vivre de l’Amour infini de Dieu.

Le même Jésus continue à passer dans notre vie. Il nous rejoint dans toutes les situations, y compris les pires. Il nous redit à tous : « Venez à ma suite… Je rendrai votre vie belle et féconde…  » C’est ainsi que des hommes et des femmes sont devenus des témoins de l’Evangile. Ils ont consacré toute leur vie à cette mission. Ils n’ont pas eu peur d’affronter l’indifférence, la haine et les persécutions. Ils avaient la ferme conviction que rien ne pouvait les séparer de l’amour du Christ. Nous aussi, nous sommes tous appelés. Cet appel pressant c’est celui de l’amour. Pour répondre à cet appel, il nous faut sortir de nos petits bonheurs, de nos biens, de nos manques. L’important  c’est de tendre vers ce qui est à venir.

 

Comme les apôtres et comme Jonas, nous sommes tous appelés par le Seigneur. Bien sûr, tous n’ont pas à quitter leur métier pour aller annoncer l’Evangile. Mais nous sommes tous appelés à suivre Jésus. Tout au long de notre vie, nous sommes appelés à prendre des décisions importantes. Quand cela arrive, nous devons chercher à connaître à accomplir ce que Dieu attend de nous. Tout cela, nous le faisons à la lumière du grand commandement que Jésus nous a laissés : « Tu aimeras le Seigneur ton Dieu de tout ton cœur, de toute ton âme et de toute ta force. » Plus tard, il nous recommandera de ne pas nous laisser « envahir par les soucis de la vie, les séductions de la richesse et autres convoitises » qui étouffent la Parole de Dieu et l’empêche de produire du fruit.

Ne perdons pas de vue ce qui est au cœur de la mission. Avec Jésus et comme lui, nous avons à « crier » l’Evangile, à enseigner et à guérir les cœurs. Dieu veut se faire connaître de tous les hommes et les rassembler tous dans son Royaume. Nous sommes dans la semaine de prière pour l’unité des Eglises. En communion avec tous les chrétiens des différentes confessions, nous nous tournons ensemble vers le Christ. C’est autour de lui et non autour de nos certitudes que doit se construire cette unité de ses disciples. C’est absolument indispensable si nous voulons que notre témoignage porte du fruit.

Père Dourwe Bernard, Rcj.

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15 janvier 2021 5 15 /01 /janvier /2021 20:22

DEUXIEME DIMANCHE ORDINAIRE B

Première lecture  1S 3, 3b-10.19 ; Psaume 39 ; Deuxième lecture 1 Co 6, 13b-15a.17-20 ; Evangile Jean 1, 35-42

La liturgie de ce dimanche nous offre de méditer sur le mystère de la vocation. Samuel dans la première lecture tout comme les premiers apôtres dans l’Evangile de ce jour sont tous appelés à adhérer au projet salvifique de Dieu qui ne cesse de nous appeler encore aujourd’hui à être à sa suite pour demeurer en lui. Chacun d’eux se fait aider dans le discernement afin de répondre positivement à leur vocation, don gratuit de Dieu qui veut nous associer à sa mission rédemptrice de l’humanité.

Le jeune Samuel alors qu’il est au service du prêtre Eli entend trois fois de suite la voix de Dieu l’appelant. Son maitre va l’aider à répondre à l’appel de Dieu afin d’être disponible à son projet pour lui. Dans la vocation, Dieu est toujours le premier à prendre l’initiative pour venir à notre rencontre. « Ce n’est pas d’une volonté humaine qu’est jamais venue une prophétie, c’est poussé par l’Esprit Saint que des hommes ont parlé de la part de Dieu. » 2 Pierre 1, 21. Personne ne s’appelle. Dieu est le premier à prendre l’initiative pour  appeler par le nom propre. Il attend une réponse libre de ceux qu’il appelle. Mais la réponse implique un discernent. C’est le rôle que va jouer le prêtre Eli dans la vocation du jeune Samuel qui n’était pas encore habilité à distinguer la voix de Dieu de celle de son maitre. Dans tout cheminement vocationnel, dans toute décision à prendre, dans tout choix de vie, le discernement est une clé maitresse pour pouvoir faire un choix qui correspond à la volonté de Dieu. Après avoir discerné, il est capital de se rendre disponible et de s’engager pour correspondre aux attentes de Dieu à notre égard. C’est toujours une histoire personnelle, faite des réponses quotidiennes aux sollicitations incessantes et souvent imprévues de Dieu: « parle Seigneur ton serviteur écoute ».

L’engagement au service de Dieu qui appelle implique un don total de tout son être. C’est pourquoi Saint Paul exhorte les Corinthiens à fuir toute pratique qui pourrait souiller leur corps. En effet, par leur consécration, ils sont devenus le Temple de l’Esprit Saint, la demeure de Dieu. Or Dieu ne saurait prendre plaisir à résider dans ce qui est souillé. Il est en effet le Dieu Saint. Nous devons donc lui réserver un accueil digne à travers notre manière de traiter notre corps qui est membre du Christ. Car « notre corps n’est pas fait pour l’impureté, il est pour le Seigneur Jésus, et le Seigneur est pour le corps. » Ce corps est le lieu où Dieu doit manifester sa gloire. Nous sommes donc appelés à avoir un regard positif sur notre corps contrairement à certaines théories qui font de celui-ci la prison de l’âme, lui donnant ainsi une connotation négative.

L’expérience de la vocation comme don de Dieu trouve également son écho dans l’Evangile de ce jour. Jean Baptiste après avoir présenté à ses disciples, Jésus-Christ comme étant « l’Agneau de Dieu », s’incline et s’efface humblement afin que ceux qui aillent à la suite de ce dernier. L’expérience du « venez et voyez » proposée à ses deux disciples curieux de savoir sa demeure, sera fondamentale pour commencer un chemin nouveau dans l’Alliance Nouvelle. Cette rencontre fondamentale avec le Fils de Dieu qu’ils ont longtemps désiré et attendu, marquera pour toujours ces deux disciples qui aussitôt deviendront à leur suite des missionnaires parce que bouleversés positivement par sa présence. André en effet va aller partager la joie de sa rencontre du Messie à son frère Pierre qui, à son tour va se hâter à rejoindre le Seigneur et  Jean se souviendra du moindre détail de ce jour particulier.

La vocation, initiative de Dieu dans son amour insondable et réponse de l’homme dans sa totale liberté, nous met toujours en mouvement. Dieu nous appelle à être avec lui, à faire avec lui, à cheminer avec lui vers la Vie en abondance. Son appel est une bonne nouvelle pour notre humanité. Cette joie de sa rencontre doit être partagée avec tout homme et les hommes. D’où l’ouverture à la mission et au service de tous. Etre avec le Christ, c’est être un missionnaire de la bonne nouvelle non pas seulement en parole mais aussi et surtout à travers le témoignage de vie qui doit refléter notre appartenance au Christ dans la radicalité évangélique.

Merci Seigneur pour tant d’hommes et de femmes que tu appelles à être avec toi. Accorde-nous de savoir toujours répondre positivement avec empressement et enthousiasmes aux multiples appels de l’Esprit. Ainsi, nous aurons la joie d’être avec toi et d’aller communiquer à tous les hommes nos frères l’expérience et la joie de ta rencontre. Toi le vivant pour les siècles des siècles. Amen.

 

Père Bernard DOURWE, Rcj

 

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7 janvier 2021 4 07 /01 /janvier /2021 13:54

1ere Lecture : Isaïe 55, 1-11 ; Cantique : Isaïe 12, 2-6 ; 2eme Lecture : 1 Jean 5, 1-9 ; Évangile : Marc 1, 7-11

Nous célébrons aujourd'hui le baptême de Jésus. Ce jour-là, Jésus s'engage dans ce qu'on appelle sa vie publique; mais c'est aussi le jour où il reçoit publiquement la consécration de Dieu: "C'est toi, mon Fils bien-aimé". Célébrons ce jour où s'inaugure la mission de Jésus, parce que, à partir de ce moment-là, commence la Bonne Nouvelle.

Pluie, arrosage et irrigation, nous savons par expérience combien le développement des plaintes dépend de l'apport en eau.  Le prophète Isaïe nous fait découvrir que la Parole de Dieu est comme une eau bienfaisante et abondante, qui fait croître en nous la vie reçue de Dieu et nous imprègne de ses pensées pour nourrir nos pensées et nos intentions et nous faire agir en vue du bien, donc pour la vie.  Aussi, en chaque célébration, la proclamation de la Parole de Dieu agit comme la manifestation de 1’Esprit Saint au baptême de Jésus: la Parole aimante du Père nous révèle le lien filial qui nous unit à Dieu depuis notre propre baptême, elle nous fait grandir dans notre relation avec lui, comme la parole des parents à leurs enfants.

L'eau et le sang sont les témoins de l'humanité de Jésus; l'Esprit qui jaillit de lui témoigne de sa condition divine. Ces trois témoins sont l'unique témoignage rendu par le Père à son Fils, nous dit saint Jean dans sa première lettre.

Les tout premiers événements publics de la vie de Jésus s’enchaînent. Après sa naissance et sa manifestation au monde, la liturgie de ce dimanche nous fait participer à son baptême, comme si nous nous trouvions au bord du Jourdain, parmi la foule. Aux uns et aux autres, il nous arrive d’être conviés au baptême d’un nouveau-né ; et même quelquefois à celui d’un adulte. Ces premiers pas dans la vie chrétienne sont toujours des moments inoubliables de joie et d’action de grâce ; tout simplement parce que nous prenons davantage conscience que quelque chose de neuf advient désormais et que rien ne sera plus vraiment comme avant !

Fêter le baptême du Seigneur, chaque année à la même époque, c'est en toute logique faire mémoire de notre propre plongée dans les eaux baptismales. C'est redonner vigueur à ce don précieux reçu de Dieu et toujours le nourrir. Car nous en faisons peut-être l'expérience pour nous-mêmes ou pour nos proches : il ne suffit pas d'être baptisé pour être chrétien ; il faut sans cesse animer et réanimer ce premier sacrement pour qu'il prenne dans le temps sa vraie dimension. Si le Christ se laisse baptiser par le Précurseur, c'est avant tout pour que l'Ecriture s'accomplisse : d'un baptême de conversion, il faut passer au baptême dans l'Esprit Saint : là se joue la nouveauté de l’Alliance. En entrant dans l'eau du Jourdain, Jésus se place au même niveau que les pécheurs.

C'est parce qu'il rejoint notre humanité que le Fils de Dieu peut prendre sur lui nos faiblesses et nos pauvretés. C'est la force de notre vie en Dieu. Le baptême du Seigneur nous permet sans cesse d'être renouvelés, nous ne pouvons pas laisser ce trésor sans valeur: en nous, Dieu a mis tout son amour !

Le baptême n’est pas inscription dans un registre, acceptation d’un carcan dogmatique, pas plus qu’il n’est assurance magique contre les mauvais esprits. Le baptême, c’est un engagement à suivre Jésus sur la voie qu’il nous a tracée – un engagement des parents à guider les enfants sur cette voie, à les équiper pour la vraie vie. Au baptême, Dieu vient habiter au milieu de nous, en nous.

La fête du baptême du Seigneur, c’est la fête de notre renaissance, de notre re-création, de notre libération. C’est la fête de l’amour de Dieu qui envahit notre chaos pour en faire une histoire du salut. C’est la fête qui nous engage à construire une communauté fidèle au programme de l’Évangile et à témoigner que Dieu vient pour le salut de l’humanité.

Dieu notre Père, en fêtant aujourd'hui le baptême de ton Fils au Jourdain, c'est ton amour manifesté en lui à tout homme que nous célébrons. Puisque nous sommes devenus, par notre baptême, tes enfants bien-aimés, donne-nous de savoir témoigner par toute notre vie que tu es le Dieu qui nous sauve, dès aujourd'hui et pour les siècles des siècles.

 

Père Bernard Dourwe, Rcj.

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25 décembre 2020 5 25 /12 /décembre /2020 10:58

FETE DE LA SAINTE FAMILLE B

1ere lecture Gn 15, 1-6 ;21, 1-3 ; Psaume 104 ; 2eme lecture Heb 11, 8-19 ; Evangile Lc 2, 22- 40.

La Sainte Famille est le nom donné à la famille formée par Jésus de Nazareth et ses parents, Marie et Joseph. Elle est citée en exemple par l’Eglise pour toutes les familles. « Les bergers vinrent en hâte, et ils trouvèrent Marie et Joseph avec le nouveau-né couché dans une crèche ». La fête liturgique célébrant cette Sainte Famille de Nazareth a lieu le dimanche qui suit le 25 décembre, entre la fête de Noël (25 décembre) et la solennité de Marie Mère de Dieu (1er janvier). A Noël, c’est le mystère d’un Dieu qui  se fait homme que l’on médite. Le dimanche qui suit immédiatement Noël, la liturgie invite à célébrer ce mystère dans sa réalité concrète et quasi quotidienne : Le Verbe se fait chair, il naît et vit dans une famille qui ressemble à toutes les autres. Et cette famille nous est donnée en exemple. Dieu peut venir habiter chez nous, au milieu de nous. Ce dimanche de la fête de la Sainte Famille nous garde dans l’esprit de Noël. C’est toujours le mystère de l’Incarnation du Fils de Dieu qui est devant nos yeux.
Les textes liturgiques de ce jour mettent en scène des personnes qui ont en commun une foi à toute épreuve dans la Parole de Dieu. Abraham et Sara dans la première et la seconde lecture sont enracinés dans une attente ouverte dont ils ne connaissent pas les contours de réalisation. Siméon et Anne, dans l’évangile touchent de leurs mains le salut de Dieu dans l’enfant que Marie et Joseph portent au temple.

Dans la première lecture, la question de la progéniture préoccupe Abraham qui, dans sa vieillesse n’a pas encore une descendance pour le remplacer. Mais Dieu éternellement fidèle comble son attente en lui donnant un Fils. Abraham et Sara après des épreuves sont consolés par la venue dans leur vieillesse d’Isaac, fils de la promesse qui fera désormais leur joie. Avec lui, débute la longue descendance des fils de l’Alliance, dont Jésus sera l’aboutissement et le sommet.

Dans un contexte où la progéniture est un signe concret de bénédiction, ne pas avoir d’enfant  ou être stérile est considéré comme un abandon de Dieu ou une malédiction. Pourtant, par la foi, notre espérance doit être de toujours. Désormais, Abraham sera le père d’une lignée sans fin des enfants dans la foi. Confirmant ainsi la bénédiction promise par Dieu d’une génération aussi  nombreuse que les Etoiles dans le ciel. Il ouvre ainsi la famille des enfants de Dieu grâce à son obéissance dans la foi.

La foi d’Abraham, digne d’éloge trouve échos également dans la deuxième lecture. La lettre aux hébreux nous présente Abraham comme notre père et modèle dans la foi. Grâce à sa foi, il a pris des chemins inconnus pour se mettre à la suite de Dieu sans savoir où il allait. Malgré les nuits de la foi, des longues attentes de la promesse, il été confiant en Dieu qui lui donnera une descendance. C’est par cette même foi qu’il va remporter l’épreuve du sacrifice de son fils Isaac. Et la récompense de cette vie totalement donnée à Dieu en toute confiance lui vaudra une bénédiction éternelle.

L’Evangile de ce jour nous offre de contempler la Sainte famille de Nazareth au temple. Cette famille qui ne se veut pas extraordinaire dans son vécu se rend au temple pour présenter le petit enfant Jésus à Dieu tel que prescrit par la loi. Ils ne se dérobent pas des prescriptions religieuses. En toute simplicité et dans leur pauvreté manifestée par l’offrande d’un couple de tourterelles, offrande réservée aux pauvres, Marie et Joseph offrent à Dieu ce qu’ils ont de meilleur et de précieux : Jésus petit enfant. Jésus est donc consacré en plénitude au Seigneur dès sa naissance et toute sa vie durant sera l’expression de cette consécration. Conduis par l’Esprit Saint, le vieux Siméon et la prophétesse Anne, prophétisent et rendent grâce à Dieu pour cet enfant lumière des nations, qui sera la cause de la chute et du relèvement de beaucoup en Israël, signe de division et gloire du peuple.

La célébration de la Sainte Famille a toute sa pertinence en ce monde qui connait de nombreuses crises familiales. De nombreuses familles sont désunies. On assiste à un nombre de plus en plus croissant des cas de divorces, au phénomène des familles monoparentales. L’éducation familiale est aujourd’hui hypothéquée par de nombreuses théories qui mettent en mal le bien-être familial. Nos familles ont plus que jamais besoin  de s’inspirer de la Sainte Famille unie dans la foi, dans la fidélité à Dieu, dans la soumission à la volonté de Dieu et dans l’amour. Ensemble Abraham et Sara, Joseph et Marie dans la foi se rendent disponibles à l’accueil de la vie. Siméon et Anne ne peuvent que rendent témoignage des merveilles de Dieu qui fait don d’Isaac et Jésus.

Jésus, bien qu’étant fils de Dieu ne conteste pas l’ordre établit. Il suit les lois humaines. Il est docile à ses parents. Au cœur de leur famille, ils accordent la priorité à Dieu même lorsque surviennent des épreuves. Le refus de la priorité à Dieu engendre aujourd’hui dans nos familles de nombreux conflits et tensions entre les membres. Nous ne savons plus faire confiance au Seigneur devant les situations impossibles et incompréhensibles, nous ne savons plus également être ensemble comme étant fils et filles d’un même Père. Pourtant notre unité véritable se réalise en Dieu.

 

Seigneur nous te présentons nos différentes familles, à l’exemple d’Abraham et Sara, de  la sainte famille de Jésus, Marie et Joseph, accorde-nous d’être unis, fidèle à ta volonté, docile entre nous et confiant en toute chose. Donne-nous de savoir nous tourner vers toi afin d’accueillir ta volonté dans nos vies. Ainsi nous aurons la joie d’être uni à toi le vivant qui vit et règne pour les siècles des siècles. Amen

 

Père Bernard Dourwe, Rcj.

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